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politique israelienne

Israël - Rendre aux élus du peuple le pouvoir confisqué par les élites et par la Cour suprême

November 10 2022, 12:17pm

Posted by Pierre Lurçat

J'aborde au micro de Daniel Haïk sur Studio Qualita la question cruciale de la réforme judiciaire au lendemain des élections, pour rendre à la Knesset et aux élus du peuple israélien le pouvoir qui leur a été confisqué par les élites de gauche et par la Cour suprême..

https://youtu.be/j6vHczEa85Y

(Sur ce sujet, je renvoie aussi à mon article paru dans la revue Pardès : "Comment la Cour suprême est devenue le premier pouvoir en Israël" - Article disponible sur demande à pierre.lurcat@gmail.com 

 

 

Israël - Rendre aux élus du peuple le pouvoir confisqué par les élites et par la Cour suprême

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Le secret de la longévité politique de Binyamin Nétanyahou, par Pierre Lurçat

November 7 2022, 12:46pm

Posted by Pierre Lurçat

Le secret de la longévité politique de Binyamin Nétanyahou, par Pierre Lurçat

 

Au-delà des qualificatifs – souvent erronés ou excessifs – que les médias utilisent à son endroit, Binyamin Nétanyahou demeure à de nombreux égards une énigme. L’ancien et nouveau Premier ministre israélien, qui vient de remporter une victoire politique éclatante et qui a ravi à David Ben Gourion le record de longévité à ce poste, est tantôt décrit comme un modèle de pragmatisme – voire d’opportunisme politique – tantôt comme un idéologue de droite. Qui est-il vraiment ?

 

La biographie que lui a consacré le journaliste Anshel Pfeffer (1) apporte des éléments de réponse à cette question, qui continue de tarauder les meilleurs observateurs de la scène politique israélienne depuis plus de deux décennies. En tant que contributeur du quotidien Ha’aretz – qui n’épargne pas le Premier ministre et sa famille – Pfeffer a réussi à écrire une biographie équilibrée, en évitant de tomber dans l’excès ou dans la caricature. Il décrit ainsi, dans les premiers chapitres de son livre, l’environnement dans lequel a grandi Benjamin, ses deux frères Ido et Yoni (qui trouvera la mort lors de l’opération héroïque de sauvetage des otages à Entebbé), et leurs parents, le professeur Bentsion Nétanyahou et sa femme.

 

L’auteur relate avec talent l’ascension politique de Nétanyahou, d’abord au sein de l’ambassade d’Israël aux Etats-Unis, où il devient le protégé de Moshe Arens, puis en tant qu’ambassadeur aux Nations-Unis, en 1984, où il se fait remarquer pour ses talents de diplomate et d’orateur hors-pair. Dès cette époque, le jeune Benjamin Nétanyahou fait en effet preuve de dons exceptionnels pour la « hasbara » (terme difficile à traduire qui désigne la capacité de défendre une politique), à la tribune et dans les coulisses des Nations unies. Pfeffer rapporte ainsi la manière dont « Bibi » utilise des éléments visuels pour appuyer son argumentation, n’hésitant pas à projeter un film montrant un diplomate tentant vainement de téléphoner au Liban pour illustrer l’état d’anarchie régnant dans le pays. Trente ans plus tard, il utilisera des moyens similaires pour démontrer au monde entier la duplicité de l’Iran.

 

La qualité majeure de Benjamin Nétanyahou, tel qu’il ressort du livre d’Anshel Pfeffer, est incontestablement celle d’animal politique. Doté d’un charisme exceptionnel, il sait manœuvrer à travers les écueils de la politique intérieure israélienne, et fait montre d’une capacité d’analyse et de compréhension rarement égalées par ses pairs. Issu d’une famille jabotinskienne réputée, mais relativement à l’écart de la vie politique du fait de son exil aux Etats-Unis, Nétanyahou parvient à doubler plusieurs concurrents parmi les “Princes du Likoud” – et notamment David Lévy, qui deviendra un rival féroce.

 

Dans des pages intéressantes de son ouvrage, Pfeffer montre les rapports ambivalents entre Bibi et Itshak Shamir, qui le considère comme superficiel et incapable de résister aux pressions. Un des chapitres les plus instructifs est celui qui retrace le premier mandat de Nétanyahou, arrivé au pouvoir contre toute attente, en 1996, au lendemain de l’assassinat d’Itshak Rabin (au sujet duquel Pfeffer dissipe la calomnie voulant que Bibi ait participé à des manifestations “incitant” au meurtre…(2) A l’âge de 46 ans, il devient le plus jeune Premier ministre israélien depuis 1948.

 

Quelle a été l’influence de sa famille sur Bibi ? Sur ce point crucial – que j’aborde dans un de mes livres, dans un chapitre consacré à Bentsion Nétanyahou (3) – l’auteur apporte des éléments de réponse intéressants. Ainsi, on découvre comment “Bibi” a souffert du sentiment d’insatisfaction que son père éprouvait à son égard. « Il aurait sans doute fait un meilleur ministre des Affaires étrangères que Premier ministre », dira un jour Bentsion de son fils, pour la plus grande joie de ses adversaires. Le dernier chapitre du livre s’intitule, de manière éloquente, « Stuck on top », « coincé au sommet ».

 

 

A l’heure où ces lignes sont écrites, « Bibi » donne toujours l’impression d’être irremplaçable, y compris aux yeux de ses plus farouches adversaires. Au-delà de ses succès indéniables – en diplomatie notamment et en économie – les « années Bibi » auront aussi été celles d’une lente et irrésistible érosion de la force de dissuasion de Tsahal, après les retraits de Gaza et du Sud-Liban aux conséquences désastreuses, orchestrés par deux de ses prédécesseurs, Ariel Sharon et Ehoud Barak.

 

Nétanyahou deviendra un des plus grands dirigeants de l’Etat d’Israël moderne, s’il parvient à résoudre un des problèmes les plus brûlants de la société israélienne, que les grands partis politiques ont largement négligé depuis longtemps : celui de la situation économique et sociale. L’Etat d’Israël, au cours de ses 70 années d'existence, est en effet passé presque sans transition d'un régime économique socialiste à un régime ultra-libéral ou, pour reprendre les termes de Jabotinsky, de « l'esclavage socialiste » au « capitalisme sauvage ». Il reste aujourd'hui à accomplir le programme de Jabotinsky, en édifiant une société plus égalitaire, réalisant ainsi l'idéal de justice sociale de la Bible hébraïque. (3)

 

Pierre Lurçat

 

Notes

(1) Anshel Pfeffer, Bibi: The Turbulent Life and Times of Benjamin Netanyahu: Basic Books 2018.

(2) Rappelons que le fameux poster représentant Itshak Rabin z.l en uniforme S.S. était la création de l’agent du Shabak, Avishaï Raviv.

(3) Je renvoie sur ce sujet le lecteur au premier tome de la Bibliothèque sioniste que j’ai fondée, Vladimir Jabotinsky, La rédemption sociale, éléments de philosophie sociale de la Bible hébraïque, éditions L’éléphant 2021.

(Une version initiale de cet article est parue en novembre 2018)

 

_____________________________________________________

 

Le Mur de Fer

Le public français ne connaît pas, ou à peine, Vladimir Jabotinsky. Pierre Lurçat remédie à cette méconnaissance avec brio en publiant une traduction des textes fondateurs de ce visionnaire, publiés entre 1916 et 1929 en les éclairant d’une introduction historique et philosophique pointue.

Liliane Messika, Causeur.fr

« Les arabes et nous, le Mur de fer », Jabotinsky raconté par Pierre Lurçat au micro d’Ilana Ferhadian

 

Il faut remercier Pierre Lurçat pour son travail de traduction et de présentation de cet ouvrage. Il permet au lecteur, peu familier de l’action et de l’œuvre de Vladimir Jabotinsky, de découvrir un penseur du politique à travers son engagement pour le sionisme… Ses écrits sont là, nourrissent notre réflexion, et attestent d’une lucidité peu commune

 

Evelyne Tschihrart, Dreuz.info

 

 

 

Le secret de la longévité politique de Binyamin Nétanyahou, par Pierre Lurçat

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Les facteurs moraux dans la politique étrangère d’Israël

June 15 2022, 07:51am

Posted by Pierre Lurçat

 

La conférence organisée mardi 7 juin par le Jewish People Policy Institute, think tank basé à Jérusalem, abordait un sujet important : celui des facteurs moraux dans la politique étrangère de l’État d’Israël. L’intitulé exact de la conférence était “L’Ukraine comme fable: les facteurs moraux dans la politique étrangère d’Israël”, mais les exemples abordés par les différents intervenants dépassaient le seul cadre de la guerre en Ukraine. Parmi ceux-ci, la “guest star” était Tamir Pardo, ancien patron du Mossad entre 2011 et 2015.

 

Ce colloque passionnant permit ainsi au grand public, entre autres, de découvrir le visage et les opinions de l’ancien patron du Mossad. Dans son intervention, après avoir souligné la complexité du sujet, il n’hésita pas à porter un regard parfois très critique sur la politique étrangère israélienne, sur des dossiers aussi sensibles que le Hamas, les relations avec la Turquie ou le génocide arménien (imagine-t-on une attitude semblable de la part d’un ancien responsable des services secrets français?)

 

Tamir Pardo



 

Évoquant la décision dramatique de libérer 1000 terroristes - dont de nombreux assassins condamnés - contre le soldat israélien Gilad Shalit  (dont les conséquences furent catastrophiques), décision prise pendant son mandat et vraisemblablement contre son avis, Pardo s’est interrogé : pourquoi la suprématie accordée aux valeurs “morales” (d’ailleurs très discutables) dans l’affaire Shalit, par rapport aux intérêts politiques et stratégiques, ne se retrouve pas dans d’autres dossiers, comme celui du génocide arménien?

 

L’État d’Israël face au génocide arménien 

 

Sur ce sujet important, et rarement évoqué en Israël, Pardo a rappelé qu’Israël persiste jusqu'à ce jour dans son refus de reconnaître le genocide arménien, en arguant de la préséance donnée aux relations avec la Turquie, alors que celle-ci ne se prive pas de soutenir ouvertement les ennemis les plus radicaux de l’État juif et d’abriter sur son territoire le Hamas et ses mouvements affiliés, comme cela était apparu notamment lors de l’affaire du Marmara.

 

Abordant la guerre en Ukraine, Pardo a là aussi critiqué la politique “réaliste” de l’État hébreu, rappelant qu’Israël n’avait rejoint les condamnations internationales de l’agression russe qu’à la suite de pressions américaines, et que l’État juif s’abstenait néanmoins de participer aux sanctions internationales contre la Russie de Poutine, à l’exception des seules sanctions bancaires. En présentant le colloque, la directrice générale de l’Agence juive Amira Aharonowitz avait rappelé qu’Israël s’était posé la question de savoir si son aide humanitaire devait concerner uniquement les Juifs, ou l’ensemble des réfugiés. 

 

Dans son intervention, Tamir Pardo mentionna également ce dilemme (classique dans l’histoire juive) et conclut qu’une morale qui ne concernait que les Juifs n’était pas une morale authentique. En écoutant l’ex-patron du Mossad parler des “facteurs moraux de la politique étrangère israélienne”, je me suis fait la réflexion qu’Israël avait encore du chemin à faire pour trouver la voie étroite entre une “Realpolitik” qui ferait fi de toute considération morale, d’une part, et une politique motivée par de pures considérations morales angéliques qui ferait fi des réalités, d’autre part. L’expérience des 70 années d’existence étatique montre que l’État juif a souvent oscillé entre ces deux extrêmes, et qu’il a donné parfois dans un excès d’angélisme et de moralisme et parfois dans un excès de RealPolitik. La politique étrangère d’Israël, avec ses réussites et ses échecs, est encore un domaine en friche.


Pierre Lurçat

 

NB J’ai abordé le même thème lors d’un colloque organisé il y a deux ans par la Loge Robert Gamzon du Bnai-Brith à Jérusalem

 

À l’occasion de la Semaine du livre en Israël, découvrez

 LA BIBLIOTHEQUE SIONISTE !

Les grands textes des pères fondateurs du sionisme politique, inédits ou épuisés en français, mis à la disposition du public francophone.

 

DÉJÀ PARUS

JABOTINSKY, La rédemption sociale. Eléments de philosophie sociale de la Bible hébraïque.

JABOTINSKY, Questions autour de la tradition juive. Etat et religion dans la pensée du Rosh Betar.

GOLDA MEIR, La maison de mon père, fragments autobiographiques.

 

À PARAITRE :

JABOTINSKY, Les Arabes et nous, le mur de fer.

 

EN VENTE SUR AMAZON et dans les librairies françaises d’Israël, 

ou après de l’éditeur editionslelephant@gmail.com

 

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Le “Kiddoush Hachem” de la députée Idit Silman, Pierre Lurçat

April 6 2022, 16:54pm

Posted by Pierre Lurçat

Idit Silman

Idit Silman

 

L’histoire politique d’Israël depuis 1948 est riche en rebondissements spectaculaires et en revirements lourds de conséquences. L’annonce dramatique de la députée Idit Silman, qu’elles qu’en soient les conséquences à court et moyen terme, s’inscrit d’ores et déjà dans cette histoire et restera probablement comme un événement marquant.

 

Des coalitions sont déjà tombées pour des raisons similaires dans le passé : le premier gouvernement Rabin était tombé en 1976 après l’atterrissage de F-16 livrés à Israël par les Etats-Unis après la tombée de la nuit, un vendredi soir. Mais il s’agissait alors d’une coalition avec des partis religieux ultra-orthodoxes, alors que la députée Silman appartient au parti non orthodoxe Yemina.

 

Si ce gouvernement devait finalement tomber, l’histoire retiendra que la coalition la plus hostile à un Etat juif aura fini de diriger Israël en raison de sa volonté de remettre en question l’interdiction du Hamets dans les hôpitaux publics. Le sujet peut sembler anecdotique, ou ésotérique aux yeux d’un observateur profane. En réalité, il touche pourtant au coeur du débat ancien sur le caractère juif de l’Etat.

 

Le statu quo fragile entre Juifs religieux et laïcs en Israël a en effet toujours reposé sur un double principe : liberté de culte et d’opinion d’une part, respect des principes fondateurs du judaïsme dans l’espace public de l’autre. Cet équilibre était lié à la conviction, partagée par l’ensemble des pères fondateurs du sionisme politique et de l’Etat d’Israël, que celui-ci devait incarner la vocation spécifique du peuple Juif et ne pas être simplement un Etat comme tous les autres.

 


Jabotinsky et Martin Buber

 

 


Cette conviction était partagée tant par les penseurs du sionisme religieux que par ceux du sionisme travailliste, et elle réunissait des figures aussi diverses que le rabbin Kook, David Ben Gourion, Martin Buber ou Jabotinsky. Ce dernier en particulier, Juif laïc par excellence, avait compris que la tradition juive n’était pas seulement une enveloppe, une “structure” extérieure et une “religion”, mais qu’elle était l’âme du peuple Juif tout entier, et qu’à ce titre, elle devait être au coeur de la culture nationale qui allait refleurir dans le futur État juif (1). A l’autre extrême de l’échiquier politique sioniste, Martin Buber avait exprimé la même idée, en déplorant l’éventualité que le futur Etat juif ne soit rien de plus qu’un Etat où ne soufflerait aucun souffle divin…

 

C’est précisément ce risque qui s’est incarné dans la coalition hétéroclite dirigée par Naftali Bennett, dont l’ADN est entièrement post-sioniste et post-moderniste. En prétendant réformer la cacherout, les conversions et en voulant abolir l’institution même du rabbinat en Israël, celle coalition contre-nature a cru qu’elle pouvait ériger un “Etat de tous ses citoyens” dans lequel le judaïsme ne serait plus qu’une affaire entièrement privée, et où le caractère juif de l’Etat serait réduit à une simple menorah sur des timbres-postes…

 

La décision courageuse de la députée Idit Silman a sans doute mis un coup d’arrêt à cette descente vers l’abîme de la coalition Bennett-Lapid-Abbas, et a rappelé au peuple Juif et au monde entier que le retour d’Israël sur sa terre n’était pas un événement anodin, détaché de toute signification juive. A quelques jours de Pessah, ce rappel salutaire est un véritable “Kiddoush Hachem”, une Sanctification du Nom divin. Pessah cacher vé-Saméah!

 

Pierre Lurçat

 

1. Comme je l’explique dans ma préface au recueil d’articles de Jabotinsky Questions autour de la tradition juive, éditions l’éléphant 2022.

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Yair Golan et la politique de l’apartheid antijuif en Judée-Samarie, Pierre Lurçat

January 9 2022, 09:21am

Posted by Pierre Lurçat

Manifestation de soutien aux habitants de Homesh

Manifestation de soutien aux habitants de Homesh

 

Comme je l’ai écrit dans un livre récent[1], en analysant les différents mythes du discours antisioniste et plus particulièrement le mythe du “génocide du peuple palestinien”, la nazification d’Israël constitue, comme l’a bien montré P. A. Taguieff, le “stade suprême de la diffamation d’un groupe humain”. C’est pourquoi les ennemis d’Israël ont, à toutes les époques, imputé aux Juifs leurs projets génocidaires, afin de justifier leurs propres crimes. Dans cette optique, l’assassin d’un Juif n’est plus coupable, s’il accuse préalablement le Juif d’être lui-même nazi… C’est bien ce mécanisme pervers que nous voyons à l’œuvre aujourd’hui en Occident, sur les campus, dans les médias  et ailleurs.

 

Or c’est un même mécanisme de projection sur les victimes réelles des intentions génocidaires de leurs assassins – analysé par de nombreux psychologues chez le meurtrier de droit commun et également présent dans la psychologie des foules et des collectivités – que l’on retrouve dans l’idéologie “progressiste” et post-sioniste, aujourd’hui représentée au sein même du gouvernement israélien. Ce gouvernement, qui a entrepris de détruire la yeshiva de Homesh, symbole de la résilience juive après les multiples attentats commis par les terroristes arabes palestiniens, doit préalablement délégitimer aux yeux de l’opinion publique intérieure et internationale la présence juive en Judée-Samarie.

 

Ce fut l’objet de la campagne de propagande mensongère sur la “violence des habitants juifs de Samarie”, lancée il y a quelques semaines par le gouvernement, avec l’aide de médias complaisants. Le même mécanisme totalitaire avait été utilisé à l’époque des accords d’Oslo par le gouvernement Rabin-¨Pérès, pour préparer l’opinion aux crimes que leurs alliés de l’OLP allaient immanquablement commettre contre les habitants juifs, s’ils s’obstinaient à demeurer dans leurs localités après que la souveraineté aurait été confiée aux assassins de l’OLP, consacrés en “partenaires de paix” selon la logique orwellienne de l’époque. Et c’est cette même logique mensongère et totalitaire que nous voyons à l’œuvre aujourd’hui.

 

L’opinion publique doit être travaillée méthodiquement, en répétant comme un mantra, après chaque attentat antijuif en Judée-Samarie, que les coupables sont les Juifs… Dans le cadre de cette logique perverse, les propos de Yair Golan ont servi de détonateur, en faisant exploser le mensonge des “nazis” Juifs de Judée Samarie, et en dévoilant au grand jour l’intention véritable des promoteurs d’un “Oslo Guimel”, actuellement en préparation. En qualifiant de “sous-hommes” les habitants de Homesh, et à travers eux, l’ensemble des habitants juifs de Judée Samarie, Golan a révélé l’intention criminelle de ceux qui prétendent sacrifier les “mitnahalim" sur l’autel d‘une “paix” tout aussi illusoire que celles des accords d’Oslo de 1993.

 

Mais Yair Golan n’est pas le seul à penser ainsi. De larges secteurs de la coalition actuellement au pouvoir partagent son avis, même s’ils ne l’expriment par avec la même brutalité et la même franchise. En effet, aux yeux d’une grande partie des élites israéliennes de gauche et des tenants de l’idéologie post-sioniste et “progressiste” actuellement au pouvoir, les pionniers juifs de Homesh, de Hébron ou d’Itamar sont effectivement des “sous-hommes”, ou en tout cas des citoyens de seconde catégorie, qu’il convient d’expulser par la force,  si possible brutalement, en “faisant monter des chars” contre leurs habitations, comme l’avait dit un jour Zeev Sternhell, lui aussi spécialiste du nazisme et de la nazification de ses adversaires politiques.

 

Les propos de Yair Golan projettent un éclairage sinistre sur les intentions d’une partie de l’establishment politique, judiciaire, militaire et culturel israélien envers les habitants juifs de Judée Samarie. Effectivement, les habitants juifs sont traités comme des “sous-hommes”, non, certes, en étant enfermés et – à Dieu ne plaise – exterminés, mais en étant privés de leurs droits élémentaires, comme celui de vivre normalement avec leurs familles dans le cœur historique de la patrie juive ancestrale, ou le droit de circuler sur les routes de Judée Samarie sans être caillassés et victimes d’attentats meurtriers, inspirés par l’idéologie islamiste des partenaires de la coalition de M. Golan..

 

[1] Les mythes fondateurs de l’antisionisme contemporain, éditions l’éléphant 2021.

 L’ennemi intérieur de la gauche israélienne : manifestation anti-Nétanyahou

L’ennemi intérieur de la gauche israélienne : manifestation anti-Nétanyahou

Les propos de Golan permettent aussi de comprendre pourquoi les tenants de la création d’un Etat palestinien n’ont jamais eu le moindre problème moral à rencontrer l’héritier du mufti Husseini allié d’Hitler, Yasser Arafat, et de l’embrasser, au sens propre et figuré. A leurs yeux et dans le prisme de leur vision politique pervertie, les Palestiniens sont les nouveaux Juifs et les “colons” de Judée Samarie sont les nouveaux nazis. Comme l’écrivait il y a déjà de nombreuses années Shmuel Trigano, la gauche israélienne a toujours besoin d’un ennemi intérieur. Hier ce furent les sionistes révisionnistes du Herout, puis les Juifs orientaux – envers lesquels de nombreux qualificatifs ont été employés du même registre que celui de Yair Golan. Aujourd’hui ce sont les Juifs de Judée Samarie.

 

Quand Golan croyait déceler, il y a quelques années, un “processus similaire en Israël” à celui qu’avait traversé l’Allemagne nazie dans les années 1930, il ne faisait que reprendre un poncif du discours politique israélien, déjà utilisé avant lui par toutes les icônes de la gauche intellectuelle, de Yeshayahou Leibovitz (qualifiant Tsahal d’armée “judéo-nazie”) à Amos Oz, Zeev Sternhell et aux autres chantres de "La Paix maintenant". Ce qui est nouveau chez Golan aujourd'hui, c’est qu’il tire les conséquences de ce discours nazifiant, en prônant une politique à l’aune de son idéologie. A cet égard, il a le mérite d’être conséquent.

 

Pendant des années, le discours de ces intellectuels a servi d’écran de fumée pour masquer leurs intentions politiques et il a trompé de nombreux observateurs sincères, y compris au sein de la droite israélienne. Aujourd’hui, après les propos révélateurs de Yair Golan, il n’est plus permis de se tromper. Si les “sous-hommes” sont les pionniers de Judée-Samarie, alors nous savons de quoi sont capables ceux qui considèrent ainsi tout un secteur de la population israélienne, et nous savons que rien ne les arrêtera dans leurs projets funestes. La politique que met en œuvre le gouvernement Lapid-Bennet-Gantz-Abbas envers les Juifs de Judée-Samarie porte un nom: celui d’apartheid. Cette vérité-là doit être gravée dans la pierre et ne pas être oubliée.

 

Pierre Lurçat

Yair Golan

Yair Golan

La récente Guerre des dix jours entre le Hamas et Israël a déclenché une nouvelle vague d’hostilité envers l’Etat juif, accusé de commettre des crimes de guerre, d’opprimer les Palestiniens ou d’être un Etat d’apartheid. A travers ces accusations multiples et diverses se fait jour un discours structuré, élaboré depuis plusieurs décennies, celui de l’antisionisme contemporain, qui se décline autour de quelques thèmes majeurs.

Le présent ouvrage analyse l’antisionisme comme une véritable idéologie, pour en comprendre les ressorts et les failles. Il apporte un regard informé sur ce sujet, rendu encore plus brûlant par la crise du Covid-19, qui a ravivé les flammes de la haine envers les Juifs et Israël. Après avoir analysé les différents mythes de l’antisionisme contemporain, il esquisse l’espoir de dépasser l’antisionisme, en instaurant une nouvelle relation entre Israël et ses voisins.

Le rapprochement spectaculaire entre Israël et plusieurs pays arabes du Golfe – qui s’est récemment traduit par la signature des Accords Abraham entre Israël, les Émirats arabes unis et Bahreïn – illustre la reconnaissance véritable de l’existence du peuple Juif dans sa réalité historique et géographique, par plusieurs pays musulmans, reconnaissance lourde de conséquences.

La signification théologique de ces accords est en effet plus importante encore que leur portée politique et économique. A contre-courant de la théologie arabe de la substitution, ces accords permettront peut-être de détruire le fondement théologique de l’antisionisme musulman et d’inaugurer une nouvelle ère dans les relations judéo-arabes, porteuse d’espoir pour la région et pour le monde entier.


Table des matières


Introduction – L’antisionisme contemporain, une idéologie multiforme aux racines
anciennes
Chapitre 1 – Le mythe de la Nakba et la création de l’État d’Israël
Chapitre 2 – Le mythe du génocide du peuple palestinien
Chapitre 3 – Le mythe de l’État d’apartheid
Chapitre 4 – Le mythe du Shoah Business
Chapitre 6 – Le mythe du peuple palestinien souffrant
Conclusion : dépasser l’antisionisme?

Les mythes fondateurs de l’antisionisme contemporain. Pierre Lurçat. Éditions l’éléphant – Jérusalem 2021.

En vente dans les librairies françaises d’Israël et sur Amazon.

Les demandes de service de presse doivent être adressées à pierre.lurcat@gmail.com

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La guerre des Juifs au cœur de l’idéologie du camp “progressiste” en Israël

December 9 2021, 10:04am

Posted by Pierre Lurçat

L’Altalena en flammes au large de Tel-Aviv

L’Altalena en flammes au large de Tel-Aviv

Lorsque Yair Lapid et Naftali Bennett ont formé leur gouvernement en juin dernier, de nombreux commentateurs se sont interrogés sur le caractère hétéroclite de leur coalition, qui réunissait des transfuges du sionisme religieux (que certains médias français s’obstinent à qualifier – contre toute évidence – de représentants de “l’extrême-droite”), des partis centristes, les lambeaux du parti travailliste et un parti arabe islamiste. S’agissait-il d’un gouvernement “d’union nationale”, du retour de la gauche post-sioniste, ou tout simplement de l’assemblage contre-nature de tous les membres du camp “Rak lo-Bibi” (“Tout sauf-Bibi”) ?

 

La réponse à cette question a été donnée quelques semaines plus tard : ce gouvernement représente en fait l’arrivée au pouvoir en Israël du courant “progressiste”, déjà incarné aux Etats-Unis par la frange la plus radicale du parti démocrate, au pouvoir depuis la victoire de Joe Biden. Mais ce qualificatif de “progressiste” est, comme beaucoup d’autres adjectifs du vocabulaire politique, trompeur. Car derrière le slogan du “progrès” et de la défense des droits de toutes les minorités, qu’on a déjà vus à l’œuvre dans de nombreux domaines (1), se dissimule tant bien que mal une idéologie radicale.

 

C’est au nom de cette idéologie que le ministre de la Défense a convoqué la semaine dernière une réunion au plus haut niveau de tous les chefs des organes de sécurité israéliens, pour lutter contre… les exactions commises par les habitants juifs de Judée-Samarie. Oui, moins de six mois après les sanglantes émeutes déclenchées par des pogromistes arabes qui ont incendié des synagogues et des biens juifs dans toutes les villes mixtes d’Israël, et alors qu’une nouvelle vague d’attentats frappe au cœur de Jérusalem, le ministre Gantz a trouvé le véritable “ennemi” à abattre. Ce sont les “Juifs des collines”, ces quelques dizaines de jeunes gens habitant dans des localités, souvent construites sur les lieux d’attentats anti-israéliens, qui sont apparemment, aux yeux de Gantz et des autres responsables sécuritaires, le danger le plus grave pour la sécurité intérieure d’Israël.

 

Cette décision très médiatisée et soutenue par une large fraction de l’establishment culturel et politique en dit long sur l’agenda politique du nouveau gouvernement. Moins d’un mois après la déclaration de six ONG liées au FPLP comme “organisations terroristes”, justifiée et appuyée sur des éléments de preuve incontestables, la décision du ministre Gantz n’est pas seulement une manœuvre tactique, destinée à rassurer l’aile gauche de sa coalition. Il s’agit, plus fondamentalement, de “resserrer les rangs”’ idéologiques du camp “tout sauf Bibi”, en désignant une fois de plus à la vindicte populaire un ennemi intérieur.

 

Il ne s’agit plus cette fois de l’ancien Premier ministre, envers lequel l’hostilité sans limite des médias n’a pas faibli depuis son éviction de la rue Balfour, mais du noyau idéologique des habitants juifs en Judée-Samarie. Cette désignation d’un “bouc émissaire” à l’intérieur même d’Israël s’inscrit dans la droite ligne de nombreux événements du même acabit, depuis l’époque des accords d’Oslo, par lesquels Rabin et Pérès entendaient sacrifier les Juifs au-delà de la “ligne verte” sur l’autel d’une paix illusoire avec les ennemis – véritables – de l’OLP, intronisée en “partenaire de paix”. Mais cette politique du “bouc émissaire” remonte plus loin encore dans l’histoire moderne d’Israël.

 

On la trouve déjà à l’œuvre à l’époque du Yishouv, quand le Mapaï prédominant utilisait son emprise sur l’économie – au moyen de la toute puissante Histadrout – pour exclure du marché du travail les jeunes membres du Betar, dont le chef idéologique, Vladimir Jabotinsky, était qualifié de “fasciste” et d’ennemi du peuple. On la retrouve pendant les années de plomb de la lutte pour l’Indépendance, quand la Haganah et le Palmah s’alliaient aux forces de police britanniques pour chasser manu militari et parfois torturer et assassiner des jeunes membres du Lehi et de l’Etsel, eux aussi proclamés “ennemis du peuple”, au nom du même parti-pris idéologique, qui préfère s’allier à l’ennemi extérieur pour “nettoyer” le pays de certains de ses adversaires idéologiques…

 

Manifestation anti-Nétanyahou (photo Israel National News)

Manifestation anti-Nétanyahou (photo Israel National News)

On la retrouve aussi quand le Premier ministre David Ben Gourion ordonnait au chef du Palmah, Itshak Rabin, de bombarder l’Altalena, bateau affrété par l’Irgoun à bord duquel des militants de l’Irgoun, parfois rescapés de la Shoah, transportaient une précieuse cargaison d’armes destinées à équiper la petite armée juive, face aux ennemis arabes plus nombreux et mieux armés. Cet épisode est crucial pour comprendre l’ADN idéologique d’une partie de la gauche israélienne, hier comme aujourd’hui. Non seulement Ben Gourion (2) ordonna de couler l’Altalena, en arguant d’un prétendu risque de sédition de la part de son adversaire politique, Menahem Begin. Pire encore : il qualifia le canon qui avait bombardé l’Altalena – faisant plusieurs morts parmi ses passagers – de “canon sacré” (3).

 

Cette sacralisation de la violence fratricide et de la guerre civile se poursuit jusqu’à nos jours. La volonté du gouvernement “progressiste” Bennett-Lapid-Raam de désigner un ennemi idéologique au sein du peuple Juif s’inscrit dans la droite filiation de l’Altalena et du “canon sacré” de David Ben Gourion. Elle montre qu’aux yeux du camp “progressiste” et d’une partie de la gauche israélienne, l’impératif politique demeure, envers et contre tout, celui de la démonisation et de la lutte à outrance contre l’adversaire politique, désigné comme bouc émissaire et comme “ennemi intérieur”, au lieu de s’allier à lui pour lutter contre les ennemis extérieurs au peuple Juif.

Pierre Lurçat

Article paru initialement sur le site Menora.info,

https://www.menora.info/la-guerre-des-juifs-au-coeur-de-lideologie-du-camp-progressiste-en-israel/

 

Notes

1. Dont le combat très médiatisé des “Femmes du Kottel” n’est qu’un exemple parmi tant d’autres.

2. Ben Gourion avait pourtant rencontré Jabotinsky à Londres et conclu un accord avec lui, pour lequel il fut désavoué par son propre camp, épisode relaté dans une pièce de théâtre écrite par A.B. Yehoshua.

3. Le journaliste Shlomo Nakdimon rapporte que lorsque le commandant adjoint de l’armée de l’air se mit en quête de volontaires pour bombarder le navire en haute-mer, trois pilotes non-juifs refusèrent l’ordre de mission, l’un deux déclarant “Je n’ai pas perdu quatre camarades et volé 10 000 miles pour bombarder des Juifs”. Un autre soldat, Yosef Aksen, vétéran de l’Armée rouge, déclara être prêt à subir la mort pour insubordination, plutôt que de tirer sur des Juifs.

Article paru sur le site Menora.info

https://www.menora.info/la-guerre-des-juifs-au-coeur-de-lideologie-du-camp-progressiste-en-israel/

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Angela Merkel, l’Allemagne et Israël : une amitié parfaite?

October 12 2021, 11:40am

Posted by Pierre Lurçat

 

“L’amitie entre Israël et l’Allemagne” célébrée par les médias ces jours-ci, alors que la chancelière Angela Merkel effectue une “visite’d’adieu” en Israël, est un sujet complexe, qui mérite sans doute mieux que les slogans et expressions hâtivement employées pour caractériser la relation entre les deux pays. A de nombreux égards, les relations entre Israël et l’Allemagne - qui n’ont pas toujours été aussi amicales en apparence qu’aujourd’hui - en disent long sur les motivations cachées de chacun des protagonistes, tant du côté juif que du côté allemand. 

 

Elles sont marquées par le souvenir de la Shoah qui demeure omniprésent, de manière parfois visible et souvent superficielle, et parfois souterraine et plus profonde. En 1953, lorsque David Ben Gourion a signé l’accord de réparation avec Adenauer, Israël était plongé dans un débat public et politique dont on a oublié aujourd’hui la virulence. Avec le recul, il est probable que la position du Vieux Lion - fondée sur le pragmatisme absolu et sur la nécessité de recevoir l’argent des réparations - était la bonne, et non celle du chef de l’opposition, Menahem Begin, reposant sur des arguments purement moraux (aussi fondés qu’ils aient été). Ce débat entre Realpolitik et morale se poursuit jusqu’à nos jours (1).

 

M. Begin lors des manifestations contre l’accord de réparation, Tel-Aviv 1952

 

Pendant ses 16 années au pouvoir, Angela Merkel a fait du droit d'Israël à se défendre face à ses ennemis l'une des priorités de la politique étrangère de l'Allemagne, dont le pays, sous le nazisme, est responsable de la Shoah, le génocide juif”. Cette affirmation tirée d’une dépêche de l’AFP est évidemment simplificatrice et trompeuse. Aucun pays au monde, sauf peut-être l’Amérique de Donald Trump, n’a jamais fait du droit d’Israël à se défendre une priorité de sa politique étrangère.

 

Le journaliste israélien Eldad Beck, longtemps correspondant en Allemagne du journal Yediot Aharonot, puis d’Israël Hayom, est un des meilleurs connaisseurs des relations bilatérales actuelles entre les deux pays. Comme il l’expliquait récemment (2), il “faut comprendre que l’Allemagne n’est pas Merkel”. Pendant les 16 années de ses mandats de chancelière, elle a en effet le plus souvent été alliée au parti social-démocrate, qui défend des conceptions largement anti-israéliennes.

 

C’est le parti social-démocrate qui était à la tête du ministère des Affaires étrangères et de celui de la Coopération internationale, tous deux bastions d’une politique pro-palestinienne affirmée. C’est ainsi que l’Allemagne, sous la présidence de Merkel, a pu financer des ONG anti-israéliennes, qui sont le fer de lance du combat contre l’Etat juif sur la scène politique et médiatique internationale, notamment au moyen du fameux “Lawfare”, devenu une des armes les plus efficaces des ennemis d’Israël.



 

“L’Allemagne n’est pas Merkel”

 

La confusion dénoncée par Eldad Beck entre l’amitié personnelle d’Angela Merkel et la politique de l’Allemagne tient à des raisons multiples. L’une d’entre elles est le fait que l’Etat juif n’a pas encore su élaborer une politique étrangère digne de ce nom, oscillant entre une politique mue par la seule raison d’Etat (sur la question arménienne par exemple) et une politique dictée uniquement par les sentiments, et notamment par le vieux complexe d’infériorité juif, hérité des longs siècles de l’exil.

 

Pendant l’exil en effet, la politique des communautés juives était motivée par le souci d’entretenir de bon rapports avec les souverains, pour qu’ils deviennent les “protecteurs des Juifs”, parfois contre leurs propres sujets animés d’intentions hostiles (3). C’est cette politique de la survie en exil qui perdure parfois jusqu’à nos jours, à travers la politique étrangère de l’Etat juif, qui se comporte à certains égards comme le “Juif des Etats”, en cherchant à tout prix la protection et l’amitié des chefs d’États puissants (Etats-Unis, Allemagne, etc.), parfois au détriment de ses intérêts bien compris, confondant ainsi les relations inter-personnelles entre dirigeants et les relations étatiques.

 

Merkel à Yad Vashem: une légitimité fondée sur la Shoah?



 

Sur ce sujet crucial, comme sur d’autres, la révolution sioniste n’est pas terminée car, comme le disait un dirigeant israélien, il est “plus difficile de faire sortir le ghetto du Juif que de faire sortir les Juifs du ghetto”... La politique étrangère d’Israël comporte encore un reste de la mentalité exilique, toujours présente dans l’éthos politique israélien. On en donnera pour exemple le fait que le passage obligé de chaque dirigeant étranger en visite en Israël (pas seulement allemand) soit à Yad Vashem, comme si la légitimité de la présence juive en terre d’Israël était fondée sur les crimes de la Shoah...

 

Israël n’a pas encore suffisamment assis sa présence sur la scène internationale en tant que puissance régionale, et se comporte encore trop souvent comme un pays peu sûr de lui et très peu dominateur, pour utiliser les qualificatifs d’un dirigeant français. L’Etat juif, “siège de la Royauté divine dans le monde” selon l’expression du Rav Kook, n’a pas encore achevé la transformation du Juif de l’exil en Hébreu et la transformation de l’Etat juif en Etat fort, pleinement souverain, porteur de la Parole divine et Lumière des Nations.

Pierre Lurçat

 

1. L’ancien ambassadeur ouest-allemand en Israël Niels Hansen parlait quant à lui d’une “Realpolitik morale”. Voir l’article intéressant de Dominique Trimbur, “« Des relations normales au caractère particulier » : La RFA, Israël et le Moyen-Orient dans les années 1980”, Allemagne Aujourd’hui, 2016/1.

https://www.cairn.info/revue-allemagne-d-aujourd-hui-2016-1-page-205.htm#re18no18

2. https://hamodia.com/prime/israeli-journalist-confronts-truth-germany/

3. comme le relate l’historien Yossef Haim Yerushalmi dans son beau livre Serviteurs des rois et non des serviteurs

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Mon dernier livre, Les mythes fondateurs de l’antisionisme contemporain, a été récemment publié aux éditions L’éléphant. Il est disponible sur Amazon et dans les bonnes librairies françaises d’Israël.



 



 

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Après le pogrome de Lod : Repenser le statut de la minorité arabe en Israël * Pierre Lurçat

May 18 2021, 06:51am

Posted by Pierre Lurçat

 

 

Les images terrifiantes des pogromes anti-juifs à Lod, Acco et ailleurs ont ramené Israël un siècle en arrière : au temps du Yishouv, la collectivité juive pré-étatique en Eretz-Israël. En 1921, puis en 1929 et en 1936, ce sont les mêmes scènes d’attaques anti-juives menées sous le regard passif de la police britannique qui ont durablement marqué les habitants du Yishouv, et que l’historiographie sioniste désigne par l’euphémisme d’”événements”. Ce retour en arrière, cette terrible régression politique pour le peuple Juif, interroge les fondements du projet imaginé par les pères fondateurs du sionisme moderne, à savoir un Etat juif, dans lequel pourraient coexister une majorité juive et des minorités non juives.

 

“KristallNacht in Lod” (titre du Jewish Journal)

 

Les pogromes perpétrés par des citoyens arabes israéliens contre des citoyens juifs à Lod et ailleurs n’ont en fait pas seulement fait voler en éclats, selon le raccourci journalistique, la “coexistence judéo-arabe” au sein de l’Etat d’Israël. Ce qui a été détruit dans le feu des incendies de synagogues et de maisons juives, rappelant aux Israéliens - toutes origines confondues - les souvenirs sinistres des pogromes d’Europe de l’est, d’Afrique du Nord et d’ailleurs, c’est aussi et surtout l’idée même que la plupart d’entre nous se faisaient, jusqu’à ce jour, de la possibilité de faire exister une minorité arabe dans un Etat à majorité juive. Est-ce que les pères fondateurs du sionisme politique se sont trompés, comme l'écrit Sammy Ghozlan (1)? En réalité, ce n'est pas le modèle de l’Etat juif des pères fondateurs qui s'est écroulé sous nos yeux, mais bien son antithèse, à savoir l’Etat post-sioniste “de tous ses citoyens”. 

 

Rappelons que la précédente vague de violences du secteur arabe israélien s’était produite au paroxysme de la vague post-sioniste, en octobre 2000, sous le mandat d’Ehoud Barak. Celui-ci est en effet le Premier ministre qui a été le plus loin dans l’application des idées post-sionistes consacrées par les accords d’Oslo. C’était alors, rappelle Emmanuel Shiloh dans les colonnes de Besheva (2), pour attirer les voix arabes et remporter ainsi les élections que Barak avait désigné la fameuse commission Or, dont le rapport a fait porter aux chefs de la police la responsabilité des événements sanglants déclenchés par des Arabes israéliens. C’est à ce moment que la police a été littéralement émasculée, avec les conséquences dramatiques auxquelles on assiste aujourd’hui.

 

Dès lors, ces événements dont la gravité dépasse peut-être celle des missiles tirés sur Tel-Aviv et Jérusalem, placent devant un choix fatidique tant la minorité arabe que la majorité juive d’Israël. Aux Arabes, il appartient de choisir s’ils veulent rester des citoyens d’un Etat à majorité juive, avec les droits dont ils bénéficient déjà et les obligations - dont certaines leur ont été jusqu’alors évitées, pour de multiples raisons. Aux Juifs, il revient de redéfinir le fondement de l’identité nationale israélienne - comme avait tenté de le faire la Loi sur “Israël Etat-nation du peuple Juif”, de manière prémonitoire, et de redéfinir surtout ce qu’ils attendent des minorités non-juives vivant dans l’Etat d’Israël.

 

Concernant les Arabes israéliens tout d’abord : ceux qui ont participé aux pogromes anti-juifs doivent payer les conséquences de leurs actes. Ils doivent être identifiés, jugés et lourdement condamnés. Si l’arsenal juridique existant ne le permet pas, il pourrait être opportun d’y ajouter une peine de déchéance de nationalité, pour les atteintes aux personnes et aux biens juifs à caractère antisémite avéré. Israël a été créé pour que le peuple Juif échappe à tous les pogromes et farhoud consubstantiels à l’existence exilique, et il ne peut abriter en son sein des pogromistes, fussent-ils détenteurs d’une carte d’identité. 

 

Mais au-delà de leur cas, c’est l’ensemble de la minorité arabe qui doit choisir son identité. Ses membres doivent choisir entre devenir des Israéliens de culture arabe, ou bien rester des “Palestiniens vivant en Israël”. Le choix de l’identité israélienne ne se résume pas à une question administrative. Ils doivent assumer jusqu’au bout les contradictions de leur double identité, et les résoudre de manière non équivoque. Rester Israéliens implique qu’ils renoncent à toute identification publique à la cause palestinienne, sous peine de devenir la “cinquième colonne” des ennemis d’Israël. Ce choix leur appartient en définitive, et c’est à eux qu’il incombe de tracer leur avenir.

 

Ahmad Tibi : représentant d’Arafat à la Knesset

 

Mais ce choix crucial concerne également la majorité juive en Israël. Celle-ci a en effet, surtout depuis les années 1990 et la vague montante du post-sionisme, oublié les droits et les obligations afférentes au statut de majorité. Sous les coups de boutoir de l’idéologie post-sioniste - véhiculée par la Cour suprême et par de larges fractions de l’université et des médias - Israël a oublié les fondements du sionisme politique et a permis à ses ennemis de venir se nicher au cœur même de sa représentation politique, à la Knesset. L’autorisation donnée à des partis arabes niant le caractère juif de l’Etat et soutenant ouvertement le Hamas, l’OLP et les autres ennemis d’Israël de siéger à la Knesset a sapé le fragile équilibre sur lequel reposait l’existence d’une minorité arabe en Israël. 

 

La faute en incombe non seulement aux électeurs arabes qui ont élu ces représentants, mais aussi aux institutions juives qui ont permis à ces partis arabes de prospérer - alors même que la Loi israélienne contenait les instruments pour interdire de tels partis (chaque mesure d’interdiction prononcée par la Commission électorale à leur encontre ayant été annulée par la Cour suprême). Le summum de l’absurde  a été atteint à au moins deux reprises : la première, quand le conseiller spécial d’Arafat, Ahmad Tibi, est devenu député à la Knesset. La seconde, quand  le fondateur du parti Balad, Azmi Bishara,  a été accusé d’espionnage en faveur du Hezbollah en pleine guerre du Liban, et a quitté Israël pour échapper à la justice, trouvant refuge à Doha.

 

Le cas Bishara est sans doute plus révélateur encore que celui de Tibi. Cet intellectuel formé à l’université berlinoise (où il a étudié aux frais du parti communiste israélien), est rapidement devenu la coqueluche de certains médias israéliens, qui voyaient en lui un intellectuel brillant, parlant le même langage qu’eux. Voici le portrait que dressait de lui le journaliste Nahum Barnéa, dans le quotidien Yediot Aharonot (3) : “Il était devenu le gourou des cercles intellectuels... comme l’institut Van Leer de Jérusalem. A leurs yeux, il était un philosophe combattant. Les femmes tombaient amoureuses de lui. Les hommes lui ouvraient les portes de l’académie….”. 

 

Azmi Bishara, la coqueluche des médias israéliens

 

Selon Barnéa, qui appartient à la gauche israélienne, Bishara s’est servi du cheval de Troie du “rapprochement judéo-arabe” et de “l’État de tous ses citoyens” pour pénétrer les cercles d’influence, alors qu’il n’a en fait jamais renoncé à son credo politique nationaliste arabe. Le jugement de Barnéa est d’autant plus instructif qu’il fait lui-même partie de ceux qui se sont laissé abuser par la rhétorique de Bishara. Si l’exemple de Bishara doit nous enseigner une chose, c’est que la ‘houtspa des députés arabes israéliens radicaux se nourrit de la naïveté et de la cécité politique de ceux qui ont apposé un tampon de “cacherout” politique sur leurs opinions anti-israéliennes extrémistes.

 

Rien ne sera plus comme avant dans les rapports entre Juifs et Arabes en Israël. Mais cela n’est pas forcément une mauvaise chose; car la fin d’un mensonge peut aussi inaugurer de nouvelles relations plus vraies. Aux Arabes, il faudra apprendre à vivre comme une minorité assumant pleinement ses obligations civiques (y compris celle d’accomplir un service national - militaire ou civil, à eux de choisir - et de respecter l’hymne national et les autres symboles de l'Etat juif). Aux Juifs, il appartiendra de savoir se comporter en majorité digne et de ne pas brader ses droits et son identité nationale. 

 

La question du caractère juif de l’Etat d’Israël n’était pas, comme nous avons pu le croire pendant trop longtemps, un luxe réservé aux débats intellectuels et médiatiques. Elle est lourde de conséquences pour notre existence même. Soit Israël restera un Etat juif, à condition de se défendre à l’extérieur et à l’intérieur de ses frontières, soit il deviendra “l’Etat de tous ses citoyens”, prélude à la guerre civile et à la fin du rêve sioniste.

Pierre Lurçat

1. https://www.cjfai.com/fwd-les-peres-fondateurs-de-letat-disrael-seseraient-ils-trompes/

2. E. Shilo, “Le natsea’h bé-Azza vegam bé-Lod”, Besheva 13.5.2021. https://www.inn.co.il/news/492487 

3. https://www.ynetnews.com/articles/0,7340,L-3399642,00.html

 

Article paru initialement sur le site Menora.info

 

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Les fondements historiques du système électoral israélien

April 4 2021, 11:32am

Posted by Pierre Lurçat

 

Les dernières élections ont une fois de plus mis à l’ordre du jour la question d’une possible réforme du système électoral israélien, fondé sur le mode de scrutin proportionnel intégral, et considéré comme un système très démocratique, mais très difficile à gérer. Cette question récurrente est en fait un véritable serpent de mer qui réapparaît régulièrement dans le débat public (1). Le présent article examine la question de la réforme électorale dans une perspective historique, en montrant comment le système proportionnel a été adopté et pourquoi il est resté en vigueur jusqu’à aujourd’hui.

Un problème aussi ancien que l’État d’Israël

“Dans le système électoral israélien, il n’existe pas de relation entre l’électeur et l’élu ; le citoyen vote pour des candidats que, la plupart du temps, il ne connaît pas, et ce sont seulement les appareils des partis qui désignent ceux qui figureront sur les listes et à quel rang… Le gouvernement ne peut être formé après les élections que par les négociations entre les appareils des partis (2)”.

David Ben-Gurion | prime minister of Israel | Britannica

Ce constat désabusé, qui semble décrire la situation actuelle, date en fait de… 1954 ! C’est celui que faisait Ben Gourion, devant le conseil du Mapaï (parti travailliste), ayant compris dès 1949 que le système électoral devait être réformé… On constate, à la lecture de ces lignes, que le problème de la réforme électorale est aussi ancien que l’État d’Israël. Il l’est en fait encore plus : le système électoral, tout comme les principales institutions politiques de l’État, puise en effet ses racines dans la période pré-étatique, celle du Yishouv.

I. Fondements historiques et sociologiques du système électoral israélien

De l’Assemblée du Yichouv à l’Assemblée des Représentants

Le système électoral et politique israélien plonge ses racines dans la période du Mandat britannique (1922-1948), et même plus loin. C’est en effet à la période pré-mandataire que remonte la première tentative réussie de créer un organe national représentatif de tous les courants politiques présents en Eretz Israël. Au-delà de son intérêt historique, ce rappel est indispensable pour comprendre comment Israël a adopté le système électoral proportionnel, resté en vigueur jusqu’à nos jours, malgré quelques changements. C’est au dirigeant sioniste Menahem Ussishkin que revient le mérite d’avoir réuni la première “Assemblée du Yichouv”, à Zikhron Yaakov, en 1903. Celle-ci créa la “Confédération des Juifs en Eretz Israël”, mais son action fut entravée par la controverse autour du projet d’État juif en Ouganda (dont Ussishkin était le principal opposant).

Menahem Ussishkin (à gauche) - New Yok 1921

Les efforts pour créer un organe représentatif furent renouvelés après la Première Guerre mondiale et la Déclaration Balfour (1917). Les représentants du Yichouv constituèrent une Assemblée constituante qui élut un “Comité provisoire des Juifs en Eretz Israël”. A nouveau, des différends surgirent, notamment sur la question du droit de vote des femmes, auquel les représentants des factions religieuses étaient opposés. En fin de compte, le Comité provisoire fixa au 19 avril 1920 la date des élections à la première Assemblée des représentants (Assefat ha-Nivharim), qui siégea jusqu’au 6 décembre 1925. Au total, quatre Assemblées se succédèrent entre 1919 et 1949. Les élections se faisaient au scrutin de liste direct, au niveau national, tout comme aujourd’hui.

 

Les quatre Assemblées des Représentants (1920 – 1944)

L’examen de la composition des quatre Assemblées de Représentants est instructif, et montre qu’elle étaient constituées de très nombreuses factions, réparties en quatre catégories principales : partis ouvriers, partis religieux, partis à base ethnique et partis à base professionnelle. La première Assemblée comportait ainsi pas moins de 19 factions, et la deuxième 25 ! Les grands partis politiques – qui allaient jouer un rôle essentiel dans la vie politique de l’État – étaient pour la plupart déjà représentés dans l’Assemblée élue en avril 1920 : Ahdout ha-Avoda (travaillistes), Mizrahi (sionistes religieux), Harédim, aux côtés d’autres listes à orientation ethnique (Séfarades, Yéménites, Boukhariens) ou professionnelle (artisans, employés). Les sionistes révisionnistes firent leur entrée dans la deuxième Assemblée (élue en 1931)

La quatrième “Assemblée des élus” du peuple, Jérusalem 1944

Ce rappel historique permet de comprendre les raisons de l’adoption du système de représentation proportionnelle. On peut en dénombrer au moins trois. Premièrement, le Yichouv ne jouissant d’aucune continuité territoriale, la représentation proportionnelle à une seule circonscription était la plus facile à mettre en œuvre. Deuxièmement, ce système permettait d’effacer les disparités entre régions rurales et urbaines. Enfin et surtout, le système proportionnel constituait un facteur d’intégration devant accorder une légitimité indispensable à l’État en devenir, au vu de la grande hétérogénéité ethnique et politique de la population, qui se reflétait dans la composition de l’Assemblée des représentants. Toutes ces raisons firent que l’organe “législatif” du Yichouv adopta le système proportionnel, qui fut maintenu en vigueur après la création de l’État.

Pierre Lurçat

1. Pour un exposé synthétique, voir Daniel Elazar, “Electoral and Constitutional Reform for Israel”, JCPA, 16/7/2004.

2. Cité par Avraham Avi-Haï, Ben Gourion bâtisseur d’État, p.299, Albin Michel 1988.

 

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“Nous devons dire merci à Nétanyahou,l’homme qui a sauvé nos vies”, Benny Ziffer

March 21 2021, 14:08pm

Posted by Benny Ziffer

Je reproduis ci-dessous l’article publié ce matin par Benny Ziffer dans les colonnes d’Aroutz 7 (Israel National News). Ziffer est un écrivain, poète et journaliste, mais il est surtout connu comme rédacteur en chef du supplément littéraire du journal Ha’aretzFrancophile, il est ami avec l’écrivain Michel Houellebecq, qu’il a contribué à faire connaître au public israélien.

J’ajoute que je partage, comme des millions de nos concitoyens, le sentiment exprimé par B. Ziffer, que j’avais déjà exprimé bien avant le Covid-19, envers la famille Nétanyahaou et le Premier ministre, qui porte bien son nom (en hébreu, Nétanyahou signifie “Dieu nous l’a donné”’). Je débattrai des élections israéliennes mardi prochain à 19h30 heure d’Israël sur i24, face à Jean-Pierre Filiu. 

Pierre Lurçat

 

 

“Nous devons entamer cette semaine fatidique avec l’espoir que mardi, nous renforcerons Nétanyahou aux élections, pour la raison purement pragmatique qu’il est un excellent Premier ministre.

 

Mardi, souhaitons que le peuple punisse dans les urnes les dirigeants de ce qu’on appelle la gauche sioniste, le centre-gauche avec ses différentes branches, pour s’être égarés, avoir abandonné tout sens de la responsabilité nationale et s’être perdus dans leur vanité, tout ce qui leur reste étant de s’époumoner : “‘Rak lo Bibi!” (“Tout sauf Bibi!”)

 

Mardi, nous devons montrer aux médias malfaisants qui poursuivent de leur vindicte Nétanyahou et le Likoud, en utilisant des stéréotypes antisémites pour diaboliser les Juifs orthodoxes, au mépris de l’intelligence des téléspectateurs - qu’ils n’ont aucune influence sur nous. En dépit de l’incitation et de la diabolisation permanente - nous voterons justement pour Nétanyahou. Peut-être ainsi apprendront-ils à être plus équilibrés et plus dignes.

 

Mardi, nous devons dire merci à l’homme qui a sauvé nos vies, au sens littéral.

 

Benny Ziffer (photo : Ziv Koren)

 

A la veille des élections, il faut prier pour que les manifestants de la rue Balfour noient leur désespoir dans l’alcool et n’aillent pas voter mardi matin. Et s’ils se lèvent quand même pour aller voter, que leur désespoir leur fasse mettre un bulletin blanc dans l’urne.

 

Mardi, nous devons démontrer que la haine pathologique envers Nétanyahou et sa famille ne bénéficie pas à ceux qui la propagent, et que Nétanyahou restera au pouvoir pour de nombreuses années encore…

 

Mardi, nous devons assurer encore des années de sécurité et de prospérité et de calme, et non, à D. ne plaise, de chaos et de folie, si Nétanyahou ne parvenait pas à former un gouvernement. Car il suffirait de quelques heures sans direction à la tête de notre pays, pour que nos ennemis extérieurs tentent de nous anéantir, au sens littéral. 

 

Voter pour Nétanyahou, c’est à mes yeux voter en faveur d’un projet divin réussi et de la grâce divine qui a été accordée à Israël, depuis le Ciel - ne serait-ce que par la sagesse qui consiste à ne pas rejeter un tel cadeau de D.ieu.


Mardi, je me lèverai tôt et j’iraivoter pour lui, comme pour remplir un commandement sacré. Ce commandement est celui d’aimer le peuple d’Israël de toute notre âme et de tous nos moyens. Et il n’est pas de meilleur moyen d’exprimer  cet amour qu’en votant pour Byniamin Nétnyahou.

Benny Ziffer

Texte original : https://www.inn.co.il/news/471556

 

Nétanyahou et sa femme Sarah, montrant le sceau biblique qui porte son nom

LIRE AUSSI:

http://vudejerusalem.over-blog.com/2019/04/pour-comprendre-benjamin-netanyahou-sans-fard-ni-caricature-quelques-liens-sur-la-famille-sioniste-revisionniste-de-jabotinsky-a-net


 

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