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shmuel trigano

Le “signe juif” au cœur de la campagne présidentielle?, Pierre Lurçat

January 25 2022, 13:54pm

Posted by Pierre Lurçat

Emmanuel Macron aux côtés de Benjamin Stora, de Jack Lang et du rabbin Korsia lors de l’inauguration de l’exposition à l’IMA

Emmanuel Macron aux côtés de Benjamin Stora, de Jack Lang et du rabbin Korsia lors de l’inauguration de l’exposition à l’IMA

 

Dans un article publié il y a une vingtaine d’années[1], le sociologue Shmuel Trigano analysait ce qu’il qualifiait de “signe juif de la politique française”, défini comme l’utilisation de la Shoah et du signe juif en général, à des fins politiques et politiciennes. “L'invocation répétée de la Shoah, source de moralisation universelle”, expliquait-il, “a contribué à la naissance d'un nouveau sacré qui a conféré au signe juif une valeur éthique absolue. Simultanément, la citoyenneté du juif français s'est vue construite comme modèle de l'intégration républicaine (I'envers de Vichy) offert en exemple aux immigrés : le signe juif, symbole de la République. Ces deux figures sont nées sans doute en écho au refoulé de l'Occupation dans la mémoire collective et à I'inquiétude née d'une immigration massive”.

 

Vingt ans plus tard, cette analyse n’a pas pris une ride. Au contraire : les récentes déclarations du président-candidat Emmanuel Macron sur Vichy et les Juifs ou celles sur les “Juifs d’Orient” (titre d’une exposition qu’il a récemment inaugurée à l’Institut du Monde arabe) et les polémiques permanentes autour de propos du candidat Eric Zemmour sur les mêmes sujets montrent que le “signe juif” est, une fois de plus, un élément central de la politique française, placé au cœur de la campagne pour l’élection présidentielle.


Paradoxalement, comme le constatait Trigano à l’époque, ce “signe juif” ne coïncide pas nécessairement avec la condition vécue des Juifs. L’expérience des vingt dernières années montre qu’il ne coïncide pas du tout avec elle… Au contraire, on pourrait dire - et c’est l’hypothèse que nous voudrions avancer ici - que l’utilisation du signe juif est d’autant plus marquée et flagrante que leur condition réelle se dégrade. Ou, pour dire les choses en d’autres termes, plus le “Juif réel” devient persona non grata dans la France d’aujourd’hui, plus son double symbolique est omniprésent et célébré dans le discours politique et médiatique.

Ainsi, alors que le “Nouvel antisémitisme” connaît un pic jamais atteint et que des Français de confession juive sont - pour la première fois depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale - assassinés en France parce qu’ils sont Juifs (Sébastien Sellam, Ilan Halimi, Mireille Knoll, Sarah Halimi, etc.), le président Emmanuel Macron célèbre, en inaugurant l’exposition sur “Les Juifs d’Orient” à l’institut du Monde arabe, le “vivre ensemble” (expression calquée de l’espagnol convivencia, terme qui a été utilisé pour décrire la soi-disant “coexistence judéo-musulmane” dans l’Espagne sous domination de l’islam[2]), l’hospitalité (en terre d’islam), les “influences mutuelles”, etc. Autant de thèmes idéologiques qui doivent permettre de réaffirmer son credo politique de la “France plurielle”, à la veille de l’élection présidentielle.

 

Dans ce discours politique et idéologique, les Juifs sont doublement mobilisés par le président Macron. Ils le sont à titre de “Juifs modèles”, représentants de la “communauté juive”, comme lorsque le grand-rabbin Haïm Korsia se tient aux côtés d’Emmanuel Macron et de Jack Lang pour apporter son tampon de "cacherout républicaine” à l’exposition de l’Institut du monde arabe. Et ils le sont en tant que “Juifs symboliques”, quand Macron célèbre le “peuple juif, mémoire de l’humanité”, expression qui tend à reléguer l’histoire juive concrète dans un passé immémorial. Ce discours enjoliveur a pour fonction de mobiliser le signe juif, en célébrant un passé juif idéalisé, tout en faisant oublier la condition terrible des Juifs réels dans la France actuelle.

 

De même, lorsqu’Emmanuel Macron se tient, entouré de Serge et de Béate Klarsfeld, devant la stèle en mémoire des déportés juifs à Vichy, pour effectuer “un double geste mémoriel” selon l’expression de certains médias, il mobilise là encore le “signe juif” à des fins politiques et politiciennes (pour contrer la campagne d’Eric Zemmour, comme l’explique Le Monde). Dans les deux cas, les "Juifs modèles" que sont les époux Klarsfeld ou le rabbin Korsia servent non seulement de faire valoir au président de la République candidat à sa réélection, mais ils servent aussi de "témoins" de moralité, au service d'une entreprise de récupération politique de l'histoire et de négation de la réalité de la condition juive.

 

Que cette utilisation du "signe juif" ait commencé à l'époque du Président François Mitterrand n'est évidemment pas fortuit. Celui-ci était en effet l'homme politique qui a le plus exploité la présence de personnalités juives, dont il aimait à s'entourer pour jeter un voile opaque sur ses véritables intentions et motivations. Le seul président de l'histoire politique française qui était un authentique homme d'extrême droite, ancien cagoulard décoré de la Francisque, devenu "socialiste" par pur opportunisme, a pu ainsi s'acheter une réputation d'ami des Juifs qui perdure jusqu'à ce jour.

Mitterrand avec Pétain, 1942

Plus tard, Jacques Chirac a poursuivi sur cette voie, en prononçant son fameux discours du Vel d'Hiv, tout en vendant à Saddam Hussein l'arme nucléaire qui aurait pu effacer Israël de la carte, sans la décision de Menahem Bégin de détruire Osirak… l'acte bien réel et concret de la diplomatie française pro-arabe était ainsi contrebalancé, et pour ainsi dire effacé, par le geste symbolique du président Chirac, décrit jusqu'à aujourd'hui comme très philosémite.

 

La politique française continue aujourd'hui de se servir du signe juif, avec la coopération active des Juifs-modèles, les Klarsfeld, Attali, Jack Lang,  etc. (la liste est longue), sous la présidence d'Emmanuel Macron. Au-delà même de cette duplicité fondamentale de la politique française, le signe juif a pour fonction principale de focaliser le débat public et de discréditer les adversaires du pouvoir en place, en tenant lieu d'exutoire symbolique et de cache-misère, qui dissimule tant bien que mal la réalité de la condition juive, dont la dégradation apparemment irréversible est acceptée comme un fait accompli. Les Juifs-modèles célèbrent ainsi le mensonge du "vivre ensemble", en occultant la réalité du nouveau statut des Juifs, celui de la dhimma, aujourd'hui rétablie en France.

Pierre Lurçat

Article paru sur le site Menora.info

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Un événement éditorial : La maison de mon père, de Golda Meir

 

Pierre Lurçat présente le livre au micro de Cathy Choukroun sur RADIO QUALITA

 

https://www.youtube.com/watch?v=T5aGrpsaHI4

 

Une des plus grandes dames de la scène politique israélienne…”

Ilana Ferhadian, RADIO J

 

https://www.youtube.com/watch?v=iiJLxxXn3-M




 

En 1972 paraissait en Israël le premier livre autobiographique rédigé par Golda Meir, qui était alors Premier ministre depuis plusieurs années. Ce texte, publié en français pour la première fois, couvre la partie de la vie de l’auteur qui s’étend de son enfance en Russie et de sa jeunesse en Amérique, à son séjour au kibboutz Merhavia, dans les années 1920. On y découvre, outre l’autoportrait de celle qui allait devenir la première femme Premier ministre de l’État d’Israël, la description fidèle et sans fioritures d’une génération tout entière, celle des pionniers de la Troisième Alyah (1921-1924). 

 

La maison de mon père, traduction et présentation de Pierre Lurçat, éditions Books on Demand

 

Les demandes de service de presse (papier ou numérique) doivent être adressées à

 

Noémie Machner

+33 (0)1 53 53 14 89

presse@bod.fr

avec en copie 

editionslelephant@gmail.com

 

 

 

[2] Voir à ce sujet S. Trigano, “La convivencia”, de la modernité à la post-modernité, Pardès no. 67.

Emmanuel Macron entouré des époux Klarsfeld à Vichy, (photo AFP)

Emmanuel Macron entouré des époux Klarsfeld à Vichy, (photo AFP)

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L’intention d’amour, de Shmuel Trigano : Esquisse d’une anthropologie hébraïque

April 27 2021, 11:14am

Posted by Pierre Lurçat

Les éditions de L’éclat ont récemment réédité le livre de Shmuel Trigano, L’intention d’amour, sous-titré “Désir et sexualité dans le Livre des Maîtres de l’âme de R. Abraham ben David de Posquières”. Ce dernier est un rabbin et kabbaliste connu sous son acronyme, le “Rabad”. Comme l’explique l’auteur en introduction, le Livre des maîtres de l’âme (Sefer Baalé-Hanefech) est “un des rares textes que la tradition a consacrés spécifiquement à la sexualité”. Le Rabad l’envisage du point de vue de la halakha, la loi juive, mais Trigano s’intéresse de son côté à la philosophie qui en est le soubassement. Il ne s’agit pourtant pas ici de la “sexualité”, au sens où nous l’entendons en Occident. En effet, écrit Trigano, “la notion de “corps” est quasiment absente de tout ce texte sur la sexualité”. Non pas en raison d’un rejet du corps et de ses contraintes, mais au contraire, parce que l’anthropologie juive qui se déploie dans ce texte n’envisage jamais le corps autrement que comme réceptacle de l’âme, la nefech, “qui est au coeur de l’analyse”. 

 

 

Pour comprendre la vision juive de la sexualité, il faut donc au préalable oublier la dichotomie occidentale (chrétienne et post-chrétienne) du corps et de l’âme. Car même le concept d’âme, dans son acception occidentale, est impropre pour traduire la nefech hébraïque. Celle-ci, explique Trigano, citant le théologien protestant Daniel Lys, “concerne l’être humain, qui vit dans l’histoire, et cet être humain fait partie du peuple d’Israël, qui a conscience que son histoire se déroule devant Dieu”. On comprend, à la lecture de cette définition, tout ce qui sépare l’anthropologie juive des conceptions auxquelles nous a habituées la vision occidentale de l’homme. A travers l’étude de “l’intention d’amour”, c’est en effet toute la conception hébraïque de l’homme, créé “Betselem Elohim”, à l’image de Dieu, qui transparaît.

 

C’est précisément cet aspect du Livre des maîtres de l’âme qui lui donne son caractère étonnamment actuel. Tout d’abord, parce que le judaïsme a reconnu l’importance (voire la prééminence) du désir et du plaisir féminin, bien avant Simone de Beauvoir et le féminisme occidental (lequel est bien pauvre et ambivalent, en comparaison de la vision hébraïque du féminin). Ensuite, parce que le judaïsme rejette la notion de “devoir conjugal” (c’est à l’homme qu’incombe le seul devoir qui existe en la matière) et qu’il a reconnu la notion de “viol conjugal” plusieurs siècles avant que celle-ci ne soit sanctionnée par la jurisprudence des tribunaux en France (à la fin des années 1990 seulement !) (1) Mais l’aspect le plus actuel du livre est encore ailleurs : il est dans la définition même du masculin, du féminin et dans celle de l’homme qui en ressort. Ce thème est d’ailleurs celui d’un autre ouvrage collectif récemment publié par Shmuel Trigano, Parent 1 Parent 2? L’enjeu anthropologique.



 

 

 

L’intention d’amour est la réédition d’un texte publié par S. Trigano en 1985 dans la revue Pardès, puis sous forme de livre aux éditions L’éclat, en 2007. Dans son introduction à la présente édition, l’auteur fait l’observation suivante : “C’est souvent après coup qu’on prend la mesure de l’importance d’une recherche dans un cheminement intellectuel… En redécouvrant ce texte passé, je me suis rendu compte que j’entamais le début d’une réflexion qui devait me conduire à concevoir la problématique de la “part gardée”, source génératrice d’autres ouvrages depuis, Philosophie de la Loi, l’origine de la politique dans la Tora, en 1991, La séparation d’amour, une éthique d’alliance en 1996”.

 

Quelle est donc cette “part gardée” dans le domaine de la sexualité? Elle est, explique Trigano, l’auto-limitation de l’homme, “qui ouvre le champ à l’apparition de la partenaire et rend donc possible l’intention (qui donne son titre au livre, L’intention d’amour P.L) et le consentement”. Il faut donc, poursuit-il, “qu’il y ait un reste inconsommé, laissé intact, potentiel, qui sauve l’intention et préserve son authenticité”. Ce “reste” désigne “la part de vide et d’inaccompli qui subsiste dans la relation”.

 

 

S. Trigano rapproche ce concept du “reste” dans la relation d’amour des “notions classiques définissant Israël comme la part de Dieu”, et des concepts de prémices, de la ‘Hala, “de la dîme sur les récoltes, c’est-à-dire ce qui n’est pas consommé dans la jouissance du monde”. On touche ici à une catégorie originale de la pensée hébraïque qui permet de comprendre la sexualité non pas, comme le fait l’Occident moderne et post-moderne, comme une dimension à part - érigée aujourd’hui en fondement d’une “identité sexuelle”, notion totalement impensable dans la tradition d’Israël -, mais comme un élément indissociable de la personne humaine, des relations homme-femme et de l’établissement de la famille. C’est précisément parce que la pensée hébraïque refuse l’autonomie de la sexualité - pour ne l’envisager que dans sa conception anthropologique globale - qu’elle permet de répondre aux dérives actuelles du “genre” et à la dilution des notions fondatrices du masculin et du féminin. Ici, comme ailleurs, la pensée hébraïque ouvre un horizon salvateur à un Occident en perdition.

Pierre Lurçat

1. Voir à ce sujet https://www.franceculture.fr/droit-justice/devoir-conjugal-contre-viol-conjugal-histoire-dune-reconnaissance-laborieuse

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Parution de Seuls dans l’Arche, Israël laboratoire du monde

J’ai le plaisir d’annoncer la parution de mon livre Seuls dans l’Arche, Israël laboratoire du monde. Réflexion menée entre mars 2020 et mars 2021, ce livre aborde la crise mondiale provoquée par la pandémie du Covid-19 sous l’angle inédit de la double tradition juive et occidentale, nourri de la lecture de rabbins et de philosophes, de sociologues et de poètes.

 

Pour “sortir de l’Arche” et retrouver nos libertés, mises à mal par les politiques anti-Covid, il faut au préalable retrouver l’idée même de la liberté humaine, qui n’est pas seulement la liberté individuelle ou la protection de la confidentialité des données, auxquelles elle se réduit trop souvent aujourd’hui.

 

Il s’agit, bien plus fondamentalement, du libre-arbitre, mis à mal par des décennies d’assauts répétés venant des tenants d’une définition mécaniste de l’homme, considéré tantôt comme un système neuronal, tantôt comme un animal un peu plus évolué (thèse de Yuval Harari dans Homo Sapiens). Pour que la “sortie de l’Arche” ait un sens, il faut repenser l’homme, afin de refonder le monde sur de nouvelles bases plus solides. 

 

Il s’agit en effet de la définition même de l’homme et de sa spécificité, qu’il est urgent de réaffirmer aujourd’hui. Si Israël est aujourd’hui devenu le phare d’une humanité malade, pionnier de la vaccination et de la sortie de crise, ce n’est pas un hasard. Le monde attend en effet d’Israël - au-delà d’un modèle sanitaire - qu’il réaffirme la vieille parole venue du Sinaï.

 

Confinés depuis un an dans l’Arche, nous espérons entrevoir la colombe porteuse de la branche d’olivier qui annoncera la décrue puis la fin du Déluge et le retour sur la terre ferme et chaleureuse, augurant d’un nouveau départ pour une humanité plus juste et plus confiante.

Pierre Lurçat

Le livre est disponible uniquement sur Amazon.

Les demandes de service de presse sont les bienvenues : pierre.lurcat@gmail.com

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Comment la Cour suprême a pris le pouvoir en Israël : intervention au colloque Dialogia sur la démocratie

December 6 2020, 08:21am

J'ai le plaisir d'intervenir dans le colloque qui se tiendra demain soir (lundi) :

 

Où va la démocratie?


Dialogia a le plaisir de vous inviter
à sa prochaine conférence
le 07 décembre 2020

 

De 18.00 à 22.00 (heure d'Israël) sur internet,
via la plateforme ZOOM

INSCRIPTION ICI

https://us02web.zoom.us/webinar/register/WN_7_gVGFTrQkC_nI8I14Oylw

PROGRAMME DE LA CONFERENCE

18h00-18h15 : Introduction - Shmuel Trigano, Le grand renversement, Qu'est-ce qui a changé dans l'univers démocratique ?

18h15- 19h15 : La politique des identités -

18h15-18h45 : Haïm Navon : Pourquoi la politique des identités estelle un danger pour l’identité * -

18h45-19h15 : Rachel Israël, « Malaise dans la Culture » : de l’essai de Freud à l’actualité sociétale

19h15- 20h15 : L'homme et le citoyen -

19h15-19h45 : Gadi Taub, Politique d’immigration et montée du libéralisme anti-démocrate * -

19h45-20h15 : Shmuel Trigano, La figure de l'"homme": des deux Déclarations universelles à nos jours

20h15- 21h45 : Etat des lieux israéliens -

20h15-20h45 : Pierre Lurçat, Le pouvoir judiciaire contre le peuple : Comment la Cour suprême est devenue le premier pouvoir en Israël -

20h45-21h15 : Mordekhai Nisan, La démocratie israélienne – idéologie, citoyenneté et guerre * -

21h15-21h45 : Ronen Shoval, Perspectives croisées : la tradition moderne et l'héritage politique du judaïsme *

21h45-22h00 : Débat et Conclusion

https://dialogia.co.il/wp-content/uploads/2020/11/Programme-confe%CC%81rence-FR-FINAL.pdf

La démocratie est couramment invoquée dans le débat public, souvent en vertu d'arguments contradictoires. Il n'est pas sûr que ceux qui la convoquent pour légitimer leur parti-pris en aient la même définition mais ce qui est sûr c'est que la démocratie telle qu'elle est vécue n'est plus ce qu'elle était il y a 50 ans. Si l'équilibre des pouvoirs lui-même est ébranlé par les nouvelles technologies, c'est surtout la société qui s'est éloignée du régime démocratique, censé la porter. Le domaine sociétal, le domaine des fondements, sont concernés, comme celui de la redéfinition de la famille, du sexe, de l'identité, du citoyen, du vivant, de la Terre, de la légitimité... Les droits du citoyen ont été relégués dans les marges au nom des droits de l'homme. Mais quel homme ? Est-on toujours en « démocratie » ? En son nom, ne nous dirigeons-nous pas vers sa fin, ou à tout le moins sa mutation inquiétante ? Et cette dérive ne nous dit rien d'une autre crise, cette fois-ci politique, qui frappe le régime démocratique lui-même et dans laquelle le peuple, le demos, se voit ravalé au "populisme" et la majorité parlementaire au "fascisme".

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