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Le blog de Pierre Lurçat, essayiste, écrivain et traducteur. L'actualité vue de Jérusalem, avec un accent particulier sur l'histoire d'Israël et du sionisme.

CulturaSion’ #12 - Hommage au chanteur et compositeur Uzi Hitman

 CulturaSion’ #12 - Hommage au chanteur et compositeur Uzi Hitman

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Vous connaissez tous ses chansons, Noladti la shalom”“Ana’hnou nisharim ba’Aretz”. Pourtant son nom est largement inconnu du public francophone. Il y a 15 ans disparaissait à l’âge de 52 ans le chanteur et compositeur Uzi Hitman, un des piliers de la chanson israélienne des années 1980 et 1990. 

 

Uzi Hitman est né en 1952 à Givat Shmuel. Ses parents étaient tous les deux des rescapés de la Shoah. Son père était ‘hazan. Pendant son service militaire, il rejoint la Lahakat Pikoud Merkaz (la troupe militaire du commandement centre) et compose ses premières chansons, parmi lesquelles “Mi yada shé kah iyihé” qui sera interprétée par Boaz Sharabi. Cette chanson fait partie du répertoire associé à la guerre de Kippour (à laquelle Hitman participa comme réserviste) et elle fut à l’époque interdite de diffusion, car considérée comme exprimant des sentiments de lassitude et de désespoir.

 

Dans les années d’après la guerre de 1973, il collabore avec plusieurs chanteurs connus, comme Avi Toledano, mais aussi avec la nouvelle vague des chanteurs “orientaux” - à l’époque peu joués à la radio israélienne - comme le légendaire Zohar Argov, Haïm Moshe, Margalit Tsanani ou Shimi Tavori. Avec Shimi Tavori, il chante “Od sippour ehad shel ahava”.

 

Il écrit aussi une de ses chansons les plus célèbres, “Noladti la shalom”, à l’époque des négociations entre Israël et l’Egypte. Dans le même temps, il se fait aussi connaître par ses chansons pour enfants et ses émissions pour enfants, comme “Parpar Nehmad”.

 

Dans les années 1980, il participe à la troupe “Hopa Hey” qui interprète des chansons pour les enfants et pour le grand public, avec le chanteur Yigal Bashan. Une de leurs chansons les plus fameuses est “Anah’nou nisharim ba’aretz.

 

Le journal Olam Katan a récemment publié une interview réalisée avec Uzi Hitman peu de temps avant sa disparition. En voici quelques extraits :

 

Lorsque le “journaliste en herbe” lui demande si ses chansons expriment une conception du monde, Hitman répond que chaque artiste a une conception du monde. “J’ai écrit la chanson “Kan noladti” car je pense que le peuple Juif n’a pas d’autre endroit qu’Eretz Israël. Nous avons acquis une expérience historique et partout nous avons été des étrangers. Même les Israéliens aujourd’hui peuvent s’installer à NY ou à LA et y faire des affaires et réussir, mais ils éprouveront toujours un manque et la nostalgie de leur pays.. Car c’est notre endroit, où sont nos souvenirs, nos parfums et nos goûts… Je peux voyager à l’étranger, visiter des endroits et ressentir des sensations, mais toujours je reviendrai à la maison”. (Citation qui fait penser à une chanson d’un autre grand artiste israélien, Yehoram Gaon…)

 

Hitman parle ensuite de la musique israélienne et de sa spécificité

Nous sommes un peuple en voie de formation… Israël est le lieu du rassemblement des exilés, c’est pourquoi il abrite une telle diversité de goûts musicaux. Chacun apporte sa culture et sa tradition. On ne peut pas effacer la culture d’un enfant yéménite qui a entendu les chants de shabbat de la bouche de son père après le kiddoush, et l’enfant venu d’Europe orientale a entendu les mêmes chants, sur une mélodie différente. A présent, tous sont réunis dans la même maison. Quelle sera notre mélodie? Celui-ci apporte ses trilles, et celui-là sa mélodie, et c’est ainsi que naît une troisième musique".

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