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Le blog de Pierre Lurçat, essayiste, écrivain et traducteur. L'actualité vue de Jérusalem, avec un accent particulier sur l'histoire d'Israël et du sionisme.

Georges Brassens et la chanson israélienne, Pierre Lurçat

 

A Gabrielle,

amoureuse d’Israël

et de la culture française

Joyeux anniversaire!

 

Le double anniversaire de la naissance du chanteur français (né le 22 octobre 1921) et de son décès (le 29 octobre 1981) est l’occasion de nous pencher sur l’influence qu’il a eue sur la chanson israélienne, notamment au travers de traductions et d’adaptations de ses chansons par certains des plus grands auteurs-compositeurs et interprètes israéliens. Remarque préliminaire : les liens entre la culture israélienne et la France sont un vaste continent, qui reste encore à explorer…(1) Dans les années 1950 et 1960 notamment, de nombreux écrivains et artistes israéliens se sont rendus en France et ont traduit ou adapté en hébreu de nombreuses œuvres françaises, de la littérature classique à la chanson populaire.

 

La première version de “Banaï chante Brassens”, 1974

 

Parmi les artistes israéliens qui ont chanté des chansons inspirées de Brassens en hébreu, Yossi Banaï fait figure de précurseur. Après un séjour à Paris, Yossi Banaï devint l’un des promoteurs de la chanson française en Israël. En 1969, il produisit le spectacle, « Il n’y a pas d’amours heureux », spectacle qui fut entièrement consacré aux chansons de Georges Brassens. Son disque “Yossi Banaï chante Brassens”, sorti en 1974 et réédité par Ed-Harzi en 1997, reprend certains des titres les plus connus de Brassens, parmi lesquels Le Gorille, Chanson pour l’Auvergnat ou Le parapluie. Ces chansons ont été traduites et/ou adaptées en français par des artistes, paroliers ou écrivains talentueux tels que Naomi Shemer, Dan Almagor, ou Yaakov Shabtaï.



 



 

Outre Banaï, il faut mentionner d’autres chanteurs aussi variés que Corinne Allal (qui a notamment interprété une version adaptée d’Au bois de mon coeur, sous le titre Ey Sham baLev, traduction d’Ehoud Manor), ou encore Chava Alberstein. Cette dernière a ainsi interprété la chanson “Véyoyo gam”, adaptation israélienne de La femme d’Hector de Brassens, qui a aussi été chantée par la troupe Lahakat Ha-Nahal en 1958, sur des paroles de Dan Almagor (lesquelles n’ont rien à voir avec les paroles de La femme d’Hector).



 



 

La chanson Véyoyo Gam a connu un grand succès et été reprise également par Yardena Arazi et Ofra Haza en 1979 (regardez-les ici, c’est un régal!) (2). Plus récemment Shlomi Shaban a interprété une version israélienne de Trompe la mort, traduite par Uri Manor. Comment expliquer le succès non démenti des chansons et mélodies de Brassens auprès de si nombreux auteurs et interprètes israéliens, jusqu’à aujourd’hui? Je laisse la question ouverte aux suggestions de mes lecteurs, qui sont les bienvenues.

 

 

Pierre Lurçat

 

1. Lire notamment notre article “Les écrivains israéliens et la France, un amour partagé” et “David Shahar, un écrivain israélien amoureux de la Bretagne”, repris dans mon livre Israël, le rêve inachevé.

2. Voir l’excellent blog Obegshabbat auquel nous avons puisé de précieuses informations. https://onegshabbat.blogspot.com/2011/04/blog-post_07.html


 

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