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Une étincelle d’hébreu: pikoud ha-ôref, l’arrière d’acier et la force d’Israël

March 20 2026, 10:25am

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Posted by Pierre Lurçat

André Neher avec Manitou (Léon Aschkénazi), Eliane Amado Lévi-Valensi, et le grand-rabbin Albert Hazan

André Neher avec Manitou (Léon Aschkénazi), Eliane Amado Lévi-Valensi, et le grand-rabbin Albert Hazan

 

Le 4 juin 1967, “aux heures de suprême angoisse pour Israël”, le regretté André Neher prononçait les mots qui suivent devant l’Assemblée générale du judaïsme français, convoquée de toute urgence. “Am qeshé ôref, le peuple à la nuque d’acier : c’est la définition biblique du peuple juif. Or, en hébreu moderne, ôref, ce n’est pas la nuque, mais l’arrière, l’arrière d’un front de combat. Je traduis donc : le peuple Juif de la diaspora est l’arrière du front d’Israël… un arrière d’acier”[1].

 

Le "Hiddoush" sémantique fait par Neher est tout aussi pertinent aujourd’hui qu’alors. En hébreu moderne, le “pikoud ha-Ôref” désigne le “commandement de l’arrière”, ce département de Tsahal qui a la mission cruciale de faire en sorte que la population civile soit disciplinée et obéisse aux consignes pour minimiser le nombre de victimes des missiles iraniens et libanais. Mission largement atteinte, le peuple d’Israël sachant lorsqu’il le faut faire preuve de discipline !

 

Le “Ôref” désigne donc à la fois l’arrière du front en Israël même, et comme l’écrivait Neher, l’arrière du front d’Israël en diaspora. A la même époque où il prononçait ce discours, un autre Juif courageux, le rabbin Jacob Kaplan, affrontait publiquement le président De Gaulle, après ses propos scandaleux sur les Juifs “peuple d’élite, sûr de lui et dominateur”. Autres temps, autres rabbins… hélas ! Le grand-rabbin Korsia n’a pas eu le courage du grand-rabbin Kaplan.

 

Face à un président français qui a depuis longtemps dépassé tous ses prédécesseurs en matière de détestation d’Israël, Haïm Korsia n’a non seulement pas un mot de protestation, mais il accepte en pleine guerre d’être fait “commandeur de la Légion d’honneur” à l’Elysée, des mains mêmes d’Emmanuel Macron, qui n’a de cesse d’attaquer Israël, en se faisant l’allié objectif du Hezbollah libanais et de l’Iran.

Cet exemple malencontreux de défection de l’arrière d’Israël ne représente toutefois aucunement l’ensemble de la diaspora juive, qui est majoritairement et inconditionnellement unie derrière Israël, son armée et son gouvernement. Am qeshé ôref, le peuple à la nuque raide a la tête haute et se tient droit et fier, jusqu’à la victoire ! Shabbat shalom et Hodesh tov !

P. Lurçat

 

[1] Discours repris dans le beau livre d’André Neher, Dans tes portes, Jérusalem, Albin Michel 1972.

Il ne suffit pas de refuser la Légion d'Honneur ; encore faut-il ne pas la mériter ! (E. Satie)

Il ne suffit pas de refuser la Légion d'Honneur ; encore faut-il ne pas la mériter ! (E. Satie)

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“Make Israel and America Great again!” Donald Trump, Nétanyahou et la recomposition du monde après le 7-Octobre

March 17 2026, 13:57pm

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Posted by Pierre Lurçat

“Make Israel and America Great again!” Donald Trump, Nétanyahou et la recomposition du monde après le 7-Octobre

 

 

1.

 

A travers le refus européen unanime d’aider à garantir la liberté de circulation maritime dans le détroit d’Ormuz, c’est un sinistre remake de l’histoire qui se joue. On pense évidemment à la fermeture du détroit de Tiran aux navires israéliens par l’Egypte, qui déclencha la guerre des Six Jours. Et comment ne pas penser, aussi et surtout, au fameux “Mourir pour Dantzig?”, titre de l’éditorial du pacifiste et collaborationniste Marcel Déat, le 4 mai 1939. La demande américaine adressée aux “alliés” européens est ainsi le révélateur d'une lâcheté politique qui demeure aujourd’hui le seul ciment d’une Europe divisée sur bien des sujets, mais unanime dans son refus d’aider les Etats-Unis et Israël dans leur juste guerre contre le régime iranien sanguinaire.

 

“Les Européens refusent d’être entraînés par Donald Trump dans sa guerre contre l’Iran”, titre Le Monde, et ce titre a lui aussi des résonnances sinistres…. “SA guerre contre l’Iran" ? Comme s'il s'agissait de la lubie personnelle de Trump, que les médias et les chancelleries européennes se complaisent à décrire (dans le meilleur des cas) comme un excentrique, “imprévisible” et “mercantiliste” (selon F. Encel). L’anti-américanisme européen est un bien mince paravent à la détestation d’Israël.

 

2.

 

Israël qui s’avère dans cette guerre, comme l’a reconnu le président américain lui-même, le seul allié fiable et sérieux des Etats-Unis face à l’Iran. Après la reculade britannique suite à l’attaque contre la base militaire de Chypre et après les innombrables lâchetés de Macron, qu’on ne compte plus (la dernière en date étant son appel répété à Israël pour ne pas attaquer le Hezbollah sur le sol libanais), voici que l’Allemagne elle-même se range dans le camp de la couardise et du déshonneur, par la voix de son ministre de la Défense :

 

“Ce n’est pas notre guerre, nous ne l’avons pas déclenchée. » a déclaré Boris Pistorius, disant tout haut ce que pensent tout bas Macron et consorts. Comment ces mêmes pays pourront-ils demander demain aux Etats-Unis de les protéger contre une menace à leur propre sécurité, venant de la Russie ou d’ailleurs ? Leur lâcheté face à l’Iran les aveugle tellement, qu’ils perdent de vue leurs propres intérêts géopolitiques.

 

3.

 

Mais l’essentiel n’est sans doute pas là. Dans le monde redessiné par l’attaque préventive (on ne cessera de le répéter) contre la menace nucléaire iranienne, Israël sous la direction de B. Nétanyahou et les Etats-Unis de Donald Trump apparaissent comme les deux seuls phares d’un Occident qui a renoncé au courage de sa propre survie. C’est sans doute le phénomène le plus marquant de la recomposition du monde après le 7-octobre : Israël est devenue une puissance régionale incontournable – et certains disent même, une puissance internationale – tandis que l’Axe du mal se délite et court à sa perte.

 

L’Europe (et la France) ne comptent plus sur la scène internationale et les États-Unis sont redevenus la première (et pour ainsi dire la seule) grande puissance, avec l’aide d’Israël. “Make America great again” et “Make Israël Great again !”: les promesses respectives des deux grands dirigeants que sont Donald Trump et Benjamin Nétanyahou sont en voie d’être tenues. Pour le plus grand bien de leurs peuples respectifs, du peuple iranien et de tous les peuples épris de liberté. Ad hanitsahon! *

P. Lurçat

* « Jusqu’à la victoire ! » Slogan apparu pendant la guerre déclenchée le 7-Octobre. C’est le titre de mon dernier livre, Jusqu’à la victoire ! la plus longue guerre d’Israël, disponible sur Amazon, à la librairie du Foyer à Tel-Aviv et au centre Begin de Jérusalem.

 

“Make Israel and America Great again!” Donald Trump, Nétanyahou et la recomposition du monde après le 7-Octobre

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Israël-Iran: l’“au-delà” de la géopolitique, ou comment comprendre les événements ?

March 10 2026, 14:08pm

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Posted by Pierre Lurçat

Israël-Iran: l’“au-delà” de la géopolitique, ou comment comprendre les événements ?

 

La dimension invisible de la géopolitique (II):

L’“au-delà” du politique ou comment comprendre les événements ?

 

1.

 

Je connais Alexandre Del Valle depuis plus de 25 ans. Juste après le 11-septembre, alors que je me trouvais en France, nous avions créé avec quelques amis une “Association des amis d’Alexandre Del Valle” pour le défendre contre une campagne de diffamation lancée à son encontre par le journal Le Monde (à l’époque pro-palestinien tendance Fatah, depuis il a viré pro-Hamas…). Ce petit préambule pour dire que j’apprécie l’homme et son parcours. Cela ne m’empêche pas d’avoir éprouvé une certaine insatisfaction en écoutant sa dernière intervention sur l’excellente chaîne Mosaique.

 

Si je devais résumer en une phrase mon sentiment, je dirais que la géopolitique n’a pas grand-chose de profond à nous dire des événements actuels, parce qu’elle s’en tient, comme je l’écrivais récemment, aux apparences et aux réalités “objectives”. Or, depuis le 7-Octobre, nous vivons en Israël des événements qui dépassent de très loin (et de très haut) le domaine de la politique, de la géopolitique ou même de l’histoire dans son acception courante. Comme me l’écrivait Steve Ohana (dont je recommande au passage les commentaires hebdomadaires de la parasha), en réaction à mon article, “nous vivons un moment méta-historique”.

 

Bien entendu, il est difficile d’expliquer à quelqu’un qui ne vit pas ici – même s’il est un ami d’Israël et un observateur avisé de la scène internationale – ce que signifie la “méta-histoire” d’Israël, ou ce que veut dire la “émouna” (foi) juive, clé de notre compréhension du monde et des événements actuels.  Pour tenter néanmoins de partager cette vision juive du monde, je dirais qu’elle repose sur l’idée fondamentale que la puissance d’un pays ne relève pas que de critères objectifs, économiques ou militaires. Ceux qui s’obstinent à vouloir “mesurer” la puissance des différents acteurs en termes de PIB, ou de nombre d’armes conventionnelles ou non, sont incapables de comprendre la portée des événements actuels. (Une preuve, parmi tant d’autres : la France, puissance nucléaire et membre du Conseil de sécurité de l’ONU, est devenue sous Macron (et avant déjà) un nain politique, dont l’(in)action n’a aucune prise sur le cours des événements…)[1]

 

2.

 

La “dimension invisible” de la géopolitique dont il est ici question relève à la fois de la morale et de l’esprit. Dans un article publié en 1920, Jabotinsky critiquait la vision juive traditionnelle, exprimée par le verset du prophète Zacharie : ‘Ni par la puissance, ni par la force, mais par mon esprit’[2]. Selon cette conception, expliquait-il, “La force spirituelle est la force véritable. La tradition du judaïsme est une tradition de l’esprit, et non de la force physique”. Je ne partage pas cette conception. Nous possédons tant la tradition de l’esprit que celle de la force physique”.

Bien de l’eau a coulé sous les ponts du Jourdain depuis lors, et la vision de Jabotinsky a inspiré la doctrine du “Mur de fer”, devenue le pilier de la stratégie de défense d’Israël. Mais elle a parfois été réduite à sa seule dimension militaire, en oubliant que la force de Tsahal seule ne suffit pas à affronter nos ennemis, lorsqu’elle procède d’un oubli de notre identité et de notre vocation, comme nous l’avons constaté tragiquement le 7-Octobre. Or, et c’est le point crucial négligé par la plupart des observateurs, tant Nétanyahou que Trump sont bien conscients de cet aspect essentiel. Un autre exemple frappant de cette cécité de la géopolitique est celui du spécialiste français no. 1 de l’islam, Gilles Kepel, qui avait parlé en 2001 de "dilution de l'islamisme dans l'économie de marché", et dont le grand livre Jihad, paru avant le 11-Septembre, portait en sous-titre: « expansion et déclin de l’islamisme », annonçant bien avant l’heure un « déclin » qu’on attend toujours !

La guerre des Etats-Unis et d’Israël contre l’Iran est inspirée par une conviction profonde, partagée par les deux dirigeants, conviction qui s’exprime en termes de morale et de croyances religieuses, et non en termes purement politiques. Il s’agit bien à leurs yeux de “combattre le Mal”, objectif que les chancelleries européennes, de Madrid à Paris et Londres, sont incapables de comprendre, car elles s’accommodent très bien de l’existence du mal et s’en font aujourd’hui les complices… Face à “l’axe du Mal” et à “l’empire du mal” iranien, c’est la conviction profonde de la justesse de notre cause qui est la clé de notre victoire. Cela est d’autant plus important à rappeler que certaines voix, en Israël même, émettent à présent des doutes sur le bien-fondé de la guerre.

 

3.

 

Dans ce contexte, Bernard-Henri Lévy a évidemment raison de rappeler que la guerre contre l’Iran est une “guerre juste”, en s’appuyant sur les différentes théories de la “guerre juste”, d’Augustin jusqu’à Michael Walzer. A propos de ce dernier, je ne peux oublier qu’il avait donné une interview en octobre 2023 au magazine Philosophie[3] (quelques jours après le pogrome du Hamas!) où il s’interrogeait déjà sur la légitimité de la riposte israélienne, se donnant le luxe (et l’outrecuidance) de déclarer que “la justice exige la défaite du Hamas, pas la vengeance” et expliquant encore être “très préoccupé par la décision de lancer un siège total de Gaza et peut-être de partir à la conquête de ce territoire…” Les rédacteurs de la revue-K n’avaient rien trouvé à redire à ces propos consternants.

 

Mais là où BHL se trompe, c’est lorsqu’il qualifie de “ruse de la raison” (concept hégélien) le fait que cette guerre juste soit menée précisément par Donald Trump (qu’il abhorre comme tant d’autres). Ce n’est pas un hasard, ni une “ruse de la raison” si ce sont Donald Trump et Binyamin Nétanyahou qui sont en train de réaliser ce qu’aucun autre dirigeant occidental avant eux n’a été capable de faire. Leurs accomplissements à ce jour, quelle que soit l’issue et la durée de la guerre en cours, en font d’ores et déjà les dignes héritiers de Roosevelt et de Churchill. Ad Hanitsahon!

Pierre Lurçat

[1] Quoi qu’en pense Frédéric Encel, chantre de la “puissance” française et porte-parole non officiel du quai d’Orsay.

[2] Zacharie, 4-6.

[3] Michael Walzer : « La justice exige la défaite du Hamas, pas la vengeance contre les Palestiniens » - K. Les Juifs, l’Europe, le XXIe siècle

NB Je présenterai mon dernier livre, Jusqu’à la victoire ! La plus longue guerre d’Israël et évoquerai l’actualité brûlante dimanche 15 mars à 19h00 chez Alex et Brigitte Bliah, à Jérusalem (adresse et inscription auprès de Brigitte 050-22 40 861).

Israël-Iran: l’“au-delà” de la géopolitique, ou comment comprendre les événements ?

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Aux origines de l'alliance USA-Israël : Le tropisme américain du sionisme révisionniste de Jabotinsky à Netanyahou (I)

March 8 2026, 13:58pm

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Posted by Pierre Lurçat

Aux origines de l'alliance USA-Israël : Le tropisme américain du sionisme révisionniste de Jabotinsky à Netanyahou (I)

 

Premier volet: Jabotinsky et le mythe américain de la "Frontière"

 

Si le "tropisme américain" de Benjamin Netanyahou est un sujet connu et souvent abordé, de manière parfois superficielle ou caricaturale, bien moins connu est le fait que le sionisme révisionniste a toujours entretenu des liens étroits avec la politique et avec la culture américaine, depuis l'époque de son fondateur, Vladimir Zeev Jabotinsky. A l'heure où une page de l'histoire d'Israël et du monde est écrite par les efforts conjoints de B. Netanyahou et de Donald Trump, c'est sur cette histoire méconnue que nous voudrions porter notre l'attention.

 

Comme presque tous les pères fondateurs du sionisme politique, Jabotinsky avait lu La case de l'oncle Tom, qu'il qualifiait de livre "qui a le plus directement influé sur l'histoire du monde". Le fameux roman de Stowe était aussi un des rares romans figurant dans la bibliothèque – pourtant très riche – de David Ben Gourion. Quant à Golda Meir, elle évoque l'influence de ce roman dans ses souvenirs de jeunesse.

 

Mais à la différence de Ben Gourion, dont l'univers culturel et politique était plutôt européen, Jabotinsky avait trouvé dans l'histoire américaine des références et des modèles d'identification dès sa jeunesse. Parmi ses héros de jeunesse figurait ainsi Abraham Lincoln, qu'il décrit comme "l'homme d'État le plus droit, le plus noble, le plus honnête au monde". Lincoln, écrivait encore "Jabo", était quelqu'un qui, à l'instar de Garibaldi (un autre de ses héros de jeunesse) et de Victor Hugo, "croyait à la bonté naturelle de l'homme" et qui était prêt à se battre pour ses principes.

 

Mais la liste des présidents américains pour lesquels Jabotinsky éprouvait de l'admiration incluait aussi Theodor Roosevelt, "homme sobre à l'esprit simple" qui était aussi un "fameux chasseur de lions", comme le relate dans un livre (qui fut en son temps un immense bestseller) le colonel Jonathan Patterson, lui aussi chasseur de lions et ami personnel de Jabotinsky et de Bentsion Netanyahou (c’est en son honneur que ce dernier nomma son fils Jonathan, le héros d’Entebbe).

 

Aux yeux du jeune Jabotinsky, Roosevelt incarnait le rêve américain d'aventure et le mythe de la "frontière", tout comme les écrivains favoris de son enfance qu'il évoque dans l'Histoire de ma vie, James Fenimore Cooper et Bret Harte. C'est précisément cet esprit d'aventure, qu'il conserva vivant dans son cœur toute sa vie durant, dont il trouvait la quintessence dans l'esprit pionnier américain.

 

Un pionnier, écrivait “Jabo” en 1935 dans le Morgen Journal de New York, est "une personne qui n'accepte pas les frontières" et qui "désire continuer d'avancer, de rechercher et d'expérimenter la création divine depuis l'autre côté de la frontière". Cet esprit était à ses yeux ce qui caractérise les Etats-Unis d'Amérique. Dans un article en yiddish intitulé "Nous autres Américains" (Mir Amerikaner), Jabo affirmait ainsi que les récits d'aventure sous les mers et dans l'espace de Jules Verne étaient "américains".

 

Son panthéon littéraire contenait aussi les noms d'Edgar Allan Poe (dont il avait traduit Le corbeau en hébreu et en russe) et de Mark Twain. Jabotinsky n'était pourtant pas, comme cette énumération pourrait le faire croire, un admirateur aveugle de la culture américaine, dont il avait – comme beaucoup de Juifs de son époque – compris l'ambivalence et décrit les aspects les plus sombres.

 

Dans son fameux article “Homo homini lupus”, Jabotinsky pouvait ainsi écrire que aucun pays du monde civilisé, pas même la Russie ou la Roumanie, n'avait pratiqué "la forme d'inégalité que l'Amérique démocratique" a imposé à sa population noire. Les violences raciales aux Etats Unis lui inspiraient un dégoût tel qu'il qualifia les scènes de lynch après le match de boxe Johnson - Jeffries en 1910 de "pires que les pogroms de Kichinev"!

 

Le regard que Jabotinsky portait sur l'Amérique et sa culture politique avant même d'y effectuer son premier voyage était ainsi plus complexe que son enthousiasme d'adolescent pour les écrivains de la "Frontière". C'est ainsi qu'il aborda le continent américain en 1921, pour effectuer sa première mission de collecte au profit du Keren Hayesod. (à suivre...)

 

Pierre Lurçat

 

NB Je présenterai mon dernier livre, Jusqu’à la victoire ! La plus longue guerre d’Israël et évoquerai l’actualité brûlante dimanche 15 mars à 19h00 chez Alex et Brigitte Bliah, à Jérusalem (adresse et inscription auprès de Brigitte 050-22 40 861).

Aux origines de l'alliance USA-Israël : Le tropisme américain du sionisme révisionniste de Jabotinsky à Netanyahou (I)

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Hamas, Iran, Israël: Une Victoire Historique ? Pierre Lurçat et Yohan Botbol

March 5 2026, 10:45am

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Posted by Pierre Lurçat

Hamas, Iran, Israël: Une Victoire Historique ? Pierre Lurçat et Yohan Botbol

La guerre actuelle d’Israël est-elle la plus longue et la plus déterminante de son histoire moderne?

Hamas, Iran, Israël: Une Victoire Historique ? Pierre Lurçat et Yohan Botbol - YouTube

Dans cette interview, Pierre Lurçat, auteur du livre "Jusqu'à la victoire! La guerre la plus longue d'Israël - chroniques 2023-2025" analyse le combat d’Israël face au Hamas, à l’Iran et à leurs alliés. Son livre propose une lecture engagée du conflit, mêlant géopolitique, vision sioniste et références aux textes juifs, pour comprendre pourquoi cette guerre pourrait mener à une victoire historique. L’interview aborde également plusieurs sujets sensibles et très débattus dans la société israélienne et dans le monde juif :

  • la question du mont du Temple et sa place dans la conscience nationale et spirituelle d’Israël
  • le clivage entre droite et gauche israéliennes face à la conduite de la guerre
  • les débats et controverses suscités les prises de position d’Alain Finkielkraut sur Israël et le conflit actuel

Entre analyse géopolitique, réflexion historique et références aux sources juives, cette interview propose une lecture profonde d’une guerre qui pourrait marquer durablement l’histoire d’Israël et du Monde.

 

https://youtu.be/ll_WZO8Ve74

 

 

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La dimension invisible de la géopolitique : Israël, les Etats-Unis et le grand « Pourimspiel » de la politique internationale

March 3 2026, 10:03am

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Posted by Pierre Lurçat

La dimension invisible de la géopolitique : Israël, les Etats-Unis et le grand « Pourimspiel » de la politique internationale

 

La géopolitique est largement incapable de décrire les événements actuels, parce qu'elle s'en tient aux apparences, de manière souvent simpliste, voire caricaturale. Ceux qui s'obstinent à décrire Donald Trump comme un idiot et à croire que la France est une "grande puissance" montrent non seulement qu'ils n'ont rien compris au monde actuel, mais aussi que leur grille de lecture des événements est fondamentalement déficiente. De même pour les contempteurs de Netanyahou, qui refusent de voir l'évidence qui crève les yeux de tout Israélien lucide et de tout observateur honnête. C'est Binyamin Nétanyahou qui a transformé Israël après le 7-octobre, pour en faire une puissance capable de remodeler la carte du Moyen-Orient et de changer l'avenir de toute la région et du monde.

 

Israël sous Netanyahou n'est pas seulement devenu une puissance régionale et mondiale. Il est littéralement devenu ce "lion rugissant", qui est capable de vaincre ses ennemis d'un coup de "patte" et de faire tomber leurs têtes les uns après les autres. Israël, sous la direction de Benjamin Netanyahou, n'est plus un acteur de second plan, ni le vassal de grandes puissances, étrangères (comme s’obstine à le faire croire le journal Ha’aretz, qui le présente comme “le valet de Trump”, dans la meilleure tradition de l’antisionisme soviétique d’antan).

 

Israël est devenu une puissance régionale, dont la puissance ne se mesure pas seulement à son PIB, à sa force militaire ou technologique. La puissance d'Israël, comme l'ont bien compris les deux dirigeants qui sont en train de remodeler le visage du monde entier, Donald Trump et B. Nétanyahou, se mesure à l'aune d'un critère que les experts en géopolitique sont incapables de mesurer et d'apprécier. Ce critère largement occulté relève en effet d'une autre dimension, que les dirigeants actuels d'Israël et des Etats Unis ont bien comprise, mais qui échappe à la plupart des dirigeants et commentateurs de l'actualité internationale.

 

Comme je l’écrivais dans ces colonnes il y a cinq ans, Donald Trump est le digne représentant d’une Amérique qui n’a jamais oublié le récit biblique sur lequel elle est fondée, et le premier dirigeant à avoir donné à l’Etat juif son statut véritable de peuple spécial (Am Segoula), c’est-à-dire de peuple “par lequel sont bénies toutes les nations du monde”. Les accomplissements de Trump s’inscrivent en réalité dans le temps long de l’histoire, et plus précisément, dans le temps spécifique à l’histoire juive et à l’histoire d’Israël, c’est-à-dire dans le temps des Toledot, concept hébraïque qui désigne, selon l’enseignement de Manitou, l’histoire des engendrements et le développement de l’identité humaine, et pas seulement l’histoire événementielle[1].

 

C’est dans cette perspective qu'on peut comprendre la dimension invisible de la géopolitique, à savoir la dimension spirituelle et morale incarnée par Israël, dont la destinée ne relève pas des "lois" de l'histoire, ni des règles habituelles auxquelles sont soumis les États. La dimension invisible de la géopolitique est celle du Nom divin qui ne figure pas dans la Meguilat Esther, celle du Maître d'œuvre du grand "Pourimspiel", qui dirige le monde. Pourim Saméakh !

 

P. Lurçat

 

 

[1] Voir le commentaire du Rav Manitou-Askénazi sur la parachat Toledot, Leçons sur la Torah, Albin Michel.

le digne représentant d’une Amérique qui n’a jamais oublié le récit biblique

le digne représentant d’une Amérique qui n’a jamais oublié le récit biblique

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Iran / Amalek: Trois réflexions au lendemain de Shabbat Zakhor - Quand l'histoire immédiate rejoint la mémoire intemporelle du peuple d'Israël

March 1 2026, 14:27pm

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Posted by Pierre Lurçat

Iran / Amalek: Trois réflexions au lendemain de Shabbat Zakhor - Quand l'histoire immédiate rejoint la mémoire intemporelle du peuple d'Israël

 

1.

 

Le déclenchement de la nouvelle phase de la guerre contre l'Iran et la liquidation de l'ayatollah Khamenei samedi matin, le shabbat où nous lisons la parashat Zakhor (l'épisode de la Bible contenant le verset "Souviens-toi de ce que t'a fait Amalek"), interroge la conscience juive et suscite la réflexion. De toute évidence, que l'on y voit une simple coïncidence ou le signe de la Providence divine, cette concomitance est riche de signification. Elle veut dire que l'histoire immédiate d'Israël s'inscrit de manière évidente – et pour ainsi dire palpable – dans le temps long de l'histoire juive, temps long que nous commémorons régulièrement à travers les différentes étapes du calendrier juif.

 

Mais cette évidence, que chaque membre du peuple d'Israël est capable de percevoir ("la dernière des servantes mieux que le prophète Ezechiel...", selon les mots du Midrash) amène à s'interroger sur le sens véritable de l'impératif du souvenir, formulé dans le verbe “Zakhor”. S'agit-il d'un simple rappel d'un événement du passé, ou bien de la réitération symbolique de celui-ci, dans le temps renouvelé du cycle de l'année juive ? L'historien Yosef Haim Yerushalmi avait jadis développé, dans son livre passionnant Zakhor, l'idée paradoxale selon laquelle le peuple juif compenserait par un "trop plein de mémoire" l'absence d'un sens historique véritable.

 

2.

 

On peut soutenir à l'inverse que l'impératif de se souvenir des évènements passés viendrait pallier une tendance à l'oubli, propre à l'être humain en général et à l’être juif en particulier… Dans cette perspective, l'impératif du “Zakhor” nous appelle à nous remémorer sans cesse une réalité dérangeante, à laquelle nous aurions naturellement tendance à vouloir échapper. L'impératif de se souvenir d'Amalek nous invite ainsi à garder en mémoire la haine irrationnelle et irréductible de nos ennemis, et au-delà encore, le fait essentiel de l’existence du Mal dans toute sa radicalité et l’impératif de le combattre sans relâche.

 

Plus exactement, comme l'explique le Rambam dans son ouvrage Mishné Torah, le commandement de "Zakhor ète-Amalek" nous appelle à nous souvenir de la cruauté de nos ennemis (Mishné Torah, Hilkhot Melakhim ou Milhamot). Commentant ce passage, le rabbin Yohaï Makbili explique que le peuple Juif, caractérisé par une miséricorde et une générosité profondément enracinées dans sa culture nationale et dans la Torah, est enclin à croire que nos ennemis partagent les mêmes qualités (comme nous l’avons vu avant le 7-Octobre, lorsque des habitants du pourtour de Gaza emmenaient les gazaouis subir des soins dans les hôpitaux en Israël…)

 

3.

 

En quoi cela nous importe-t-il aujourd'hui, alors que “l'axe du mal” incarné par l’Iran et ses proxies s'effondre progressivement, sous les coups de boutoir de l'armée d'Israël et de son allié américain ? La tendance à occulter ou à minimiser le mal est bien présente au sein du peuple juif, y compris depuis le 7-octobre, malgré les prouesses de l'armée israélienne et les miracles auxquels nous assistons depuis plus de deux ans. On en donnera deux exemples récents et significatifs, celui de l'écrivain David Grossman qui accusait son pays de "génocide" à Gaza, dans le quotidien italien La Republicca. Ou celui de l'essayiste A. Finkielkraut, qui proclame avoir « honte d’Israël » et reproche aux otages revenus de Gaza de témoigner de l'absence de toute trace d'humanité à Gaza.

 

Dans les deux cas, ces intellectuels enfreignent l'injonction du “Zakhor”, en travestissant la vérité (Grossman) ou en refusant d'écouter les témoins de la “journée de Shoah“ que représente le 7-Octobre (Finkielkraut). Leur attitude procède d'un véritable négationnisme des crimes du Hamas, qu'on peut décrire comme une nouvelle forme de négation de la Shoah, ou de refus persistant d'assumer l'impératif de Zakhor. “Souviens-toi d'Amalek” est donc, au-delà du rituel et du calendrier juif, un impératif moral, qui nous permet de lire les évènements et de ne pas tomber dans ces nouvelles formes de négationnisme. Pourim Sameakh, “Ad ha-Nitsahon!” *

P. Lurçat

* Jusqu’à la victoire !

 

Un négationniste du 7-Octobre? A. Finkielkraut

Un négationniste du 7-Octobre? A. Finkielkraut

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Autopsie d'un mensonge : Leila Shahid, le mythe de la Palestine et les idiots utiles du palestinisme

February 25 2026, 12:01pm

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Posted by Pierre Lurçat

Shahid, au milieu, entre Chirac et Arafat (yma'h shemo)

Shahid, au milieu, entre Chirac et Arafat (yma'h shemo)

 

Comme l’observait Eliezer Cherki au lendemain du 7-octobre, un mur de mensonges s'est effondré dans le fracas et l'horreur du plus grand pogrome commis depuis la Shoah. "Le mensonge n'a pas de jambes" dit le dicton hébraïque, c'est pourquoi il est voué à s'effondrer tôt ou tard. C'est bien ce qui arrive au grand mensonge de la Palestine, tissé depuis près d'un siècle par des générations de diplomates, de journalistes et de propagandistes de tout poil… Leila Shahid occupait une place de choix parmi ceux-ci.

 

Première femme à représenter la "Palestine" en France, selon sa biographie officielle, elle avait pour particularité, entre autres, d'être devenue l'ambassadrice d'un pays qui n'existe que dans l'esprit fertile et maléfique des fonctionnaires du quai d'Orsay. La "Palestine" qu'elle prétendait incarner dans les médias français et ailleurs était le produit monstrueux du seul mouvement national porté sur les fonts baptismaux par les trois grands totalitarismes meurtriers du vingtième siècle : le nazi, le communiste et celui des frères musulmans.

 

S'agissant du premier, Shahid avait un lien familial étroit avec le nazisme puisqu'elle était la petite nièce du grand Mufti pronazi Hadj Amine al Husseini, de sinistre mémoire… Un des indéniables talents de Leïla Shahid, durant sa longue carrière de diplomate au service du mensonge palestinien, fut de nouer des relations avec de nombreux intellectuels et figures publiques, y compris - hélas - de nombreux Juifs. Ceux-ci remplirent une fonction importante dans le succès planétaire du mensonge de la "Palestine" arabe.

 

J'analyse dans mon livre Les mythes fondateurs de l'antisionisme contemporain les éléments essentiels de ce mensonge et je m'interroge, dans la nouvelle édition du livre à paraître, sur le paradoxe de la victoire de la propagande du Hamas concomitante à sa défaite militaire depuis le 7-Octobre. Il ne fait aucun doute qu'un des symptômes, mais aussi une des causes de cette victoire paradoxale est le fait que la cause palestinienne ait pu mobiliser d'innombrables "idiots utiles", y compris des Juifs, depuis l'époque d'Arafat et jusqu'à aujourd'hui.

 

Il suffit pour s'en convaincre de lire les messages de condoléances adressés par ces idiots utiles à l'occasion du décès de Shahid, qui ne faisait pas mystère de son hostilité irréductible pour l'État d'Israël. Parmi les derniers exemples en date de ces idiots utiles de la cause palestinienne, figurent en bonne place ceux de la rabbine Delphine Horvilleur et de l'académicien Alain Finkielkraut qui ont apporté leur soutien à la reconnaissance de la Palestine par Emmanuel Macron.

 

Leur responsabilité est lourde, devant l'histoire et devant l’impératif suprême de garantir la sécurité du peuple Juif. Mais comme tous les mensonges, celui de la Palestine est en train de s'écrouler dans les ruines de Gaza, comme le mensonge nazi s'est effondré dans les ruines de Berlin.

Pierre Lurçat

 

NB Mon dernier livre, Jusqu’à la victoire ! la plus longue guerre d’Israël, est disponible sur Amazon, à la librairie du Foyer à Tel-Aviv et au centre Begin de Jérusalem.

Idiots utiles: Shahid avec Esther Benbassa et son mari

Idiots utiles: Shahid avec Esther Benbassa et son mari

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Attention danger ! Le Ramadan a commencé... La violence et le sacré dans l’islam

February 18 2026, 13:21pm

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Posted by Pierre Lurçat

Attention danger ! Le Ramadan a commencé... La violence et le sacré dans l’islam

 

Avec le début du mois du Ramadan, marqué comme chaque année par une nouvelle vague de violences en Israël et partout dans le monde, il est utile de s’interroger sur le sujet, largement tabou, du lien entre Islam et violence. 

 

Dans l’islam, le sacré a quelque chose à voir avec la violence… L’attaque meurtrière du 7-Octobre a été dénommée “Déluge d’Al Aqsa”, non pas pour désigner un objectif militaire (Jérusalem), dont le Hamas n’a que faire (après tout, les cibles de ses attaques étaient des habitants de kibboutz laïques de gauche, pas des Juifs religieux de Jérusalem), mais pour signifier à un niveau plus profond qu’aux yeux du Hamas, la violence et la guerre ont un rapport intime avec la sacralité musulmane et avec les “lieux saints” de l’islam (Al Aqsa).

 

Pour comprendre ce lien paradoxal, il faut s’interroger sur les rapports entre le sacré et la violence depuis les origines de l’islam et jusqu’à nos jours. Ma première hypothèse, lorsque j’ai publié mes deux livres sur l’islam, le premier sur les Frères musulmans (Le sabre et le Coran, publié en 2005) et le second sur les convertis à l’islam radical (Pour Allah jusqu’à la mort, paru en 2008), était que cette violence était une “dérive” politique radicale des mouvements islamistes contemporains… Hypothèse que j’ai empruntée à de nombreux auteurs, experts du sujet et auteurs d’ouvrages de référence sur les Frères musulmans et sur l’islam radical.

 

Mais depuis lors, et surtout depuis le 7-Octobre, j’ai dû me rendre à l’évidence : la violence est intrinsèque à l’islam, car elle découle de sa vision la plus enracinée et la plus authentique du sacré, et non d’une quelconque dérive contemporaine… La meilleure “preuve” (si besoin était) est le fait terrible – et quasiment occulté par les médias occidentaux – que les horreurs du 7-Octobre ont été commises principalement par des civils de Gaza, ces mêmes civils que leurs voisins juifs habitant les kibboutz frontaliers emmenaient en Israël pour y bénéficier de soins médicaux… Humains, trop humains!

 

A cet égard, Abdelwahab Meddeb s’est trompé : l’islamisme n’est pas la “maladie de l’islam”, mais bien la forme contemporaine de l’islam le plus authentique, tel qu’il s’est développé depuis les origines. Comment comprendre ce rapport étroit entre violence et sacré ? Pour tenter d’apporter une réponse à cette question cruciale, il faut se souvenir que dans l’islam, comme cela a été rappelé depuis le 7-Octobre, il n’existe pas de valeurs autonomes et universelles, et pas d’impératif moral catégorique, philosophique ou religieux. Tout musulman doit se conforter aux préceptes et à l’exemple du Prophète… Or, c’est là que le bât blesse, le Prophète n’était pas – comme Moïse ou Jésus – un homme de paix ou un simple prédicateur, mais avant tout un chef de guerre, cruel et barbare.

 

Deuxième rappel historique, l’islam – comme l’a bien montré Dominique Urvoy – est traversé par une ambivalence fondamentale, entre un narratif triomphant (celui du Coran de Médine) et un narratif victimaire (celui de La Mecque). Or ce “double discours” persiste jusqu’à nos jours. Quand le Hamas attaque Israël, il prétend se “défendre” (tout comme Hitler affirmait se “défendre” contre le soi-disant “péril juif”). Et la porte-parole du Hamas en France, Rima Hassan, explique elle aussi que les exactions et les crimes du Hamas sont “conformes au droit international”, puisque celui-ci autorise les peuples colonisés à “se défendre”...

P. Lurçat

 

NB Extrait de mon dernier livre, Jusqu'à la victoire! La plus longue guerre d'Israël. Il est disponible sur Amazon, à la librairie du foyer à Tel-Aviv et au centre Begin à Jérusalem!

 

Mes livres en vente à la boutique du centre Begin

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Mon premier livre sur l'islam, paru en 2005

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1942-2026 : Yaïr Stern, le poète combattant du Léhi, par Pierre Lurçat

February 13 2026, 10:52am

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Posted by Pierre Lurçat

 

Il y a tout juste 84 ans, Avraham Stern – plus connu sous le nom de guerre de « Yaïr » - mourait à Tel-Aviv, abattu par la police britannique dans l’appartement du quartier de Florentine où il se cachait. Le chef du Léhi n’était pas seulement un combattant et un dirigeant de l’ombre : c’était avant tout un poète, qui avait étudié les lettres classiques à l’université hébraïque et auquel un brillant avenir était promis… Mais Yaïr ne voulait pas devenir professeur. Il avait fait vœu de donner sa vie à la lutte pour l’indépendance d’Israël : « Tu m’es consacrée, ô ma patrie », écrivait-il dans un poème fameux. Il refusa pendant de longues années de convoler en justes noces avec sa compagne, Roni, sachant qu’elle n’aurait pas la chance d’être son épouse pour très longtemps… Le 12 février 1942, Stern tombait sous les balles anglaises, et « Yaïr » entrait dans la légende. Retour sur une figure héroïque et méconnue.

Né le 23 décembre 1907 à Souwalki, en Pologne, Avraham est le fils de Mordehaï Stern, dentiste et de Léa, sage-femme. Lorsque la Première Guerre mondiale éclate, son père reste en Pologne, prisonnier des Allemands, tandis que sa mère s’enfuit avec ses enfants en Russie, où ils passeront plusieurs années. Le jeune Avraham va ainsi s’imprégner de l’atmosphère particulière de la « patrie du socialisme », en pleine Révolution, et il sera membre d’un groupe de pionniers communistes. Lorsqu’il rentre en Pologne, en 1921, il maîtrise la langue russe, en plus de l’hébreu et du polonais, dans lequel il lit les poètes de la littérature romantique polonaise. Mais l’adolescent juif épris de lettres est déjà habité par une autre passion, dévorante, qui va l’emmener loin des paysages d’Europe orientale dans lesquels il a grandi : le sionisme. C’est ainsi qu’à dix-huit ans, il émigre en Eretz-Israël et s’installe à Jérusalem.

A cette époque, en 1925, l’université hébraïque est encore une institution modeste, qui vient tout juste d’ouvrir ses portes sur le mont Scopus. C’est là qu’Avraham entame ses études de lettres classiques (grecques et latines). Très vite, il est remarqué par ses professeurs, excellant en toutes les matières. Dénué de moyens, il vit d’une modeste bourse et de cours privés qu’il donne à des lycéens. Mais, loin de s’enfermer dans la tour d’ivoire des études, Stern rejoint une association étudiante sioniste, « Houlda ». En 1929, alors que les émeutes arabes viennent d’éclater, il s’enrôle dans la Haganah et prend part à la défense de Jérusalem. Lors de la scission au sein de la Haganah, en 1931, il s’engage dans les rangs de l’Irgoun, aux côtés de David Raziel. Yaïr dirige l’organe du mouvement clandestin, Hametsouda, où il publie ses premiers poèmes et notamment le fameux « Soldats anonymes » qui deviendra après sa mort l’hymne du Léhi.

 

Yair et sa femme Roni

Devenir professeur, ou mourir en combattant ?

En 1932, Stern achève ses études à Jérusalem et part à Florence pour y faire un doctorat sur « Eros dans la poésie grecque ». Comme Jabotinsky, son aîné, il subit l’influence des dirigeants italiens du Risorgimento. Mais la beauté de l’Italie ne lui fait pas oublier Sion ! Ainsi, lorsque sa compagne, Roni, lui fait part de l’offre alléchante de l’université hébraïque, qui lui propose de devenir professeur à Jérusalem, il refuse sans hésiter, déclarant qu’il préfère « mourir comme soldat anonyme que devenir un professeur fameux pendant cinquante ans… » Prémonition ou prophétie ? Dès cette époque, les poèmes de « Yaïr » sont marqués par une vision saisissante de la catastrophe qui approche, mais aussi de son destin personnel. « Aujourd’hui j’écris avec le stylo, demain avec l’épée - Aujourd’hui avec l’encre, demain avec mon sang  - Aujourd’hui sur le papier, demain – sur le dos de l’homme ». Comme Jabotinsky et d’autres, il pressent la Shoah. A la demande de David Raziel, commandant de l’Irgoun, il se rend à Varsovie pour acheter des armes.

 

Lorsqu’il rentre en Eretz-Israël, en 1934, il renonce définitivement à sa carrière littéraire pour se vouer corps et âme au combat pour l’indépendance d’Israël. Pourtant, il continue d’écrire des poèmes, se considérant comme un poète-combattant, comme il l’écrit dans ces lignes : « Les Cieux nous ont donné le Livre et l’épée – Le destin a tranché : Soldat et poète ». En 1938, il retourne en Pologne pour organiser des cellules secrètes de l’Irgoun, embryon d’une future armée juive qui devra libérer la Palestine mandataire du joug anglais, conformément au projet du mouvement sioniste révisionniste, dont l’Irgoun est la branche militaire. Mais la guerre va bouleverser tous ces plans… La publication du « Livre blanc » de mai 1939, par lequel l’Angleterre interdit toute émigration juive en Eretz-Israël, convainc une grande partie des militants de l’Irgoun que l’alliance avec la Grande-Bretagne a définitivement pris fin. Aussi après la mort de « Jabo » (août 1940), alors que le Betar et l’Irgoun se trouvent orphelins, Yaïr publie les « Onze Principes de la Renaissance », document constitutif d’une nouvelle organisation, les Combattants pour la Liberté d’Israël, plus connue sous son acronyme, Léhi. Le dernier des 18 principes est la reconstitution du Temple de Jérusalem. 

 

Contrairement à l’Irgoun et à la Haganah, qui ont conclu une trêve avec l’Angleterre au nom de la lutte contre l’Allemagne nazie, le Léhi considère que la libération de la patrie passe avant le combat contre le nazisme. Cette attitude jusqu’au-boutiste vaudra aux hommes du Léhi la haine féroce des autres mouvements clandestins, qui iront jusqu’à dénoncer les soldats de Yaïr aux autorités anglaises. Lorsque le Léhi abat trois membres de la police britannique, en janvier 1942, les Anglais lancent une chasse à l’homme contre Yaïr, dont la tête a été mise à prix. Le 12 février, l’ennemi public numéro 1 est cerné, dans l’appartement de la rue Mizrahi à Tel-Aviv, et un inspecteur de police anglais l’abat à bout portant en prétendant qu’il aurait tenté de s’enfuir… Avraham Stern est mort, le mouvement qu’il a créé est décapité et ses hommes sont pourchassés et dénoncés aux Anglais. Mais la légende de « Yaïr » est bien vivante ! 

 

  Le fils de Yair, qui porte son nom, entouré d’I. Shamir et de N. Yellin Mor, lors de la première  hazkara publique de son pèreen 1949

 

Un musée perpétue aujourd’hui la figure de Yaïr, à Tel-Aviv, dans la maison même où il a trouvé la mort (rebaptisée rue Stern), en plein quartier de Florentine. Par une curieuse ironie de l’histoire, le poète qui avait renoncé à ses études gréco-latines dans la ville de Florence est tombé en combattant à Tel-Aviv, dans un quartier portant le nom de David Florentine, Juif grec qui avait acheté le terrain…  Deux ans après la mort de Yaïr, le Léhi est reconstitué sous la direction d’un triumvirat (Nathan Yelin-Mor, Israël Eldad et Itshak Shamir, futur Premier ministre d’Israël), et le combat reprend contre l’occupant anglais, sans répit et sans pitié… L’assassinat de Lord Moyne au Caire en 1944 et les autres actions d’éclat menées par le Léhi jusqu’en 1948 joueront un rôle essentiel dans la fin du mandat britannique. Le reste appartient à l’histoire d’Israël.

Pierre Lurçat
 

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