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Taisez-vous Monsieur Finkielkraut !

May 13 2026, 15:55pm

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Posted by Pierre Lurçat

Taisez-vous Monsieur Finkielkraut !

En vous regardant dimanche soir dans l'émission “En société” sur TV5, aux côtés du militant antisioniste Vincent Lemire, qui jubilait de vous entendre clamer urbi et orbi votre détestation du gouvernement israélien et des "colons", j'ai ressenti comme beaucoup un sentiment désagréable. Il y avait quelque chose d’obscène à vous voir abonder dans le sens de votre voisin de plateau, et à entendre votre rengaine éculée sur les "répugnants fanatiques" et sur vos têtes de turc au sein du gouvernement d'Israël.

 

Cela fait des mois et des années que j’essaie de comprendre comment vous en êtes arrivé là, en tentant de faire la part de votre ignorance abyssale de tout ce qui a trait au judaïsme et à Israël, et des influences néfastes auxquelles vous êtes soumis. J'ai parfois tenté de vous trouver des circonstances atténuantes, pour sauver le peu d'empathie que je gardais, comme bien des membres de notre peuple, pour l'écrivain que vous avez été jadis. Mais il faut bien se rendre à l'évidence : vous n'avez plus aucune excuse, pas même celle de l'ignorance…

 

J'ai le cœur lourd de constater que l'auteur de La réprobation d'Israël a rejoint le camp des contempteurs de notre petit-grand pays, au lendemain du plus grand pogrom depuis la Shoah. Votre défection est le signe d'une démission intellectuelle et morale. Vos attaques incessantes contre le gouvernement d'Israël, contre les "fanatiques répugnants" dont vous dressez la liste (une liste de Juifs !) sous l'œil attendri de Vincent Lemire et vos calomnies contre l'armée d'Israël (dont vous fustigez "la guerre atroce") vous ont valu la sympathie de vos adversaires politiques en France et l'adulation des médias, de France TV à Cnews et de France Culture au Monde…

 

Cette unanimité dans la louange aurait dû allumer en vous un signal d'alarme, si vous n'étiez pas revenu totalement imperméable à la critique (et à l'auto-critique) et dépendant de cette adulation permanente. Oui, vous êtes, philosophe médiatique (bel oxymore) devenu celui qui vit de l'éclat éphémère des projecteurs sur les plateaux de télé, au lieu de vous retrancher dans votre quant à soi, comme il convient à votre profession et à votre âge.

 

Il faut lire le récit du photographe de Vanity Fair, magazine people qui vous consacre un portrait, pour comprendre combien vous êtes devenus l'esclave des médias. ..."Les jambes sur le canapé !" vous enjoint le photographe, et vous obtempérez sans mot dire, comme un mannequin docile ! Pendant que le peuple d'Israël combat sur Sept fronts et que la fleur de notre jeunesse paie le prix du sang pour garantir la survie de l'État juif, vous prenez la pose dans Vanity Fair (vanité des vanités !) et dénoncez les "crimes" d'Israël sur TV5! N'avez-vous point de honte ?

Si j'avais encore le moindre espoir de vous ramener à la raison, je tenterais de vous expliquer le tort que vous causez par vos critiques et vos mensonges à l’encontre de notre gouvernement, de nos valeureux pionniers en Judée-Samarie et de nos soldats. Mais comme vous êtes devenu inaccessible à tout débat raisonné, fermé comme une huître perlière et enfermé dans le piège narcissique que vous ont tendu les médias, je vous dirai simplement ces mots : Taisez-vous, Monsieur Finkielkraut !

Pierre Lurçat

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PROCHAINE SESSION DE PREPARATION A L'EXAMEN D'AGENT IMMOBILIER ISRAELIEN

May 6 2026, 09:46am

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Posted by Pierre Lurçat

PROCHAINE SESSION DE PREPARATION A L'EXAMEN D'AGENT IMMOBILIER ISRAELIEN
La prochaine session de formation à l'examen d'agent immobilier, 
 se déroulera entre le 7 mai et le 14 juin 2026. 
L'examen est prévu pour avoir lieu le 16 juillet 2026. 
Le prix de la formation est de 5250 NIS TTC, incluant :
- 36 heures de formation à distance et en présentiel (à Jérusalem).
- matériel de formation, incluant les lois traduites en français 
- suivi personnalisé jusqu'à l'examen (entraînement sur des annales)
Je suis à votre disposition pour tout complément d'information concernant la formation, l'inscription et les modalités de  règlement, ainsi que la profession d'agent immobilier.

 

Cordialement

Pierre Lurçat

PIL FORMATION

050 286 51 43

pierre.lurcat@gmail.com

PROCHAINE SESSION DE PREPARATION A L'EXAMEN D'AGENT IMMOBILIER ISRAELIEN

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Le Salon du livre de Tsuba: un événement culturel incontournable

May 4 2026, 07:57am

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Posted by Pierre Lurçat

Le Salon du livre de Tsuba: un événement culturel incontournable

Le 10 mai 2026, un Salon du livre francophone se tiendra au kibboutz Tzuba, près de Jérusalem. INSCRIPTION: https://forms.gle/UEqE5yLYKzVXzTFq8

 

En Israël, la langue française continue de vivre à travers une communauté francophone attachée aux livres, à la culture et aux échanges. Le 10 mai 2026, un Salon du livre francophone se tiendra au kibboutz Tzuba, près de Jérusalem, à l’initiative de Lire à Jérusalem et Au fil d’Ariane. L’événement réunira des auteurs francophones, dont certains installés en France, venus présenter leurs ouvrages à la communauté francophone d’Israël.

Au-delà des rencontres, ventes et dédicaces, ce rendez-vous met en lumière une réalité plus large : la francophonie israélienne reste attachée à une culture du livre, de la transmission et de l’échange. Auteurs, lecteurs, livres d’occasion, dons d’ouvrages sélectionnés, exposition et vente d’œuvres d’artistes : le programme traduit la volonté de créer un espace culturel vivant, sans se limiter à une simple vente de livres.

Dans un contexte où l’actualité israélienne est largement dominée par les questions sécuritaires et politiques, ce type d’initiative rappelle aussi l’importance des lieux de respiration culturelle. Le livre devient ici plus qu’un objet : un moyen de rassembler, de faire circuler des idées et de maintenir un lien vivant entre la culture francophone et ceux qui la font vivre en Israël.

J'aurai le plaisir d'y présenter mes livres, et notamment ma dernière parution: Jusqu'à la victoire! La plus longue guerre d'Israël, Chroniques 2023-2025.

__________________________________________
 

Un livre lumineux et essentiel  pour comprendre ce qui se passe en Israël comme en France.

Christine Tassin, Résistance républicaine

 

Avec ses chroniques et avec ce livre, Pierre Lurçat a véritablement cherché à « penser l’événement » : face à la réalité nouvelle du 7 octobre, mettre en question plusieurs notions héritées qui en entravent la compréhension et empêchent d’y faire face, mettre en place un nouvel appareil intellectuel et spirituel.

                                                  Jacques Dewitte

 

Une lecture passionnante, qui tient à la fois du journal intime et de la philosophie politique.

Daniel Horowitz

 

Le Salon du livre de Tsuba: un événement culturel incontournable

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Mon droit de réponse à Alain Finkielkraut: Qui est le fanatique?

May 1 2026, 12:59pm

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Posted by Pierre Lurcat

Mon droit de réponse à Alain Finkielkraut: Qui est le fanatique?

 

Je voudrais réagir ici aux inexactitudes et aux propos insultants tenus par M. Alain Finkielkraut à mon encontre, dans l’émission de Pierre Assouline diffusée sur Akadem le 17 avril dernier. Durant cette émission, il m’a qualifié notamment de “répugnant fanatique”, et m’a faussement attribué l’affirmation selon laquelle il n’y aurait “pas de civil innocent à Gaza”.


1) Concernant les “civils innocents” de Gaza: 

 

Lorsque j'ai débattu avec Alain Finkielkraut sur la chaîne Mosaïque, en juillet 2025, nous avons longuement abordé la question des civils de Gaza. J'ai clairement expliqué que l’expression “il n’y a pas de civils innocents à Gaza” avait été employée par des otages israéliens qui revenaient de Gaza, qui voulaient dire par là qu’ils n’y avaient rencontré aucun “Juste”, comme dans l’épisode biblique d’Avraham à Sodome..

 

Face à ce constat unanime des otages et des soldats revenus de Gaza, Alain Finkielkraut a adopté depuis longtemps une attitude de déni, en attribuant cette expression à une vision “fanatique”. Cela est apparu dans son propos dès janvier 2024, quand il a osé comparer l'otage libérée de Gaza Mia Shem à la militante antisioniste Houria Bouteldja. Quel était le "crime" de Mia Shem aux yeux d'Alain Finkielkraut ? Avoir déclaré que "tout le monde est terroriste à Gaza"! 

 

Depuis lors, il utilise les propos de l'ex-otage dans un but polémique, pour discréditer le camp de ses adversaires politiques en Israël… Il prétend ainsi, au micro de Pierre Assouline, “avoir honte de lire sous ma plume qu’il n’y a pas d’innocents à Gaza”, mais il se garde bien de lire l’explication que je donne de cette expression dans mon livre, dans lequel j’expliquais “le fait évident qu’on attendait toujours, presque deux ans après le 7 octobre, de trouver un seul “Juste” à Gaza qui nous donnerait une parcelle d’information sur les otages, ou qui s’élèverait publiquement contre les crimes du Hamas envers le peuple Juif”.

 

2) Concernant le qualificatif de “répugnant fanatique” employé par A.F. à mon encontre:

 

Pareillement, que penser du sens de la nuance et de l’exactitude de M. Finkielkraut, lorsqu’il me qualifie de “répugnant fanatique”, parce que j’aurais selon lui demandé l’abandon du Code éthique de Tsahal? En vérité, j’explique dans mon livre pourquoi le code éthique rédigé par un philosophe peu averti des réalités militaires, Assa Kasher, était devenu obsolète depuis le 7-Octobre. J’appelle à rédiger un nouveau code éthique, non pas à l’abandonner… Cette nuance capitale aura sans doute échappé à M. Finkielkraut.

 

Je tiens à m'élever publiquement contre le procédé malhonnête consistant à caricaturer mon propos, pour mieux asseoir son argumentation. J'ajoute qu'il a utilisé le même procédé malhonnête à l'encontre du rabbin Oury Cherki de Jérusalem, lequel avait usé de son droit de réponse sur la chaîne Mosaïque.

 

Enfin, je suis stupéfait de la manière caricaturale dont Alain Finkielkraut décrit Israël et ses clivages politiques. Il utilise des clichés très réducteurs, en opposant “deux Israël”, celui des “héritiers de Rabin” et celui des “disciples d’Yigal Amir”, comme si chaque Israélien devait nécessairement appartenir à un de ces deux camps... Comment peut-on être si éloigné de la nuance et de l’exactitude, pourtant vantées par Pierre Assouline en parlant de Finkielkraut?

 

Prétendant instaurer une distinction artificielle entre deux Israël, entre un Israël “de la justice” et un autre “de la promesse”, entre un Israël "coupable" et un Israël "innocent", tous deux largement fantasmés, A. Finkielkraut voue à la vindicte le "mauvais Israël", duquel il prétend se dissocier. 

 

J’invite Alain Finkielkraut à venir en Israël plus souvent, et à y entendre d’autres voix que celles des militants de la gauche progressiste, comme Yaïr Golan qu’il connaît bien. Ce même Yaïr Golan qui avait accusé Tsahal en mai 2025 “d’avoir pour “hobby” de tuer des bébés à Gaza”, propos qui avaient suscité un immense scandale... Vivant loin d’Israël, Alain Finkielkraut a pris parti de manière très affirmée dans le débat politique interne à Israël, n’hésitant pas à déclarer que “le problème d’Israël n’est pas le Hamas mais Nétanyahou”.

 

Je regrette aussi qu’il reprenne à son compte les articles souvent mensongers du journal Ha’aretz, pain-bénit des antisionistes du monde entier, qui accuse régulièrement les soldats de Tsahal de “crimes de guerre”. 

 

Pour conclure, je regrette, comme beaucoup d’israéliens, qu’Alain Finkielkraut soit aujourd’hui passé dans le camp de la réprobation d’Israël, qu’il avait jadis lui-même dénoncée.

 

Pierre Lurçat

Jérusalem le 26.4.26

 

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La “yerida” idéologique, hier et aujourd’hui

April 13 2026, 07:18am

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Posted by Pierre Lurçat

Photo: le bataillon du travail construisant la maison de Ben Yehuda à Talpiot, 1921

Photo: le bataillon du travail construisant la maison de Ben Yehuda à Talpiot, 1921

Dov Alfon, directeur démissionnaire du très anti-israélien quotidien Libération, expliquait récemment au micro de France Inter ne plus vouloir vivre en Israël pour des raisons “politiques”. Pour comprendre son parcours, il faut le replacer dans l’histoire de ces “yordim” de gauche, dont l’idéal s’est heurté aux réalités d’Israël, hier et aujourd’hui. Premier volet. P.L

 

“Yored pl. yordim”: l’expression désigne ces Israéliens qui “redescendent” et quittent Israël, pays dans lequel ils sont nés, où vers lequel ils sont “montés”. Autrefois péjorative, l’expression a progressivement perdu sa connotation dévalorisante, avant de tomber en désuétude. L’hébreu actuel parle désormais de “relocation” plutôt que de “yerida”, pour désigner le phénomène de ces Israéliens qui quittent leur pays, de manière provisoire ou définitive, surtout depuis le 7-Octobre.

 

Mais avant même que la guerre la plus longue d’Israël n’amène certains Israéliens à s’interroger sur leur avenir et celui de leurs enfants, on avait assisté à un phénomène, dont l’ampleur avait souvent été artificiellement “gonflée” par des médias hostiles au gouvernement, de “yerida” idéologique. Il s’agissait alors d’Israéliens de gauche et d’extrême-gauche, qui partaient en se déclarant “inquiets” pour la démocratie (menacée selon eux par le projet de réforme judiciaire), et allaient chercher un nouvel “Eldorado” démocratique en Grèce, aux Etats-Unis ou ailleurs…

 

Dans l’histoire moderne d’Israël, la yerida à motivation idéologique a toujours existé, bien avant 1948. Un des cas les plus fameux fut celui d’une partie des membres du Gdoud ha-Avoda (Bataillon du travail) qui firent scission en 1923 et partirent rejoindre la “patrie du socialisme” en URSS, où ils connurent une fin tragique. Cet épisode est relié à mon histoire familiale, car mon grand-père avait brièvement fait partie du Bataillon du travail, avant de partir en France, non pas pour des raisons idéologiques, mais par la suite de la malaria qu’il avait contractée.

 

Le Bataillon du travail, fondé par les anciens dirigeants du mouvement he-Haloutz et du Shomer, s’était donné pour tâche de paver les routes et d’édifier les nouvelles localités juives en Eretz-Israël. Il prit notamment part à la construction du quartier de Rehavia à Jérusalem (voir photo). Sa vocation sioniste se doublait d’une vocation sociale, répondant au chômage endémique au sein du yishouv dans les années 1920, qui laissait de nombreux Olim privés de ressources. La difficulté de trouver du travail dans la Palestine mandataire de l’époque fut également une des raisons de la vague de yerida, outre les motivations idéologiques évoquées plus haut. Ceux qui abandonnèrent l’Etat juif en devenir pour gagner l’URSS avaient sans doute une double motivation : réaliser l’idéal communiste et vivre plus dignement.

 

Le cas de Dov Alfon n’a évidemment pas grand-chose à voir avec ces pionniers idéalistes, qui avaient du mal à choisir entre l’idéal sioniste et l’idéal communiste[1]… Dans son cas, l’hésitation porte plutôt entre son pays natal, la France, et le pays où il a choisi de s’installer, avant de changer d’avis. Sa déclaration fracassante sur France Inter la semaine dernière: “Si, pour survivre dans cette région, Israël a besoin d'être aussi cruel que le Hamas ou le Hezbollah, ce projet n'avait pas de sens", atteste d’un aveuglement idéologique qui lui a fait perdre tout sens des réalités. Cette déclaration éclaire le parcours professionnel d’un journaliste qui a quitté Ha’aretz pour rejoindre Libération.

 

Dans la suite de cet article, nous verrons comment Alfon a renoncé à son idéal sioniste et comment il a tissé des liens éditoriaux entre Ha’aretz et Libération, deux organes phares de la pensée idéologisée de gauche dans la France et l’Israël contemporains.

 

J’invite mes nouveaux abonnés à souscrire un abonnement payant pour soutenir mon travail ! Les 100 premiers abonnés payants recevront en cadeau de bienvenue mon dernier livre paru, Jusqu’à la victoire ! La plus longue guerre d’Israël  et un autre de mes livres précédents de leur choix.

 

[1] Je renvoie sur ce sujet à la monumentale Histoire intellectuelle et politique du sionisme de G. Bensoussan, Fayard 2002, p. 490. s.

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April 10 2026, 07:24am

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Posted by Pierre Lurçat

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G. Araud, F. Encel, D. Moïsi: la géopolitique au service de l'anti-américanisme

April 6 2026, 07:38am

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Posted by Pierre Lurçat

Frédéric Encel

Frédéric Encel

(article paru sur Causeur.fr sous le titre "Anti-américanisme et détestation d’Israël : une petite musique familière…")

 

 

Il y a quelques années, la sociologue franco-israélienne Eva Illouz publiait un livre intitulé Les émotions contre la démocratie. Elle y soutenait la thèse, qui pourrait être intéressante, si elle n’était pas d’emblée biaisée, selon laquelle les opinions politiques populistes seraient largement dictées par les émotions, et notamment par la peur, le dégoût et le ressentiment. Cette thèse – à vrai dire pas très originale – prend un sens nouveau à l’ère des réseaux sociaux, qui jouent comme on le sait sur les émotions de chacun d’entre nous. Le “hic” est que Mme Illouz prenait pour seul exemple, pour étayer sa thèse, celui des électeurs qu’elle qualifie de “populistes”, lesquels seraient exclusivement situés selon elle à la droite de l’échiquier politique…

 

Le géo-politologue Dominique Moïsi vient de publier un livre qui s’inscrit dans la même veine que celui d’Eva Illouz, au titre évocateur : Le triangle des passions du monde (qui fait suite à son précédent livre, La géopolitique de l’émotion). Chez Moïsi, comme chez Illouz, un habillage intellectuel parfois pédant peine à dissimuler une thèse simpliste : la politique de Donald Trump (ou celle de B. Netanyahou) sont dictées par les émotions, tandis que celle d’Emmanuel Macron est fondée sur la raison.

 

Un autre géo-politologue, Frédéric Encel, dit à peu près la même chose que son collègue Moïsi, en expliquant sur tous les plateaux de télévision que Trump est un “mercantiliste”, qui obéit uniquement à ses intérêts. Lorsque le journaliste de France Culture pose la question de savoir si “l’Iran était réellement une menace pour Israël?”, l’ancien ambassadeur de France Gérard Araud et le géo-politologue Frédéric Encel ont des réponses étonnamment similaires. Même ceux qui dans le passé défendaient Israël - comme Encel - ne peuvent s’empêcher de ressasser les poncifs anti-Trump et de faire l’éloge de la “puissance” française, tout en reprochant à Israël sa politique “hégémonique”.

 

Cette petite musique anti-américaine – et par ricochet, anti-israélienne – règne aujourd’hui sans partage, dans quasiment tous les médias français. “L’Amérique d’Omaha Beach n’existe plus!”, s’exclame ainsi Moïsi dans Ouest France, en imaginant “Donald Trump se promenant sur les plages de Normandie [qui] aurait réagi avec un mélange de cynisme, de vulgarité, de brutalité, en disant : mais pourquoi avons-nous sacrifié le sang des Américains pour ce continent décadent, aux principes obsolètes, qui nous trahit dès qu’il en a l’occasion” ? En vérité, cette description d’un Trump cynique et brutal en dit tout autant sur les passions qui animent le géo-politologue français et ses collègues, au Quai d’Orsay et dans les grands médias, que sur l’objet de leur détestation.

 

Car – et c’est sans doute le défaut principal de toutes ces analyses simplistes – rien n’est mieux partagé que les passions humaines et les intérêts. Si les électeurs populistes de droite sont mus par leurs émotions, alors il en va de même pour leurs équivalents de gauche. Et si les Etats-Unis de Donald Trump obéissent à leurs intérêts, c’est parce que les Etats, comme chacun sait, n’ont que des intérêts… Ce qui n’empêche pas Trump d’avoir pris le risque de mettre en péril l’économie américaine, pour tenter avec détermination de mettre fin au régime des Mollahs tandis qu’Emmanuel Macron tenait à assurer les Mollahs dès le 28 février qu’il n’était pas au courant de l’opération israélo-américaine… par courage certainement.

 

La France a d’ailleurs fini par se ranger, nolens volens, à l’avis de Donald Trump, sans le dire évidemment. Le 17 mars, E. Macron martelait encore que “jamais la France ne prendra part aux opérations d’ouverture du détroit d’Ormuz”. Quelques jours plus tard, la France annonçait participer aux efforts d’une coalition visant à “rétablir la liberté de navigation” dans le détroit d’Ormuz… Preuve est faite, si besoin était, que les Etats n’ont que des intérêts, et que ceux de la France, en l’occurrence, coïncident avec ceux des Etats-Unis et d’Israël. Mais cette convergence d’intérêts n’empêchera pas les géo-politologues de continuer à gausser la “vulgarité” et la “brutalité” de Trump, animés par leur passion anti-américaine et par leur détestation du président des Etats-Unis et du Premier ministre israélien.

 

Pierre Lurçat (essayiste)* & Philippe Karsenty (porte-parole du Comité Trump France)

 

* Dernier livre paru : Jusqu’à la victoire ! La plus longue guerre d’Israël, éditions l’éléphant.

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Dans la tête d'un Juif sublime : le combat pour l'âme d'Israël (et pour les petits fours)

April 3 2026, 08:37am

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Posted by Pierre Lurçat

Sauver leur accès aux garden-party à l'Élysée: D. Horvilleur et Macron

Sauver leur accès aux garden-party à l'Élysée: D. Horvilleur et Macron

 

Nos frères Juifs de diaspora traversent des jours difficiles en France… Je ne parle pas de ceux qui habitent dans le 93, le 95 ou les autres banlieues chaudes, où l'existence juive est menacée jour après jour par un lot quotidien d'insultes, d'incivilités et d'agressions antisémites. Non, je pense à ces Juifs "sublimes"*, qui habitent les beaux quartiers du cinquième arrondissement de Paris et fréquentent régulièrement les studios de radio et de télévision français, bien plus assidûment que les synagogues.

 

On a peine à imaginer les difficultés de leur existence paisible de Juifs parvenus, vivant dans les quartiers les plus agréables de Paris, mais qui doivent quotidiennement répondre des "crimes" d'Israël… On les interpelle à chaque instant et il faut avouer que l'État juif ne leur facilite pas la vie, avec sa manie de se défendre contre ses ennemis sans tendre l'autre joue et de remporter victoire sur victoire, ce qui complique beaucoup l'existence des Juifs sublimes!

 

Lorsque leur existence médiatique est en danger, ils n'ont plus d'autre choix que de montrer patte blanche, en rappelant jour après jour, inlassablement et avec une endurance qui force l’admiration, qu'ils sont de bons Juifs républicains, démocrates et progressistes… Pendant que nous courons d'abri en abri, de miklat en mamad, sous le blitz iranien, eux courent de studio en studio, pour faire la promotion de leurs derniers livres, en proclamant leur "cœur lourd" et leur honte d'Israël.

 

Leur vie n’est certes pas menacée, mais leur réputation est en péril et ils se réveillent chaque matin avec l'angoisse au ventre, ignorant s'ils seront encore invités sur France Culture, ou si leur fidèle lectorat ne va pas les délaisser… Pris entre le marteau et l'enclume, entre Mélenchon et Macron (qu'ils soutiennent coûte que coûte, pour sauver leur accès aux garden-party à l'Élysée), ils endurent les blessures d’amour propre et les tourments du Juif de l'exil, et résistent avec courage aux appels de leurs cousins d'Israël qui les incitent à quitter les palais de l'exil pour les rejoindre et participer à l'aventure de l'État juif…

 

Assaillis, accusés, salis et même "souillés" (selon le témoignage de première main recueilli auprès de l'académicien Alain Finkielkraut), ils sont contraints de se défendre pied à pied. Non, pas en se montrant solidaires d'Israël, ce pays qui les empêche de dormir et qu’ils défendent de plus en plus mollement… Ce sont les « marmites de viande de l’Egypte », c’est leur bifteck qu'ils défendent! Opiniâtrement, ils gardent la tête haute et le cœur lourd et s'efforcent de tenir bon, en se remémorant les souffrances (authentiques celles-ci) de leurs ancêtres en Pologne ou ailleurs, pour se donner du courage.

 

Parfois, quand la Knesset vote une loi particulièrement révoltante prévoyant la peine de mort pour les terroristes du Hamas, ils ont envie de renoncer, d'abandonner le combat pour l'âme d'Israël et de devenir chrétiens (religion qui les fascine, comme l'avoue Finkielkraut avec une franchise déroutante) ou, à D. ne plaise, de déserter la galout pour rejoindre le confort d'Israël en guerre...

 

Mais résistant à leur mauvais penchant, ils se ressaisissent et, loin de sombrer dans le désespoir, ils envoient courageusement un article au vitriol au journal Le Monde, ou signent une pétition contre le danger du fascisme israélien. Puis, avec le sentiment du devoir accompli, ils s'accordent un moment de répit, lisant la dernière BD de Johann Sfar en sirotant un bon vin de Bourgogne ou de Loire, avant de reprendre le dur combat quotidien du Juif sublime pour l'âme d'Israël et pour les petits fours.

P. Lurçat

 

* L'expression "Juifs sublimes" a été forgée par Daniel Sibony, pour décrire des figures comme celle de Delphine Horvilleur. Georges Bensoussan l'a reprise à son compte en citant D. Sibony dans un article paru dans Causeur en juin 2025.

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Horvilleur, Finkielkraut et cie. Ces Juifs parvenus qui attaquent Israël en pleine guerre, Pierre Lurçat

March 30 2026, 05:58am

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Posted by Pierre Lurçat

D. Horvilleur avec Emmanuel Macron

D. Horvilleur avec Emmanuel Macron

NB J'ai commenté la guerre en Iran sur l'excellente chaîne Lilmod,  Le secret de la puissance militaire d'israel? Pierre Lurçat et Yohan Botbol

Alors qu’Israël mène la guerre sa plus longue et la plus difficile depuis 1948, un nouveau front s’est ouvert depuis plusieurs mois, à l’intérieur même du peuple Juif. Des voix minoritaires, mais bien organisées, expriment au grand jour leurs dissensions et leurs critiques radicales envers le gouvernement, l’armée et le peuple d’Israël, tout en bénéficiant d’une résonance médiatique disproportionnée. Ce phénomène grave ne constitue pas seulement une nouvelle illustration du manque de loyauté et de patriotisme de certains membres de notre peuple, en pleine guerre : il s’agit d’une véritable défection.

 

Georges Bensoussan a raison de parler, à propos de ces dirigeants et notables juifs qui critiquent Israël en pleine guerre, d’une “posture sociale et d’une imposture morale”. Il s’agit bien d’une posture sociale, et plus précisément, d’une prise de position motivée par l’intérêt social, c’est-à-dire par l’intérêt d’une caste qui entend protéger avant tout ses privilèges (Marx aurait dit : ses “intérêts de classe”…).

 

Il suffit de lire la liste des signataires de la “Lettre ouverte de leaders juifs du monde entier au Président Herzog” pour s’apercevoir que ce qui réunit les signataires ne relève pas tant de la politique, ni d’un quelconque engagement communautaire ou juif, que de l’appartenance et de la position sociale. Tous font tous partie d’une certaine caste : ils sont rabbins (réformés en général), professeurs, ambassadeurs… Ils habitent aux Etats-Unis, en Angleterre, (Delphine Horvilleur est une des rares signataires en France). Certains exhibent leurs décorations et leurs “médailles”: ils sont sir, chevalier de la Légion d’honneur, ou “Commandeur de l’Ordre de Saint‐Michel et Saint‐Georges”.

 

Leur positionnement est bien ainsi celui de Juifs “parvenus” (pour reprendre l’expression rendue fameuse par Hannah Arendt), et leurs critiques visent en réalité des Juifs qu’ils considèrent comme des “parias”: les habitants juifs de Judée-Samarie. La plupart des signataires n’ont sans doute jamais mis les pieds en Judée et en Samarie, dans les localités juives où vivent les meilleures familles de notre petit-grand peuple, celles qui ont payé le plus lourd tribut à la guerre existentielle que mène Israël pour sa survie.

 

Pendant que des jeunes Israéliens de vingt ans combattent et sacrifient leur jeunesse, et parfois leur vie pour défendre leur pays, ces Juifs parvenus au sommet de leur carrière font cause commune avec les ennemis d’Israël pour défendre leur statut, leur notoriété médiatique (ainsi d’Alain Finkielkraut, qui est interviewé chaque semaine et qui proclame urbi et orbi avoir “honte d’Israël”), leurs relations (tel ce grand-rabbin de France qui a été décoré, en pleine guerre, par le président français avec lequel il entretient des relations amicales, ce même président qui incite à la haine d’Israël, en plein dimanche des Rameaux).

 

Ces Juifs parvenus sont, au demeurant, des gens d’apparence très respectable. Certains ont écrit des livres intelligents (d’autres moins). La plupart ont réussi sur le plan professionnel, social, médiatique, etc. En les écoutant s’exprimer, en les regardant pérorer dans les médias, je repense à cette phrase du philosophe juif Theodor Lessing, phrase qui m’avait jadis encouragé à faire mon alyah : “Honte à tous ces fils qui préfèrent embrasser une carrière académique, ou “entrer en littérature”, dans le luxe et le confort des grandes villes d’Occident, au lieu de porter les pierres sur la grande route de Yeroushalayim”.

 

Oui, honte à tous ces Juifs parvenus qui joignent leurs voix au chœur de nos ennemis, pendant que nous nous battons pour notre survie ! Honte à ces Juifs de l’arrière qui soignent leur image et s’inquiètent de leur réputation, pendant que le peuple de Sion est soumis au blitz iranien et vit dans les abris. L’histoire juive se souviendra de tous nos fils et nos frères, tombés pour que vive Israël. Elle oubliera les noms de ces parvenus, Juifs honteux, Erev rav, Juifs de cour (peu importe le nom qu’on leur donne…) Hag Herout Saméakh!

P. Lurçat

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Une étincelle d’hébreu: Oferet, de l’écrivain combattant à l’écrivain qui retourne sa plume contre son pays

March 29 2026, 07:29am

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Posted by Pierre Lurçat

Combattants du ghetto de Vilna

Combattants du ghetto de Vilna

 

Le journaliste David Lazer, récipiendaire du prestigieux Prix Sokolov, était correspondant de guerre en 1948, pendant la Guerre d’Indépendance, guerre la plus longue et la plus difficile avant celle qu’Israël vit aujourd’hui. Il raconte, dans le premier numéro du journal Yediot Maariv paru en février 1948, l’anecdote suivante. Rencontrant des soldats dans un des quartiers limitrophes de Jérusalem, séparant la ville juive de la partie occupée par l’armée jordanienne, il répondit ainsi à leurs questions sur le rôle du journaliste en temps de guerre.

 

“Le lien entre nous et vous est plus étroit que vous ne le pensez… Nous accomplissons tous les deux la même mission sacrée de travail du plomb (melekhet ha-Oferet)… Votre plomb est celui des balles, le nôtre, celui du linotype, grâce auquel nous créons notre arme essentielle : le mot combattant”. Un des soldats l’interrogea sur la portée de son “arme”, et Lazer lui répondit sans se démonter : “Le peuple tout entier, sans distinction de classe et de statut. C’est lui que nous guidons dans notre combat fatidique, à la vie et à la mort”. Et Lazer rapporta au soldat le récit fait par Avraham Zutskever, héros du ghetto de Vilna, racontant comment les combattants du ghetto, à court de munitions, avaient utilisé les plombs de l’imprimerie Re’em, qui imprimait le Talmud et d’autres livres saints, pour fondre des balles. “Ainsi”, conclut Lazer, “les mots sacrés se sont transformés, littéralement, en balles, pour atteindre l’ennemi”.

 

Le journaliste Kalman Liebskind, auquel j’emprunte ce récit, conclut en s’interrogeant pour savoir qui partage encore cette vision d’un journaliste – et plus généralement – d’une plume combattante? Question que j’ai souvent posée dans ces colonnes. Je me la posais encore il y a quelques jours, en lisant l’affligeante tribune signée par Zeruya Shalev, une des écrivaines israéliennes les plus lues à l’étranger, parue à quelques jours d’intervalle dans le Frankfurter Allgemeine Zeitung  allemand et dans Le Monde français. Shalev, que j’avais interviewée il y a déjà longtemps au sujet de la fonction de l’écrivain, m’avait jadis expliqué sa vision patriotique de son activité de femme de lettres :

 

“Le rôle de l’écrivain est de montrer la complexité et l’ambivalence de la réalité... Lorsque je suis à l’étranger, je m’efforce de présenter une opinion patriote mais non politique”. Hélas, Zeruya Shalev a depuis lors troqué cette vision courageuse contre une conception bien moins exigeante… Elle s’est livrée, dans la presse européenne, à une attaque au vitriol contre son gouvernement, allant jusqu’à écrire : “je dois admettre que Netanyahou me fait bien plus peur que les roquettes iraniennes. Nous avons les moyens de nous défendre contre l’Iran. Nous les avons encore. Mais contre un Premier ministre psychopathe, sans conscience morale ni inhibitions, nous n’avons malheureusement pas assez de recours”.

 

Ce discours pathologique d’écrivains qui n’hésitent pas à retourner leur arme contre leur propre pays, pour reprendre l’image parlante de David Lazer, est malheureusement plus répandu qu’on croit au sein de l’intelligentsia de gauche en Israël. J’en ai analysé les racines dans un livre paru il y a dix ans[1]. Mais je crois fermement que c’est une survivance du passé, une maladie de l’exil qui finira par disparaître, avec la nouvelle génération d’écrivains qui sortira de la guerre actuelle, “Mil’hemet ha-Tekouma”, notre guerre de Renaissance. Ad hanitsahon! Jusqu’à la victoire! *

P. Lurçat

 

* Mon dernier livre, Jusqu’à la victoire ! La plus longue guerre d’Israël, est disponible sur Amazon, à la librairie du Foyer de Tel-Aviv et au centre Begin de Jérusalem.

 

[1] La trahison des clercs d’Israël, La Maison d’édition 2016.

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