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Nouveau dessin antisémite de Willem : le stéréotype du Juif sanguinaire remis au goût du jour

August 9 2018, 16:40pm

Posted by Pierre Lurçat

Nouveau dessin antisémite de Willem :  le stéréotype du Juif sanguinaire remis au goût du jour

 

Les historiens des futures générations devront s’interroger sur le rôle des médias dans le renouveau de l’antisémitisme en France depuis le début des années 2000. Un historien du temps présent, Pierre-André Taguieff, a justement parlé de “l’antisémitisme de plume” à propos des écrivains et universitaires qui ont mis leur plume au service de l’antisémitisme sous le régime de Vichy. Mais comment qualifier ceux qui publient, encore aujourd'hui, des caricatures aux thématiques antisémites évidentes, 70 ans après la Shoah? Que penser d’un dessinateur comme Willem, qui revient régulièrement sur la thématique antisémite du Juif sanguinaire et du Juif assassin, dans les colonnes du quotidien français à grand tirage Libération? Nous donnons ici au lecteur les pièces et lui  laissons le soin de répondre à cette question.

 

Pierre Lurçat

 

Le dernier dessin antisémite de Willem

 

Commentaire du journaliste français Clément Weil Raynal (sur Twitter) : “Tous les poncifs de l'antisémitisme ranci dans ce dessin de Willem publié par Libé . Le juif orthodoxe (ce n'est pas un soldat, pourtant) rendu coupable de la mort des enfants palestiniens. Remise au goût du jour de la bonne vieille accusation de crime rituel”.


 

Un précédent en 2017, avec l’analyse du site InfoEquitable

 

Le caricaturiste Willem y montre la colombe de la paix tenue dans les crocs d’un molosse au visage de Donald Trump, pour la plus grande joie de son maître… Benyamin Netanyahu. En arrière-plan, on aperçoit les victimes de cette scène, dont tout le monde comprend bien qu’il s’agit des Palestiniens. Ces derniers expriment leur mécontentement à leur manière… en lançant des pierres.

 

Le Juif qui manipule les politiciens des autres nations, un vieux stéréotype antisémite

La relation chien-maître renvoie à un thème bien connu de l’antisémitisme : le Juif maléfique et maître du monde, surpuissant, qui tire les ficelles et manipule tout. Accusation suprême, il détruit la paix (comme si le terrorisme palestinien et les lointains lanceurs de pierres du dessin n’y avaient aucune responsabilité…).

Représenter Netanyahu et Trump ligués contre le reste du monde renvoie même directement au  « complot américano-sioniste », qui n’est que la version modernisée du « complot juif mondial » popularisé par les Protocoles des Sages de Sion. Le philosophe et historien Pierre-André Taguieff a mené une étude approfondie de ce phénomène.


SUITE SUR http://infoequitable.org/dans-liberation-un-dessin-aux-forts-relents-antisemites/

Deux précédents de 2001 -  Lire l'analyse de M. Macina sur

http://www.debriefing.org/18567.html


 (Dessin de Willem dans Libé) "Viande kasher qui rapporte gros et ne coûte pas cher"
          7 février 2001            Dessin de Soupaut, Au Pilori, 27 septembre 1940

 

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Israël “Etat d’apartheid”? Contre-vérités et propagande mensongère autour de la Loi “Israël Etat-nation du peuple Juif”, par Pierre Lurçat, avocat

August 6 2018, 16:20pm

Posted by Pierre Lurçat

Israël “Etat d’apartheid”? Contre-vérités et propagande mensongère autour de la Loi “Israël Etat-nation du peuple Juif”, par Pierre Lurçat, avocat

Israël “Etat d’apartheid”? Contre-vérités et propagande mensongère autour de la Loi “Israël Etat-nation du peuple Juif”, par Pierre Lurçat, avocat

 

“Tes destructeurs et les auteurs de ta ruine sortiront de toi”.

Isaïe 49, 17

 

Depuis le vote par la Knesset de la Loi fondamentale “Israël Etat-nation du peuple Juif”, les opposants à la loi en Israël, relayés par certains médias internationaux hostiles à Israël, propagent de nombreuses contre-vérités à son sujet, par ignorance ou par malveillance. Le présent article vise à rétablir certaines vérités fondamentales sur ce sujet important.

 

Une “loi controversée”, partisane et “contraire aux principes fondateurs de l’Etat d’Israël?”

 

Loi controversée” : par cette expression, les médias entendent discréditer le contenu de la loi avant même de l’avoir exposé. En réalité, cette loi fondamentale a été adoptée par une majorité absolue de 62 députés de la Knesset contre 55. (A titre de comparaison, la “Loi fondamentale sur la dignité et la liberté humaine” avait été adoptée en 1992 à une majorité de 32 voix contre 21). A noter : le principal artisan de la Loi, Avi Dichter, était au moment où il a entamé le travail législatif, il y a huit ans, membre du parti centriste Kadima, aux côtés de Tsippi Livni, qui mène aujourd’hui la campagne de l’opposition contre la Loi, ce qui montre bien qu’il ne s’agit pas d’un texte partisan ou “d’extrême-droite”...

 

Une loi qui bouleverse le statu-quo, et transforme Israël en Etat-nation du peuple Juif?

 

Selon certains de ses opposants, cette loi serait contraire aux “fondements d’un Etat juif et démocratique” (selon les termes de la pétition signée par plusieurs centaines d’intellectuels israéliens, qui ne l’ont apparemment pas bien lue). En réalité, la Loi fondamentale s’inscrit dans la suite logique de la Déclaration d’indépendance de 1948, dont elle reprend les éléments essentiels. Elle ne “transforme” pas Israël en Etat-nation du peuple Juif, ce qu’il a toujours été conformément aux principes du sionisme politique et à la volonté de ses pères fondateurs. La loi se contente, plus modestement, de réaffirmer le caractère juif de l’Etat et le droit à l’autodétermination du peuple Juif dans le cadre d’un Etat-nation, deux notions essentielles qui étaient largement considérées comme acquises depuis 1948 et faisaient depuis toujours partie du consensus à l’intérieur d’Israël.

 

Une loi contraire à la Déclaration d’indépendance de 1948?

 

C’est sans doute la contre-vérité la plus flagrante. Non seulement la Loi fondamentale n’est pas contraire à la Déclaration d’Indépendance, mais elle vient en réalité réaffirmer les principes essentiels de cette dernière. Pourquoi? Parce que le consensus exprimé dans la Déclaration d’indépendance de 1948 a été largement érodé au cours des dernières années, et notamment depuis que la Cour suprême a entrepris de porter atteinte au caractère juif de l’Etat d’Israël, depuis le début des années 1990, en prétendant remplacer l’Etat juif par un “Etat de tous ses citoyens”, selon la volonté affichée de son président, le juge Aharon Barak (1).

 

 

David Grossman, emporté par l’excès et l’emphase

 

Une loi excluant les minorités non juives de la pleine citoyenneté = une loi d’apartheid?

 

Cette accusation est la plus dangereuse de toutes, car elle accrédite la notion d’un “Etat d’apartheid” utilisée depuis des décennies par les ennemis d’Israël, notion à laquelle des intellectuels israéliens renommés apportent aujourd’hui leur caution morale. C’est ainsi que l’écrivain David Grossman écrit, dans les colonnes de Ha’aretz (repris et traduit intégralement par Libération), que “le Premier ministre d’Israël s’est déterminé à ne pas mettre fin à l’occupation et à la situation d’apartheid dans les Territoires occupés, mais, au contraire, à les intensifier et à les transférer de ces territoires au cœur de l’Etat d’Israël”. Ce faisant, il commet une double erreur. Erreur historique et politique tout d’abord, car il n’y a pas, et il n’y a jamais eu de situation d’apartheid en Israël, ni à l’intérieur de la “ligne verte”, ni dans les territoires de Judée-Samarie (2).

 

Erreur morale ensuite, parce qu’en accusant le gouvernement de vouloir instaurer un régime d’apartheid à l’intérieur d’Israël, Grossman n’efface pas seulement la frontière physique entre le “petit Israël” d’avant 1967 et les territoires bibliques de Judée et de Samarie. Il abolit aussi et surtout la mince frontière rhétoriquequi séparait encore, jusqu’à hier, la gauche sioniste de l’extrême-gauche antisioniste. En considérant désormais que la “réalité d’apartheid” - qu’il avait auparavant cru déceler dans les “territoires occupés” - menace l’ensemble de l’Etat d’Israël, David Grossman laisse sa pensée dériver, emporté par l’excès et l’emphase, au point de rejoindre dans son discours les contempteurs les plus radicaux du sionisme. Sa dénonciation de “l’apartheid” est désormais reprise par les médias du monde entier, et pas seulement par ceux qui ont fait de la détestation d’Israël leur marque de fabrique.

 

La dérive de la gauche israélienne

 

Entraînés par le courant de leur détestation envers B. Nétanyahou, les intellectuels de la gauche israélienne sont en train de franchir allègrement toutes les lignes rouges et de détruire les derniers éléments restés encore intacts du consensus national, déjà largement effrité par les accords d’Oslo et par le retrait de Gaza. Cette fuite en avant de la gauche israélienne se traduit notamment par son jeu dangereux à l’égard de la minorité druze, dont elle incite certains éléments radicaux (qui sont loin de représenter l’ensemble du public druze), en risquant de mettre à mal l’alliance scellée dans le sang des soldats de Tsahal, établie depuis 70 ans entre druzes et Juifs en Israël.

 

 

L’alliance scellée dans le sang entre Juifs et druzes


 

Comme l’écrit dans les colonnes d’Israel Hayom l’éditorialiste Amnon Lord, observateur attentif de la vie politique israélienne, et notamment de la gauche dont il est lui-même issu, “un grand écrivain israélien (3) a affirmé autrefois que “l’histoire juive tout entière nous montre que l’élite juive a toujours été en danger de faillite morale, alors que le petit peuple (N.d.T. “Am’ha” en hébreu) a constitué la colonne vertébrale du peuple Juif. Il en a été ainsi à l’époque du Premier et du Deuxième Temple, et aussi à la veille de la Shoah. L’élite a toujours été encline à l’auto-destruction. L’identité juive a été préservée par le petit peuple”. Et Amnon Lord conclut: “La Loi sur l’Etat-nation a été conçue pour le petit peuple. L’Etat juif a été fondé pour que des brutes - intellectuelles et physiques - ne viennent plus menacer les Juifs”. Ou pour dire les choses en d’autres termes, ceux du prophète Isaïe que nous avons lus samedi dernier dans la Haftara, “Tes destructeurs et les auteurs de ta ruine sortiront de toi”.

 

Pierre Lurçat

 

Notes

1. Je renvoie à ce sujet à mon article “Comment la gauche israélienne est devenue une minorité tyrannique”, Vu de Jérusalem, 5 février 2018.

2. Dans un discours prononcé à l’occasion du Jour des soldats tombés en Israël, David Grossman avait déjà dénoncé la “réalité d’apartheid dans les territoires occupés” (thème devenu son cheval de bataille depuis son livre Le vent jaune paru en 1988).

3. J’invite mes lecteurs perspicaces à trouver le nom de cet écrivain, qui n’est pas mentionné par Amnon Lord, et à me soumettre leurs suggestions à pierre.lurcat@gmail.com

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Prochaine formation à l'examen d'agent immobilier à Jérusalem / Tel-Aviv

Formation à l’examen d’agent immobilier israélien

Session août-septembre 2018 – Tel Aviv 

La prochaine formation à l'examen d'agent immobilier aura lieu du 28 août au 5 septembre à Tel-Aviv, en vue de l’examen d’agent immobilier israélien qui se tiendra le 23 octobre 2018. Au terme de la formation et après avoir réussi l’examen, les élèves pourront obtenir la carte professionnelle permettant d’exercer la profession d’agent immobilier (metave’h) en Israël, dans une agence ou à leur compte. * Une formation est également prévue à Jérusalem, me contacter.

J’ai mis en place cette formation depuis 2006 en Israël, et j’ai préparé plusieurs centaines d’Olim francophones (avec un taux de réussite dépassant 75%) à l’examen organisé par le ministère israélien de la Justice, seul habilité à délivrer la carte professionnelle. Important : il n’est pas nécessaire d’être israélien pour travailler comme agent immobilier en Israël !

Niveau d'hébreu exigé

Cet examen est un examen théorique portant sur le droit israélien, qui a lieu 4 fois par an en Israël. Il s’agit d’un QCM (questionnaire à choix multiple), ce qui signifie qu’il n’est pas indispensable de savoir écrire en hébreu. Il n'est pas non plus nécessaire d'avoir un très bon niveau de lecture pour suivre le cours. Un niveau moyen est suffisant, à condition de fournir un travail personnel en plus des cours de préparation.

Pour plus d’informations, n’hésitez pas à me contacter par email pierre.lurcat@gmail.com ou par téléphone au 050 286 5143 ou 06 80 83 26 44  (France).

 

Pierre Lurçat, avocat au barreau israélien, spécialiste de la formation aux examens de droit

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L’ancien ministre koweïtien Sami Al-Nesf fustige la stratégie palestinienne du siècle dernier : les Arabes ont perdu les guerres et doivent en payer le prix

August 3 2018, 07:58am

Posted by MEMRI

L’ancien ministre koweïtien Sami Al-Nesf fustige la stratégie palestinienne du siècle dernier : les Arabes ont perdu les guerres et doivent en payer le prix

Sami Abdullatif Al-Nesf, ancien ministre koweïtien de l'Information, a déclaré que tout au long de l'histoire, la cause palestinienne a souffert à cause des extrémistes. « Les terres sont récupérées par la paix, pas par la guerre », a-t-il affirmé. Il a critiqué le Grand Mufti de Jérusalem, Hajj Amin Al-Husseini, pour avoir contrecarré le plan de partage, exhorté les Palestiniens à partir, en réaction démesurée à Deir Yassin et maintenu les Palestiniens dans des camps de réfugiés. Al-Nesf, pilote et ancien président et directeur général de Kuwait Airways, a déclaré : « Tant que nous ne nous tournerons pas vers le genre de pensée raisonnable qui nous fait défaut depuis un siècle, nous continuerons à accuser les voix de la raison d'être des traîtres, des criminels et des collaborateurs, pour emprunter la voie de l'extrémisme, qui débouche toujours sur une catastrophe. »

Et d’ajouter : « La question du déplacement [de personnes] est une chose courante » et « nous avons choisi de faire la guerre et l’avons perdue, ainsi, logiquement, nous devrions en payer le prix ». L'interview avec Al-Nesf a été diffusée sur la chaîne web koweïtienne Diwan Al-Mulla le 11 juillet 2018. Extraits :

 

Sami Abdullatif Al-Nesf : A travers l’histoire, personne n’a autant nui à la cause palestinienne que les groupes qui rivalisent dans leur degré d’extrémisme. Peu de gens savent qu'en 1937, la Commission royale Peel britannique avait conclu qu'il devrait y avoir deux Etats, solution dont on pleure aujourd’hui la perte. La commission Peel a octroyé aux Palestiniens 90 % de la terre – 25 000 kilomètres carrés – tandis que les juifs ont reçu un mini-Etat de 2 500 kilomètres carrés, dans des zones qui étaient juives à travers l'histoire, aux alentours de Tel-Aviv. [...]

 

Les slogans bruyants et vides du mufti Amin Al-Husseini ont contrecarré le plan des deux Etats. Al-Husseini s'est enfui chez Hitler, en misant sur le mauvais cheval. Ce que j'essaie de montrer, c'est qu'historiquement parlant, la cause palestinienne a perdu du temps, et une fois de plus à cause des extrémistes, non à cause des modérés.

Journaliste : A cause des braillards extrémistes...

Sami Abdullatif Al-Nesf : Israël n'a jamais bénéficié des modérés, mais des gens qui crient : « L’Accord du siècle ? Non à la paix ! » Une autre chose dont j'ai été témoin personnellement, contrairement à beaucoup d'autres qui parlent de la cause palestinienne, sont les changements sur le terrain. Aujourd'hui, quand vous allez à Jérusalem et en Cisjordanie, vous voyez que tout a changé. Le nombre de colons a atteint un million, et ils ne partiront jamais. Il n’y a plus des structures préfabriquées, comme au début. Aujourd’hui tout est en béton. Aucune colline n'est laissée vacante. Ainsi, à moins que nous ne nous tournions vers le genre de pensée raisonnable qui nous fait défaut depuis un siècle, nous continuerons d’accuser les voix de la raison d'être des traîtres, des criminels et des collaborateurs, pour emprunter la voie de l'extrémisme, qui débouche toujours sur une catastrophe. [...]

[Les juifs ont dit] que tout Etat vaut mieux que pas d'Etat du tout. Ils ont dit qu'accepter [le plan] valait mieux que le rejeter, dans l'espoir que l'autre camp le rejetterait. Ainsi, la partie juive a accepté ses 10 %...

Journaliste : Alors que les Arabes ont refusé...

Sami Abdullatif Al-Nesf : Où est allé [Al-Husseini] ? Il s'est enfui chez Hitler... A ce jour, la cause palestinienne paie le prix des photos de lui avec Hitler. [...]

Premièrement, [Al-Husseini] a rejeté le plan de partition de 1948, par lequel [les Palestiniens] auraient gagné...

Journaliste : Il comprenait la Cisjordanie et l'ensemble de...

Sami Abdullatif Al-Nesf : Deuxièmement, il a exhorté les Palestiniens à partir, en exagérant ce qui s'est passé à Deir Yassin et ailleurs. Pour votre information, des massacres ont eu lieu des deux côtés. Il l’a exagéré, en raison de sa théorie selon laquelle les Palestiniens devaient partir pour faciliter l'intervention des armées arabes. En outre, il pensait que les Palestiniens pourraient recevoir des armes à l'étranger. Eh bien, ils sont partis et ne sont jamais revenus. Le plus grand crime d’Al-Husseini a été son insistance pour maintenir les Palestiniens dans des camps de réfugiés. Quand les Arméniens ont émigré, ils ne sont pas allés dans des camps de réfugiés. Quand les Kurdes ont émigré, ils ne sont pas allés dans des camps de réfugiés. [...]

Cet homme, avec son extrémisme, a nui à la cause palestinienne. Il a dit : Pour éviter de perdre la cause palestinienne, maintenons les Palestiniens dans des camps de réfugiés au Liban, en Jordanie et partout ailleurs. Ils ont été placés dans des camps de réfugiés, et jusqu’à ce jour, ils en paient le prix. Je dis à nos frères palestiniens : Les propos radicaux sont-ils tout ce qui vous intéresse ? Voulez-vous vraiment que votre cause soit perdue ?

Journaliste : Les slogans sont-ils tout ce qui les intéresse ?

Sami Abdullatif Al-Nesf : Tout à fait. Les slogans. Laissez-moi vous raconter ce que Mahmoud Abbas m'a dit, et ce que j'ai dit à Khaled Mashaal à Damas, et à Ismail Haniya à trois reprises, alors que nous dînions chez lui à Gaza. Abbas a déclaré : « La cause est sur le point d'être perdue. Trouvons une solution avec Israël, afin de conserver au moins ce qui reste de la terre. » Chaque fois que les extrémistes provoquent une guerre, de nouvelles terres sont perdues, et chaque fois que la paix est signée, la terre est récupérée. Le Sinaï n'a pas été récupéré par la guerre. Il a été perdu deux fois en temps de guerre et a été regagné par la paix. C’est par la paix que la Jordanie a repris la terre qu'elle avait perdue dans la guerre de 1967. Les terres sont récupérées par la paix, non par la guerre. [...]

[Le Hamas a dit à Abbas] qu'ils voulaient un gouvernement d'unité. Très bien, a-t-il dit. La différence entre nous est que vous ne reconnaissez pas Israël. Exact, ont-ils dit. Nous voulons libérer la Palestine du fleuve à la mer. Il leur a demandé : Avec quelles armes allez-vous le faire ? [Abbas] dit : Depuis que nous avons été expulsés des terres de 1967 à cause de l'extrémisme arabe - en Syrie, en Égypte et ailleurs - nous sommes devenus complètement dépendants d'Israël. Il a dit : Si nous donnons des postes ministériels  au Hamas, où est-ce qu’un ministre de l'Agriculture [du Hamas] obtiendra-t-il de l'eau ? L'eau vient d'Israël. Disons que vous êtes le ministre des Finances. La monnaie qui a cours à Gaza et en Cisjordanie est le shekel. Si vous voulez de l’argent, vous l’obtenez d’Israël. L'électricité à Gaza et de Cisjordanie provient aussi d'Israël.

Journaliste : Le pétrole provient d'Israël...

Sami Abdullatif Al-Nesf : La nourriture, l'eau, tout... [...] En 1917, tout comme il y avait des extrémistes, il y avait également des gens sages et raisonnables. L’un d’entre eux était [l'homme politique libanais] Shakib Arslan. Il a dit : Lorsque j'ai visité les colonies [juives], j’ai compris qu’elles étaient comme une locomotive moderne, qui pourrait nous sortir de notre ignorance, de notre pauvreté, etc. Ces gens étaient des Européens, venus cultiver la terre des colonies, a-t-il dit. Il y avait des Palestiniens qui ont dit la même chose. Certains Palestiniens ont dit : [Les juifs] sont ici depuis 1700-1800 et à travers l'histoire. Les Israélites et la Terre d'Israël sont mentionnés dans le Coran. Où était-ce ? En Afrique ? Non, c'est la même terre. Trouvons un terrain d’entente, ont dit ces gens. Al-Husseini, Arafat, Ahmad Shukeiri et tous ceux qui ont brandi la bannière de l'extrémisme ont nui à la cause palestinienne et à la cause des Arabes. [...]

Les Palestiniens aujourd'hui, avec leur extrémisme rhétorique... Ce ne sont pas seulement les Palestiniens, mais nous, les Arabes en général. Nous constituons le meilleur type d’ennemi du monde : des terroristes malfaisants et méchants, qui sont faibles. Eh bien, vous ne pouvez pas avoir les deux. Le Hamas, avec tous ses slogans, devrait nous montrer les avions et les tanks qui reflètent sa capacité à faire ce qu'il dit. Il n’en a aucun. Certains disent : ô pour les jours de Saladin... Les [croisés] européens ne sont pas venus en colons. Ils ont été incités par le mensonge selon lequel les Arabes les opprimaient. Ils n’ont fait qu’entrer et sortir. C’était une affaire triviale pour eux... Même Jérusalem - après sa libération par Saladin, son frère, Al-Adil I, a essayé de la rendre aux croisés, mais ils n’en voulaient pas. Ils ont dit qu'ils ne voulaient que les villes côtières. Il en va de même avec tout le problème des colonies... Les Blancs d'Afrique du Sud sont toujours là-bas. Ils ne sont pas partis [...]

La question du déplacement [de personnes] est une chose courante. Nous avons prétendu que [1948] était la première fois que cela se produisait, mais ce n'est pas vrai, que cela nous plaise ou non. En outre, il est important de comprendre - et c’est une chose avérée à travers l’histoire -  que si vous perdez une guerre, vous en payez le prix. Nous sommes les seuls à refuser de payer le prix, alors que nous avons perdu la guerre de 1948. Nous avons perdu les guerres de 1956 et 1967, mais nous refusons de payer le prix. Ça ne marche pas comme ça. Nous avons choisi de déclencher la guerre et avons perdu, donc logiquement, nous devrions en payer le prix. Une autre chose s’est avérée à travers l'histoire. Si je fais un marché pour vous acheter cette table pour 10 dinars, cette offre est valable seulement maintenant. Si vous acceptez le prix de 10 dinars, l'accord entre en vigueur maintenant. Mais sinon, je ne peux pas revenir un an ou deux plus tard, après qu’il s'avère que la table vaut une fortune – disons 1 000 dinars - et vous dire : Abou Ahmad, vous vous souvenez de notre marché de l’année dernière ? L'offre était de 10 dinars, mais aucun accord n'a été signé. Si les Palestiniens avaient accepté l'une de ces transactions du passé, la balle aurait été dans le camp israélien maintenant. [...]

Jérusalem était sous l’occupation des croisés pendant 200 ans, mais il n'y avait pas une seule fatwa interdisant de visiter la ville.

Journaliste : Exact.

Sami Abdullatif Al-Nesf : L'Egypte était sous occupation depuis 1882, mais personne n'a dit que vous ne pouviez pas visiter l'Egypte ou Al-Azhar. Toute l'Afrique du Nord était sous occupation, mais il n'y avait pas une seule fatwa interdisant les visites à la Grande Mosquée de Kairouan... Laissez-moi vous donner un exemple encore meilleur : La Mecque. Le prophète Mohammed s’y est rendu en pèlerinage lorsqu’elle était encore gouvernée par les infidèles. Il n'a pas dit qu'il ne pouvait pas y aller parce qu'elle était occupée par les infidèles. Il y a eu des gens qui nous ont trompés et nous ont dit de ne pas visiter [la Palestine], et qui ont remis la Cisjordanie, Jérusalem, et les Palestiniens aux [Israéliens].


SOURCE

http://memri.fr/2018/08/02/lancien-ministre-koweitien-sami-al-nesf-fustige-la-strategie-palestinienne-du-siecle-dernier-les-arabes-ont-perdu-les-guerres-et-doivent-en-payer-le-prix/

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Connaître vos droits face à un agent immobilier en Israël par Pierre Lurçat, avocat

July 30 2018, 16:38pm

Posted by Pierre Lurçat

 

Le présent article vise à vous donner des informations basiques sur vos droits en tant que client, face à un agent immobilier israélien. Il se fonde sur la loi et la jurisprudence israélienne ainsi que sur mon expérience d’avocat confronté à des litiges dans ce domaine.

 

L’obligation de l’agent d’être diplômé et inscrit auprès du Registre des agents immobiliers

Aux termes de la Loi sur les agents immobiliers, nul ne peut exercer l’activité de courtage immobilier s’il n’est pas agent diplômé et inscrit, à jour de ses cotisations. A noter : en tant que client, vous pouvez exiger de l’agent qu’il vous présente sa carte professionnelle, pour vérifier qu’il est un agent agréé et qu’il possède une carte valide pour l’année en cours.

Bon à savoir : si l’agent qui a réalisé une transaction pour votre compte ne possède pas de carte professionnelle, vous n’avez aucune obligation légale de lui payer une commission!

 

L’obligation de l’agent d’établir un mandat écrit

C’est la première obligation, fondamentale, de l’agent avec lequel vous entrez en relation. Selon l’article 9  de la Loi sur les agents immobiliers, “L'agent immobilier n'aura pas droit à sa commission, si le client n'a pas signé une demande par écrit de courtage (mandat), incluant tous les détails fixés par le ministre avec l'aval de la commission des lois de la Knesset”. En l’absence de mandat, vous ne serez pas tenu de lui verser une commission.

 

Le montant de la commission

Elément essentiel du mandat entre vous et votre agent, et objet de fréquents litiges, le montant de la commission doit impérativement être convenu à l’avance entre vous et l’agent. Aux termes de l’article 9 de la Loi, le mandat établi entre vous et l’agent doit comporter, entre autres mentions : le prix de la transaction recherchée, approximatif, ainsi que le montant convenu de la commission ou le taux de la commission convenu sur le prix de la transaction, et si le prix inclut la TVA.

 

Important: la Loi ne fixe aucun montant minimal ou maximal pour la commission. L’usage veut que la commission soit de 2 pour cent du montant de l’achat / vente mais elle pourra être inférieure (ou supérieure dans certains cas). Son montant est objet de négociation entre vous et l’agent.

 

A noter : certains agents recourent à une pratique consistant à fixer un prix de vente pour votre appartement (si vous êtes le vendeur) et à ‘empocher’ tout montant qu’ils parviendront à obtenir d’un acheteur au dessus de ce prix. Cette pratique est illégale!

 

Pour plus d’informations ou pour me soumettre un cas particulier, contactez-moi par email ou par téléphone au 050 286 5143.

 

Pierre Lurçat, avocat

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François d’Orcival : «L’État d’Israël ne sera pas binational!»

July 30 2018, 08:58am

François d’Orcival : «L’État d’Israël ne sera pas binational!»

Je reproduis ici l'excellent éditorial de François d'Orcival, paru dans le Figaro. P.L.

 

François d'Orcival : «L'État d'Israël ne sera pas binational!»

CHRONIQUE – L’unité de l’«État-nation du peuple juif» est désormais gravée dans sa Constitution. Ainsi en a décidé la Knesset à une large majorité.

Même l’Etat hébreu éprouve le besoin de réaffirmer son identité. Depuis sa création, en 1948, cela allait de soi: Israël était l’«Etat-nation du peuple juif», sa langue officielle l’hébreu, sa capitale Jérusalem. Maintenant, ce sera inscrit dans le marbre de sa Constitution, et pas plus révisable que la forme républicaine du gouvernement dans nos institutions. Le vote a été acquis la semaine dernière au Parlement israélien par 62 voix contre 55, sur 120, ce qui est une large majorité, compte tenu de la dispersion des groupes à la Knesset (en raison de la représentation proportionnelle) et du vote hostile des 13 députés arabes. La discussion a donné lieu à des commentaires délirants, du genre: c’est la fin de la démocratie, l’avènement de l’apartheid, etc.

L’État d’Israël n’est pas devenu une théocratie ; ses citoyens, juifs et non juifs, conservent les mêmes droits, la même citoyenneté

L’État d’Israël n’est pas devenu une théocratie ; ses citoyens, juifs et non juifs, conservent les mêmes droits, la même citoyenneté. Pourquoi donc la majorité de Benyamin Netanyahou a-t-elle voulu cette loi constitutionnelle? Pour préserver l’avenir. La gauche israélienne, longtemps triomphante, est désormais très minoritaire (elle ne représente plus que le tiers de la Knesset) et ne peut espérer son retour que par un changement de majorité – avec le renfort des voix arabes. D’où son projet d’un «État pour tous les citoyens», face à celui de la droite et du centre, l’État-nation du peuple juif. En Israël comme en Europe, l’opposition entre identité et multiculturalisme est aussi frontale. Opposition politique ici inséparable de l’évolution démographique.

Au lendemain de sa création, l’État d’Israël comptait près de 90 % de Juifs ; aujourd’hui, ceux-ci sont 75 %, contre 20 % d’Arabes (18 % musulmans, 2 % chrétiens), et demain? Les Arabes palestiniens répétaient aux Israéliens: nous vous submergerons grâce au ventre de nos femmes…

Il y a quinze ans en effet, le taux de fécondité des musulmanes atteignait les 4,6 enfants par femme – c’était un tiers de plus que les Israéliennes juives! Or depuis, ce taux de fécondité a fortement baissé tandis que celui des femmes juives n’a cessé d’augmenter (il est proche de 3,2, à comparer avec le taux français de l’ordre de 2). Que mesure un taux de fécondité? Le besoin de perpétuation et la foi en l’avenir d’un peuple. Les Israéliens ne veulent pas d’un État «binational», c’est ce qu’ils viennent de proclamer dans leur Constitution

http://www.lefigaro.fr/vox/monde/2018/07/27/31002-20180727ARTFIG00067-francois-d-orcival-l-etat-d-israel-ne-sera-pas-binational.php

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Atta Farhat : “la Loi sur Israël-Etat nation du peuple Juif est nécessaire et juste”

July 29 2018, 06:57am

Posted by Pierre Lurçat

Atta Farhat : “la Loi sur Israël-Etat nation du peuple Juif est nécessaire et juste”

 

Le président du Conseil sioniste druze, Atta Farhat, déclare : “La Loi fondamentale Israël-Etat nation du peuple juif traite du statut des différentes communautés et pas des droits des personnes. Cette loi vient parachever la définition de l’identité de l’Etat d’Israël, et elle s’ajoute à un ensemble de lois fondamentales sur la liberté professionnelle et la dignité humaine. Israël, Etat-nation du peuple Juif, ce n’est pas nouveau, cela figurait déjà dans la Déclaration Balfour, dans la résolution sur le partage de la Palestine des Nations Unies (de 1947) et dans la Déclaration d’Indépendance. Cette loi ne contient aucun élément nouveau”.

 

“En tant que druze, je préfère vivre dans un Etat juif, plutôt que comme protégé de la Oumma musulmane. La loi sur Israël Etat-nation stipule que les droits nationaux en Israël n’appartiennent qu’aux Juifs… Elle ne dit pas que l’Etat n’appartient qu’au peuple Juif. Cette loi vise à freiner les aspirations nationales des Arabes, qui veulent créer ici un Etat musulman ou binational”.

 

 

Pourquoi les druzes protestent-ils contre cette loi?

 

“Certaines personnes qui sont désespérées tentent de faire porter la responsabilité de leurs problèmes au gouvernement… La gauche israélienne, encouragée et soutenue par le New Israel Fund, a trouvé un secteur [de la population] par le biais duquel elle peut attaquer le gouvernement de droite. C’est encore plus confortable pour eux de s’en prendre au gouvernement en utilisant les druzes, qui servent dans l’armée et sont loyaux envers l’Etat. L’incitation qu’ils ont menée en utilisant les Arabes n’a pas réussi, alors ils tentent d’inciter les druzes…”

 

 

Tsippi Livni avec un dirigeant druze

 

“C’est l’hypocrisie de la gauche. Je n’ai jamais vu un groupe de gens prêts à rejeter leurs propre identité et à porter atteinte à leur Etat uniquement pour obtenir un bénéfice politique, comme le fait la gauche [israélienne]. Ils sont prêts à tout, même au détriment de l’Etat d’Israël, du sionisme et du judaïsme”.

 

“Nous bénéficions ici de l’indépendance en tant que communauté, et sous un gouvernement musulman cela n’aurait jamais pu arriver. Les druzes qui vivent ici ne comprennent pas quelle est l’alternative… On incite la population druze en se servant des députés druzes, qui sont financés par le New Israel Fund.

 

Atta Farhat conclut : “Cette loi [sur Israël Etat-nation du peuple Juif] est nécessaire et juste, et même si ma vie est menacée, il est bon de mourir pour sa patrie [N.d.T. Il cite les mots fameux attribués à Yossef Trumpeldor] et je continuerai de porter son drapeau. Ceux qui s’opposent à la Loi se trompent. Les députés druzes font à présent le travail des Arabes, qui sont la cinquième colonne de l’Etat d’Israël, au lieu de faire leur travail et de représenter les habitants druzes pour résoudre les problèmes du secteur”.

 

Makor Rishon, 27.7.2018. Traduction P.Lurçat

 

 

Atta Farhat

 

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Vierges, de Keren ben Rafael : un très beau film israélien, par Pierre Lurçat

July 24 2018, 21:12pm

Posted by Pierre Lurçat

Vierges, de Keren ben Rafael : un très beau film israélien, par Pierre Lurçat

 

Le cinéma parisien UGC Les Halles projetait hier soir en avant-première le film de Keren Ben Rafael, Vierges (“Eyn Betoulot ba-Kerayot”), qui sort demain sur les écrans en France. Occasion pour le public de découvrir une nouvelle réalisatrice talentueuse et prometteuse, et un visage différent du cinéma israélien.

 

Le film Vierges vient en effet nous rappeler de manière salutaire qu’il existe un ‘autre visage du cinéma israélien’. Comme nous l’écrivions il y a quelques années,le cinéma israélien est très différent de l’image qu’en donnent les films d’un Amos Gitaï – pour ne citer que lui – adulé en Europe mais largement ignoré du grand public israélien. Il est riche, novateur, original et optimiste et reflète fidèlement la vitalité et la richesse humaine de notre petit pays…

 

Le cinéma israélien ne parle (presque) pas de guerre, “d’occupation” ou des autres leitmotive chers à certains médias, qui ne connaissent notre pays qu’à travers le prisme déformant de l’idéologie palestiniste. Il parle de la vie, des gens et de l’amour… Car, contrairement à ce que croient les médias étrangers, Israël n’est pas seulement un pays en guerre, c’est un pays où il fait bon vivre !

 

Dans Vierges, Keren Ben Rafael, qui vit entre Paris et Tel-Aviv et a étudié la philosophie et la littérature française à Tel-Aviv, avant suivre des études de cinéma à Paris, décrit la vie quotidienne dans une petite ville défavorisée du nord d’Israël. A Kyriat Yam, cité balnéaire des faubourgs de Haïfa, il ne se passe presque rien, et les jeunes habitants rêvent de Tel-Aviv et d’ailleurs… Jusqu’au jour où une rumeur sur l’apparition d’une sirène vient perturber leur vie trop tranquille.

 

A partir de ce fait divers (authentique), Ben Rafael a construit un film poétique et généreux, qui montre un visage très vivant et attachant de la vie dans un décor très éloigné de l’image  traditionnelle d’Israël. Loin de Tel-Aviv la cosmopolite, de Jérusalem la ville sainte et des frontières d’un pays en guerre, Vierges raconte une histoire à la fois très israélienne et très universelle. Elle donne notamment une image réaliste et sympathique des Israéliens russophones, frange importante de la société israélienne (qu’on a pu découvrir dans plusieurs très bons films des deux dernières décennies, depuis Les amis de Yana sorti en 1999).

Son film est servi par une excellente distribution, et notamment par l’acteur confirmé Michael Aloni (héros de la nouvelle série israélienne When Heroes Fly et aussi de Shtisel, où il incarnait le personnage de ‘Kiva’).

 

Michael Aloni dans Shtisel, au centre

 

L’héroïne de Vierges est incarnée par la talentueuse Joy Rieger, qui avait déjà joué dans Past Life, un des meilleurs films d’Avi Nesher. Notons aussi la présence remarquée de l’actrice chevronnée Evgenia Dodina. Le public nombreux qui se pressait hier soir pour l’avant-première parisienne est sorti enchanté de la projection de ce film, qui bénéficie d’une large campagne de promotion. Nous lui souhaitons tout le succès qu’il mérite.

 

P. Lurçat

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Comprendre le débat autour de la Loi fondamentale sur l’Etat-nation, par Pierre Lurçat

July 22 2018, 10:06am

Posted by Pierre Lurçat

Comprendre le débat autour de la Loi fondamentale sur l’Etat-nation, par Pierre Lurçat

Pour comprendre les tenants et les aboutissants du débat actuel sur la nouvelle “Loi fondamentale - Israël Etat-nation du peuple Juif”, il est essentiel de s’arrêter tout d’abord sur ses aspects juridiques et constitutionnels, avant d’envisager l’aspect politique de ce débat. Cette loi s’inscrit en effet dans la droite ligne de plusieurs autres textes fondamentaux, sur lesquels l’Etat d’Israël fonde son existence juridique en droit international. L’idée d’un “Etat-nation pour le peuple Juif” n’est pas une invention récente, motivée par d’étroites considérations politiciennes, comme voudraient le faire croire les opposants à la loi. Cette notion est un des fondements du sionisme politique et de l’existence de l’Etat d’Israël.

 

D’emblée, le mouvement sioniste a en effet revendiqué la création d’un foyer national, ou d’un Etat (la formule exacte ayant varié au fil du temps) pour le peuple Juif. Cette revendication a reçu un début de consécration avec la Déclaration Balfour en 1917, puis avec le mandat sur la Palestine, avant même la création de l’Etat d’Israël et le vote historique des Nations unies le 29 novembre 1947.

 

 

La déclaration Balfour


 

Comme le rappelle la Déclaration d’indépendance de l’Etat d’Israël, “En 1897, inspiré par la vision de l'État juif qu'avait eue Theodor Herzl, le premier congrès sioniste proclama le droit du peuple juif à la renaissance nationale dans son propre pays. Ce droit fut reconnu par la déclaration Balfour du 2 novembre 1917 et réaffirmé par le mandat de la Société des Nations qui accordait une reconnaissance internationale formelle des liens du peuple juif avec la terre d'Israël, ainsi que de son droit d'y reconstituer son foyer national…

 

Le 29 novembre 1947, l'Assemblée générale des Nations Unies adopta une résolution prévoyant la création d'un État juif indépendant dans le pays d'Israël et invita les habitants du pays à prendre les mesures nécessaires pour appliquer ce plan. La reconnaissance par les Nations Unies du droit du peuple juif à établir son État indépendant ne saurait être révoquée. C'est de plus, le droit naturel du peuple juif d'être une nation comme les autres nations et de devenir maître de son destin dans son propre État souverain”. (C’est nous qui soulignons).

 

La notion d’un Etat-nation pour le peuple Juif n’est donc nullement une invention du gouvernement actuel, motivée par des considérations politiques : elle a été réclamée par le mouvement sioniste depuis 1897, acceptée par le concert des nations en 1917 et en 1947 et consacrée par la proclamation de cet Etat le 14 mai 1948. Elle est juridiquement fondée, selon les termes de la Déclaration d’indépendance, tant sur le droit historique et naturel que sur le droit international.

 

 

La Déclaration d’Indépendance d’Israël


 

Pourquoi une Loi fondamentale sur l’Etat-nation du peuple Juif?

 

Dans ces circonstances, demandera-t-on, pourquoi était-il nécessaire de réaffirmer une réalité juridique et politique qui existe déjà, avec la sanction du droit international ? La réponse est double. Sur le plan international tout d’abord, la légitimité de l’Etat d’Israël a été remise en cause à de nombreuses reprises depuis 1947, au sein de l’ONU et des autres instances internationales. Rappelons la sinistre résolution “Sionisme = racisme” de 1975, de triste mémoire, et les multiples autres résolutions du même acabit, votées par l’Assemblée générale des Nations unies et par d’autres forums internationaux, comme l’UNESCO. Ces résolutions n’ont certes pas atteint la légitimité de l’Etat juif sur le plan du droit international, mais elles ont fragilisé son statut politique. Mais c’est aussi et surtout sur le plan interne à l’Etat d’Israël que la notion même d’Etat juif a été érodée au cours des dernières décennies.

 

C’est en effet la Cour suprême, instance judiciaire suprême de l’Etat d’Israël, qui s’est employée depuis le début des années 1990 et notamment depuis 1992 (date de la “Révolution constitutionnelle” initiée par le juge Aharon Barak), à porter atteinte au caractère juif de l’Etat d’Israël, pour le transformer en “Etat de tous ses citoyens”, au nom d’une conception partisane et radicale de l’égalité des droits de la minorité arabe. C’est ainsi que le consensus sioniste sur lequel reposait le fragile équilibre politique et social, à l’intérieur de la société israélienne a été remis en cause, au nom de cette idéologie d’inspiration post-sioniste et post-moderne.

 

Contrairement à une conception largement répandue, en effet, la nouvelle Loi ne vient pas bouleverser un équilibre existant, mais rétablir le statu quo ante : elle vient réaffirmer la notion d’Etat juif, contestée et fragilisée par ses adversaires au sein même de la société israélienne. C’est là que réside toute l’importance de cette Loi fondamentale sur Israël Etat-nation du peuple Juif. En vérité, comme nous le montrerons dans la suite de cet article, cette loi ne fait que réaffirmer, en grande partie, des principes qui figuraient déjà en toutes lettres dans la Déclaration d’indépendance de 1948. Mais cette réaffirmation est un acte juridique qui revêt une grande importance, à la fois symbolique et concrète.

 

Réaffirmer les principes de la Déclaration d’Indépendance

 

Dès lors que le consensus national autour des valeurs fondamentales du sionisme, exprimées dans la Déclaration d’indépendance, a été érodé et contesté de manière grandissante au cours des 25 dernières années, au point que de larges parties des élites médiatiques, juridiques ou universitaires israéliennes ne croient plus à ces valeurs, il importait que la Knesset réaffirme de manière forte ces valeurs essentielles, sans lesquelles l’existence d’Israël en tant qu’Etat juif est menacée. A quoi bon, en effet, réclamer de nos ennemis arabes qu’ils reconnaissent notre existence en tant qu’Etat juif, si cette même reconnaissance est contestée à l’intérieur même de l’Etat d’Israël et de la société juive?


La nécessité d’une réaffirmation des principes de la Déclaration d’indépendance par la Knesset est devenue une nécessité impérieuse, qui permettra à la majorité silencieuse de retrouver confiance en ses élus et en ses institutions. Face à la Cour suprême, qui s’est érigée ces dernières années en “pouvoir suprême” anti-démocratique, par un véritable putsch judiciaire, la Knesset se devait de reprendre la place qui lui revient dans le débat public : celle de représentant du peuple et de la vox populi. C’est la signification du vote de la Loi fondamentale sur Israël, Etat-nation du peuple juif. Elle vient redire, de la manière la plus solennelle et la plus incontestable, ce que chaque Juif sioniste, israélien ou non, ressent intimement dans son for intérieur : le peuple d’Israël est souverain sur sa terre.

 

Pierre Lurçat

 

NB Dans la suite de cet article, nous examinerons le statut juridique de la Loi fondamentale et montrerons comment elle réaffirme pratiquement les principes essentiels de la Déclaration d’indépendance.

 

Mon interview sur Radio Qualita au sujet de la Loi fondamentale "Israël Etat-nation"

https://www.youtube.com/watch?v=pH14MqX_0J8

 



 

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Régime matrimonial et contrat pré-nuptial en droit israélien, par Pierre Lurçat, avocat

July 16 2018, 17:11pm

Posted by Pierre Lurçat

 

Comment sont partagés les biens des époux en cas de divorce? Faut-il rédiger un contrat de relations pécuniaires (heskem mamon) ou bien se soumettre au régime légal? Quelle est l’incidence de la Ketouba? Le présent article vise à répondre à ces questions courantes, en décrivant le droit des régimes matrimoniaux en Israël.

 

1. Le régime matrimonial légal découlant de la Loi sur les relations pécuniaires entre les époux

 

La loi sur les relations pécuniaires entre les époux (Hok yéhassei mamon beyn bné zoug) de 1973 fixe le principe du partage à égalité des biens entre les époux lors de la dissolution du mariage (art. 5). Ce principe s’applique à l’ensemble des biens qui leur appartenaient à la veille du mariage, à l’exception de ceux (a) qui ont été reçus par eux par voie de succession ou de donation, (b) des pensions ou indemnisations reçues des assurances nationales ou en cas d’invalidité, et (c) des biens dont les époux ont convenu par écrit qu’ils ne seront pas partagés entre eux. NB : Ce régime correspond, grosso modo, à celui de la communauté réduite aux acquêts en droit français : partage des biens communs et exclusion des biens propres.

 

2. Le régime conventionnel découlant d’un contrat pré-nuptial ou d’une convention de divorce

 

La Loi sur les relations pécuniaires entre époux de 1973 dispose que les époux peuvent établir un contrat de relations pécuniaires (heskem mamon), défini comme un “contrat entre les époux régissant leurs relations pécuniaires”. Selon la loi, ce contrat est nécessairement établi par écrit, et toute modification doit également être faite par écrit (art. 1). Dans la pratique, un tel contrat peut-être établi à tous les stades de la vie conjugale : avant le mariage (il s’agit alors d’un contrat pré-nuptial), pendant le mariage ou même lors de la dissolution du mariage (il s’agira alors d’une convention de divorce).

 

Outre la nécessité d’un écrit, qui relève d’une exigence de forme et de preuve, la loi dispose également que le contrat de relations pécuniaires doit être signé devant une autorité officielle, qui pourra être, selon les cas, le tribunal, le greffier aux affaires matrimoniales, ou encore devant notaire. Cette exigence vise à garantir que les parties signent le contrat de leur plein gré et en toute connaissance de cause, en étant conscientes de sa portée légale et de ses conséquences.

 

L’autorité qui valide le contrat devra notamment s’assurer que les parties ont bien compris le contrat, lequel devra leur avoir été lu et éventuellement traduit (art. 2). Cette exigence doit protéger la partie la plus “faible”, pour empêcher tout abus de ses droits par l’autre partie.

Dans le cas d’un contrat pré-nuptial, établi avant le mariage, la validation officielle pourra être effectuée par un notaire.

 

L’une des raisons justifiant cette exigence est que le contrat de relations pécuniaires prévaudra sur les dispositions de toute loi applicable, et notamment sur celles de la Loi sur les relations pécuniaires entre époux. Ainsi, il peut prévoir des dispositions moins favorables que celles de la loi, à l’égard de la répartition des biens. Dans la suite de cet article, nous verrons comment la loi répartit les biens entre les époux, en l’absence de contrat de relations pécuniaires, et quelle est l’incidence de la Ketouba.

Pierre Lurçat, avocat

pierre.lurcat@gmail.com

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Face aux prêcheurs de haine dans les mosquées françaises, le silence n’est plus de mise

July 11 2018, 16:43pm

Posted by Pierre Lurçat, ¨Philippe Karsenty

Face aux prêcheurs de haine dans les mosquées françaises, le silence n’est plus de mise

Après le lâcher de colombes et le discours de l’imam Mohamed Tataï exaltant le rôle de rempart « contre l’extrémisme » de la nouvelle mosquée de Toulouse, inaugurée le 23 juin dernier, la vidéo mise en ligne par l’institut MEMRI a fait l’effet d’un trouble-fête. On y voit ce même imam Tataï citer in extenso un hadith contenant des propos virulents contre les juifs, et notamment la phrase suivante : « Le Prophète, que la prière et la paix soient sur Lui, a dit : le Temps ne viendra pas avant que les Musulmans ne combattent les Juifs et les tuent ; jusqu’à ce que les Juifs se cachent derrière des rochers et des arbres, et ceux-ci appelleront : Ô Musulman, il y a un Juif qui se cache derrière moi, viens et tue-le ! »

Ce hadith - propos du prophète rapporté par la tradition - est très souvent mentionné dans le discours islamiste contemporain. On le retrouve notamment dans la charte du Hamas, à l’article 7. Il illustre la dimension apocalyptique de l’islam, et la vision d’un affrontement avec les juifs qui n’est pas seulement politique, mais eschatologique : il est la condition préalable à la venue de la fin des temps. Cette dimension de l’islam rappelle à certains égards les conceptions hitlériennes de l’affrontement quasi-métaphysique entre l’Allemagne et les juifs.

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Le double discours de Dalil Boubakeur

Face à de tels propos dénués de toute ambiguïté, la réaction de l’imam Tataï, et plus encore celle du recteur de la mosquée de Paris, le soutenant et accusant les médias d’avoir « déformé ses propos », réveillent les soupçons de double discours de certains représentants de l’islam de France. Quand Dalil Boubakeur prend la défense de l’imam de Toulouse et soutient que ses propos ont été « décontextualisés », il sous-estime l’intelligence du public français. L’imam Tataï n’en était d’ailleurs pas à son coup d’essai, comme cela a été rappelé dans ces colonnes.

Les propos de l’imam Tataï constituent de toute évidence une incitation à la haine contre les juifs. Ils sont totalement contraires à la « charte des imams » et à la volonté affichée l’an dernier par le CFCM de lutter contre les discours radicaux tenus dans certaines mosquées, en proclamant « l’attachement des imams de France à l’islam du juste milieu et au pacte républicain ». Dans ce contexte, le discours du président Macron, selon lequel « il y a une lecture radicale, agressive de l'islam qui se fixe pour but de mettre en cause nos règles et nos lois de pays libre, de société libre dont les principes n'obéissent pas à des mots d'ordre religieux », est très en-deçà de la réalité.

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Une triple réaction indispensable

L’affaire de l’imam Tataï constitue un test de la volonté présidentielle de « donner à l'islam un cadre et des règles garantissant qu'il s'exercera partout de manière conforme aux lois de la République ». Pour que le projet, maintes fois réaffirmé depuis plusieurs décennies, de créer un « islam de France » expurgé des discours radicaux, il faut que l’affaire de l’imam Tataï donne lieu à une triple réaction. Sur le plan judiciaire tout d’abord : la justice doit aller à son terme et condamner l’auteur des propos antijuifs. Il ne serait pas acceptable qu’un dirigeant religieux puisse prononcer des propos incitatifs à la haine, qui plus est dans une ville devenue un triste symbole du « nouvel antisémitisme » d’origine musulmane, sans être sanctionné.

Sur le plan politique ensuite : l’imam Tataï doit être démis de ses fonctions. Il n’est pas concevable que la nouvelle mosquée de Toulouse, qui vient d’être inaugurée, et la communauté musulmane de cette ville emblématique, soient abandonnées entre les mains d’un imam intégriste appelant à la guerre contre les juifs.

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Sur le plan religieux enfin : cette affaire devrait donner l’impulsion nécessaire à une réflexion au sein de l’islam en France, pour que les hadiths comme celui des « rochers et des arbres », constitutifs d’un antijudaïsme virulent, apocalyptique et guerrier, soient abrogés ou tout simplement passés aux oubliettes. Cela est d’autant plus envisageable qu’il n’est pas question du Coran, mais simplement des propos attribués au prophète. Face à un discours islamiste radical et potentiellement meurtrier, le silence n’est plus de mise.

http://www.valeursactuelles.com/societe/macron-et-lislam-le-test-de-limam-de-toulouse-97230

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