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Face à la vague de haine planétaire: quelles stratégies pour Israël et pour le monde juif?

June 12 2026, 16:30pm

Posted by Pierre Lurçat

L'essayiste , traducteur et fondateur de la Bibliothèque sioniste Pierre Lurçat en tournée en France: Strasbourg , Paris, Bordeaux autour du thème : Face à la haine planétaire; quelles stratégies pour Israël et le monde juif ?

 

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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De la fascination pour le christianisme à la honte d’Israël : Le naufrage d’Alain Finkielkraut

February 15 2026, 18:50pm

Posted by Pierre Lurçat

De la fascination pour le christianisme à la honte d’Israël : Le naufrage d’Alain Finkielkraut

 

Le positionnement d'Alain Finkielkraut envers Israël depuis le 7-octobre ne laisse pas de susciter l'incompréhension et l'indignation de la communauté juive et des amis d'Israël. Voilà un intellectuel français d'origine juive, qui a souvent pris dans le passé des positions courageuses contre l'antisémitisme et l'antisionisme (notamment dans les rangs de l'extrême gauche française) et qui clame aujourd’hui publiquement sa détestation du gouvernement israélien, allant jusqu'à proclamer ces dernières semaines avoir "honte d'Israël !". Analyse.

 

De manière paradoxale et scandaleuse, Alain Finkielkraut – figure reconnue de l'intelligentsia française – assume des positions proches de l'extrême gauche en Israël, tout en défendant des opinions conservatrices (souvent qualifiées de "réactionnaires") en France. En bref, il s'agit comme l’a relevé un site internet, d'un "vieux Réac" qui se donne le luxe d'être de gauche en Israël… Ayant consacré de nombreux articles aux errements de Finkielkraut et ayant débattu avec lui il y a six mois au micro d'Antoine Mercier, je voudrais ici aborder ce sujet sous un angle nouveau, celui du "tropisme" chrétien (ou christianisant) d'Alain Finkielkraut.

 

Une ignorance abyssale du judaïsme

 

D'autres que moi l'ont relevé, le dernier en date étant le journaliste Nicolas Birnbaum, qui parle dans Le Monde des livres de son "faible pour le christianisme’’. Mais laissons parler l'intéressé lui-même. En 2022 déjà, Alain Finkielkraut, qui se présente comme un "Juif athée", expression en soi problématique, se disait "fasciné par la proposition chrétienne" et par "le fait que le Christ a dit sur la Croix, 'mon Dieu mon Dieu pourquoi m'as-tu abandonné?" A l'époque j'avais raillé l'ignorance du philosophe, qui attribuait au génie du christianisme des paroles tirées des Psaumes du Roi David. Dans une lettre ouverte, je dénonçais l'étendue insondable de l'assimilation juive en France et son corollaire, l'ignorance.

 

Mais ce qui m'est apparu en lisant le dernier livre d'Alain Finkielkraut, c'est le lien étroit entre cette ignorance abyssale du judaïsme et ses positions concernant Israël. L'admiration de Finkielkraut pour la Pietà de Michel-Ange, pour le cardinal Lustiger et pour les "descentes de Croix" n'est pas anodine. On ne peut impunément être Juif en France, ignorer tout ou presque de la Tradition juive, tout en défendant une vision "enracinée" de la culture française et se permettre de critiquer la "guerre atroce" que mènerait soi-disant Israël à Gaza…

 

Un intellectuel juif fasciné par la Vierge Marie

 

L'étrange compassion de Finkielkraut pour les "civils innocents de Gaza" et son refus persistant d'entendre les témoignages des otages revenus de Gaza sur ce sujet se comprennent beaucoup mieux à la lecture des pages scandaleuses de son livre (pour un lecteur juif), dans lesquelles il évoque avec pathos les paroles bouleversantes du Christ ou "l’inconsolable Vierge Marie"... J’ajoute que plusieurs Juifs érudits se sont évertués à inculquer à Finkielkraut des notions de judaïsme, comme Benny Lévy, ou comme un ancien grand-rabbin de France. Mais leurs efforts furent vains.

 

En mai 2025, j'analysais la campagne de propagande du Hamas sur le thème des "enfants affamés de Gaza" comme une "nouvelle Passion" renvoyant à la Passion du Christ tout téléspectateur de culture chrétienne. Je comprends aujourd'hui que la propagande du Hamas touche un public encore plus large que le public occidental chrétien ou postchrétien. Elle fait également mouche dans l'esprit et le cœur alourdi d'un philosophe d'origine juive, ignorant tout de la tradition d'Israël.

 

J’ajoute qu’Alain Finkielkraut caricature le judaïsme de Benny Levy tout comme il caricature les propos du rabbin Oury Cherki ou les miens concernant Israël…[1]  Et il ne s'agit pas là d'un simple défaut rhétorique dû à l'ardeur de la polémique, mais d’une véritable forme de malhonnêteté intellectuelle, devenue une seconde habitude chez l’intellectuel médiatique, habitué des plateaux de télévision.

 

Alain Finkielkraut a fait sienne la vision chrétienne d'Israël dans ce qu'elle a de plus réducteur et de plus déformant, notamment lorsqu’il dénonce le "messianisme" de certains ministres ou lorsqu’il se dit "sali" par la politique israélienne. Sa polémique contre l’Etat d’Israël, son gouvernement et son armée (accusée de mener une "guerre atroce"... sic !) n'est pas, comme il le prétend, un débat judéo-juif. Car sa vision caricaturale des "deux Israël" – d'un Israël entièrement innocent et d'un autre entièrement coupable – est fondamentalement "unjewish" (pour citer un adjectif qu'il aime utiliser). Oui, Finkielkraut est devenu (ou est resté) un intellectuel français ignorant du judaïsme, qui porte sur Israël le regard simplificateur et déformant de la polémique chrétienne.

Pierre Lurçat

NB Continuez de signer et faire signer la pétition : « Nous sommes fiers d’Israël ! »
 

 

Comment A. Finkielkraut déforme mes propos sur Israël, et ceux des autres…

 

Lors d'un débat sur la chaîne Mosaïque, je me suis opposé à Alain Finkielkraut sur la question des témoignages des otages revenus de Gaza, concernant la présence de "civils innocents" à Gaza. Mon propos consistait à prendre au sérieux les témoignages unanimes des survivants, affirmant ne pas avoir rencontré la moindre trace d'humanité à Gaza, et avoir été protégés par leurs geôliers du Hamas contre la foule gazaouie qui voulait les lyncher. Le sens de mon propos était donc de dire que nos otages n’ont pas rencontré un seul Juste à Gaza… De son côté, Alain Finkielkraut s'est dit scandalisé par le témoignage de l’ex-otage Mia Shem, qualifiant ses propos d'extrémistes et les comparant à ceux de Houra Bouteldja affirmant que tous les Israéliens sont coupables.

 

Depuis lors, de manière répétée et presque quotidienne depuis la parution de son dernier livre, M. Finkielkraut clame sur tous les médias que j'aurais affirmé qu'il n'y a pas de civils innocents à Gaza en me citant nommément et va jusqu'à reprendre cette accusation mensongère dans son dernier livre, en m’attribuant de manière calomnieuse la phrase : "Tapez dans le tas ce sera toujours dans le mille". Je tiens à m'élever publiquement contre le procédé malhonnête consistant à caricaturer mon propos, pour mieux asseoir son argumentation. J'ajoute qu'il a utilisé le même procédé malhonnête à l'encontre du rabbin Oury Cherki de Jérusalem, lequel a usé de son droit de réponse sur la chaîne Mosaïque.

 

P.L.

 

 

 

[1] Voir encadré ci-dessous.

 

De la fascination pour le christianisme à la honte d’Israël : Le naufrage d’Alain Finkielkraut

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Pétition : « Nous sommes fiers d’Israël ! » + Lettre ouverte à Alain Finkielkraut qui a “honte d’Israël”

January 27 2026, 09:27am

Posted by Pierre Lurçat

Pétition : « Nous sommes fiers d’Israël ! » + Lettre ouverte à Alain Finkielkraut qui a “honte d’Israël”

SIGNEZ LA PETITION ICI

https://c.org/B5xjKXMhKx

 

Les soussignés expriment haut et fort leur soutien indéfectible à l’Etat et au peuple d’Israël, à son gouvernement et à son armée. Ils déclarent être fiers d’Israël et rejettent les accusations infondées propagées par Alain Finkielkraut à l’encontre d’Israël, de Tsahal et des valeureux habitants de Judée-Samarie. Am Israël Haï !

 

 

Monsieur Finkielkraut,

 

Depuis la parution de votre dernier livre (Le cœur lourd), dont vous faites actuellement la promotion dans les médias français, vous criez sur tous les toits avoir “honte d’Israël”... En vous écoutant proclamer urbi et orbi votre honte d'Israël, j’ai repensé au livre écrit il y a un siècle déjà par le philosophe juif allemand Theodor Lessing. Analysant les cas d'intellectuels et d'hommes de lettres de son époque, Juifs assimilés qui avaient comme vous "honte" de leur peuple, Lessing avait forgé le concept toujours pertinent de "Jüdischer Selbsthass" – la fameuse haine de soi juive.

 

Bien entendu, à vous voir pérorer sur les plateaux de télévision et dans les émissions de radio à grande écoute, on n'a pas l'impression que vous soyez atteint de “haine de soi”... Vous paraissez au contraire vous aimer, et même vous aimer beaucoup, même si c'est avec le "cœur lourd"... Mais ce qui vous fait honte et vous accable, c'est comme vous le dites incessamment, ce que fait Israël. Vous n’hésitez pas à parler de “cruauté” israélienne (sic) et dénoncez inlassablement les “répugnants fanatiques” au sein du gouvernement de Binyamin Nétanyahou, que vous accusez de “mener une guerre atroce” (sic).

 

Juif assimilé, fier de vos accomplissements et de votre statut d'intellectuel médiatique et d'académicien, vous avez “honte” d'Israël, de son gouvernement et de sa politique, qui viennent perturber votre existence et troubler votre quiétude parisienne. Lorsqu'un antisémite vous insulte en marge d'une manifestation, vous êtes évidemment affecté et vous vous défendez et contre-attaquez, mais lorsqu’Israël se défend, c'est Israël qui vous fait honte ! Voilà bien le paradoxe du Juif assimilé, confronté à la haine d'Israël décuplée depuis le 7-octobre.

 

Au lieu de faire corps avec le peuple d'Israël attaqué de toutes parts et d'afficher une solidarité sans faille avec Israël, son gouvernement et son armée, vous choisissez délibérément d'accuser le gouvernement israélien et les "colons" de Judée Samarie, que vous transformez ce faisant en boucs émissaires. Comme le rappelait récemment le rabbin Oury Cherki, vous n'avez pas hésité à prendre pour argent comptant la calomnie moyenâgeuse selon laquelle les "colons" israéliens en Judée-Samarie empoisonneraient les puits des "Palestiniens", vieille accusation antisémite remise au goût du jour par la propagande palestinienne.

 

En prétendant instaurer une distinction artificielle entre deux Israël, entre un Israël "coupable" et un Israël "innocent", tous deux largement fantasmés, vous désignez à la vindicte le "mauvais Israël", duquel vous croyez vous dissocier. Croyant échapper à la haine antisémite en vous mettant à part comme le "bon Juif", innocent des soi-disant “crimes” d'Israël (de son armée ou de ses "colons"), vous ignorez ce faisant une loi d'airain de l'histoire juive. Car la distinction largement arbitraire que vous prétendez faire entre “deux” Israël n'est qu'une vue de l'esprit et une dérisoire tentative d'échapper au destin juif.

 

Votre piètre tentative de sauver votre statut médiatique en dénonçant Israel est un geste de lâcheté et de défection, au moment où Israël a besoin du soutien de tous. Heureusement, l’immense majorité des Juifs de France ne sont pas représentés par vos propos, ils sont fiers d’Israël, de son armée et de son peuple. Si votre cœur intelligent a fait place à un cœur lourd, cher Alain Finkielkraut, c'est parce que D.ieu, comme pour Pharaon, vous l'a endurci et "alourdi"... Priez donc pour qu'il éclaire vos yeux, allège votre cœur et "remplace votre cœur de pierre par un cœur de chair".

P.Lurçat

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Comment défendre Israël et lutter contre l’antisémitisme globalisé à l’ère des réseaux sociaux?

July 5 2026, 10:29am

 

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RAPPEL - Mon blog a déménagé!

July 1 2026, 10:58am

Posted by Pierre Lurçat

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Les mythes fondateurs de l’antisionisme contemporain, Pierre Lurçat (nouvelle édition 2026), par H. Bakis

June 15 2026, 14:49pm

Posted by Henry Bakis

Les mythes fondateurs de l’antisionisme contemporain, Pierre Lurçat (nouvelle édition 2026), par H. Bakis

Il y a plus de vingt ans, Paul Giniewski avait montré dans un livre pionnier, que l’antisionisme contemporain n’est pas une critique politique ordinaire, mais la nouvelle forme de l’antisémitisme (dans Antisionisme, le nouvel antisémitisme, 2005). Après la Seconde Intifada, et Durban 2001, le discours anti-israélien se répandait en Europe. La deuxième édition de l’ouvrage de Pierre Lurçat nous parvient après les guerres de Gaza, la montée du BDS, l’explosion des discours antisionistes sur les réseaux sociaux, et surtout après le 7 octobre 2023 (Les mythes fondateurs de l'antisionisme contemporain, 2026). L’ouvrage se distingue par sa clarté pédagogique, son ancrage historique solide (vaste bibliographie, pp. 183-185), sa capacité à articuler analyse des discours et enjeux géopolitiques. Il éclaire les ressorts idéologiques et symboliques d’un discours devenu central dans les débats internationaux. En articulant histoire, analyse des discours et réflexion sociologique, Pierre Lurçat propose une grille de lecture précieuse pour comprendre les formes actuelles de délégitimation d’Israël.

 

L’ouvrage de Pierre Lurçat s’inscrit au croisement de l’histoire intellectuelle, de l’analyse des discours et de la sociologie politique. Il propose une lecture critique des récits antisionistes contemporains en les abordant comme des constructions idéologiques, souvent mythologiques, qui façonnent la perception d’Israël dans l’espace public mondial. L’auteur ne se contente pas de décrire ces récits : il en analyse les ressorts, les fonctions et les filiations historiques.

 

La question directrice du livre peut se formuler ainsi : l’antisionisme contemporain constitue-t-il une continuité (réactivation des mythes antijuifs anciens : déicide, complot, meurtre rituel, diabolisation), ou bien une configuration idéologique nouvelle, dotée de ses propres codes et objectifs (apparition de récits spécifiquement liés à l’existence d’un État juif souverain, devenu cible privilégiée d’une mythologie politique globalisée) ? Lurçat montre que les deux dynamiques coexistent.

 

L’auteur engage plusieurs niveaux d’analyse :

- historique – identification de continuités entre antijudaïsme, antisémitisme et antisionisme. Racines de l’antisionisme dans la propagande soviétique, les idéologies panarabes et islamistes, les chartes de l’OLP et du Hamas) ;

- idéologique - décodage des fonctions politiques de la propagande politique soviétique et arabe du XXᵉ siècle et des récits antisionistes dans les sociétés occidentales. L’antisionisme devient une idéologie autonome, qui se nourrit de stratégies politiques (guerre froide, nationalismes arabes, islamisme).

- discursive – analyse des mécanismes de construction, de diffusion et de légitimation des récits et leur diffusion :  simplification, inversion victimaire, diffusion médiatique et universitaire.

- symbolique et théologique – présence de motifs religieux, théologiques et mythologiques dans les représentations d’Israël ? Dimension quasi religieuse de certains discours antisionistes : « christification » du peuple palestinien, sacralisation de la Nakba, diabolisation d’Israël assimilé à un « mal absolu ».

 

Pierre Lurçat consacre un chapitre à chacun des mythes structurant l’antisionisme contemporain :

1.         Le mythe de la Nakba – présenté comme un récit fondateur, parfois déconnecté des faits historiques et instrumentalisé comme « péché originel » d’Israël.

2.         Le mythe du génocide palestinien – analysé comme une inversion victimaire réactivant les accusations de meurtre rituel ou de déicide.

3.         Le mythe de l’État d’apartheid – replacé dans le contexte des totalitarismes du XXᵉ siècle et des stratégies de délégitimation.

4.         Le mythe du Shoah Business – issu du négationnisme arabe et de la volonté de retourner la mémoire de la Shoah contre Israël.

5.         Le mythe du « peuple palestinien souffrant » – associé à une théologie de la substitution et à une occultation du peuple juif.

 

Chaque mythe est étudié dans sa genèse, ses variations, ses usages politiques et ses effets sur la perception d’Israël.

 

La postface de Pierre-André Taguieff (pp. 175-182) offre une mise en perspective essentielle. Elle rappelle les mythes antijuifs classiques (déicide, complot, meurtre rituel, nomadisme, usure, mensonge, racisme) qui constituent un réservoir symbolique dans lequel puise l’antisionisme. Elle souligner la dimension mythologique des récits antijuifs et antisionistes, imperméables à la réfutation rationnelle. 

 

Après que Georges Élias Sarfati a montré comment l’antisionisme occidental déforme le conflit israélo palestinien  , que Paul Giniewski en a identifié la fonction de “nouvel antisémitisme”  , que Léon Poliakov en a retracé la continuité historique avec les anciennes formes de la haine antijuive  , et que Pierre André Taguieff, en a analysé la radicalisation contemporaine sous la forme de l’islamo palestinisme ; Pierre Lurçat en propose aujourd’hui la cartographie contemporaine, en analysant les mythes qui le structurent, leurs mécanismes et leurs vecteurs de diffusion dans les sphères politiques, médiatiques, académiques et culturelles. Un ouvrage démystificateur. 

Henry Bakis

Géographe et sociologue. Professeur émérite, Université de Montpellier.

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Les 3 décennies de B. Nétanyahou au pouvoir et la métamorphose d’Israël : 1996-2026 : Un anniversaire lourd de sens

May 28 2026, 07:36am

Posted by Pierre Lurçat

Les 3 décennies de B. Nétanyahou au pouvoir et la métamorphose d’Israël : 1996-2026 : Un anniversaire lourd de sens

Israël marque cette semaine un anniversaire lourd de signification, celui des trente années au pouvoir (avec plusieurs interruptions) de Benjamin Netanyahou. L’évolution de la vision du monde et de la politique du dirigeant israélien qui a le plus marqué son pays depuis l’époque de David Ben Gourion est à l’image de la métamorphose qu’a connue notre pays en trois décennies. A certains égards, c’est Netanyahou qui a lui-même été le moteur de cette métamorphose, qui le dépasse pourtant à d’autres égards.

Dans un article publié la semaine dernière dans le quotidien Israël Hayom, le journaliste Zvi Hauser distingue trois périodes dans la carrière de B. Netanyahou en tant que Premier ministre, ou même “trois Netanyahou”. Selon lui, Netanyahou présente “trois visages”, dont chacun possède “sa propre logique intérieure et même – de manière difficilement compréhensible – sa propre vision du monde, toutes trois différentes”. Pour comprendre cet apparent paradoxe, il faut le replacer dans l’histoire d’Israël durant les trois dernières décennies.

La première période est celle qui s’étend de 1996 à 2016, durant laquelle Netanyahou a axé sa politique, selon Hauser, sur le principe de prudence, voire sur une volonté d’immobilisme. Hauser donne plusieurs exemples concrets de l’application de ce principe, tant en matière de politique étrangère et de sécurité que de politique intérieure, notamment à l’égard du “pouvoir judiciaire”, que Netanyahou s’est abstenu d’affronter[1]. Durant la deuxième période, qui couvre les années 2016-2024, Netanyahou maintient dans une large mesure son immobilisme en matière de sécurité et de défense, tout en abandonnant celui-ci en matière intérieure, pour s’opposer ouvertement au “pouvoir judiciaire”.

Sans partager entièrement cette analyse, je considère qu’elle permet de comprendre un des grands paradoxes de la politique sécuritaire de Netanyahou : son combat de toute une vie contre la menace d’un Iran nucléaire, et son aveuglement concomitant à l’égard du Hamas à Gaza.

La troisième période, celle qui commence après le 7-octobre 2023, est la plus fascinante, tant pour la compréhension de la figure de Netanyahou que pour celle de la métamorphose qu’a subie Israël depuis le pogrome sanglant commis par le Hamas et la guerre menée par Israël sur sept fronts depuis cette date. A de nombreux égards, la “guerre de renaissance” (mil’hemet ha-tequma) que traverse Israël depuis trois ans est également une renaissance personnelle pour le dirigeant le plus honni et le plus décrié de l’histoire moderne d’Israël.

De l’immobilisme à la guerre

Cette période très éprouvante pour Israël est en effet pour Netanyahou la plus difficile, mais aussi la plus gratifiante de sa longue carrière politique. Pour la première fois en effet, il a pu employer ses talents multiples et donner toute la mesure de ses capacités exceptionnelles, tant sur le plan des relations internationales que sur celui de la gestion de la guerre elle-même. C’est comme si l’après 7-octobre avait servi de révélateur pour Netanyahou, qui s’est soudain transformé, par la force des évènements, en un véritable chef de guerre, dont personne n’avait soupçonné auparavant la capacité à diriger Israël dans la guerre la plus longue et la plus difficile depuis 1948. (Un article de Gideon Levi avait un jour fait l’éloge de Nétanyahou dans Ha’aretz (!), comme étant le Premier ministre le plus soucieux d’épargner la vie des soldats israéliens).

Celui à qui beaucoup – tant parmi ses partisans que ses opposants – reprochaient son immobilisme, s’est ainsi transformé en un dirigeant qui a montré une incroyable capacité de décision en temps de crise et a dans le même temps élevé Israël au rang de partenaire stratégique de premier plan pour les Etats-Unis et de puissance régionale incontournable, capable de remodeler la région tout entière. Cette métamorphose d’Israël est sans doute, quelles que soient l’évolution de la guerre et son issue, que nul ne peut prévoir aujourd’hui, un processus irréversible.

Israël a en effet montré au monde entier depuis trois ans une incroyable résilience et une cohésion sociale retrouvée, sans équivalent dans le monde occidental. Il a aussi démontré qu’il était capable de mener une guerre longue et qu’il n’avait pas peur de la guerre. C’est sans doute la victoire la plus importante, qui est déjà acquise : celle qu’Israël et Netanyahou ont remportée contre eux-mêmes. Netanyahou a surmonté ses propres carences et son manque de ‘émounah’, devenant le “Churchill d’Israël”, tandis qu’Israël tout entier a refermé définitivement la parenthèse post-sioniste, pour devenir littéralement “Am kalavi“, le lion évoqué par la Bible.

Pierre Lurçat

NB Je donnerai une conférence dimanche 31 mai à 19h30 dans le cadre de la Midreshet Yehouda Manitou, sur le thème : “AM KALAVI : La métamorphose du peuple d’Israël après le 7-Octobre”.

Chez Brigitte et Alex Bliah à Jérusalem. - Inscription obligatoire au 050-22 40 661

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J’invite mes lecteurs à découvrir mon nouveau blog et à souscrire un abonnement payant. Les 100 premiers abonnés payants recevront en cadeau de bienvenue mon dernier livre paru, Jusqu’à la victoire ! La plus longue guerre d’Israël et un autre de mes livres précédents de leur choix. Abonnez-vous en utilisant le mot de passe : « cadeau ». Substack Home - Le Substack de Pierre


[1] Sur la notion de “pouvoir judiciaire” en Israël, je renvoie à mon livre Quelle démocratie pour Israël ?

Les 3 décennies de B. Nétanyahou au pouvoir et la métamorphose d’Israël : 1996-2026 : Un anniversaire lourd de sens

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Taisez-vous Monsieur Finkielkraut !

May 13 2026, 15:55pm

Posted by Pierre Lurçat

Taisez-vous Monsieur Finkielkraut !

En vous regardant dimanche soir dans l'émission “En société” sur TV5, aux côtés du militant antisioniste Vincent Lemire, qui jubilait de vous entendre clamer urbi et orbi votre détestation du gouvernement israélien et des "colons", j'ai ressenti comme beaucoup un sentiment désagréable. Il y avait quelque chose d’obscène à vous voir abonder dans le sens de votre voisin de plateau, et à entendre votre rengaine éculée sur les "répugnants fanatiques" et sur vos têtes de turc au sein du gouvernement d'Israël.

 

Cela fait des mois et des années que j’essaie de comprendre comment vous en êtes arrivé là, en tentant de faire la part de votre ignorance abyssale de tout ce qui a trait au judaïsme et à Israël, et des influences néfastes auxquelles vous êtes soumis. J'ai parfois tenté de vous trouver des circonstances atténuantes, pour sauver le peu d'empathie que je gardais, comme bien des membres de notre peuple, pour l'écrivain que vous avez été jadis. Mais il faut bien se rendre à l'évidence : vous n'avez plus aucune excuse, pas même celle de l'ignorance…

 

J'ai le cœur lourd de constater que l'auteur de La réprobation d'Israël a rejoint le camp des contempteurs de notre petit-grand pays, au lendemain du plus grand pogrom depuis la Shoah. Votre défection est le signe d'une démission intellectuelle et morale. Vos attaques incessantes contre le gouvernement d'Israël, contre les "fanatiques répugnants" dont vous dressez la liste (une liste de Juifs !) sous l'œil attendri de Vincent Lemire et vos calomnies contre l'armée d'Israël (dont vous fustigez "la guerre atroce") vous ont valu la sympathie de vos adversaires politiques en France et l'adulation des médias, de France TV à Cnews et de France Culture au Monde…

 

Cette unanimité dans la louange aurait dû allumer en vous un signal d'alarme, si vous n'étiez pas revenu totalement imperméable à la critique (et à l'auto-critique) et dépendant de cette adulation permanente. Oui, vous êtes, philosophe médiatique (bel oxymore) devenu celui qui vit de l'éclat éphémère des projecteurs sur les plateaux de télé, au lieu de vous retrancher dans votre quant à soi, comme il convient à votre profession et à votre âge.

 

Il faut lire le récit du photographe de Vanity Fair, magazine people qui vous consacre un portrait, pour comprendre combien vous êtes devenus l'esclave des médias. ..."Les jambes sur le canapé !" vous enjoint le photographe, et vous obtempérez sans mot dire, comme un mannequin docile ! Pendant que le peuple d'Israël combat sur Sept fronts et que la fleur de notre jeunesse paie le prix du sang pour garantir la survie de l'État juif, vous prenez la pose dans Vanity Fair (vanité des vanités !) et dénoncez les "crimes" d'Israël sur TV5! N'avez-vous point de honte ?

Si j'avais encore le moindre espoir de vous ramener à la raison, je tenterais de vous expliquer le tort que vous causez par vos critiques et vos mensonges à l’encontre de notre gouvernement, de nos valeureux pionniers en Judée-Samarie et de nos soldats. Mais comme vous êtes devenu inaccessible à tout débat raisonné, fermé comme une huître perlière et enfermé dans le piège narcissique que vous ont tendu les médias, je vous dirai simplement ces mots : Taisez-vous, Monsieur Finkielkraut !

Pierre Lurçat

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PROCHAINE SESSION DE PREPARATION A L'EXAMEN D'AGENT IMMOBILIER ISRAELIEN

May 6 2026, 09:46am

Posted by Pierre Lurçat

PROCHAINE SESSION DE PREPARATION A L'EXAMEN D'AGENT IMMOBILIER ISRAELIEN
La prochaine session de formation à l'examen d'agent immobilier, 
 se déroulera entre le 7 mai et le 14 juin 2026. 
L'examen est prévu pour avoir lieu le 16 juillet 2026. 
Le prix de la formation est de 5250 NIS TTC, incluant :
- 36 heures de formation à distance et en présentiel (à Jérusalem).
matériel de formation, incluant les lois traduites en français 
suivi personnalisé jusqu'à l'examen (entraînement sur des annales)
Je suis à votre disposition pour tout complément d'information concernant la formation, l'inscription et les modalités de  règlement, ainsi que la profession d'agent immobilier.

 

Cordialement

Pierre Lurçat

PIL FORMATION

050 286 51 43

pierre.lurcat@gmail.com

PROCHAINE SESSION DE PREPARATION A L'EXAMEN D'AGENT IMMOBILIER ISRAELIEN

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Le Salon du livre de Tsuba: un événement culturel incontournable

May 4 2026, 07:57am

Posted by Pierre Lurçat

Le Salon du livre de Tsuba: un événement culturel incontournable

Le 10 mai 2026, un Salon du livre francophone se tiendra au kibboutz Tzuba, près de Jérusalem. INSCRIPTION: https://forms.gle/UEqE5yLYKzVXzTFq8

 

En Israël, la langue française continue de vivre à travers une communauté francophone attachée aux livres, à la culture et aux échanges. Le 10 mai 2026, un Salon du livre francophone se tiendra au kibboutz Tzuba, près de Jérusalem, à l’initiative de Lire à Jérusalem et Au fil d’Ariane. L’événement réunira des auteurs francophones, dont certains installés en France, venus présenter leurs ouvrages à la communauté francophone d’Israël.

Au-delà des rencontres, ventes et dédicaces, ce rendez-vous met en lumière une réalité plus large : la francophonie israélienne reste attachée à une culture du livre, de la transmission et de l’échange. Auteurs, lecteurs, livres d’occasion, dons d’ouvrages sélectionnés, exposition et vente d’œuvres d’artistes : le programme traduit la volonté de créer un espace culturel vivant, sans se limiter à une simple vente de livres.

Dans un contexte où l’actualité israélienne est largement dominée par les questions sécuritaires et politiques, ce type d’initiative rappelle aussi l’importance des lieux de respiration culturelle. Le livre devient ici plus qu’un objet : un moyen de rassembler, de faire circuler des idées et de maintenir un lien vivant entre la culture francophone et ceux qui la font vivre en Israël.

J'aurai le plaisir d'y présenter mes livres, et notamment ma dernière parution: Jusqu'à la victoire! La plus longue guerre d'Israël, Chroniques 2023-2025.

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Un livre lumineux et essentiel  pour comprendre ce qui se passe en Israël comme en France.

Christine Tassin, Résistance républicaine

 

Avec ses chroniques et avec ce livre, Pierre Lurçat a véritablement cherché à « penser l’événement » : face à la réalité nouvelle du 7 octobre, mettre en question plusieurs notions héritées qui en entravent la compréhension et empêchent d’y faire face, mettre en place un nouvel appareil intellectuel et spirituel.

                                                  Jacques Dewitte

 

Une lecture passionnante, qui tient à la fois du journal intime et de la philosophie politique.

Daniel Horowitz

 

Le Salon du livre de Tsuba: un événement culturel incontournable

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