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guerre de gaza

De la fascination pour le christianisme à la honte d’Israël : Le naufrage d’Alain Finkielkraut

February 15 2026, 18:50pm

Posted by Pierre Lurçat

De la fascination pour le christianisme à la honte d’Israël : Le naufrage d’Alain Finkielkraut

 

Le positionnement d'Alain Finkielkraut envers Israël depuis le 7-octobre ne laisse pas de susciter l'incompréhension et l'indignation de la communauté juive et des amis d'Israël. Voilà un intellectuel français d'origine juive, qui a souvent pris dans le passé des positions courageuses contre l'antisémitisme et l'antisionisme (notamment dans les rangs de l'extrême gauche française) et qui clame aujourd’hui publiquement sa détestation du gouvernement israélien, allant jusqu'à proclamer ces dernières semaines avoir "honte d'Israël !". Analyse.

 

De manière paradoxale et scandaleuse, Alain Finkielkraut – figure reconnue de l'intelligentsia française – assume des positions proches de l'extrême gauche en Israël, tout en défendant des opinions conservatrices (souvent qualifiées de "réactionnaires") en France. En bref, il s'agit comme l’a relevé un site internet, d'un "vieux Réac" qui se donne le luxe d'être de gauche en Israël… Ayant consacré de nombreux articles aux errements de Finkielkraut et ayant débattu avec lui il y a six mois au micro d'Antoine Mercier, je voudrais ici aborder ce sujet sous un angle nouveau, celui du "tropisme" chrétien (ou christianisant) d'Alain Finkielkraut.

 

Une ignorance abyssale du judaïsme

 

D'autres que moi l'ont relevé, le dernier en date étant le journaliste Nicolas Birnbaum, qui parle dans Le Monde des livres de son "faible pour le christianisme’’. Mais laissons parler l'intéressé lui-même. En 2022 déjà, Alain Finkielkraut, qui se présente comme un "Juif athée", expression en soi problématique, se disait "fasciné par la proposition chrétienne" et par "le fait que le Christ a dit sur la Croix, 'mon Dieu mon Dieu pourquoi m'as-tu abandonné?" A l'époque j'avais raillé l'ignorance du philosophe, qui attribuait au génie du christianisme des paroles tirées des Psaumes du Roi David. Dans une lettre ouverte, je dénonçais l'étendue insondable de l'assimilation juive en France et son corollaire, l'ignorance.

 

Mais ce qui m'est apparu en lisant le dernier livre d'Alain Finkielkraut, c'est le lien étroit entre cette ignorance abyssale du judaïsme et ses positions concernant Israël. L'admiration de Finkielkraut pour la Pietà de Michel-Ange, pour le cardinal Lustiger et pour les "descentes de Croix" n'est pas anodine. On ne peut impunément être Juif en France, ignorer tout ou presque de la Tradition juive, tout en défendant une vision "enracinée" de la culture française et se permettre de critiquer la "guerre atroce" que mènerait soi-disant Israël à Gaza…

 

Un intellectuel juif fasciné par la Vierge Marie

 

L'étrange compassion de Finkielkraut pour les "civils innocents de Gaza" et son refus persistant d'entendre les témoignages des otages revenus de Gaza sur ce sujet se comprennent beaucoup mieux à la lecture des pages scandaleuses de son livre (pour un lecteur juif), dans lesquelles il évoque avec pathos les paroles bouleversantes du Christ ou "l’inconsolable Vierge Marie"... J’ajoute que plusieurs Juifs érudits se sont évertués à inculquer à Finkielkraut des notions de judaïsme, comme Benny Lévy, ou comme un ancien grand-rabbin de France. Mais leurs efforts furent vains.

 

En mai 2025, j'analysais la campagne de propagande du Hamas sur le thème des "enfants affamés de Gaza" comme une "nouvelle Passion" renvoyant à la Passion du Christ tout téléspectateur de culture chrétienne. Je comprends aujourd'hui que la propagande du Hamas touche un public encore plus large que le public occidental chrétien ou postchrétien. Elle fait également mouche dans l'esprit et le cœur alourdi d'un philosophe d'origine juive, ignorant tout de la tradition d'Israël.

 

J’ajoute qu’Alain Finkielkraut caricature le judaïsme de Benny Levy tout comme il caricature les propos du rabbin Oury Cherki ou les miens concernant Israël…[1]  Et il ne s'agit pas là d'un simple défaut rhétorique dû à l'ardeur de la polémique, mais d’une véritable forme de malhonnêteté intellectuelle, devenue une seconde habitude chez l’intellectuel médiatique, habitué des plateaux de télévision.

 

Alain Finkielkraut a fait sienne la vision chrétienne d'Israël dans ce qu'elle a de plus réducteur et de plus déformant, notamment lorsqu’il dénonce le "messianisme" de certains ministres ou lorsqu’il se dit "sali" par la politique israélienne. Sa polémique contre l’Etat d’Israël, son gouvernement et son armée (accusée de mener une "guerre atroce"... sic !) n'est pas, comme il le prétend, un débat judéo-juif. Car sa vision caricaturale des "deux Israël" – d'un Israël entièrement innocent et d'un autre entièrement coupable – est fondamentalement "unjewish" (pour citer un adjectif qu'il aime utiliser). Oui, Finkielkraut est devenu (ou est resté) un intellectuel français ignorant du judaïsme, qui porte sur Israël le regard simplificateur et déformant de la polémique chrétienne.

Pierre Lurçat

NB Continuez de signer et faire signer la pétition : « Nous sommes fiers d’Israël ! »
 

 

Comment A. Finkielkraut déforme mes propos sur Israël, et ceux des autres…

 

Lors d'un débat sur la chaîne Mosaïque, je me suis opposé à Alain Finkielkraut sur la question des témoignages des otages revenus de Gaza, concernant la présence de "civils innocents" à Gaza. Mon propos consistait à prendre au sérieux les témoignages unanimes des survivants, affirmant ne pas avoir rencontré la moindre trace d'humanité à Gaza, et avoir été protégés par leurs geôliers du Hamas contre la foule gazaouie qui voulait les lyncher. Le sens de mon propos était donc de dire que nos otages n’ont pas rencontré un seul Juste à Gaza… De son côté, Alain Finkielkraut s'est dit scandalisé par le témoignage de l’ex-otage Mia Shem, qualifiant ses propos d'extrémistes et les comparant à ceux de Houra Bouteldja affirmant que tous les Israéliens sont coupables.

 

Depuis lors, de manière répétée et presque quotidienne depuis la parution de son dernier livre, M. Finkielkraut clame sur tous les médias que j'aurais affirmé qu'il n'y a pas de civils innocents à Gaza en me citant nommément et va jusqu'à reprendre cette accusation mensongère dans son dernier livre, en m’attribuant de manière calomnieuse la phrase : "Tapez dans le tas ce sera toujours dans le mille". Je tiens à m'élever publiquement contre le procédé malhonnête consistant à caricaturer mon propos, pour mieux asseoir son argumentation. J'ajoute qu'il a utilisé le même procédé malhonnête à l'encontre du rabbin Oury Cherki de Jérusalem, lequel a usé de son droit de réponse sur la chaîne Mosaïque.

 

P.L.

 

 

 

[1] Voir encadré ci-dessous.

 

De la fascination pour le christianisme à la honte d’Israël : Le naufrage d’Alain Finkielkraut

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PARUTION DU LIVRE : “JUSQU’A LA VICTOIRE!” La plus longue guerre d’Israël - Chroniques 2023-2025

October 6 2025, 09:11am

Posted by Pierre Lurçat

PARUTION DU LIVRE : “JUSQU’A LA VICTOIRE!” La plus longue guerre d’Israël - Chroniques 2023-2025
Chers amis, 
 
J'ai le plaisir de vous annoncer la parution de mon nouveau livre,
 
Hag Saméakh!
 
 
 

Avec ses chroniques et avec ce livre, Pierre Lurçat a véritablement cherché à « penser l’événement » : face à la réalité nouvelle du 7 octobre, mettre en question plusieurs notions héritées qui en entravent la compréhension et empêchent d’y faire face, mettre en place un nouvel appareil intellectuel et spirituel” 

Jacques Dewitte


La plus juste des guerres imposées à Israël par ses ennemis est aussi la plus longue et la plus difficile. Ces chroniques, parues entre octobre 2023 et septembre 2025, tentent de refléter aussi fidèlement que possible l'état d'esprit et l'opinion publique d'Israël, tant dans ses divisions que dans l'unité fondamentale de l'après 7-Octobre. Elles n'éludent aucune question: ni celle des responsabilités du terrible échec du 7-Octobre, ni celle de la folie auto-accusatrice du camp "Tout sauf Bibi", qui sape les fondements de l'unité nationale retrouvée dans le sang et les larmes. Mais elles expriment surtout l'optimisme et la vitalité incroyables d'une société qui sait pourquoi elle combat et qui est prête à payer le prix de sa survie et de sa victoire nécessaire. Cette combativité que bien des pays occidentaux lui envient est le secret de sa résilience. 

 

Préface de Jacques Dewitte.


Disponible sur Amazon et bientôt dans toutes les bonnes librairies!
 

_____________________________________________________________________________

 

Éditeur ‏ : ‎ L'éléphant/B.O.D

Date de publication ‏ : ‎ 3 octobre 2025

Langue ‏ : ‎ Français

Nombre de pages de l'édition imprimée  ‏ : ‎ 382 pages

ISBN-10 ‏ : ‎ 2322637564

ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2322637560

Poids de l'article ‏ : ‎ 649 g

Dimensions ‏ : ‎ 15.24 x 2.21 x 22.86 cm


 

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Face aux accusations de “génocide” - La trahison des clercs d’Israël : le cas David Grossman

August 3 2025, 19:03pm

Posted by Pierre Lurçat

Grossman recevant le prix international Man Booker en 2017

Grossman recevant le prix international Man Booker en 2017

 

La pitié, lorsqu’elle devient principe politique, ne se tourne plus vers les causes mais vers l’image immédiate de la souffrance. Elle sacrifie la justice au spectacle de la misère.

 

Hannah Arendt[1]

 

            Comment défendre Israël contre les accusations de “génocide” à Gaza, lorsque certaines voix juives, parmi les plus écoutées dans les médias internationaux reprennent à leur compte ces accusations calomnieuses ? Cette question s’est posée une première fois il y a quelques semaines, lorsque la femme-rabbin Delphine Horvilleur a accusé, avec une poignée d’autres intellectuels juifs français, Israël d’affamer les enfants de Gaza. A l’époque, j’avais dénoncé dans une lettre ouverte publiée sous forme de pétition, cette calomnie incendiaire, en affirmant qu’elle ne manquerait pas d’allumer de nouveaux incendies.

 

            Aujourd’hui, c’est l’écrivain de renommée internationale David Grossman qui joint sa voix aux calomniateurs, en accusant Israël de commettre un “génocide” à Gaza… “J’ai refusé pendant des années d’utiliser ce terme : “génocide”. Mais maintenant je ne peux pas m’empêcher de l’utiliser, après ce que j’ai lu dans les journaux, après les images que j’ai vues et après avoir parlé avec des personnes qui y ont été », explique Grossman dans le quotidien italien La Republicca.

 

            Ces accusations mensongères revêtent une gravité d’autant plus grande qu’elles apportent la caution intellectuelle et morale de l’écrivain - considéré comme une des voix les plus importantes du monde des lettres d’Israël - à la campagne de désinformation et de propagande du Hamas, qui fait actuellement des ravages dans les médias du monde entier. L’attitude de Grossman relève de la plus totale irresponsabilité et de la trahison intellectuelle envers son peuple, son Etat et son armée[2]. Pour justifier son accusation calomnieuse, Grossman n’a pas trouvé d’autre argument que d’invoquer “les images que j’ai vues” et les témoignages “des personnes qui y ont été” (sic). Ce faisant, il cautionne la pire accusation portée contre le peuple Juif depuis la Shoah, sur la base de témoignages douteux et d’images par définition trompeuses. Son attitude participe ainsi de cette “politique de l’émotion” que j”ai analysée au sujet d’Emmanuel Macron et de Delphine Horvilleur.

 

Les propos stupéfiants et scandaleux de Grossman illustrent un phénomène que j’ai analysé depuis longtemps et auquel j’ai consacré un livre paru en 2016 sous le titre La trahison des clercs d’Israël. Un chapitre de ce livre était justement consacré à David Grossman. J’y rappelais notamment que celui-ci s’était prononcé publiquement contre une attaque israélienne contre les installations nucléaires de l’Iran (en 2011) en accusant le Premier ministre israélien (qui était déjà B. Nétanyahou) d’employer une “rhétorique apocalyptique” pour justifier son projet d’attaque contre l’Iran et de “sacrifier des civils iraniens innocents”.

 

Le plus scandaleux dans ces propos de Grossman était leur concomitance avec des déclarations presque similaires de l’écrivain allemand Günther Grass, accusant Israël de “menacer la paix mondiale” et de vouloir “l’éradication du peuple iranien”. A l’époque, les propos de Grass avaient fait scandale, notamment en raison du fait que celui-ci avait publiquement révélé, quelques années plus tôt, son appartenance aux Waffen-SS dans sa jeunesse. Mais les propos similaires de Grossman avaient bénéficié, eux, d’une totale indulgence. Souhaitons que ses propos actuels, accusant Israël de génocide, ne bénéficient pas de la même indulgence et qu’ils soient dénoncés le plus largement possible, comme une véritable trahison intellectuelle.

Pierre Lurçat

 


[1]  De la Révolution, 1963. Cité par Charles Rojzman, La Pitié et le Sang : Gaza - Tribune Juive

[2] Rappelons que son fils Oury a donné sa vie pour Israël, lors de la Deuxième Guerre du Liban en 2006

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Face aux accusations de génocide : ces Israéliens qui “traquent le nazi dans le Juif”

July 18 2025, 08:47am

Posted by Pierre Lurçat

Face aux accusations de génocide : ces Israéliens qui “traquent le nazi dans le Juif”

 

Le BESA Center de l’université de Tel-Aviv vient de publier un rapport circonstancié, écrit par une équipe pluridisciplinaire de quatre chercheurs, pour réfuter les accusations de génocide portées contre Israël. Ce rapport, qu’on peut consulter ici, réfute point par point les arguments des ennemis d’Israël, qui prétendent sans vergogne que la juste guerre menée par Israël à Gaza serait une entreprise “génocidaire” et comparent l’Etat juif, son armée et ses dirigeants aux nazis.

 

Comme le révélait hier soir la 14e chaîne télévisée israélienne, ce rapport important du BESA a été accueilli plutôt froidement par plusieurs universitaires israéliens, qui l’ont accusé d’être biaisé politiquement et de faire le jeu du gouvernement ! Oui, vous avez bien lu… Des universitaires israéliens dénoncent un rapport visant à blanchir leur pays de l’accusation de génocide, car ils craignent que ce rapport ne disculpe le gouvernement israélien aux yeux de l’opinion internationale !

 

Cette information pourrait prêter à sourire, si elle ne révélait un phénomène que j’ai déjà abordé souvent dans ces colonnes : celui de la “reductio ad hitlerum” pratiquée par la gauche israélienne contre ses adversaires politiques. La “reductio ad hitlerum” (procédé consistant à accuser ses adversaires idéologiques d’être l’égal des nazis) est ainsi largement une invention juive, tout comme la “Cancel culture” qui en est une forme dérivée.

 

Comme je l’écrivais ici en avril 2024, la reductio a hitlerum, dont sont aujourd’hui victimes Israël et ses défenseurs sur la scène publique internationale, est dans une large mesure une invention de cette gauche juive – sioniste et non sioniste – qui n’a reculé devant aucun procédé, recourant au mensonge et à la calomnie pour “annuler” ses adversaires.  Ils ont “annulé” Jabotinsky et Begin, réécrit l'histoire du mouvement sioniste pour effacer la part de ceux qui ne pensaient pas comme eux – sionistes révisionnistes, sionistes religieux, mizrahim ou ‘haredim – et aujourd'hui ils voudraient annuler Netanyahou et la volonté de la majorité des Israéliens…

 

Yves Mamou pointe également du doigt ce phénomène dans un récent article, mentionnant les noms de Delphine Horvilleur, d’Anne Sinclair, mais aussi d’Alain Finkielkraut avec lequel j’ai débattu la semaine dernière sur la chaine Mosaïque. Lors de ce débat, écrit Mamou, “Finkielkraut a tenté de traquer le nazi chez le Juif qui a osé dire qu’il « n’existe pas de civils innocents à Gaza ». Faut-il en conclure que « les Palestiniens ne sont pas des hommes comme nous, ne font pas partie de l’humanité » a rugi Alain Finkielkraut ?”

 

Je précise que mon intention, en affirmant qu'il n'y a pas de civil innocent à Gaza, n’était évidemment pas d’exclure les habitants de Gaza de l’humanité, mais plus simplement de souligner le fait évident qu’on attend toujours, presque deux ans après le 7 octobre, de trouver un seul “Juste” à Gaza qui nous donnerait une parcelle d’information sur les otages, ou qui s’élèverait publiquement contre les crimes du Hamas envers le peuple Juif.

 

Il est désolant de voir que ces intellectuels juifs et israéliens égarés confondent l’ennemi et l’adversaire et qu’ils donnent la priorité à leur combat idéologique contre le gouvernement d’Israël, quitte à laisser entendre que les accusations de crime de guerre - ou même, pour certains d’entre deux, de génocide - seraient autre chose qu’une calomnie et qu’une entreprise de propagande du Hamas, complaisamment relayée par ses alliés en Occident. Shabbat shalom!

Pierre Lurçat

 

NB J’invite mes lecteurs qui ne l’ont pas encore fait à signer la pétition contre l’accusation de génocide à Gaza lancée par l’historien Isaac Attia (lien QR code ci-dessous)

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“Lé-zarbeb ète- Azza”: L'hébreu, miroir de la vitalité et de l'optimisme du peuple d'Israël

June 10 2025, 07:54am

Posted by Pierre Lurçat

Abraham Zerbib, juge rabbinique dans la vie civile et conducteur de bulldozer

Abraham Zerbib, juge rabbinique dans la vie civile et conducteur de bulldozer

 

Après plus de 600 jours de guerre, Israël fait preuve d'une vitalité et d'une capacité de résilience impressionnantes. A ceux qui en douteraient, on donnera pour exemple le boom de la construction immobilière dans tout le pays, ou encore l'incroyable baby-boom qui remplit les maternités depuis le 7 octobre 2023. Mais c'est d'une autre vitalité que nous allons parler ici, celle de la langue hébraïque et plus précisément de l'argot militaire.

 

Ce dernier a toujours été depuis 1948 un élément important du renouveau et de la créativité linguistique. Un exemple récent nous permet de comprendre comment l'hébreu vit et se renouvelle. “Lé zarbeb” (לזרבב) : ce nouveau mot désigne le fait d'aplanir le terrain, de le déblayer de tout obstacle pour permettre à nos soldats de progresser sans crainte en territoire ennemi.

 

Ce verbe a été inventé récemment, en référence au rabbin Abraham Zerbib, juge rabbinique dans la vie civile et conducteur de bulldozer au sein de Tsahal que nous avons évoqué dans ces colonnes il y a quelques mois.  Les “mezarbevim”, les conducteurs de bulldozers et autres véhicules lourds remplissent un rôle essentiel dans la guerre à Gaza. Ils sont en première ligne et s'exposent aux tirs meurtriers des terroristes du Hamas, comme l'a montré récemment le décès de David Libi H.y.d.

 

"Lé-zarbeb et Azza" = "Aplanir Gaza". Ce slogan signifie qu'après le 7 octobre et les pogromes commis par le Hamas et par ses supplétifs de la population gazaouie, il n'y a plus de place pour les slogans mensongers sur la "coexistence", ou sur les "bienfaits économiques pour favoriser le calme" à nos frontières. La seule manière pour Israël de survivre dans un environnement hostile est d'être un lion parmi les loups. Alors oui, "Lé -zarbeb et Azza!" Aplanissons Gaza pour ne pas que Gaza nous détruise ! Am Israël Hai !

 

P. Lurçat

 

SAVE THE DATE ! Je donnerai le jeudi 26 juin à Paris une conférence sur le thème "Israël après le 7 octobre, la victoire du sionisme", sous l’égide de l’OSM.

“Lé-zarbeb ète- Azza”:  L'hébreu, miroir de la vitalité et de l'optimisme du peuple d'Israël

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Dans la tête d’un lecteur d’Ha'aretz (II) : Compassion pour Gaza et détestation des Juifs, Pierre Lurçat

June 3 2025, 07:30am

Posted by Pierre Lurçat

Hananel Guez portant la dépouille de son bébé

Hananel Guez portant la dépouille de son bébé

Dans notre précédente chronique de la folie ordinaire du journal Ha’aretz, nous avons relaté comment le quotidien des élites israéliennes jouait avec l’accusation de génocide comme un enfant joue avec des allumettes, contribuant ainsi – tout comme les intellectuels juifs qui reprennent ce narratif – à allumer le brasier de la haine antijuive en Occident et partout dans le monde. Dans la chronique d’aujourd’hui, nous voudrions donner un autre exemple de cette folie ordinaire.

 

Israël tout entier a pleuré en voyant la photo terrible de Hananel Guez, mari de Tsala h.y.d, lâchement assassinée par un terroriste arabe il y a deux semaines, portant en terre le linceul minuscule abritant la dépouille mortelle de leur fils, qui est décédé après que les efforts prolongés pour le sauver aient finalement échoué. Israël tout entier ? Non… Une petite frange radicale du public israélien préfère apparemment verser ses larmes sur les “enfants de Gaza” et réserve toute sa compassion à nos ennemis et à leurs enfants.

 

Le quotidien Ha’aretz donnait vendredi un exemple particulièrement cruel et révoltant de cette attitude inhumaine, qui se pare des vertus de la “compassion” sélective dont sont tellement friands les “belles âmes” de la gauche israélienne et juive. Dans sa chronique télévision en dernière page du quotidien, Roguel Halper se livre à un exercice de déshumanisation du père et mari endeuillé Hananel Guez, exercice qui ne dépareillerait pas les pages du Stürmer nazi ou de ses équivalents du monde arabo-musulman contemporain.

 

Les diffusions télévisées des oraisons funèbres lors de l’enterrement des colons de Judée-Samarie, victimes du terrorisme ou de la guerre, sont devenus l’équivalent fondamentaliste juif des sermons incitant à la haine des imams radicaux dans les mosquées le vendredi. Sous couvert de deuil, est diffusée une théorie raciale de suprématie juive kahaniste et messianiste. L’oraison funèbre prononcée par Hananel Guez lors de l’enterrement de son fils, le bébé Ravid Haïm, décédé deux semaines après l’attentat qui a coûté la vie à sa mère Tsala près de l’implantation de Bruchin, a été entièrement diffusée sur la 14e chaîne…

 

Cette oraison parlait du rêve de chasser tous les Arabes et de renforcer la vision du monde messianiste. “Alors que faut-il faire ?”, a-t-il demandé de manière provocatrice. “C’est très simple. Nous devons réaliser le transfert. De tous”. Il a appelé “tous les Arabes” à “partir à Honolulu” ou “sur la lune”, en rappelant à Nétanyahou que Trump expulsait les émigrants illégaux. On pouvait penser que de son point de vue, les Palestiniens habitants de Judée-Samarie sont tous les émigrants illégaux, mais en réalité c’est encore pire. Selon lui, ce sont des “bêtes sauvages” qu’aucun autre pays n’accepterait sur son territoire”.

 

“Alors qu’il portrait en terre son bébé, Guez n’a eu aucune compassion pour les enfants, les pères et mères des autres peuples, des autres familles… Il a appelé à exécuter sans délai “tous ces assassins”. Dans le studio, la représentante de l’organisation fasciste (sic) “Réservistes – génération de la victoire” a expliqué qu’au lieu de s’occuper d’un terroriste isolé, il fallait s’occuper de tout son village, de sa culture, en bref, de “tous ces assassins”...

 

Cet article – qui est conforme à la vision du monde de la plupart des journalistes de Ha’aretz et d’une grande partie de son lectorat (heureusement en forte diminution depuis le 7 octobre) – montre que la compassion est toujours sélective. Ceux qui éprouvent de la compassion pour les habitants de Gaza, pour ces “civils innocents” qui ont participé aux pogromes du 7 octobre et qui continuent de soutenir le Hamas jusqu’à ce jour, n’ont aucune compassion pour les victimes juives du terrorisme arabe. Pire : ils les détestent ouvertement, comme le démontre cette chronique de la folie ordinaire.

 

Le Talmud avait énoncé il y a longtemps cette vérité éternelle : “Celui qui a pitié des méchants est cruel envers les Justes”. C’est le cas du journal Haaretz et de tous ceux qui, en Israël comme à Paris, prétendent verser des larmes sur les “enfants de Gaza” tout en vilipendant les pionniers de Judée-Samarie. Comme l’écrivait récemment le linguiste Jean Slamovicz au sujet de Delphine Horvilleur, “cette victimisation des agresseurs” procède d’un “narcissisme vertueux” et d’une “arrogance morale” qui contribue à “renforcer l’antisionisme”. On ne saurait mieux dire.

J’invite mes lecteurs à continuer de signer la lettre ouverte / pétition que j’ai adressée à D. Horvilleur à ce sujet, ici : https://chng.it/nKbYJ9zmFm

 

P. Lurçat

Dans la tête d’un lecteur d’Ha'aretz (II) :  Compassion pour Gaza et détestation des Juifs, Pierre Lurçat

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Les “Enfants affamés de Gaza”: Une nouvelle “Passion” au service de l’antisionisme radical et de la haine antijuive

May 26 2025, 07:45am

Posted by Pierre Lurçat

Les “Enfants affamés de Gaza”:  Une nouvelle “Passion” au service de l’antisionisme radical et de la haine antijuive

Il faut regarder les dizaines d’images publiées chaque jour dans les médias occidentaux. Le cadre varie parfois légèrement, l’angle peut dévier ou la composition s’écarter de la précédente, mais l’essentiel reste identique. Ce sont toujours ces images de visages d’enfants, de femmes à la bouche distordue, qui semblent littéralement “crier famine”. J’emploie à dessein le terme d’image et non celui de photographie, car il s’agit de toute évidence de mises en scène. Non pas au sens où la scène serait totalement inventée, mais à celui où les images diffusées par les médias “mettent en scène” la réalité qu’elles décrivent. Ce qui n’exclut pas que certaines scènes soient totalement créées pour les besoins de la cause (pour ceux qui en douteraient, qu’ils consultant les nombreuses enquêtes sur “Pallywood”, l’industrie de propagande palestienne créée depuis au moins quatre décennies pour diffamer Israël, son armée et son peuple).

 

Mais revenons à l’essentiel de ce que nous disent ces images. Ce qu’elles nous racontent, sans qu’aucun mot ajouté, aucun commentaire ou aucune légende ne soient nécessaires (car, comme l’expliquait la psychologue Liliane Lurçat, “L’image porte en elle sa propre crédibilité, sans que la référence à une quelconque réalité extérieure soit nécessaire”[1]), est un récit d’une extrême simplicité : “les Juifs affament les enfants”. Le récit mythique que portent ces images est ainsi celui d’une véritable nouvelle “Passion”, au sens d’un récit fondateur qui permet de susciter des émotions partagées par des millions de personnes et d’exciter des foules…

 

Si l’on poursuit la comparaison, cette “Passion” des enfants de Gaza est pour ainsi dire – tout comme la “Passion du Christ” fut le mythe fondateur de l’antisémitisme chrétien – le nouveau mythe fondateur du Nouvel Antisémitisme, qui s’inscrit dans la suite des mythes de Deir Yassin, Mohammed Al-Dura, Djénine, Sabra et Chatila, etc. Rappelons ce qu’écrivait l’historien de l’antisémitisme Pierre-André Taguieff au sujet du mythe Al-Dura, auquel il a consacré des développements éclairants dans son livre La Judéophobie des Modernes :Dans la construction du sionisme comme une entreprise génocidaire, les propagandistes font feu de tout bois…” Selon Taguieff, la transformation de Mohammed Al-Dura en “enfant-martyr” de l’armée israélienne s’est faite en référence et “par assimilation avec la légende du crime rituel juif[2].

 

Le mythe des “enfants affamés de Gaza” est ainsi un nouveau maillon dans la chaîne du mythe du “génocide du peuple palestinien”, que j’ai longuement analysé dans mon livre Les mythes fondateurs de l’antisionisme contemporain. Il est également relié à un autre mythe fondateur de l’antisionisme, celui du “peuple palestinien souffrant”. Ce n’est évidemment pas un hasard si le Hamas, qui est passé maître dans l’art de la propagande, recourt à des images qui renvoient immédiatement tout spectateur occidental à l’élément fondateur dans la conscience chrétienne qu’est la Passion du Christ. Comme l’explique le philosophe Charles Rozjman, “Le Hamas connaît son audience. Il sait que l’Occident aime les faibles, même quand les faibles sont des bourreaux”.

 

La force de ce nouveau récit antijuif – tout comme les précédents – est de réduire à la plus simple expression toute la complexité d’une situation de guerre dans laquelle le fauteur de guerre (le Hamas) considère ses propres victimes civiles comme autant de victoires contre Israël, qui s’efforce, lui, de diminuer autant que faire se peut le nombre de victimes civiles… Toute cette complexité est réduite à néant par la puissance de l’image, qui annihile toute réflexion critique, toute mise à distance et toute mise en perspective pour acculer le spectateur au sentiment le plus primaire et le plus immédiat… Comme le fait remarquer Pierre-André Taguieff, l’image est au cœur de la propagande du Hamas visant à criminaliser les Juifs.

 

            Dans ce contexte, lourde est la responsabilité de tous ceux qui non seulement ne dénoncent pas l’opération de propagande du Hamas, mais qui en reprennent la thématique, fut-ce en invoquant la “morale” ou le “devoir” de leur conscience… C’est évidemment le cas de ces anciens et actuels responsables politiques et militaires israéliens qui accusent leur propre pays de “crimes de guerre”. Mais c’est aussi celui d’intellectuels juifs de France qui ajoutent leur voix au choeur des calomniateurs, parfois en prétendant le faire “par amour d’Israël”... Ce faisant, ces intellectuels égarés participent eux aussi de la nouvelle croisade antijuive qui a lieu aujourd’hui, autour du mythe meurtrier des « enfants affamés de Gaza ».

Pierre Lurçat

NB Continuez de signer et faire signer la pétition-lettre ouverte que j’ai adressée à Delphine Horvilleur, ici : https://chng.it/nKbYJ9zmFm


[1] L. Lurçat, La manipulation des enfants par la télévision et l’ordinateur, F.X de Guibert 2008, p. 93.

[2] P.A. Taguieff, La judéophobie des Modernes, Odile Jacob 2008, p. 300.

Distribution de vivres à Gaza: une nouvelle Passion du Christ

Distribution de vivres à Gaza: une nouvelle Passion du Christ

L'Arrestation du Christ, de Matthias Storm

L'Arrestation du Christ, de Matthias Storm

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Le Rav Avraham Zerbib, juge rabbinique et combattant : “J’ai détruit cinquante immeubles par jour à Gaza”

January 30 2025, 11:50am

Posted by Pierre Lurçat

Le Rav Avraham Zerbib, juge rabbinique et combattant :  “J’ai détruit cinquante immeubles par jour à Gaza”

Le rabbin Avraham Zerbib incarne à lui seul la métamorphose du peuple Juif vivant en Israël au lendemain du 7 octobre. Jusqu’au 7 octobre, il était rabbin et dayan au tribunal rabbinique de Tel-Aviv. Le 8 octobre, sa vie a basculé, comme celle de très nombreux Israéliens, et il s’est transformé en soldat. Il a passé depuis lors la majeure partie de son temps à Gaza – laissant derrière lui femme et enfants, Kollel et son travail au Beth Din – pour devenir un soldat et un combattant.

 

Le trait le plus marquant de la personnalité du rav Avraham Zerbib, tel qu’il apparaît dans les nombreuses interviews qu’il a données depuis lors, est ce mélange d’humour et de modestie propre aux grands talmidé hakhamim (Sages de la Torah). Comme il l’expliquait avec un large sourire sur la chaîne 14, répondant à Yinon Magal, qui s’étonnait de voir un homme de la cinquantaine, rabbin qui plus est, en première ligne à Gaza, “je suis devenu un habitant de Khan Younès”.

 

Zerbib fait partie intégrante de la “Sayeret Givati” (unité d’élite du corps de fantassins Givati) depuis 30 ans. A ses yeux, il était donc naturel d’accompagner son unité sur le front. Habitant de Beth-El en Samarie, il avait l’habitude de commencer sa journée – avant le 7 octobre – par un bain de mer à Tel-Aviv, avant d’entamer sa journée de juge rabbinique. Mais au-delà de la forme physique, indispensable pour un combattant de tout âge, c’est son optimisme débordant qui frappe en l’écoutant.

 

C’est d’ailleurs cet optimisme qu’on retrouve chaque soir dans l’émission “Les patriotes” (et qui tranche avec le défaitisme des médias israéliens mainstream), qui explique le succès grandissant de la chaîne 14, vers laquelle le public israélien se tourne de plus en plus. Une interview récente du rabbin Zerbib sur la 14 a fait le “buzz” sur les médias et forums anti-israéliens du monde entier : on y voit le rabbin-combattant raconter son quotidien de soldat et de conducteur de bulldozer, en expliquant qu’il a détruit une cinquantaine de bâtiments tous les jours à Gaza.

 

Aux yeux du public algérien ou mélenchonien en France, de tels propos sont révoltants. C’est d’ailleurs le “scandale” que ces propos ont suscité chez les ennemis d’Israël qui a fait découvrir la figure charismatique du rabbin Zerbib aux grands médias israéliens, qui l’avaient ignoré jusque-là. A tous ceux qui ne l’ont pas encore entendu et vu, je recommande de chercher ses interviews sur le Net. Le rabbin Zerbib est l’incarnation du “Nouveau Juif” et de cette “race fière et cruelle” à laquelle aspirait Jabotinsky. Face à des ennemis assoiffés de sang juif, nous devons prendre exemple sur lui et sur tous ceux qui savent qu’il n’y a pas de “civils innocents” à Gaza. Hodesh tov !

P. Lurçat

Le "tribunal rabbinique" de Khan Younès

Le "tribunal rabbinique" de Khan Younès

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Comment définir la puissance militaire ? Entretien avec Michel Gurfinkiel

December 2 2024, 08:18am

Posted by Pierre Lurçat/Israël Magazine

Comment définir la puissance militaire ? Entretien avec Michel Gurfinkiel

Rédacteur en chef à Valeurs actuelles, fin observateur de l'actualité française, israélienne et internationale, Michel Gurfinkiel est aussi féru d'histoire militaire. Dans un entretien passionnant qui est paru dans la dernière livraison d'Israel Magazine, il m'a livré sa définition de la puissance militaire. Extraits:

Pierre Lurçat: On pourrait définir la force militaire d’un pays par sa capacité de reprendre le dessus après avoir essuyé un revers ?

Michel Gurfinkiel: Absolument. L’après 7 octobre est un retournement prodigieux sur le plan militaire ! Toutes les armées du monde observent avec fascination ce qu’Israël est en train de faire. Lorsque je discutais avant le 7 octobre avec les experts militaires, il y avait un débat très virulent sur les capacités militaires d’Israël.

I.M. Est-ce que la dissuasion israélienne a été restaurée depuis le 7 octobre ?

M.G. Très largement, mais il ne faut pas perdre de vue le fait que nous sommes un petit pays vulnérable. Pour que les Arabes ne soient pas tentés de nous attaquer, comme me l’avait expliqué jadis Youval Neeman, il faut faire une piqûre de rappel, en leur infligeant régulièrement une défaite militaire.

La puissance d’un pays, selon le général Eisenhower, se mesure par trois facteurs : la force militaire, l’économie et le moral. Si un seul manque, la puissance est affectée.

I.M. Que pensez-vous de la dépendance d’Israël sur le plan de l’armement ?

M.G. Aucune armée du monde occidental ne contrôle entièrement sa chaîne de production d’armement.

I.M. Face au Hamas, la supériorité technologique d’Israël s’est-elle avérée impuissante ?

M.G. On ne peut pas du tout dire ça. Aucun des concepteurs de la “barrière intelligente” ne pensait qu’elle pouvait à elle seule arrêter l’intrusion d’ennemis. Tous avaient lancé l’alerte avant le 7 octobre !

Comment expliquer que le même pays peut frapper à Téhéran et se faire prendre par surprise à la frontière de Gaza ? Je n’ai pas de réponse.

I.M. La réponse est peut-être dans l’élément moral dont parlait Eisenhower ?

M.G. Cela faisait 20 ans que le Hamas évoquait le scénario du 7 octobre ! Tout cela était accessible et publié dans les médias israéliens… D’où les théories du complot qui pullulent sur ce sujet.

Nous savons que l’armée en Israël est un “Etat dans l’Etat”, qui rend très peu de comptes. Le Premier ministre ne peut rien faire, sans faire confiance aux analyses qu’il reçoit de l’armée. Aujourd’hui tout le monde comprend que la responsabilité principale du 7 octobre se trouve au sein de l’armée. Pourtant, l’état-major actuel mène très bien la guerre actuelle.

I.M. Quel bilan dressez-vous d’un an de guerre ?

M.G. Le bilan est que nous avons anéanti le Hamas. La mort de Sinwar signifie que le Hamas en tant que structure est anéanti. Depuis un an, on s’aperçoit qu’Israël a de la ressource. Tsahal a été capable de repousser à 80 % toutes les attaques de missiles, y compris les attaques massives venues d’Iran. L’Iran a envoyé le 13 avril plus de missiles contre Israël que l’ensemble des pays européens n’en possèdent !

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Une étincelle d’hébreu: “Ha-Bsora”, la bonne nouvelle de la guerre à Gaza

September 13 2024, 10:42am

Posted by Pierre Lurçat

Une étincelle d’hébreu: “Ha-Bsora”, la bonne nouvelle de la guerre à Gaza

“Ha-Bsora”: la “bonne nouvelle”: c’est – selon des sources étrangères se fondant sur un site d’information israélien d’extrême gauche – le nom d’un outil d’intelligence artificielle destiné à “accroître le nombre de frappes à Gaza”. Mais avant de savoir s’il s’agit d’une bonne nouvelle, arrêtons-nous un instant sur le mot B’sora. Dans son beau livre Jonas, que j’ai récemment trouvé dans une bibliothèque de rue à Jérusalem, l’éditeur Jérôme Lindon qui était hébraïsant, fait justement remarquer que “traduire de l’hébreu en français est une entreprise désespérée…” Je m’en suis aperçu en lisant que l’outil d’IA utilisé par Tsahal aurait pour nom Ha-Bsora, qui signifierait L’Evangile!

 

Comme nous l’écrivions dans ces colonnes, le mot B’sora (בשורה) signifie un message ou une nouvelle, bonne ou mauvaise. Dans la plupart des cas, il désigne en fait une bonne nouvelle, au point que l'expression biblique "Ich B’sora" (איש בשורה) signifie un "bon messager", c'est-à-dire le porteur d'une bonne nouvelle, comme dans le passage du livre de Shmuel, où Ahimaats court apporter au roi la bonne nouvelle que l'Eternel l'a vengé de ses ennemis (II Samuel 18).

 

            L’information des médias français selon laquelle Israël utiliserait un outil d’IA dans la guerre à Gaza est donc erronée au moins sur un point : Ha-Bsora ne veut pas dire l’Evangile (cela aurait été une blague de mauvais goût envers nos amis chrétiens…). Son sens premier signifie la “bonne nouvelle”, sens qui a été détourné par les chrétiens pour désigner l’Evangile. Mais alors, quel rapport avec la guerre contre le Hamas ?

 

Pour répondre à cette question, je rappellerai le livre du regretté Mickaël Bar Zvi, Eloge de la guerre après la Shoah. Sa thèse, pour la résumer en une phrase, était que la guerre était une nécessité éthique et politique pour le peuple Juif. Cette vérité essentielle est tout aussi actuelle aujourd’hui qu’en 1940. Le peuple Juif, comme l’expliquait l’écrivain Yossef Haïm Brenner il y a cent ans, n’a pas encore atteint le stade du militarisme…

 

Depuis un siècle, nous avons certes accompli quelques progrès en ce domaine, mais le virus pacifiste demeure bien vivant en nous. C’est précisément là qu’intervient la “bonne nouvelle” de l’après 7 octobre. Non seulement le peuple israélien n’a pas oublié le métier des armes, malgré trois décennies de lavage de cerveau post-sioniste, mais il est prêt à s’engager jusqu’au sacrifice suprême pour défendre sa terre et son peuple !

 

            Voilà la grande et belle nouvelle, la “Bsora” qui nous a été dévoilée dans l’effroi et la stupeur de l’après 7 octobre. Israël est fort et il est beau quand il combat et quand il triomphe de ses ennemis, sans pitié et sans aucune retenue ! Avec ou sans outil d’intelligence artificielle, Tsahal est en train d’écraser militairement le Hamas, avant de s’occuper du Hezbollah et du régime des mollahs. Réjouissons-nous de cette “bonne nouvelle”! Am Israël Haï !

P. Lurçat

Une étincelle d’hébreu: “Ha-Bsora”, la bonne nouvelle de la guerre à Gaza

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