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jusqu'a la victoire, la plus longue guerre d'israel

Eloge de la guerre après le 7-Octobre : Comment Israël est devenu une puissance militaire incontournable

March 23 2026, 15:24pm

Posted by Pierre Lurçat

Eloge de la guerre après le 7-Octobre : Comment Israël est devenu une puissance militaire incontournable

J’ai trois choses à leur dire : Il faut qu’ils amassent du fer,

Qu’ils élisent un Roi et qu’ils apprennent à rire”.

 

V. Jabotinsky, Samson

 

 

Alors qu’Israël est plongé dans sa guerre la plus longue et la plus difficile depuis 1948, il peut sembler paradoxal, voire provocateur de faire l'éloge de la guerre… Pour comprendre ce titre paradoxal, il faut se rappeler quel est le prix que le peuple Juif a payé durant sa longue histoire pour avoir été privé du droit (et du privilège) de pouvoir se défendre par les armes. Le philosophe Michaël Bar-Zvi avait écrit il y a quelques années un essai qui portait précisément sur ce thème, intitulé “Eloge de la guerre après la Shoah”. Son beau livre portait en exergue les mots de Jabotinsky, mis dans la bouche de son héros Samson, qui constituent en vérité le testament du “Rosh Betar”, fondateur de l’aile droite du mouvement sioniste : “Il faut qu’ils amassent du fer, qu’ils élisent un Roi et qu’ils apprennent à rire”.

 

C’est en effet la dimension militaire que Jabotinsky ajouta au sionisme de Herzl, chez qui elle était totalement absente. Ce n’est donc pas un hasard si c’est l’hériter de Jabotinsky qui est aujourd’hui en train de mener Israël à ses plus grandes victoires militaires depuis 1967. Au regard de l’histoire du sionisme politique, il était dans l’ordre des choses que Benjamin Nétanyahou achève la “deuxième étape” du sionisme, envisagée par Jabotinsky dans son fameux article programmatique de 1926, le “Mur de fer”. Le véritable paradoxe est plutôt que Nétanyahou ait pratiqué pendant plusieurs décennies une politique de retenue à Gaza (dans la meilleure tradition de la “havlaga” prônée par le sionisme travailliste avant 1948), politique qui a abouti in fine à la catastrophe du 7-Octobre.

 

Les causes de ce paradoxe sont nombreuses. Citons, pêle-mêle, le traumatisme familial vécu par Nétanyahou lors de la mort de son frère Yoni, tombé à Entebbe, comme il le relate dans son autobiographie; le fait que sa farouche détermination concernant l’Iran ait été longtemps entravée par les chefs des différents organes de sécurité, notamment le Mossad; et enfin (et surtout) le fait que l’establishment politique et militaire israélien tout entier ait été pendant trois décennies intoxiqué par l’idéologie post-sioniste, dont j’ai retracé ailleurs les racines[1], et qui a abouti aux retraits désastreux de Judée-Samarie et de la bande de Gaza, directement responsables du 7-Octobre.

 

La fin de la parenthèse post-sioniste

 

Nous vivons depuis le 7-Octobre la fin de la parenthèse post-sioniste. Elle se manifeste par le retour aux valeurs fondatrices de Tsahal : porter la guerre sur le territoire de l’ennemi, mener des attaques préventives, éliminer les têtes de l’ennemi, etc. Mais ce retour aux valeurs fondatrices s’accompagne en réalité d’une montée en puissance et d’un changement de paradigme, et pour ainsi dire de statut. L’Israël de l’après 7-Octobre n’est pas celui d’avant : il est devenu plus fort, plus audacieux, plus conscient de son identité et de sa force  (et du lien consubstantiel entre son identité et sa force). Israël est devenu littéralement, de manière saisissante et presque miraculeuse, un “lion rugissant”. Son armée de l’air règne sans conteste dans le ciel de Téhéran, de Beyrouth et de Damas, faisant l’admiration du monde entier et notamment des Etats-Unis, dont il est devenu le meilleur (et le seul) allié militaire. Et son infanterie et ses blindés entrent au Liban sans peur et sans aucune retenue, détruisant les ponts du Litani, qui pourrait bientôt devenir la nouvelle frontière au Nord d’Israël, au moins sur le plan sécuritaire.

 

Pour comprendre l’étendue de ce changement et sa signification véritable, il faut se rappeler ce qu’était la doctrine stratégique d’Israël pendant les décennies de post-sionisme (qui s’étendent grosso modo entre l’après 1973 et le 7-Octobre). Elle reposait sur le paradigme mensonger des “territoires contre la paix” et de la retenue (“sheket tmourat sheket”, le “calme répondra au calme”). Elle se traduisait par une timidité assumée de Tsahal et par une vision purement défensive, exprimée dans la prouesse technologique du Kippa Barzel (dôme d’acier), dont la signification militaire, comme je l’ai souvent écrit depuis une quinzaine d’années, était en fait une dissuasion du faible au fort. Tsahal était en effet dissuadé d’attaquer et de détruire les missiles accumulés à Gaza (depuis le retrait désastreux de 2005) et en Iran (depuis 1979).

 

Faiblesse militaire et morale fallacieuse

 

Cette faiblesse militaire s’accompagnait d’une prétention “morale” fallacieuse, incarnée dans le fameux “Code éthique de Tsahal”, rédigé par un philosophe enfermé dans sa tour d’ivoire, Assa Kacher, qui était entièrement coupé des nécessités de la guerre et de la survie dans un environnement hostile. Le code éthique de Tsahal traduisait en termes militaires ce que le président de la Cour suprême, Aharon Barak, inspirateur de la “Révolution constitutionnelle” et de la judiciarisation de l’armée et de la vie publique tout entière, avait exprimé par la fameuse métaphore : “Tsahal se bat avec une main dans le dos”.

 

Cette terrible métaphore signifiait qu’aux yeux de Barak, comme à ceux des autres partisans de l’éthos progressiste d’inspiration occidentale, il était non seulement nécessaire de brider les mains de notre armée face à nos ennemis, mais que cela était bien ! Cette conception funeste fut responsable de bien des défaites militaires, et de morts inutiles de soldats de Tsahal exposés au feu de l’ennemi pour sauver à tout prix les “valeurs morales” d’inspiration non-juive, comme l’a bien montré le rabbin Eliaou Zini dans un article paru en 2006. (à suivre…)

Pierre Lurçat

 

* Mon dernier livre, Jusqu’à la victoire ! La plus longue guerre d’Israël, est disponible sur Amazon, à la librairie du Foyer à Tel-Aviv et au centre Begin de Jérusalem.

 

[1] Voir notamment mon livre La trahison des clercs d’Israël, La maison d’édition 2016.

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Hamas, Iran, Israël: Une Victoire Historique ? Pierre Lurçat et Yohan Botbol

March 5 2026, 10:45am

Posted by Pierre Lurçat

Hamas, Iran, Israël: Une Victoire Historique ? Pierre Lurçat et Yohan Botbol

La guerre actuelle d’Israël est-elle la plus longue et la plus déterminante de son histoire moderne?

Hamas, Iran, Israël: Une Victoire Historique ? Pierre Lurçat et Yohan Botbol - YouTube

Dans cette interview, Pierre Lurçat, auteur du livre "Jusqu'à la victoire! La guerre la plus longue d'Israël - chroniques 2023-2025" analyse le combat d’Israël face au Hamas, à l’Iran et à leurs alliés. Son livre propose une lecture engagée du conflit, mêlant géopolitique, vision sioniste et références aux textes juifs, pour comprendre pourquoi cette guerre pourrait mener à une victoire historique. L’interview aborde également plusieurs sujets sensibles et très débattus dans la société israélienne et dans le monde juif :

  • la question du mont du Temple et sa place dans la conscience nationale et spirituelle d’Israël
  • le clivage entre droite et gauche israéliennes face à la conduite de la guerre
  • les débats et controverses suscités les prises de position d’Alain Finkielkraut sur Israël et le conflit actuel

Entre analyse géopolitique, réflexion historique et références aux sources juives, cette interview propose une lecture profonde d’une guerre qui pourrait marquer durablement l’histoire d’Israël et du Monde.

 

https://youtu.be/ll_WZO8Ve74

 

 

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De la fascination pour le christianisme à la honte d’Israël : Le naufrage d’Alain Finkielkraut

February 15 2026, 18:50pm

Posted by Pierre Lurçat

De la fascination pour le christianisme à la honte d’Israël : Le naufrage d’Alain Finkielkraut

 

Le positionnement d'Alain Finkielkraut envers Israël depuis le 7-octobre ne laisse pas de susciter l'incompréhension et l'indignation de la communauté juive et des amis d'Israël. Voilà un intellectuel français d'origine juive, qui a souvent pris dans le passé des positions courageuses contre l'antisémitisme et l'antisionisme (notamment dans les rangs de l'extrême gauche française) et qui clame aujourd’hui publiquement sa détestation du gouvernement israélien, allant jusqu'à proclamer ces dernières semaines avoir "honte d'Israël !". Analyse.

 

De manière paradoxale et scandaleuse, Alain Finkielkraut – figure reconnue de l'intelligentsia française – assume des positions proches de l'extrême gauche en Israël, tout en défendant des opinions conservatrices (souvent qualifiées de "réactionnaires") en France. En bref, il s'agit comme l’a relevé un site internet, d'un "vieux Réac" qui se donne le luxe d'être de gauche en Israël… Ayant consacré de nombreux articles aux errements de Finkielkraut et ayant débattu avec lui il y a six mois au micro d'Antoine Mercier, je voudrais ici aborder ce sujet sous un angle nouveau, celui du "tropisme" chrétien (ou christianisant) d'Alain Finkielkraut.

 

Une ignorance abyssale du judaïsme

 

D'autres que moi l'ont relevé, le dernier en date étant le journaliste Nicolas Birnbaum, qui parle dans Le Monde des livres de son "faible pour le christianisme’’. Mais laissons parler l'intéressé lui-même. En 2022 déjà, Alain Finkielkraut, qui se présente comme un "Juif athée", expression en soi problématique, se disait "fasciné par la proposition chrétienne" et par "le fait que le Christ a dit sur la Croix, 'mon Dieu mon Dieu pourquoi m'as-tu abandonné?" A l'époque j'avais raillé l'ignorance du philosophe, qui attribuait au génie du christianisme des paroles tirées des Psaumes du Roi David. Dans une lettre ouverte, je dénonçais l'étendue insondable de l'assimilation juive en France et son corollaire, l'ignorance.

 

Mais ce qui m'est apparu en lisant le dernier livre d'Alain Finkielkraut, c'est le lien étroit entre cette ignorance abyssale du judaïsme et ses positions concernant Israël. L'admiration de Finkielkraut pour la Pietà de Michel-Ange, pour le cardinal Lustiger et pour les "descentes de Croix" n'est pas anodine. On ne peut impunément être Juif en France, ignorer tout ou presque de la Tradition juive, tout en défendant une vision "enracinée" de la culture française et se permettre de critiquer la "guerre atroce" que mènerait soi-disant Israël à Gaza…

 

Un intellectuel juif fasciné par la Vierge Marie

 

L'étrange compassion de Finkielkraut pour les "civils innocents de Gaza" et son refus persistant d'entendre les témoignages des otages revenus de Gaza sur ce sujet se comprennent beaucoup mieux à la lecture des pages scandaleuses de son livre (pour un lecteur juif), dans lesquelles il évoque avec pathos les paroles bouleversantes du Christ ou "l’inconsolable Vierge Marie"... J’ajoute que plusieurs Juifs érudits se sont évertués à inculquer à Finkielkraut des notions de judaïsme, comme Benny Lévy, ou comme un ancien grand-rabbin de France. Mais leurs efforts furent vains.

 

En mai 2025, j'analysais la campagne de propagande du Hamas sur le thème des "enfants affamés de Gaza" comme une "nouvelle Passion" renvoyant à la Passion du Christ tout téléspectateur de culture chrétienne. Je comprends aujourd'hui que la propagande du Hamas touche un public encore plus large que le public occidental chrétien ou postchrétien. Elle fait également mouche dans l'esprit et le cœur alourdi d'un philosophe d'origine juive, ignorant tout de la tradition d'Israël.

 

J’ajoute qu’Alain Finkielkraut caricature le judaïsme de Benny Levy tout comme il caricature les propos du rabbin Oury Cherki ou les miens concernant Israël…[1]  Et il ne s'agit pas là d'un simple défaut rhétorique dû à l'ardeur de la polémique, mais d’une véritable forme de malhonnêteté intellectuelle, devenue une seconde habitude chez l’intellectuel médiatique, habitué des plateaux de télévision.

 

Alain Finkielkraut a fait sienne la vision chrétienne d'Israël dans ce qu'elle a de plus réducteur et de plus déformant, notamment lorsqu’il dénonce le "messianisme" de certains ministres ou lorsqu’il se dit "sali" par la politique israélienne. Sa polémique contre l’Etat d’Israël, son gouvernement et son armée (accusée de mener une "guerre atroce"... sic !) n'est pas, comme il le prétend, un débat judéo-juif. Car sa vision caricaturale des "deux Israël" – d'un Israël entièrement innocent et d'un autre entièrement coupable – est fondamentalement "unjewish" (pour citer un adjectif qu'il aime utiliser). Oui, Finkielkraut est devenu (ou est resté) un intellectuel français ignorant du judaïsme, qui porte sur Israël le regard simplificateur et déformant de la polémique chrétienne.

Pierre Lurçat

NB Continuez de signer et faire signer la pétition : « Nous sommes fiers d’Israël ! »
 

 

Comment A. Finkielkraut déforme mes propos sur Israël, et ceux des autres…

 

Lors d'un débat sur la chaîne Mosaïque, je me suis opposé à Alain Finkielkraut sur la question des témoignages des otages revenus de Gaza, concernant la présence de "civils innocents" à Gaza. Mon propos consistait à prendre au sérieux les témoignages unanimes des survivants, affirmant ne pas avoir rencontré la moindre trace d'humanité à Gaza, et avoir été protégés par leurs geôliers du Hamas contre la foule gazaouie qui voulait les lyncher. Le sens de mon propos était donc de dire que nos otages n’ont pas rencontré un seul Juste à Gaza… De son côté, Alain Finkielkraut s'est dit scandalisé par le témoignage de l’ex-otage Mia Shem, qualifiant ses propos d'extrémistes et les comparant à ceux de Houra Bouteldja affirmant que tous les Israéliens sont coupables.

 

Depuis lors, de manière répétée et presque quotidienne depuis la parution de son dernier livre, M. Finkielkraut clame sur tous les médias que j'aurais affirmé qu'il n'y a pas de civils innocents à Gaza en me citant nommément et va jusqu'à reprendre cette accusation mensongère dans son dernier livre, en m’attribuant de manière calomnieuse la phrase : "Tapez dans le tas ce sera toujours dans le mille". Je tiens à m'élever publiquement contre le procédé malhonnête consistant à caricaturer mon propos, pour mieux asseoir son argumentation. J'ajoute qu'il a utilisé le même procédé malhonnête à l'encontre du rabbin Oury Cherki de Jérusalem, lequel a usé de son droit de réponse sur la chaîne Mosaïque.

 

P.L.

 

 

 

[1] Voir encadré ci-dessous.

 

De la fascination pour le christianisme à la honte d’Israël : Le naufrage d’Alain Finkielkraut

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Face aux négationnistes juifs du 7-Octobre: Trois raisons de lire “Otage” d'Eli Sharabi

February 8 2026, 15:35pm

Posted by Pierre Lurçat

Face aux négationnistes juifs du 7-Octobre: Trois raisons de lire “Otage” d'Eli Sharabi

Les réseaux sociaux et autres nouveaux médias nous laissent de moins en moins de temps pour lire... Profitant d'une semaine de vacances, j'ai emmené avec moi le livre d'Eli Sharabi, Otage, sous-titré 491 jours aux mains du Hamas.

 

1. La première raison de lire Otage d'Eli Sharabi est qu'il s'agit d'un livre captivant. Écrit avec à sobriété et intelligence, son récit nous fait découvrir la réalité terrible de la captivité dans les tunnels de Gaza. On y apprend beaucoup de choses tant sur la psychologie des ravisseurs et des membres du Hamas que sur les qualités humaines des captifs dont les noms font aujourd'hui partie de nos vies. Outre Sharabi lui-même, on rencontre ainsi Hersh Goldberg Polin, Ori Danino, Almog Serousi, etc

 

2. La deuxième raison de lire ce livre est qu'il nous apporte un témoignage inestimable sur les évènements survenus depuis le 7-Octobre, qu'aucune médiation, journalistique ou autre, ne permet de saisir. De même qu'il n'est pas possible d'appréhender la réalité de la Shoah sans lire les livres des grands témoins, de Primo Levi à Aharon Appelfeld et tant d'autres, de même la lecture des témoignages du 7-octobre et de la captivité à Gaza est irremplaçable pour tenter de comprendre la réalité de cette guerre.

 

3. Ce qui m'amène à la troisième raison. Depuis le 7-octobre, il s'est mis en place un véritable négationnisme des crimes du Hamas, dont la récente décision française de poursuivre Nili Naouri Kupfer et Rahel Touitou n'est que le dernier épisode. Les accusations de génocide à l'encontre d'Israël sont évidemment l'aspect le plus pernicieux de ce nouveau négationnisme, mais ce n'est pas le seul.

 

Mais le plus incroyable est que certains intellectuels et figures publiques juives et Israéliennes participent de ce négationnisme ! J'en donnerai trois exemples : celui de l'écrivain David Grossman, qui a accusé Israël de génocide dans les colonnes de La Repubblica le 1er août 2025. Celui de la rabbine Delphine Horvilleur qui n'a pas contesté les propos de D. Grossman, en affirmant qu'il "appartenait aux juristes de déterminer" si Israël avait commis un génocide !

 

Et, last but not least, celui d'Alain Finkielkraut, qui a accusé l'otage Mia Shem de propos extrémistes parce qu'elle avait "osé" déclarer ne pas avoir rencontré de civils innocents à Gaza… Je me suis publiquement opposé à Finkielkraut sur de multiples sujets, mais je considère que le plus grave dans ses propos est son attitude envers les témoins du 7-octobre. Remettre en cause la véracité de leurs témoignages est une marque de mépris et une insulte aux survivants du plus grand crime contre le peuple Juif commis depuis la Shoah.

 

Il faut écouter les témoignages des otages revenus de Gaza. Il faut écouter leur parole et ne pas la disqualifier, comme l’a fait Finkielkraut. Il faut lire et faire lire le livre d'Eli Sharabi.

P. Lurçat

 

NB Continuez de signer ma lettre-ouverte / pétition adressée à A. Finkielkraut, ici :

https://c.org/PPtgZz8rhS

 

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Alain Finkielkraut et la victoire de la pensée magique contre Israël

January 19 2026, 09:07am

Posted by Pierre Lurçat

Alain Finkielkraut et la victoire de la pensée magique contre Israël

 

1.

 

Quel rapport entre le manuel d'histoire rappelé par l'éditeur Hachette, et le dernier livre de l'académicien Alain Finkielkraut? Aucun en apparence. Et pourtant. D'un côté, l'accusation terrible portée contre les victimes du 7-Octobre d'être des "colons", et partant, de mériter leur sort…("En octobre 2023, à la suite de la mort de plus de 1200 colons juifs lors d’une série d’attaques du Hamas, Israël décide d’envahir une grande partie de la Bande de Gaza"). De l'autre, la vieille antienne mensongère des médias et d'une certaine gauche, y compris en Israël, sur la violence des "colons" dans les “territoires” de Judée-Samarie. 

Interviewé sur son nouveau livre, Finkielkraut déclare ainsi: “je ne veux pas non plus oublier ce qui se passe aujourd'hui en Israël : les attaques quotidiennes perpétrées par les colons de Cisjordanie contre les paysans et les éleveurs palestiniens, le saccage des champs d’oliviers… Cela me bouleverse”. Le mot "colon" dans les deux cas est certes employé de manière différente. Dans le premier cas, c'est tout Israël qui est une colonie. Dans le second, seule la Judée-Samarie (rebaptisée pour l'occasion Cisjordanie) mérite ce qualificatif infâmant.  Mais à la réflexion, c'est le même processus de délégitimation qui est à l'œuvre, chez l'éditeur scolaire (qui a tardivement reconnu sa faute) et chez l'intellectuel juif (qui persiste dans l'erreur depuis des lustres, comme il l'avoue lui-même en ces termes: "je radote"[1])

 

2.

 

Jabotinsky avait jadis montré l'absurdité de l’attitude de ceux qui, au sein du peuple juif, prétendent négocier avec nos ennemis sur la propriété de la terre d'Israël, tout en renonçant par avance à la moitié de celle-ci. Mais le phénomène auquel on assiste aujourd'hui est encore plus grave. Car l'erreur de ceux qui prétendent créer de toutes pièces un "État palestinien" au cœur d'Israël n'est pas seulement une faille du raisonnement logique et une faute morale et politique. En réalité, les propos d’A. Finkielkraut accusant les "colons" de Judée Samarie d'exactions envers les Palestiniens ne relèvent nullement d’un raisonnement logique, comme cela ressort parfaitement de sa phrase sur la "consolation de l'innocence" (voir ci-dessous le verbatim de ses propos).

 

Finkielkraut, qui connaît très mal Israël aujourd'hui, se complaît dans l'évocation d'un Israël d'antan qui ressemble aux belles photos sépia de Didier Ben Loulou. Mais cette image d'Épinal ne résiste pas à l'examen des faits. Itshak Rabin, son héros, n’était pas un saint et avait lui aussi (tout comme Ben Gourion) ses facettes sombres. Quant à l'affirmation selon laquelle le gouvernement actuel représenterait les héritiers de l'assassin de Rabin, elle abaisse le débat politique au niveau du mensonge et de la calomnie les plus éhontés. L'innocence mythique d’un Israël “idéal” d’avant 1967, porté aux nues par le philosophe parisien, relève en fait d’un type de pensée archaïque. Israël n'a jamais été "innocent" au sens où l'entend Alain Finkielkraut et il n'est jamais devenu “coupable”, au sens où celui-ci dénonce les “colons” de Judée-Samarie… Tout ce discours sur la culpabilité et l’innocence consiste en définitive à faire d’une partie des Israéliens (les “colons”) des boucs émissaires, en croyant ainsi “sauver” les autres Israéliens (et les Juifs de diaspora) de la vindicte antisémite.

 

3.

 

En débattant avec lui sur la chaîne Mosaïque, j'avais fondé le frêle espoir de faire bouger, ne serait-ce que d’un centimètre, Alain Finkielkraut de ses positions. J'ai réalisé depuis que cet espoir était vain. L'intellectuel juif français reste vissé à sa pensée magique, reposant sur l'opposition binaire entre un Israël fantasmé totalement innocent et un Israël tout aussi fantasmatique, entièrement coupable, celui des “colons” ou de Benjamin Nétanyahou (au sujet duquel Finkielkraut affirme régulièrement que le problème d’Israël n’est pas le Hamas mais Nétanyahou”).

 

C'est le cœur lourd que j'assiste, comme beaucoup d’amis d’Israël, à la défaite de la pensée de l'auteur du Juif imaginaire et de la Réprobation d'Israël. Au-delà de l’aspect personnel et anecdotique, il y a là un phénomène grave : celui d’intellectuels juifs qui font défection alors qu’Israël combat pour sa survie. Ceux qui joignent leurs voix, fut-ce à contrecœur ou “le cœur lourd”, à celles des ennemis d’Israël en cette heure critique participent eux aussi à la victoire de la pensée magique et à la vague planétaire de détestation d’Israël.

 

P. Lurçat

 

NB Je donnerai une conférence à Bordeaux le mardi 27 janvier et présenterai à cette occasion mon dernier livre, Jusqu’à la victoire ! La plus longue guerre d’Israël. (voir détails ci-dessous)

 

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VERBATIM

Alain Finkielkraut nous parle de son livre Le Cœur lourd | Gallimard

 

D'un côté, je vois l’antisémitisme monter, notamment dans les universités occidentales. Un antisémitisme qui prend prétexte d'Israël pour nazifier les juifs par l’accusation de génocide. Je ne veux rien concéder à cet antisémitisme.

D’un autre côté, je ne veux pas non plus oublier ce qui se passe aujourd'hui en Israël : les attaques quotidiennes perpétrées par les colons de Cisjordanie contre les paysans et les éleveurs palestiniens, le saccage des champs d’oliviers… Cela me bouleverse.

Face à cet antisionisme virulent qui tourne à l'antisémitisme, je suis solidaire d'Israël. Mais de quel Israël ? Entre les héritiers d'Yitzhak Rabin et les disciples de son meurtrier, je ne peux pas ne pas choisir. C’est encore cela, « le cœur lourd ». Pour la première fois de notre histoire, nous devons faire face à la haine sans avoir la consolation de l'innocence.

 

 

[1]  “Je plaide depuis bientôt quarante ans pour la fin de l’occupation et la solution de deux Etats. Et je reviens inlassablement à la charge, je prends même le risque du radotage…” (A. Finkielkraut, A la première personne, p. 47).

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Galei Tsahal, de l'éthos sioniste socialiste à l'idéologie progressiste, Pierre Lurçat

December 23 2025, 11:36am

Posted by Pierre Lurçat

Galei Tsahal, de l'éthos sioniste socialiste à l'idéologie progressiste, Pierre Lurçat

 

 

Pour comprendre les enjeux et la signification de la fermeture de la station de radio de l'armée, Galei Tsahal, un rappel historique est indispensable. Galei Tsahal remonte aux premières années de l'État. Lors de sa création, le 24 septembre 1950, le Premier ministre et ministre de la Défense David Ben Gourion déclare solennellement que : "La radio de l'armée est un nouveau maillon dans l'ensemble des instruments et organes du peuple pour mobiliser et éduquer la jeunesse et le peuple qui vit à Sion"

 

75 ans plus tard, qu'en est-il de cette vocation éducative et sioniste ? Quelques exemples permettent de saisir l'évolution de l'ethos de Galei Tsahal depuis trois quarts de siècle. Selon les critères admis couramment, la station de l'armée a évolué d'une radio éducative et militaire vers une radio "généraliste" (avec l'apparition concomitante de Galgalatz, station purement musicale). Elle demeure toutefois une "école de communication" unique en son genre, puisque des soldats effectuant leur service obligatoire en sont les animateurs et qu'elle est dirigée par un général de Tsahal.

 

Mais par-delà la fonction officielle de Galei Tsahal, celle-ci a longtemps participé à la formation d’un certain ethos, qu'on peut définir comme étant celui du sionisme laïc de gauche, identifié au parti Mapai. On en donnera pour preuve le fait que, lors des débats sur la création de la station, le rabbin Levin se plaignait que les soldats religieux n'étaient pas pris en compte dans les programmes de la station, qui comportaient en tout et pour tout un quart d'heure quotidien de lecture du Tanakh[1].

 

A cet égard, la situation actuelle est à de nombreux égards bien pire.... L'éthos sioniste socialiste reflétant l'idéologie dominante dans les années 1950 a ainsi fait place à un ethos post-sioniste et progressiste. Le “jingle” de la radio de l'armée, "habayit shel ha'hayalim" (“ la maison des soldats”) est devenu récemment "habayit shel ha'hayalot" (“la maison des soldates”). Plus grave, l’esprit combattif de Tsahal a été petit à petit érodé, pour faire la place à un esprit pacifiste et souvent défaitiste, dont de nombreux soldats se sont plaints pendant la guerre actuelle.

 

Le rabbin Avraham Zerbib, qui s'est illustré depuis deux ans comme conducteur de bulldozer à Gaza, relatait ce matin sur une radio concurrente avoir été interviewé sur de nombreux médias, en Israël et à l'étranger... sauf sur Galei Tsahal. L'esprit combattif et la “émounah” de Zerbib ne correspondent pas aux valeurs “progressistes” de la radio militaire, qui préfère consacrer des émissions aux problèmes de motivation ou aux troubles psychiques (bien réels) dont souffrent une minorité de combattants…

 

C'est en définitive le reproche principal qu'on peut adresser à la station créée en 1950. Si la radio de l'armée ne sert pas l'objectif crucial de gagner la guerre, elle n'a plus de raison d'être. Ceux qui prétendent s’opposer à la fermeture de Galei Tsahal au nom de la “liberté d’expression” oublient que le rôle de Tsahal n’est pas de former les futurs journalistes d’Israël mais, de manière plus prosaïque et plus essentielle, de protéger notre pays contre ses ennemis. Jusqu’à la victoire !

P. Lurçat

 

* Mon dernier livre, Jusqu’à la victoire ! La plus longue guerre d’Israël, est disponible sur Amazon. On le trouve aussi à la librairie du Foyer à Tel-Aviv et à la boutique du centre Begin à Jérusalem.

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Avec ses chroniques et avec ce livre, Pierre Lurçat a véritablement cherché à « penser l’événement » : face à la réalité nouvelle du 7 octobre, mettre en place un nouvel appareil intellectuel et spirituel

Jacques Dewitte

 

“Une lecture passionnante, qui tient à la fois du journal intime et de la philosophie politique”.

Daniel Horowitz

 

Un livre lumineux et essentiel pour comprendre ce qui se passe en Israël comme en France”.

Christine Tassin

 

Galei Tsahal, de l'éthos sioniste socialiste à l'idéologie progressiste, Pierre Lurçat

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Dans la tête d’un écrivain israélien pacifiste : Au ras du sol de Dror Mishani, P. Lurçat

November 27 2025, 15:30pm

Posted by Pierre Lurçat

Dans la tête d’un écrivain israélien pacifiste : Au ras du sol de Dror Mishani, P. Lurçat

 

De passage en France pour y faire la promotion de mon nouveau livre*, je découvre celui de l’écrivain israélien Dror Mishani, publié en 2024 en Israël et traduit chez Gallimard, dont l’exemplaire, reçu en service de presse, m’attendait patiemment depuis mon dernier séjour parisien. J’ai lu et apprécié, comme beaucoup, les romans policiers de Mishani, qui fait partie de la “deuxième génération” des auteurs de ce genre longtemps négligé par la littérature israélienne (dans la première génération, mentionnons les noms de Shulamit Lapid et de Batya Gour).

 

Mishani est notamment le créateur du personnage de l’inspecteur Avraham Avraham, policier solitaire et introverti. Il est aussi enseignant de littérature et spécialiste de l’histoire du roman policier. Mais c’est un autre visage de Dror Mishani qui est révélé au public dans Au ras du sol, sous-titré Journal d’un écrivain en temps de guerre. On y découvre en effet, racontée avec une grande franchise, la vie quotidienne de l’écrivain dans les semaines suivant le 7-Octobre.

 

Le livre de Mishani a pour point de départ un reportage publié dans le magazine suisse allemand Das Magazin, qui s’est prolongé dans un livre paru en juillet 2024 en Israël et en Allemagne, et traduit en France en 2025. Mishani, comme d’autres écrivains, a donc publié ce Journal de guerre dès les premiers mois de l’offensive militaire israélienne, après le massacre du 7-Octobre. Son livre est souvent intéressant, mêlant la vie quotidienne, les réflexions politiques et la description d’un milieu israélien bien particulier, celui des écrivains et artistes.

 

Ce qui m’a le plus intéressé dans le livre de Mishani, c’est de comprendre à travers son récit le vécu et l’ethos politique d’un écrivain israélien pacifiste. Dès les premières pages du livre, et dès le lendemain du 7-Octobre, l’écrivain est en effet hanté par une seule peur : celle de voir Israël riposter et se lancer dans une véritable guerre à Gaza. Alors qu’il se trouve encore à Toulouse, invité d’un festival de littérature, Mishani commence déjà à rédiger un article contre la guerre (!), qui sera envoyé au journal Ha’aretz. “Ne pas raser, ne pas écraser, ne pas se venger”, explique-t-il, car “transférer le malheur sur Gaza et ses habitants ne fera que l’entretenir…

 

L’éthos pacifiste de Mishani est révélateur de l’état d’esprit d’une grande partie de ces élites israéliennes qui ont occupé des postes de direction au sein des institutions culturelles, médiatiques, mais aussi sécuritaires de l’Etat d’Israël. Pour s’en convaincre, il suffit d’écouter les ex-patrons du Shin-Beth et de l’armée qui commentent l’actualité sur les plateaux de télévision depuis le 7-Octobre. Tous partagent cet état d’esprit pacifiste, défaitiste et hostile au gouvernement (à l’exception des voix dissidentes, qu’on n’entend que sur la chaîne 14).

 

Pour comprendre cet éthos bien particulier, il faut s’attacher à la personnalité et au vécu familial de Mishani, qui est très révélateur. Marié à une femme catholique polonaise, rencontrée sur le campus de Cambridge, il raconte comment sa fille Sarah l’a très jeune interrogé sur sa double identité : “Pour la première fois de sa vie, elle t’a demandé si elle était juive ou pas. Tu as commencé par bredouiller, tu lui as dit que oui, elle était les deux, et quand elle a insisté,tu as été obligé d’admettre que non, pour l’Etat d’Israël, elle ne l’était pas. Alors je le suis pour qui? a-t-elle voulu savoir, et tu as répondu : pour Hitler”.

 

Cet échange poignant est révélateur du problème d’identité de cette gauche israélienne pacifiste, qui vit écartelée entre son amour du pays (bien présent chez Mishani) et son ambition d’être reconnue et admirée à l’étranger (en lisant son livre, je me suis demandé à chaque page s’il écrivait pour ses compatriotes d’Israël, ou pour ses lecteurs suisses allemands…). La “double-appartenance” et la question de l’identité juive sont en effet tout autant celles de l’écrivain que de sa fille, née d’une mère catholique polonaise et d’un père juif israélien.

 

            Lorsque l’actrice iconique du Septième Art israélien, Gila Almagor, est accusée de manquer de patriotisme, elle réagit avec force en affirmant son soutien à la “merveilleuse armée d’Israël” et en rejetant les accusations de “crimes de guerre”, portées par l’ONG radicale Betselem. Mishani, lui, est révolté par les propos d’Almagor… Il est incapable de s’identifier à son pays et à son armée sans arrière-pensée. Tiraillé entre ses attaches et ses loyautés multiples, l’auteur talentueux de romans policiers à succès, traducteur de Roland Barthes en hébreu, est intimement persuadé, dès le mois d’octobre 2023, qu’Israël est responsable de la situation et des crimes du Hamas.

 

            Les états d’âme de Mishani ne peuvent être négligés ou méprisés, car ils sont ceux d’une large frange de l’intelligentsia progressiste, en Israël et ailleurs dans le monde juif. En mettant sur le même plan la souffrance des victimes juives et celle des morts de Gaza, l’écrivain israélien n’est pas différent de ses collègues juifs français, D. Horvilleur ou A. Finkielkraut. Son livre éclaire les errements politiques et moraux d’une intelligentsia juive qui n’a pas réussi à sortir des ornières du pacifisme et à penser véritablement l’événement du 7-Octobre, dans toute sa radicalité et sa nouveauté.

P. Lurçat

 

Dror Mishani, Au ras du sol, Journal d’un écrivain en temps de guerre. Gallimard 2025.

 

* Je donnerai une conférence à Paris dimanche 30 novembre, sous l’égide du Mouvement des Etudiants Juifs et du département de l’alyah de l’OSM. Inscription : https://forms.gle/zhVo3pogdsrZR7DN9

 

Dans la tête d’un écrivain israélien pacifiste : Au ras du sol de Dror Mishani, P. Lurçat

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Face à la guerre: La France, Israël et le poison mortel de l’idéologie progressiste

November 23 2025, 15:56pm

Posted by Pierre Lurçat

Le général Mandon

Le général Mandon

Des officiers supérieurs représentant 20 pays ont participé à un séminaire militaire en Israël pour tirer les leçons de deux ans de guerre. Canada, république tchèque, Etats Unis, etc... Un grand pays occidental était absent : la France. Au même moment, le chef d'état-major français, le général Mandon, faisait une déclaration fracassante devant le congrès des maires de France, affirmant notamment que la France devait se préparer à une guerre de haute intensité contre la Russie d’ici trois à quatre ans, et appelant la nation à être prête à « perdre ses enfants » et à supporter de lourds sacrifices économiques pour protéger ses intérêts. Ces propos inhabituels ont suscité une vive polémique en France.

 

Les déclarations du chef d'état-major français et le scandale qu'elles ont suscité dans certains milieux et médias en disent long sur l'état d'esprit qui règne aujourd’hui en France. Qu'a dit en effet de scandaleux le chef d'état-major, sinon que la France devait se préparer à la guerre ? Mais l'élément le plus intéressant de son diagnostic est sans doute que la force militaire ne suffit pas, si elle n'est pas accompagnée de la "force d'âme"... Ce qui nous ramène à Israël.

 

Pendant plusieurs décennies, notre pays a été rongé de l'intérieur par une maladie pernicieuse, celle de l'idéologie progressiste et pacifiste du post-sionisme. C'est au nom de cette idéologie que l'état-major israélien avait rayé de son vocabulaire le mot victoire et qu'il avait diminué dangereusement les effectifs et les budgets de l'armée de terre, misant tout sur la seule puissance de “Hayl Haavir”, l'armée de l'air qui était aux abonnés absents le jour fatidique du 7-octobre, comme je l’explique dans mon dernier livre*.

 

Au nom du progressisme pacifiste, Tsahal avait perdu de vue sa mission capitale de défendre les frontières d'Israël, pour se consacrer à des choses aussi éloignées de son objectif vital que le réchauffement climatique, ou l'égalité hommes femmes dans les unités combattantes… Le 7-octobre a signifié à cet égard un coup de semonce et une piqûre de rappel terrible pour une armée et pour un establishment sécuritaire atteints de cécité et malades de l'idéologie progressiste. Après le terrible échec de l'avant 7-octobre, le réveil du peuple d'Israël a été à la hauteur de la menace existentielle  pesant sur notre pays. 

Souhaitons que la France suive l’exemple d’Israël et se réveille elle aussi de la torpeur mortelle du progressisme et du pacifisme. Ce n'est pas un hasard si le premier à dénoncer les déclarations  du général Mandon a été Jean Luc Mélenchon... Entre l'alliance avec les frères musulmans et Israël, le choix est clair. Pour survivre, la France doit devenir un peu Israël, comme l'a bien compris le chef d'état-major des armées Mandon

P. Lurçat

 

* Je donnerai une série de conférences en France pour présenter mon dernier livre et parler de la “victoire du sionisme après le 7-Octobre”. Je serai dimanche 30 novembre à Paris, lundi 1er décembre à Marseille, mardi 2 décembre à Toulon et mercredi 3 décembre à Monaco. J’aurai plaisir à vous y rencontrer!

INSCRIPTIONS :

Paris https://lnkd.in/dFmcrqKB

Marseille https://lnkd.in/dxWzzYJM

Toulon https://lnkd.in/dJZ_34qY

Monaco SUR INVITATION

 

 

“Avec ses chroniques et avec ce livre, Pierre Lurçat a véritablement cherché à « penser l’événement » : face à la réalité nouvelle du 7 octobre, mettre en question plusieurs notions héritées qui en entravent la compréhension et empêchent d’y faire face, mettre en place un nouvel appareil intellectuel et spirituel”

Jacques Dewitte

 

“Une lecture passionnante, qui tient à la fois du journal intime et de la philosophie politique”.

Daniel Horowitz

“Lurçat va droit au centre du séisme. Son livre le démontre : le 7 octobre n’était pas imprévisible, il était annoncé”.

Serge Siksik

 

“Un livre lumineux et essentiel pour comprendre ce qui se passe en Israël comme en France”

Christine Tassin

Face à la guerre: La France, Israël et le poison mortel de l’idéologie progressiste

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Jusqu’à la victoire! La plus longue guerre d’Israël - Tournée de conférences en France

November 20 2025, 10:44am

Posted by Pierre Lurçat

Jusqu’à la victoire! La plus longue guerre d’Israël  - Tournée de conférences en France

 

Je donnerai une série de conférences en France pour présenter mon dernier livre et parler de la “victoire du sionisme après le 7-Octobre”. Je serai dimanche 30 novembre à Paris, lundi 1er décembre à Marseille, mardi 2 décembre à Toulon et mercredi 3 décembre à Monaco.

 

INSCRIPTIONS :

Paris  https://forms.gle/zhVo3pogdsrZR7DN9

Marseille https://form.jotform.com/253222949693366

Toulon https://form.jotform.com/253222767098363

Monaco SUR INVITATION

J’aurai plaisir à vous y  rencontrer!

 

Avec ses chroniques et avec ce livre, Pierre Lurçat a véritablement cherché à « penser l’événement » : face à la réalité nouvelle du 7 octobre, mettre en question plusieurs notions héritées qui en entravent la compréhension et empêchent d’y faire face, mettre en place un nouvel appareil intellectuel et spirituel” 

Jacques Dewitte

 

“Une lecture passionnante, qui tient à la fois du journal intime et de la philosophie politique”.

Daniel Horowitz

 

Un livre lumineux et essentiel  pour comprendre ce qui se passe en Israël comme en France”.

Christine Tassin

 

Jusqu’à la victoire! La plus longue guerre d’Israël  - Tournée de conférences en France

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Une même horreur, deux regards, par Fiodor

November 18 2025, 10:26am

Posted by Fiodor



 

Une même horreur, deux regards, par Fiodor

Une fois n'est pas coutume, je reproduis ci-dessous la double recension consacrée à mon dernier livre et à celui de l'animateur Arthur par le blog Unidiotattentif. L'auteur, Fiodor, est spécialiste de Dostoïevski (ce qui explique le titre du blog et son pseudonyme). P.L.

 

Israël dans l'imaginaire médiatisé


 

 

 

Dans une bonne partie du monde occidental, l’horreur suscitée par les événements du 7 octobre 2023 n’a pas duré. Très vite, par un invraisemblable tour de passe-passe moral (ou plutôt immoral), la victime a été transformée en coupable et les tueurs en victimes, libérant aussitôt une flambée d’antisémitisme décomplexé. Dans le même temps, les Juifs, en Israël et dans la diaspora, demeuraient tétanisés par ce qui était le pire déchaînement de violence antisémite depuis la Shoah. Cette terre ancestrale retrouvée, où les Juifs pensaient pouvoir enfin vivre à l’abri des persécutions, était devenue le théâtre d’un pogrome d’une violence inimaginable. Le peuple juif, partagé entre des opinions très diverses et même antagonistes, éprouvait dans la douleur son unité et sa vitalité indestructible. Mais comment fallait-il répondre à cette entreprise clairement génocidaire qu’il venait de subir ? Là encore, l’extrême diversité des points de vue s’est manifestée. Ne dit-on pas : « Deux Juifs, trois opinions » ?

 


Je viens de lire deux ouvrages qui, dans des registres littéraires très différents, témoignent de cette diversité de regards. Le premier (1), celui d’Arthur, le célèbre animateur TV, est un cri, l’expression d’une douleur que vient redoubler la haine antisémite devant laquelle s’effondrent les dispositifs protecteurs et les privilèges de l’homme public. Le second (2), de Pierre Lurçat, est une chronique, distanciée, raisonnée, sans concessions au politiquement correct. Si l’on veut se plier aux simplifications journalistiques, on dira qu’Arthur est un homme de gauche et Lurçat, un homme de droite. Les confronter oblige à réaliser combien le conflit interminable dans lequel Israël est entraîné, malgré lui, depuis des décennies, est complexe, et combien, prétendre en juger, à distance, requiert prudence, respect, bienveillance. Que disent, en substance, les deux livres que j’évoque ici ? 

 

Arthur exprime l’horreur trop vite relativisée, « contextualisée », oubliée… du massacre du 7 octobre, ces actes d’une barbarie atroce, accomplis dans la jubilation, filmés par leurs auteurs et salués à Gaza par des chants et des distributions de friandises. Les images de cette horreur, et les événements des jours qui ont suivi, le hantent et l’anéantissent. « Blotti sur le canapé, en position fœtale, les yeux rivés sur l’écran de la télé, le portable à la main, je fais défiler les news en boucle sans jamais respirer. Planté devant les chaînes d’info, sursautant à chaque alerte, les pupilles brûlées à force de revoir les mêmes images. Il m’arrive de pleurer, sans prévenir. A n’importe quel moment de la journée. Des larmes libres, incontrôlables. Je passe par toutes les émotions… » Cet homme public, pleinement intégré dans le Paris mondain, retrouve alors sa judéité et éprouve sa solitude: « A la radio, j’ai dit ‘’je’’. Et j’ai dit ‘’Juif’’ ». A mesure que le temps passe, Arthur va se mobiliser, en particulier face au déferlement d’antisémitisme, assumé ou voilé, que connaît la France, comme bien d’autres pays d’Europe. Son livre raconte, décrit, clame… ces mois de combat, en particulier pour les otages toujours détenus par le Hamas. Un combat souvent solitaire, parfois soutenu par un réseau d’amis. Au passage, on note que le soutien total qu’Arthur apporte à Israël en guerre ne l’empêche pas d’exprimer de la compassion pour la population civile de Gaza, elle aussi otage du Hamas. Il dit aussi le peu d’estime qu’il porte au gouvernement d’Israël, qu’il s’abstient pourtant de critiquer tant que dure la guerre. Au total, un livre sensible, plein d’émotion, de générosité, de douleur. 

 


Toute autre est l’approche de Pierre Lurçat. Alors qu’Arthur vit à Paris, il vit à Jérusalem, immergé dans le concret de cette guerre, longue et difficile. Son point de vue est marqué par la lucidité, certains diront par la froideur. Pour Lurçat, en effet, cette guerre est nécessaire, elle est juste et doit être menée jusqu’au bout. Ces chroniques, qui couvrent la période qui va du 10 octobre 2023 au 9 septembre 2025, se veulent être le reflet «de l’état d’esprit et de l’opinion publique d’Israël, à la fois dans ses divisions et dans l’unité fondamentale de l’après 7-Octobre ». Dans son ample préface, le philosophe Jacques Dewitte, montre que la «conceptsia» (3) qui a permis que les événements du 7 octobre se produisent est le fruit d’un « aveuglement (…) empêchant de ‘’voir’’ ce qui se préparait, mais qui pourtant n’était quasiment pas dissimulé ». Un aveuglement consistant, pour les Israéliens, à prêter à l’adversaire – on devrait dire à l’ennemi – des valeurs, des sentiments, des principes, similaires aux leurs. Un aveuglement qui rendait impensable le fait que ces ennemis n’étaient « pas comme nous ». Je renvoie, sur cette question au billet que j’ai publié ici, il y a quelques semaines. Dans ses chroniques, Pierre Lurçat, qui est un Juif religieux, n’hésite pas à évoquer le Dieu d’Israël et les traditions du judaïsme, convaincu qu’Israël n’est pas seulement une réalité politique. C’est ainsi qu’il écrit, dans la conclusion de son ouvrage : « … la victoire d’Israël ne sera pas seulement une victoire militaire et stratégique, qui est déjà en passe de remodeler la région tout entière. Cette victoire sera également une victoire morale et spirituelle, et pour ainsi dire métaphysique : victoire du judaïsme, qui éclaire et embellit notre monde, sur les barbares de l’islam le plus rétrograde, victoire du peuple qui sanctifie la vie contre ceux qui sanctifient la mort (…) La victoire d’Israël contre le Hamas et ses alliés inaugurera peut-être, comme je l’espère avec beaucoup d’autres, une nouvelle ère dans l’histoire de l’humanité ». On s’en doute, Lurçat n’est pas prêt à accepter l’idée d’un État palestinien, mais ne donne pas d’indications sur le sort à venir des « territoires », en particulier la Judée-Samarie qui, pour lui, font de toute évidence partie d’Israël. Un ton rude qui ne ménage pas les critiques à l’encontre de la gauche et du « Deep State » de son pays. On pourra évidemment être en désaccord avec au moins certaines idées défendues par Pierre Lurçat, mais son livre donne à réfléchir et constitue un nécessaire contrepoids à ce que nos médias s’efforcent de nous faire avaler au sujet de cette guerre dans laquelle Israël défend son existence. 

 

Fiodor

Une même horreur, deux regards | Un idiot attentif

(1) Arthur Essebag, J’ai perdu un Bédouin dans Paris, Grasset, 2025, 336 p.

(2) Pierre Lurçat, Jusqu’à la victoire ! La plus longue guerre d’Israël. Chroniques 2023-2025, Ed. de l’Eléphant, 2025, 316 p. 

(3) On désigne ainsi la fausse assurance qui prévalait dans la plupart des milieux responsables de l’Etat devant la menace, estimée facile à contenir, du Hamas et des autres factions djihadistes de Gaza.

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