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Littérature, politique et sainteté : Réflexions à l’occasion du Yahrzeit du grand-rabbin Kook

August 25 2025, 08:05am

Posted by Pierre Lurçat

Littérature, politique et sainteté :  Réflexions à l’occasion du Yahrzeit du grand-rabbin Kook

 

Le 90e anniversaire du décès du rabbin Avraham Itshak Hacohen Kook, grand-rabbin de la Palestine mandataire et figure tutélaire du sionisme religieux, est l’occasion de nous pencher sur un aspect important et peu connu de la pensée du rav Kook. Je veux parler de sa conception très particulière de l’art en général et de la littérature en particulier. Avraham Kook est en effet un des rares penseurs religieux juifs de son temps qui a élaboré une pensée abordant les grandes questions de la philosophie. La place qu’occupe l’esthétique dans sa pensée est à cet égard bien moins connue que celle de l’éthique ou de l’herméneutique juive.

 

L’attitude du Rav envers la création artistique en général est marquée d’emblée par un a priori positif : il valorise tout ce qui élève le sentiment du beau. Mais il ne s’agit jamais de “l‘art pour l’art” : car dans sa vision exigeante de l’activité artistique et du sentiment esthétique en général, le Rav attend que l’art élève l’homme vers la sainteté. “Le renforcement du sentiment esthétique en l’homme le prépare à recevoir des lumières supérieures, un trésor spirituel plus élevé qui se donne sans cesse et veut croître avec intensité là où l’on se dispose à le recevoir”.

 

Il convient donc de développer le sentiment artistique, par les créations de la littérature moderne également, “même si elle traite de sujets profanes, parfois de manière très impure[1]. Cette affirmation étonnante repose sur la conviction ancrée chez le rabbin Kook que “la sainteté se révèlera également à partir de la libre poésie” et “qu’une brillante réponse sortira de la littérature profane”. La positivité de l’art – et de la littérature en particulier – n’est donc pas gratuite et absolue : elle est conditionnée par l’espoir qu’il fonde sur lui d’une révélation de la sainteté au sein même de la littérature profane…

 

Une littérature du rabaissement et du désespoir

 

Au regard de cet espoir élevé, quel diagnostic peut-on porter aujourd’hui sur la littérature et sur l’art israélien, 90 ans après la disparition du rabbin Kook ? Force est de constater que les espoirs fondés par le Rav ont été pour l’instant largement déçus. Plus précisément, on peut dire de la littérature israélienne en général qu’elle a trahi l’espoir d’élévation, en se cantonnant le plus souvent au réalisme le plus terre-à-terre et au pessimisme le plus noir, voire à l’abaissement de tout ce qu’il y a de beau, de bon et de sacré en Israël. Qu’on pense simplement aux livres de certains des écrivains les plus choyés de la littérature contemporaine que sont Amos Oz, Yaakov Shabtaï, Ishai Sarid ou Zeruya Shalev, pour ne citer que quatre noms.

 

Chez aucun d’eux, la tendance souhaitée par le Rav de révélation de la sainteté n’apparaît : pis encore, ils se complaisent à exalter des sentiments impurs ou négatifs (Shabtaï, Shalev), ou à tourner en ridicule tout ce qui est sacré pour les Juifs (Sarid). Une autre tendance très présente dans la littérature israélienne, à laquelle j’ai consacré plusieurs analyses depuis une vingtaine d’années, est celle de la transformation des écrivains en chantres politiques – toujours dans le même sens, hostile au sionisme réalisateur et au judaïsme traditionnel – à travers le mythe de “l’écrivain engagé”[2]. Les récents propos de l’écrivain David Grossman, accusant Israël et son armée de “génocide” à Gaza, ne sont que l’illustration la plus extrême d’un phénomène déjà ancien, qu’on pourrait définir comme l’enrôlement des écrivains au service des ennemis de leur propre peuple.

 

Dans ces circonstances, il faut hélas constater que seules de rares voix des lettres israéliennes – pour certaines déjà anciennes – ont confirmé l’espoir que formulait le Rav. Citons notamment Samuel Joseph Agnon, ou encore David Shahar. Pour les autres, on ne peut qu’attendre des générations futures qu’elles finissent par donner naissance à de grands écrivains qui glorifieront le peuple d’Israël, son armée et sa terre, et qui finiront par donner raison à l’espérance prophétique du rabbin Kook de mémoire bénie.

Pierre Lurçat

 

NB Concernant les propos scandaleux de David Grossman, je porte à la connaissance de mes lecteurs la réponse que m’a envoyée Alain Finkielkraut après mon appel public à  se désolidariser de Grossman: “Je suis en désaccord total avec David Grossman et je soutiens sans réserve les centaines de milliers de grévistes qui manifestent contre la guerre effrayante que Netanyahou mène à Gaza. Ils sont l’honneur d’Israël”. Donc acte.

 

[1] Cette citation et les autres sont reprises du beau livre de Yosef ben Shlomo, Introduction à la pensée du Rav Kook, Cerf 1992. Celui-ci ne donne pas la source des citations.

[2] Sur le mythe de “l’écrivain engagé”, je renvoie à mon livre La trahison des clercs d’Israël, La Maison d’édition 2016.

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Appel à BHL et Alain Finkielkraut: démarquez vous publiquement des propos de David Grossman!

August 18 2025, 15:40pm

Posted by Pierre Lurçat

Alain Finkielkraut et BHL aux côtés de Benny Lévy z.l

Alain Finkielkraut et BHL aux côtés de Benny Lévy z.l

 

Il faut lire l’entretien stupéfiant avec David Grossman dans le Monde des Livres la semaine dernière, pour tenter de comprendre l’état d’esprit de l’écrivain – qui a récemment joint sa voix à la campagne de propagande du Hamas accusant Israël de “génocide” à Gaza – et à travers lui, l’état d’esprit de toutes ces vieilles élites israéliennes, qui considèrent que le combat contre le gouvernement Nétanyahou a priorité sur la guerre contre le Hamas. “Lorsque « Le Monde des livres » l’a interrogé à distance", écrit Nicolas Weill, "il se trouvait justement au cœur d’une tempête soulevée par ses propos tenus à l’occasion d’une interview accordée au quotidien italien La Repubblica (1er août), qualifiant de « génocide » la situation actuelle dans la bande de Gaza. Sans éviter le sujet, il s’est avoué désormais fatigué de répondre à des questions politiques et heureux de parler plutôt de son travail littéraire…

 

Oui, vous avez bien lu ! L’écrivain iconique des lettres israéliennes qui, parvenu au faîte de sa renommée internationale, a délibérément choisi de joindre sa voix à celles des ennemis d’Israël en accusant son pays de “génocide”, se dit “fatigué” de répondre aux questions sur ses propos scandaleux, et préfère parler de son travail littéraire… Dans une émission diffusée il y a une dizaine d’années par la télévision israélienne, on pouvait voir Grossman entouré de ses traducteurs en plusieurs langues, réunis dans une somptueuse villa pour les besoins de l’émission, répondant aux questions sur son œuvre et sur ses multiples traductions. On comprenait en l’écoutant combien il jouissait de ce statut d’écrivain traduit, adulé par les médias occidentaux qui ont fait de lui la “voix d’Israël”...

 

Au-delà de la question légitime de savoir quelle part les opinions radicales de Grossman sur la scène politique israélienne jouent dans son aura internationale[1], on peut s’interroger sur cette “fatigue” de l’écrivain, qui après avoir allumé un incendie par ses propos au quotidien italien La Republicca, ne daigne même pas répondre aux critiques légitimes et à la polémique qu’il a sciemment déclenchée… Outre l’incroyable orgueil et la pusillanimité que cette attitude révèle, elle atteste aussi d’une réalité plus profonde, caractéristique de cette gauche israélienne (et juive) qui a depuis longtemps fait sécession et se considère bien plus comme une partie de l’establishment culturel international que du peuple d’Israël…

 

            La gravité des propos de David Grossman est d’autant plus lourde que l’argument moral est aujourd’hui au cœur de la campagne de haine d’Israël lancée par le Hamas et ses soutiens en Occident : il s’agit d’un “antisémitisme moral”, comme l’a récemment fait remarquer Antoine Mercier sur sa chaîne Mosaïque. Dans ce contexte, les prises de position d’intellectuels ou d’hommes de plume israéliens ou Juifs se désolidarisant de leur Etat, de leur armée et de leur peuple en invoquant leur “conscience morale” sont une arme idéologique redoutable aux mains du Hamas et des ennemis d’Israël.

 

            Dès le mois de mars 2024, je m’interrogeais dans ces colonnes, au sujet de Delphine Horvilleur et de Bruno Karsenti: comment ces intellectuels juifs peuvent-ils prétendre défendre Israël contre ceux qui l’accusent de “génocide” ou d’épuration ethnique, dès lors qu’eux-mêmes accusent Israël (ou son gouvernement) de ne pas faire assez pour protéger les civils (D. Horvilleur) ou d’aspirer à une épuration ethnique des Palestiniens (B. Karsenti)? Dix-huit mois plus tard, la boucle est bouclée: Horvilleur a rejoint le camp de ceux qui accusent Israël de génocide, en prenant la défense de David Grossman, dans un plaidoyer pitoyable sur le site de la revue Tenoua.

 

Face à cette débâcle intellectuelle et morale, dont j’ai tenté d’analyser les ressorts psychologiques, je continue d’espérer qu’il se trouvera un intellectuel juif honnête et courageux pour dire que le roi est nu et que David Grossman déraille. J’appelle ici solennellement Bernard-Henri Lévy et Alain Finkielkraut – qui ont souvent exprimé leur admiration envers Grossman l’écrivain – à se démarquer des propos scandaleux de Grossman et à réaffirmer publiquement qu’Israël ne commet aucun génocide à Gaza. L’auteur de La réprobation d’Israël ne peut rester muet face à la terrible calomnie à laquelle Grossman a prêté sa plume et sa notoriété.

Pierre Lurçat

 

 

 

[1] Question que j’aborde dans mon livre La trahison des clercs d’Israël, La maison d’édition 2016.

David Grossman

David Grossman

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La folie des Juifs anti-juifs et l'auto-accusation d’Israël : une explication psychologique, Pierre Lurçat

August 11 2025, 15:28pm

Posted by Pierre Lurçat

La folie des Juifs anti-juifs et l'auto-accusation d’Israël : une explication psychologique, Pierre Lurçat

 

Pour comprendre les propos délirants de l'écrivain israélien David Grossman, accusant son propre pays de “génocide” contre le peuple génocidaire de Gaza, ou ces artistes et anciens officiers supérieurs qui accusent leur pays de “crimes de guerre” à Gaza, on est obligé de faire un détour par la psychologie des peuples. Aucune propagande – fut-elle aussi efficace et démoniaque que celle du Hamas, dont les grands médias israéliens se font souvent les relais – ne permet en effet de comprendre le vent de folie qui saisit ces Israéliens et ces Juifs, qui se transforment en accusateurs de leur propre peuple devant l’opinion internationale, en joignant leur voix au chœur des ennemis d’Israël (quand bien même le feraient-ils avec “le cœur brisé”, comme le prétend Grossman).

 

Face à la guerre terrible déclenchée par le Hamas, et face à la barbarie renaissante d'un nazisme (qu'on croyait à tort détruit dans les ruines de Berlin), certains Juifs tentent désespérément de trouver un coupable. Or, le coupable idéal, dans leurs esprits torturés, c’est… Israël ! Comme l'a décrit magistralement Théodore Lessing, le poids de la haine et des souffrances dont est accablé le peuple Juif depuis l'aube de son histoire devient parfois trop lourd à porter… Au lieu de persévérer dans l’être-Juif et de porter le fardeau de l’élection (qui est un surcroît de responsabilité et non un privilège), certains Juifs préfèrent hurler avec les loups, en croyant se fondre ainsi dans la masse de l’humanité et échapper au destin juif.

 

Lessing a analysé avec finesse, dans son étude sur La haine de soi juive, six cas d’école de Juifs en proie à la haine de soi (Selbsthass) dans l’Allemagne de l’entre-deux-guerres. Ces Juifs assimilés, pour qui le judaïsme ne voulait pas dire grand-chose, sinon un malheur hérité de leurs parents, ont fini par attenter à leurs jours pour échapper à la “malédiction” d’être nés Juifs. Leurs noms ne disent pour la plupart pas grand-chose au lecteur contemporain, mais le phénomène décrit par Lessing est toujours vivant, et il a retrouvé une actualité encore plus brûlante depuis le 7-Octobre.

 

Le discours pathologique de l’auto-accusation

 

C’est un phénomène psychologique souvent similaire qui explique comment des écrivains, des artistes et des militaires à la retraite israéliens en viennent à retourner contre leur pays les mots terribles de “génocide” et de “crimes de guerre”... Ces Juifs antijuifs, ces Israéliens contre Israël retournent contre leur peuple et contre eux-mêmes le venin de l'ennemi. Par un processus d’« élargissement de la cible » caractéristique, ils commencent par s’en prendre au gouvernement, puis à l’armée d’Israël, et finissent par accuser Israël tout entier, en s’incluant dans leur propre accusation, dans un discours souvent pathologique.

 

J'ai trouvé une illustration récente et particulièrement édifiante de ce phénomène chez un Juif français, Jean Christophe Attias, plus connu pour être l'époux d'Esther Benbassa que pour ses propres écrits et travaux. "Nous sommes Amalec!", s'exclame Attias dans un texte délirant publié sur les réseaux sociaux[1] et son cri de délire fait écho au délire antijuif de bien d'autres Juifs antisémites au cours de la longue histoire de notre peuple persécuté, martyrisé et si souvent calomnié… “Nous sommes Amalec. Nous le sommes devenus. Nous lui avons tout cédé. Loin d'en effacer le nom de la surface de la terre, nous le revendiquons pour nous. Seuls les enfants affamés de Palestine pourraient aujourd'hui revendiquer encore le nom de juif. Mais ils ne le feront pas. Le nom juif ne peut leur être qu'odieux.” Je laisse aux spécialistes des pathologies mentales le soin de commenter ces lignes.

 

« Nous sommes Amalec » : délire de « persécuteur » ou blessure narcissique ?

 

Le “Nous sommes Amalec” d’Attias rejoint le “Nous sommes coupables de génocide” de Grossman, ou le “Nous affamons les enfants de Gaza” de Horvilleur. Dans les trois cas, il s’agit de s’auto-accuser pour tenter d’échapper à la condamnation universelle. Etrange « raisonnement », qui fait croire à ces Juifs/Israéliens – aveuglés par leur mauvaise conscience (ou leur bonne conscience, ce qui revient au même en l’occurrence – que joindre leur voix à celles des ennemis d’Israël leur garantira une quelconque immunité, fût-elle purement symbolique ! Bien entendu, on peut arguer que leur prise de position n’est pas sincère et qu’elle est purement intéressée (ils ont une image médiatique à protéger…).

 

Mais cette remarque (avancée par Charles Rojzman au sujet d’Horvilleur), qui n’est pas fausse, n’épuise nullement le sujet. Elle ne fait que donner une motivation matérielle à une posture qui relève également de mécanismes psychologiques plus profondément enfouis. Le psychanalyste Daniel Sibony parle à ce sujet[2] de « blessure narcissique », concept qui rend également compte d’un aspect omniprésent dans la personnalité de ces Juifs anti-juifs : ils sont dans une permanente revendication de leurs « émois » et de leurs états d’âme, comme s’ils devaient prendre le monde entier à témoin (ce qu’ils font d’ailleurs), au lieu de garder pour eux et leurs proches leurs dilemmes moraux et leurs troubles psychologiques.

 

Un autre aspect intéressant chez certains de ces « Juifs contre Israël » (dont la prétention à vouloir accuser Israël « pour le bien d’Israël » ne trompe personne) est leur recours fréquent à des concepts ou à des textes de la Tradition pour justifier leur attitude. C’est ainsi que la femme-rabbin Delphine Horvilleur prétend justifier l’ignominieuse accusation de « génocide » lancée par David Grossman contre son propre peuple, en se livrant à un grotesque « pilpoul » dans la revue du judaïsme réformé francophone Tenoua, et en invoquant la figure de Moïse ! Pas moins que cela.

 

D’autres voix du judaïsme dit « progressiste » invoquent elles aussi des textes de la Tradition pour expliquer qu’il faut « nourrir » les habitants de Gaza, reprenant ainsi le « hoax » de la famine de Gaza utilisé par le Hamas pour délégitimer Israël sur la scène internationale. On pouvait ainsi lire récemment un appel de 1200 rabbins contre « les massacres et la famine » à Gaza… Ces Juifs antijuifs, qui se parent des habits de la « conscience morale » ou de la tradition juive, joignent ainsi leurs voix au chœur des ennemis d’Israël, alors que notre Etat mène la guerre la plus juste au monde pour assurer sa survie et celle du peuple Juif.

 

Pierre Lurçat

NB Continuez de signer la pétition contre les propos de Delphine Horvilleur :

https://chng.it/X7PnMDyQtT

 

 

 

 

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Face aux accusations de “génocide” - La trahison des clercs d’Israël : le cas David Grossman

August 3 2025, 19:03pm

Posted by Pierre Lurçat

Grossman recevant le prix international Man Booker en 2017

Grossman recevant le prix international Man Booker en 2017

 

La pitié, lorsqu’elle devient principe politique, ne se tourne plus vers les causes mais vers l’image immédiate de la souffrance. Elle sacrifie la justice au spectacle de la misère.

 

Hannah Arendt[1]

 

            Comment défendre Israël contre les accusations de “génocide” à Gaza, lorsque certaines voix juives, parmi les plus écoutées dans les médias internationaux reprennent à leur compte ces accusations calomnieuses ? Cette question s’est posée une première fois il y a quelques semaines, lorsque la femme-rabbin Delphine Horvilleur a accusé, avec une poignée d’autres intellectuels juifs français, Israël d’affamer les enfants de Gaza. A l’époque, j’avais dénoncé dans une lettre ouverte publiée sous forme de pétition, cette calomnie incendiaire, en affirmant qu’elle ne manquerait pas d’allumer de nouveaux incendies.

 

            Aujourd’hui, c’est l’écrivain de renommée internationale David Grossman qui joint sa voix aux calomniateurs, en accusant Israël de commettre un “génocide” à Gaza… “J’ai refusé pendant des années d’utiliser ce terme : “génocide”. Mais maintenant je ne peux pas m’empêcher de l’utiliser, après ce que j’ai lu dans les journaux, après les images que j’ai vues et après avoir parlé avec des personnes qui y ont été », explique Grossman dans le quotidien italien La Republicca.

 

            Ces accusations mensongères revêtent une gravité d’autant plus grande qu’elles apportent la caution intellectuelle et morale de l’écrivain - considéré comme une des voix les plus importantes du monde des lettres d’Israël - à la campagne de désinformation et de propagande du Hamas, qui fait actuellement des ravages dans les médias du monde entier. L’attitude de Grossman relève de la plus totale irresponsabilité et de la trahison intellectuelle envers son peuple, son Etat et son armée[2]. Pour justifier son accusation calomnieuse, Grossman n’a pas trouvé d’autre argument que d’invoquer “les images que j’ai vues” et les témoignages “des personnes qui y ont été” (sic). Ce faisant, il cautionne la pire accusation portée contre le peuple Juif depuis la Shoah, sur la base de témoignages douteux et d’images par définition trompeuses. Son attitude participe ainsi de cette “politique de l’émotion” que j”ai analysée au sujet d’Emmanuel Macron et de Delphine Horvilleur.

 

Les propos stupéfiants et scandaleux de Grossman illustrent un phénomène que j’ai analysé depuis longtemps et auquel j’ai consacré un livre paru en 2016 sous le titre La trahison des clercs d’Israël. Un chapitre de ce livre était justement consacré à David Grossman. J’y rappelais notamment que celui-ci s’était prononcé publiquement contre une attaque israélienne contre les installations nucléaires de l’Iran (en 2011) en accusant le Premier ministre israélien (qui était déjà B. Nétanyahou) d’employer une “rhétorique apocalyptique” pour justifier son projet d’attaque contre l’Iran et de “sacrifier des civils iraniens innocents”.

 

Le plus scandaleux dans ces propos de Grossman était leur concomitance avec des déclarations presque similaires de l’écrivain allemand Günther Grass, accusant Israël de “menacer la paix mondiale” et de vouloir “l’éradication du peuple iranien”. A l’époque, les propos de Grass avaient fait scandale, notamment en raison du fait que celui-ci avait publiquement révélé, quelques années plus tôt, son appartenance aux Waffen-SS dans sa jeunesse. Mais les propos similaires de Grossman avaient bénéficié, eux, d’une totale indulgence. Souhaitons que ses propos actuels, accusant Israël de génocide, ne bénéficient pas de la même indulgence et qu’ils soient dénoncés le plus largement possible, comme une véritable trahison intellectuelle.

Pierre Lurçat

 


[1]  De la Révolution, 1963. Cité par Charles Rojzman, La Pitié et le Sang : Gaza - Tribune Juive

[2] Rappelons que son fils Oury a donné sa vie pour Israël, lors de la Deuxième Guerre du Liban en 2006

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Sept ans à t'attendre. Journal de bord d'une PMA d'Ilana Ferhadian

July 30 2025, 09:27am

Posted by Pierre Lurçat

Sept ans à t'attendre. Journal de bord d'une PMA d'Ilana Ferhadian

« Après avoir lu ce livre, je ne serai plus le même médecin.»
Professeur Renato Fanchin

Ils nous disent d’être patients. De ne pas y penser. Que ça finira par arriver. Mais quand les mois deviennent des années, quand chaque cycle est un coup de massue, comment garder espoir ?
Ilana Ferhadian raconte, au jour le jour, sans aucun filtre, le parcours éprouvant de la procréation médicalement assistée. Examens intrusifs, montagnes russes émotionnelles, solitude face à un système médical froid… mais aussi l’amour, l’humour et la rage de vaincre.
Un journal intime bouleversant, où chaque femme en quête d’un enfant se reconnaîtra.

 

Editeur(s) DAVID REINHARC
Date de parution : 16/05/2025

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Face aux accusations de génocide : ces Israéliens qui “traquent le nazi dans le Juif”

July 18 2025, 08:47am

Posted by Pierre Lurçat

Face aux accusations de génocide : ces Israéliens qui “traquent le nazi dans le Juif”

 

Le BESA Center de l’université de Tel-Aviv vient de publier un rapport circonstancié, écrit par une équipe pluridisciplinaire de quatre chercheurs, pour réfuter les accusations de génocide portées contre Israël. Ce rapport, qu’on peut consulter ici, réfute point par point les arguments des ennemis d’Israël, qui prétendent sans vergogne que la juste guerre menée par Israël à Gaza serait une entreprise “génocidaire” et comparent l’Etat juif, son armée et ses dirigeants aux nazis.

 

Comme le révélait hier soir la 14e chaîne télévisée israélienne, ce rapport important du BESA a été accueilli plutôt froidement par plusieurs universitaires israéliens, qui l’ont accusé d’être biaisé politiquement et de faire le jeu du gouvernement ! Oui, vous avez bien lu… Des universitaires israéliens dénoncent un rapport visant à blanchir leur pays de l’accusation de génocide, car ils craignent que ce rapport ne disculpe le gouvernement israélien aux yeux de l’opinion internationale !

 

Cette information pourrait prêter à sourire, si elle ne révélait un phénomène que j’ai déjà abordé souvent dans ces colonnes : celui de la “reductio ad hitlerum” pratiquée par la gauche israélienne contre ses adversaires politiques. La “reductio ad hitlerum” (procédé consistant à accuser ses adversaires idéologiques d’être l’égal des nazis) est ainsi largement une invention juive, tout comme la “Cancel culture” qui en est une forme dérivée.

 

Comme je l’écrivais ici en avril 2024, la reductio a hitlerum, dont sont aujourd’hui victimes Israël et ses défenseurs sur la scène publique internationale, est dans une large mesure une invention de cette gauche juive – sioniste et non sioniste – qui n’a reculé devant aucun procédé, recourant au mensonge et à la calomnie pour “annuler” ses adversaires.  Ils ont “annulé” Jabotinsky et Begin, réécrit l'histoire du mouvement sioniste pour effacer la part de ceux qui ne pensaient pas comme eux – sionistes révisionnistes, sionistes religieux, mizrahim ou ‘haredim – et aujourd'hui ils voudraient annuler Netanyahou et la volonté de la majorité des Israéliens…

 

Yves Mamou pointe également du doigt ce phénomène dans un récent article, mentionnant les noms de Delphine Horvilleur, d’Anne Sinclair, mais aussi d’Alain Finkielkraut avec lequel j’ai débattu la semaine dernière sur la chaine Mosaïque. Lors de ce débat, écrit Mamou, “Finkielkraut a tenté de traquer le nazi chez le Juif qui a osé dire qu’il « n’existe pas de civils innocents à Gaza ». Faut-il en conclure que « les Palestiniens ne sont pas des hommes comme nous, ne font pas partie de l’humanité » a rugi Alain Finkielkraut ?”

 

Je précise que mon intention, en affirmant qu'il n'y a pas de civil innocent à Gaza, n’était évidemment pas d’exclure les habitants de Gaza de l’humanité, mais plus simplement de souligner le fait évident qu’on attend toujours, presque deux ans après le 7 octobre, de trouver un seul “Juste” à Gaza qui nous donnerait une parcelle d’information sur les otages, ou qui s’élèverait publiquement contre les crimes du Hamas envers le peuple Juif.

 

Il est désolant de voir que ces intellectuels juifs et israéliens égarés confondent l’ennemi et l’adversaire et qu’ils donnent la priorité à leur combat idéologique contre le gouvernement d’Israël, quitte à laisser entendre que les accusations de crime de guerre - ou même, pour certains d’entre deux, de génocide - seraient autre chose qu’une calomnie et qu’une entreprise de propagande du Hamas, complaisamment relayée par ses alliés en Occident. Shabbat shalom!

Pierre Lurçat

 

NB J’invite mes lecteurs qui ne l’ont pas encore fait à signer la pétition contre l’accusation de génocide à Gaza lancée par l’historien Isaac Attia (lien QR code ci-dessous)

SCANNER POUR ACCEDER A LA PETITION

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Les sifflets du Vel d'Hiv : l'action militante au cœur de la vie politique française

July 16 2025, 10:29am

Posted by Pierre Lurçat

Le “cri de colère” de Robert Badinter contre les Juifs

Le “cri de colère” de Robert Badinter contre les Juifs

A l'occasion des commémorations de la Rafle du Vel' d'Hiv, je publie cet extrait de mon livre L'étoile et le poing, récemment publié. P.L.

 

De toutes les actions du Tagar, la plus médiatique et celle qui a eu les répercussions les plus marquantes est incontestablement l’affaire du Vel d’Hiv. Ayant été un des principaux acteurs de cet épisode, je le relate ici, une fois n’est pas coutume, à la première personne. Tout avait commencé par la décision de la cour d’appel de Paris, le 13 avril 1992, d’acquitter Paul Touvier, ancien chef de la Milice à Lyon, inculpé depuis 1989 de crimes contre l’Humanité. Cette décision soulève une indignation considérable, au sein de la communauté juive et au-delà.

Le directeur de la rédaction du journal Le Monde, Bruno Frappat, écrit dans un édito intitulé

« Affront » : « S’il s’est trouvé des enseignants pour mettre en doute l’existence des chambres à gaz, s’il s’est trouvé des tribuns politiques pour faire du génocide un sujet de plaisanterie pour fin de banquets, s’il circule en 1992 des publications ouvertement nazies, faut-il s’étonner qu’il se soit trouvé des juges – trois – pour disculper et Touvier, et Vichy ? »

 

C’est dans ce contexte que se déroule la cérémonie traditionnelle du 16 juillet devant l’emplacement de l’ancien vélodrome d’hiver, le « Vel d’Hiv ». A cette époque, je suis à la tête du Tagar, le mouvement des étudiants sionistes, et je suis de près le dossier de la Collaboration et des crimes de Vichy. Ayant appris que le président de la République devait assister à la cérémonie du 16 juillet, nous avons préparé un tract, sous le titre « La gerbe de M. Mitterrand », dans lequel nous posons les questions suivantes :

 

« Pourquoi M. Mitterrand refuse-t-il toujours de reconnaître officiellement les crimes commis par l’État français de Vichy contre les Juifs ? Pourquoi reste-t-il sourd à la demande des anciens déportés, résistants et de tous ceux qui luttent pour la mémoire ? Pourquoi veut-il à tout prix empêcher la justice de faire le procès de Vichy et de la Collaboration, au nom d’une fausse conception de la ‘paix civile’ ? Pourquoi M. Mitterrand protège-t-il René Bousquet, ancien chef de la police de Vichy et responsable direct de l’organisation des rafles antijuives ? Pourquoi M. Mitterrand ne s’est-il jamais expliqué sur son passé sous l’Occupation et sur son activité au service du régime de Vichy pendant un an ? »

Une commémoration mouvementée

Nous avons aussi, sur l’initiative d’Eliaou, décidé de nous munir de sifflets pour perturber le déroulement de la cérémonie. Le jour J, j’arrive en avance à proximité du Vel d’Hiv où je retrouve Eliaou, qui distribue les sifflets aux militants du Tagar. Nous commençons à distribuer le tract aux membres de l’assistance, nombreuse.

 

Dans son livre très éclairant[1], consacré aux rapports entre Mitterrand et Vichy, le journaliste George-Marc Benamou fait le récit de cet épisode. « On n’avait jamais vu autant de monde à cette cérémonie du 16 juillet… On distinguait, dans cette foule hétérogène, la centaine d’intellectuels

 

du très actif ‘Comité Vel d’Hiv 42’, qui faisait parler de lui depuis qu’il avait demandé à

Mitterrand, – sans l’obtenir –, la ‘reconnaissance officielle des persécutions et des crimes de Vichy contre les Juifs’ ; les jeunes juifs du Bétar avec pancartes et drapeaux, très agités ce jour-là ; la vieille gauche juive, les amis des Aubrac, et puis la foule des déportés, des enfants de déportés et des anonymes. Il y avait de l’électricité dans l’air ».

 

Au moment où le président de la République fait son apparition, boulevard de Grenelle, entouré de ses gardes du corps, nous déclenchons les sifflets et je lance le slogan : « Mitterrand, à Vichy ! ». Notre intervention suscite quelques réactions hostiles dans l’assistance, et d’autres favorables, au sein du public très mélangé venu assister à la cérémonie.

 

Mais c’est le Garde des Sceaux, Robert Badinter, qui va amplifier la polémique, par sa réaction émotive et son accès de colère. Prenant la parole immédiatement après les sifflets qui ont perturbé la cérémonie, il s’écrie, le visage tordu par un rictus de haine : « Vous m’avez fait honte ! Vous m’avez fait honte en pensant à ce qui s’est passé là… Il y a des moments où il est dit dans la Parole, les morts vous écoutent ! Je ne demande que le silence que les morts appellent ! » Les images de Badinter tançant la foule vont faire le tour du monde et deviendront célèbres : elles seront régulièrement diffusées dans des émissions sur le thème de Vichy, bien des années plus tard.

 

Interpellé pour « insulte au président de l’État »

 

En regagnant le métro après la cérémonie, je suis soudain coincé par trois inspecteurs en civils, qui m’empoignent et me menottent sous le regard médusé de quelques passants. Mon rôle de ‘meneur’ dans l’échauffourée ne leur a pas échappé, et ils m’annoncent que je suis interpellé pour « insultes au président de la République » et qu’ils m’ont entendu crier « Mitterrand imbécile ! »

Partagé entre la colère et l’amusement, je suis conduit au commissariat central du 14e arrondissement, où je passe la nuit. Conscient de la réussite de notre action, je me souviens avoir annoncé aux policiers qui prennent ma déposition que cette affaire ira loin et qu’ils vont entendre parler de moi dans les journaux… Je ne crois pas si bien dire : le surlendemain, un journaliste de France-Soir m’appelle au local du Tagar et vient m’interviewer. Son article, publié le 18 juillet en Une du quotidien, est plutôt sympathique :

 

« Allure d’étudiant consciencieux, le président du Tagar a rempli sa mission : créer l’élan de protestation qui, jeudi soir, a sérieusement perturbé la cérémonie du Vel d’Hiv ». Dans les bureaux aux volets fermés du Tagar, boulevard de Strasbourg, le téléphone ne cesse plus de sonner ».

 

L’obsession juive de François Mitterrand

 

Dans son livre précité, Georges-Marc Benamou relate la manière obsessionnelle dont le président de la République, François Mitterrand, évoque devant lui son conflit avec une partie de la communauté juive organisée, au cours des derniers jours de son deuxième septennat, en mai

 

1995. Les causes de ce conflit sont multiples : l’affaire Bousquet, la fameuse « gerbe », la commémoration du Vel d’Hiv… Le point commun entre toutes ces questions est le retour de Vichy et la question sensible de la responsabilité française dans les crimes du régime du Vichy. Derrière cette question historique affleure, de manière plus ou moins visible, celle de l’attitude de Mitterrand à l’égard de Vichy, qui donnera lieu à plusieurs livres, et notamment celui de Pierre Péan, Une jeunesse française : François Mitterrand, 1934-1947[2].

 

Benamou rapporte plusieurs de ses conversations avec Mitterrand, tenues pendant cette période, qui tournent souvent autour des rapports du président avec les Juifs. « Comme les Juifs savaient que j’étais leur ami, alors ils se sont permis avec moi ce qu’ils ne se seraient pas permis avec mes prédécesseurs – qui n’étaient pas leurs amis… Ont-ils osé demander cela à De  Gaulle…? Est-ce qu’ils ont osé le harceler, afin d’obtenir de lui ces excuses de la France ? Oh non… »

 

Au beau milieu d’une allée, il s’arrêté et me souffla, en me regardant un peu confus, avec une précaution trop marquée – craignait-il que je le prenne pour un antisémite : ‘Les responsables juifs ont perdu leurs nerfs dans cette affaire… » Il avait pris un tel air de mystère... »

 

L'obsession "juive" – évoquée par Georges-Marc Benamou – de François Mitterrand, dans les dernières années de son second septennat, tient largement au sentiment qu'il avait d'avoir été "trahi" par ceux qui l'avaient jadis encensé. L'affaire des Sifflets du Vel d'Hiv est à cet égard symptomatique de la dégradation des relations entre le Président – parfois considéré comme le plus philosémite de la Cinquième République – et la communauté juive organisée. En plaçant sous le feu des projecteurs le passé trouble de Mitterrand à Vichy, le Tagar a largement écorné l'image avantageuse que ce dernier avait réussi à construire, avec l'aide de certains de ses proches conseillers.

 

[1] BENAMOU 2001.

[2] PEAN 1994.

Les sifflets du Vel d'Hiv : l'action militante au cœur de la vie politique française

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L’ACCES A LA PROFESSION D’AGENT IMMOBILIER DEVIENT PLUS FACILE

July 14 2025, 06:58am

Posted by Pierre Lurcat

L’ACCES A LA PROFESSION D’AGENT IMMOBILIER DEVIENT PLUS FACILE

PIL FORMATION - DEPUIS 2005

 

 

Jérusalem, le 13.7.2025

 

 

COMMUNIQUE : BONNE NOUVELLE POUR LES OLIM DE FRANCE !

L’ACCES A LA PROFESSION D’AGENT IMMOBILIER DEVIENT PLUS FACILE

 

 

Dans le cadre des mesures visant à faciliter l’alyah et l’intégration des Olim de France, le Département des Agents immobiliers au ministère de la Justice a récemment publié une nouvelle instruction concernant l’accès à la profession d’agent immobilier. En voici les éléments essentiels.

 

- Les Olim de France ayant le statut de “nouvel immigrant” (moins de 10 ans en Israël) ET qui ne maîtrisent pas suffisamment l’hébreu pourront désormais bénéficier d’un accès direct à l’examen oral, jusque-là réservé aux candidats ayant échoué à l’écrit avec une note minimale de 50/100.

 

- L’examen oral pourra être passé avec l’accompagnement d’un interprète financé par le ministère de la Justice.

 

- Cette nouvelle politique va être testée pendant une période probatoire d’un an.

___________________________________________________________________

 

LA PROCHAINE FORMATION À L’EXAMEN (ORAL OU ECRIT) D’AGENT IMMOBILIER AURA LIEU ENTRE AOUT ET SEPTEMBRE 2025.

INSCRIPTIONS DÈS MAINTENANT !

 

 

Pour plus d’informations sur cette nouvelle politique et sur la procédure d’inscription à l’examen oral et pour vous préparer efficacement à l’examen, veuillez me contacter,

 

Pierre Lurçat,

PIL FORMATION

050-286 51 43

pierre.lurcat@gmail.com

 

 

 

 

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Le mythe des « civils innocents » de Gaza, Pierre Lurçat

July 8 2025, 07:05am

Posted by Pierre Lurçat

Le mythe des « civils innocents » de Gaza, Pierre Lurçat

Je republie ici cet article paru dans Israël Magazine en janvier 2024, à l'occasion du débat que j'ai eu hier avec Alain Finkielkraut sur la chaîne Mosaïque. P.L.

 

 

            Hasard ou non, les salles obscures en Israël diffusent actuellement le film « Plan Aleph », consacré à l’opération Nakam, au cours de laquelle des rescapés de la Shoah projetèrent d’assassiner des milliers d’Allemands pour venger la mort de leurs proches. A un moment clé du film, un des héros explique qu’à ses yeux, il n’y a pas d’Allemand innocent. Et les Gazaouis ? La question des « civils innocents » – qui a souvent été posée dans l’histoire des guerres d’Israël – se pose avec une acuité décuplée depuis le début de la guerre déclenchée par le Hamas le 7 octobre. D’une question intérieure israélienne, elle est devenue une question internationale, notamment depuis la plainte déposée par l’Afrique du Sud devant la Cour de Justice internationale. Comment concilier ces répercussions internationales avec les exigences de la guerre ? Israël en fait-il trop – contrairement aux accusations de ses ennemis et de certains de ses alliés – pour protéger les civils à Gaza ? Et que dit la tradition juive sur cette question cruciale ? Tour d’horizon.

 

            Premier rappel utile : cette question n’a rien de nouveau, ni dans l’histoire juive, ni même dans l’histoire récente d’Israël. Elle apparaît à l’occasion de chaque guerre depuis 1948 et a donné lieu à d’innombrables débats, tant dans l’espace public que dans les œuvres littéraires ou cinématographiques consacrées à la guerre. Rappelons le fameux épisode des « Lamed-Hé » pendant la Guerre d’Indépendance, au cours duquel 35 jeunes soldats trouvèrent la mort, après avoir croisé sur leur chemin un vieux berger arabe, qu’ils choisirent d’épargner et qui s’empressa d’aller chercher des renforts.

 

Devenu un élément fondateur de la doctrine militaire de la « pureté des armes », cet épisode est parfois considéré comme illustrant la trop grande attention portée par Israël à la vie de ses ennemis. Autres exemples, plus récents : au cours de la Première Guerre du Liban, en 1982, des soldats israéliens se trouvèrent confrontés à de jeunes adolescents, voire à des enfants armés, et plusieurs soldats de Tsahal furent tués pour avoir hésité à tirer sur ces ennemis, en raison de leur jeune âge.

 

Ces exemples illustrent un phénomène récurrent dans l’histoire des guerres d’Israël : celui du refus de tuer des civils ou des enfants-soldats, refus aux conséquences souvent tragiques. A Gaza aussi, de nombreux témoignages récents font état de la présence de civils non armés, qui viennent à la rencontre des soldats de Tsahal et les attirent délibérément dans des embuscades meurtrières. Un nom a même été inventé pour désigner ces pièges mortels : les « embuscades humanitaires ».

 

L’utilisation des civils par le Hamas

 

Sans être le premier à utiliser ces tactiques de guerre, le Hamas est en effet passé maître dans l’utilisation de civils pour servir ses objectifs militaires et politiques. Celle-ci prend essentiellement trois formes principales : premièrement, celle des civils utilisés comme boucliers humains, dans les hôpitaux, sur le champ de bataille en surface et dans les tunnels souterrains. Deuxièmement, celle des civils exposés délibérément aux attaques israéliennes, ou empêchés de quitter les lieux dangereux (comme les y invite Tsahal) pour démultiplier volontairement le nombre des victimes civiles. Et enfin, celle des civils utilisés comme « appâts » sur le champ de bataille, dans les « embuscades humanitaires » évoquées ci-dessus.

 

Face à ces tactiques guerrières – que le droit de la guerre occidental considère comme illégales – Tsahal est confronté à un dilemme permanent. Ne pas tenir compte de la présence des civils ennemis conduit à augmenter le nombre de victimes civiles – ce qui est précisément l’objectif recherché par le Hamas – et à accroître les pressions internationales contre Israël, comme nous le voyons actuellement. A l’inverse, tenir compte de la présence des civils expose les soldats à un risque accru, et met parfois en danger les objectifs militaires. Tsahal navigue ainsi constamment entre ces deux objectifs contradictoires.

 

Mais ce débat n’est pas seulement opérationnel et tactique, car il touche également à des considérations morales et juridiques, qui sont au cœur du débat intérieur à Israël. C’est pourquoi la définition même des « civils innocents » a des implications qui vont bien au-delà du débat théorique. La notion même de « civils innocents » est problématique, comme le faisait remarquer le rabbin Oury Cherki il y a plusieurs années. En effet, elle laisse entendre que les soldats seraient, eux, « coupables » et qu’il y aurait lieu de les « juger », voire de les « condamner »[1].

 

La remarque du rabbin Cherki fait écho à un débat ancien dans la tradition d’Israël. Ainsi, le Maharal de Prague observait similairement que la guerre n’est pas une opération qui vise à capturer des criminels, dans laquelle il faudrait effectivement protéger les civils innocents. La guerre est un affrontement entre plusieurs nations, au cours duquel des civils sont inévitablement exposés et font partie des victimes. Il est intéressant de remarquer que l’Occident lui-même a longtemps envisagé la guerre selon cette dernière conception, et que ce n’est que récemment qu’il a évolué vers une idée de « guerre-justice » (comme la guerre des Balkans dans les années 1990).

 

Les civils de Gaza sont-ils innocents ?

 

Au-delà de ces considérations théoriques, la guerre actuelle montre les limites et les ambiguïtés de la notion de « civils innocents » dans le cas des habitants de Gaza. Comme l’ont en effet rapporté des dizaines de soldats et d’officiers présents dans la bande de Gaza, la plupart des civils s’identifient, dans une mesure plus ou moins grande, au Hamas et à ses objectifs. En réalité, la notion même de « civils non impliqués » est étrangère à la doctrine du djihad dans l’islam, doctrine dans laquelle les habitants de Gaza sont éduqués et qu’ils appliquent. Le djihad est en effet devenu à l’époque contemporaine – sous l’inspiration des théoriciens de l’islam radical – une obligation individuelle (fard ‘ayn) qui s’applique à tous.

 

Pratiquement, cela se traduit dans le fait que la plupart des assaillants du 7 octobre n’étaient pas des terroristes du Hamas portant un uniforme, mais bien des civils de Gaza, qui se sont joints à la razzia et aux exactions perpétrées contre Israël. Ce constat est lourd de conséquences, et il ne doit pas être occulté, sous peine de commettre une erreur d’appréciation cruciale. La guerre actuelle n’oppose en effet pas seulement Israël au Hamas, mais bien à Gaza et à sa population. Ce constat a été confirmé sur le terrain par le fait que des armes et des munitions ont été trouvées dans la plupart des maisons de Gaza, y compris cachées sous les lits d’enfants…

 

Comme le rapportait récemment le journaliste de la 13e chaîne et soldat de réserve Roï Yanovsky, « Dans tous les quartiers où nous avons été, il y a des sites militaires du Hamas avec des armes, des tunnels, des explosifs, des rampes de lancement de roquettes et tout cela dans les maisons. Dans certaines, se trouvent des ouvertures dans les murs pour passer d’un bâtiment à un autre. Les habitants de Gaza qui vivent dans ces zones de guerre, le savent. Ils ont reçu une quantité innombrable d’avertissements les appelant à évacuer, bien avant que Tsahal n’entame son offensive terrestre. Ceux qui ont décidé de rester sont soit des hommes du Hamas, soit des gens qui ont pris cette décision en sachant que les lieux étaient utilisés par le Hamas et donc une zone de combat »[2].

 

            Ce que signifie ce témoignage éloquent, c’est que la plupart des civils de Gaza sont loin d’être innocents. Ils ont en fait pris fait et cause pour le Hamas et sont ainsi devenus ses supplétifs. C’est sans doute une des raisons de la difficulté de la guerre actuelle, qui dure déjà depuis plus de 100 jours et dont nous sommes loin de voir la fin. Comme l’explique encore Yanovsky, « le cercle qui permet au Hamas d’agir est beaucoup plus large que ses dizaines de milliers de terroristes. L’idéologie du Hamas se trouve dans toutes les maisons, dans les tableaux, dans les documents de propagande. Le Hamas à Gaza c’est comme Messi en Argentine ». Ou, pour dire les choses autrement, les terroristes du Hamas sont à Gaza « comme un poisson dans l’eau », selon l’expression du président Mao Zedong, qui avait lui aussi une expérience de la guérilla et de l’utilisation des civils à des fins militaires.

 

Dans ces circonstances, que doit faire Tsahal et comment Israël doit-il adapter son attitude aux réalités du terrain à Gaza (et ailleurs) ? La première conséquence est de garder sans cesse à l’esprit le fait que les civils sont rarement innocents. Cela doit être une loi d’airain pour les soldats israéliens : que nul d’entre eux ne tombe dans les pièges tendus par des civils ou utilisant des civils, et que nul ne cède à la tentation (bien humaine) de les considérer comme des victimes. La deuxième conséquence est l’obligation pour Israël de rappeler au monde entier contre qui nous nous battons, comme il le fait depuis le 7 octobre. Il est crucial de rappeler sans cesse que les civils de Gaza sont rarement innocents et qu’ils sont en fait responsables de la situation actuelle, ayant porté le Hamas au pouvoir et n’ayant rien fait pour s’opposer à lui.

 

Aucune population civile ne peut être tenue pour non responsable du pouvoir qu’elle s’est choisie. Il y a eu des résistants et des opposants dans tous les régimes totalitaires, y compris les plus cruels, comme l’Allemagne nazie, où Hitler a échappé à plusieurs tentatives d’assassinat. On attend toujours de voir se lever des Gazaouis opposés au Hamas. En attendant ce jour, écoutons et faisons nôtre le témoignage de l’ex-otage franco-israélienne Mia Shem, qui a déclaré, après avoir passé plusieurs semaines dans une geôle, gardée par une famille de « civils » soi-disant innocents, que « tout le monde est terroriste à Gaza ». Vérité difficilement audible en Occident, mais vérité tout de même.

Pierre Lurçat

© P. Lurçat et Israël Magazine.

 

[1] Oury Cherki, “Une éthique juive de la guerre”, in Revue Forum-Israël no. 4, Déraison d’Etat, juin 2007.

[2] Témoignage traduit sur le site LPH INFO

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Dans la tête d’un lecteur d’Ha'aretz (III) : Quand la gauche israélienne recycle les pires accusations antisémites

June 30 2025, 07:12am

Posted by Pierre Lurçat

Amira Haas à Ramallah, 2001

Amira Haas à Ramallah, 2001

 

Dans les 2 premiers volets de cette série d’articles, nous avons vu comment Ha’aretz accusait Tsahal de commettre un génocide à Gaza et comment sa compassion pour les « civils innocents » de Gaza s’accompagnait d’une détestation pour les Juifs. Dans ce troisième volet, nous allons voir comment cette détestation – en particulier pour les Juifs habitant en Judée-Samarie – a contribué à l’aveuglement qui a mené au 7 octobre.

 

Dans la tête d’un lecteur d’Ha'aretz (I): Gaza, “génocide” ou “extermination”? Pierre Lurçat - VudeJerusalem.over-blog.com

Dans la tête d’un lecteur d’Ha'aretz (II) : Compassion pour Gaza et détestation des Juifs, Pierre Lurçat - VudeJerusalem.over-blog.com

 

Rencontrant un célèbre intellectuel juif français, un rabbin sioniste religieux bien connu eut la surprise de l’entendre affirmer que les “colons empoisonnaient les puits des Palestiniens” en Judée-Samarie. L’accusation n’est pas nouvelle : elle a été proférée par Mahmoud Abbas (que certains s’entêtent à qualifier de “modéré”) en juin 2016. Or cette accusation n’est pas seulement un fake-news, utilisé par le vieux leader de l’Autorité palestinienne dans sa guerre idéologique contre Israël. Il s’agit aussi de la remise au goût du jour d’un poncif de l’antisémitisme séculaire.

 

C’est en effet le thème ancien et très répandu au Moyen-Age des “Juifs empoisonneurs”, qui est réapparu au 16e siècle sous la plume féconde de Martin Luther, puis au 20e siècle lors de l’affaire du “complot des blouses blanches” en URSS. On constate donc que l’antisionisme contemporain n’invente rien : il se contente de recycler les poncifs éculés de l’antisémitisme à travers les siècles, en les remettant au “goût du jour”. La propagande contemporaine contre Israël puise sans cesse dans l’imaginaire collectif occidental et dans l’arsenal de la propagande antisémite[1].

 

Mais cela n’explique pas comment notre intellectuel juif français pouvait croire à ce mensonge éhonté de la propagande palestinienne. La réponse est que les mensonges palestiniens sont jour après jour repris par le journal Ha’aretz, qui s’est donné pour mission de calomnier de manière quotidienne – à travers la thématique mensongère de la “violence des colons” – les habitants juifs de Judée-Samarie, devenus sous la plume d’Amira Hass, de Gideon Levy et d’autres journalistes de Ha’aretz les nouveaux ennemis du genre humain.

 

Ce travail de sape quotidien dans l’organe de presse des élites israéliennes explique pourquoi, après le 7 octobre (!), un officier supérieur de Tsahal pouvait organiser un exercice simulant l’enlèvement d’un Palestinien par des “colons” juifs… Il explique aussi pourquoi les dirigeants actuels et passés du Shin-Beth – les fameux “Gatekeepers” qui n’ont pas vu venir le 7 octobre en dépit de tous les signes avant-coureurs – sont obnubilés par la “menace” fantasmatique que constituent à leurs yeux les habitants juifs de Judée-Samarie, devenus leur obsession, au point qu’ils font passer au second plan la menace – bien réelle – du terrorisme arabe en Judée-Samarie, à Gaza et ailleurs.

 

La lecture du journal Ha’aretz permet donc de répondre à une des questions les plus obsédantes, que des millions d’Israéliens se posent ces derniers mois, et encore plus depuis l’attaque réussie contre l’Iran. Comment Israël a-t-il pu remporter une victoire aussi éclatante contre l’Iran des Mollahs et sa menace nucléaire, et s’être laissé surprendre par le Hamas, milice terroriste renforcée par les supplétifs “civils” de Gaza montés sur de simples scooters ?

 

Une des réponses à cette question obsédante – qui comporte évidemment d’autres dimensions, qui relèvent aussi du plan spirituel, voir du “nistar” (la dimension cachée de la Torah) – est que le Shin-Beth, responsable de Gaza (alors que l’Iran relève du Mossad et d’Aman) est dirigé par des Israéliens de gauche et d’extrême-gauche, formatés par la lecture quotidienne d’Ha’aretz. La propagande pernicieuse du quotidien post-sioniste a fini par aveugler les responsables de la sécurité intérieure, avec les conséquences dramatiques que l’on sait.

Pierre Lurçat

 

NB Après avoir accusé injustement Israël « d’affamer les enfants de Gaza », la rabbin Delphine Horvilleur n’est pas revenue sur ses propos mensongers et incendiaires. J’invite donc mes lecteurs à continuer de signer et faire signer la pétition – lettre ouverte que je lui ai adressée, ici : https://chng.it/nKbYJ9zmFm

 

[1] J’ai développé cette analyse dans mon livre Les mythes fondateurs de l’antisionisme contemporain, éditions l’éléphant 2022, réédition 2024.

Dans la tête d’un lecteur d’Ha'aretz (III) :  Quand la gauche israélienne recycle les pires accusations antisémites

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