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Dans la tête d’un lecteur d’Ha'aretz (I): Gaza, “génocide” ou “extermination”? Pierre Lurçat

May 18 2025, 14:44pm

Posted by Pierre Lurçat

Dans la tête d’un lecteur d’Ha'aretz (I): Gaza, “génocide” ou “extermination”?  Pierre Lurçat

 

La lecture du journal Ha’aretz est un “plaisir” masochiste. Je m’y adonne parfois, en fin de semaine, pour tenter de comprendre ce que pensent les anciennes élites israéliennes et les manifestants “kaplanistes”, qui considèrent que l’ennemi d’Israël n’est pas le Hamas, ni l’Iran, mais son Premier ministre Benjamin Nétanyahou. Il n’est pas facile d’entrer dans la tête d’un lecteur d’Ha’aretz. Ce n’est pas facile, mais c’est un exercice nécessaire. Premier volet.

 

J’ai raconté ailleurs[1] l’histoire de ce quotidien, autrefois sioniste, qui est devenu le fer de lance de la “cinquième colonne” progressiste à l’intérieur d’Israël et la lecture favorite des ennemis d’Israël (dans sa version anglaise). Une des forces du journal Ha’aretz est la richesse de ses suppléments. Le numéro de fin de semaine (paraissant le vendredi, qui est le jour où tous les quotidiens font paraître leurs suppléments du shabbat) comporte pas moins de cinq suppléments : le “Moussaf Ha’aretz”, sorte de magazine abordant des sujets variés, le supplément artistique “Galeria”, le MarkerWeek qui est le supplément économique, le supplément littéraire et le supplément “Culture et littérature”.

 

Mais avant d’aborder la littérature vue par Ha’aretz, feuilletons le quotidien du vendredi 16 mai 2025. En bas de page de la “Une”, un article signé Nir Hasson et The Guardian (quotidien britannique réputé pour être particulièrement anti-israélien) porte en titre : “L’hôpital de Gaza mis hors de service par des attaques israéliennes était le seul à traiter des malades du cancer”. Sous-titre ; “Le ministère de la Santé dans la bande de Gaza : plus de 120 personnes tuées dans l’attaque hier”. Dans Ha’aretz, comme dans quasiment l’ensemble de la presse occidentale, on prend pour argent comptant les chiffres du Hamas…

 

Il faut aller en page 10 pour lire l’article entier, et comprendre que “l’hôpital européen” de Gaza visé par Tsahal abritait le haut-commandement du Hamas et que l’attaque israélienne a permis de tuer le chef du mouvement terroriste, Mohammed Sinwar. Ce petit “détail” relégué en page intérieure aura donc échappé à de nombreux lecteurs du quotidien, qui retiendront (tout comme les lecteurs du Monde ou du Guardian) que l’attaque israélienne visait le seul hôpital de Gaza traitant les malades du cancer…

 

L’éditorial d’Ha'aretz en page deux porte un titre énigmatique, sous forme de jeu de mot (un peu à la “Libé”) : “Kari s’empare de la télécommande” (avec une allitération en hébreu intraduisible en français). L’éditorialiste explique que “le gouvernement a fait de la guerre contre la presse libre un élément central de son entreprise pour ébranler les fondements de la démocratie”. Sans entrer dans les détails du projet de réforme gouvernementale, on se contentera de s’interroger sur les valeurs de “liberté de la presse” que prétend défendre Ha'aretz. Mais je laisse mes lecteurs juger d’eux-mêmes.

 

En page “Opinions”, deux articles ont retenu mon attention. Le premier, signé Ilana Hamerman, s’intitule “J’écris pour ne pas mourir”. Il s’agit d’une citation de l’écrivain gazoui Yousri Al-Aoul, qui “s’efforce de tenir un journal depuis le début de la guerre d’extermination menée par Israël à Gaza”. Vous avez bien lu : extermination (hashmada). Je n’ai pas lu la suite de l’article, il y a une limite au masochisme. Si le quotidien de l’intelligentsia israélienne parle de “guerre d’extermination” à propos de la riposte israélienne à Gaza, alors que faut-il attendre des Mélenchon et Rima Hassan en France ?

 

En bas de la même page, le directeur de la branche israélienne d’Amnesty, Yariv Moher, signe une tribune dans laquelle il explique s’être trompé lorsqu’il avait protesté contre le qualificatif de “génocide” pour décrire ce qui se passe à Gaza, s’opposant au rapport sur le sujet d’Amnesty International. “J’ai dit que ce n’était pas un génocide. Je n’en suis plus certain maintenant” est le titre de son article… Allez, je crois que mes lecteurs commencent à être pris de nausée, je m’arrête là pour aujourd’hui ! (à suivre…)

P. Lurçat

 

NB Sur un sujet qui concerne directement le monde juif francophone, Ha’aretz a récemment prétendu que Delphine Horvilleur faisait « l’objet d’une campagne de menaces après avoir critiqué le gouvernement israélien… » (sic) J’invite ceux de mes lecteurs qui ne l’ont pas encore fait à signer la pétition-lettre ouverte que j’ai adressée à Delphine Horvilleur, ici : https://chng.it/nKbYJ9zmFm

 

 

[1] Dans mon livre La trahison des clercs d’Israël, La maison d’édition 2016.

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Emmanuel Macron, Delphine Horvilleur et la politique de l'émotion

May 14 2025, 09:58am

Posted by Pierre Lurçat

Delphine Horvilleur et les époux Macron

Delphine Horvilleur et les époux Macron

“La situation télévisuelle favorise l’attitude de croire plutôt que d’analyser et de chercher à comprendre. L’image porte en elle sa propre crédibilité, sans que la référence à une quelconque réalité extérieure soit nécessaire. La distinction entre le réel et l’imaginaire, entre le vrai et le faux s’estompe”.

Liliane Lurçat[1]

 

1.

Il faut réécouter les propos du président français hier soir (mardi) s'emportant en direct contre Israël et son Premier ministre avec une violence inouïe… “Ce que fait le gouvernement israélien à Gaza est inacceptable !” On comprend en écoutant Macron que l'excès qui caractérise notre époque n'est plus confiné depuis longtemps aux seuls internautes et aux commentaires en ligne. Les propos du président de la République française ne sont en définitive pas très différents de ceux de l'animateur de télé Thierry Ardisson, dans sa manière de transformer Israël en bouc émissaire coupable de tous les maux de la région.

 

Que fait en effet Emmanuel Macron – en réagissant à chaud et sous le coup de l'émotion au témoignage d'un urgentiste de Gaza – sinon exposer au grand jour ses émotions intimes qui auraient dû rester dans le secret de son cœur ? (« C’est terrible. Il n’y a pas d’eau, il n’y a pas de médicaments. On ne peut plus sortir les blessés », s’est ému le chef de l’Etat). D'un dirigeant politique, on peut en effet attendre qu'il contrôle ses affects et qu'il parle de manière réfléchie et contrôlée. Seulement voilà : l'époque est entièrement sous la domination des images, des émotions et des élans du cœur qu'elles suscitent…

 

2.

"ולא תתורו אחרי עינכם ואחרי לבבכם אשר אתם זונים אחרהם"

Le verset du “Chema Israël” que tout Juif dit au moins une fois dans sa vie n'a jamais été aussi actuel qu'aujourd'hui. Il décrit parfaitement le monde de l'image où nous vivons, comme me l'avait jadis enseigné le regretté Haïm Aszes dans un séminaire de hasbara (contre-propagande), au moment de la “Première Intifada”.

 

Or, c'est précisément le reproche principal qu'on peut faire à Delphine Horvilleur. Dans ses propos très critiques envers Israël, son gouvernement et son armée, elle a cédé elle aussi, tout comme Emmanuel Macron ou Thierry Ardisson, au langage de l'émotion, au lieu de parler celui de la raison. On peut s'opposer à la politique du gouvernement israélien sans tomber dans la calomnie et sans donner d'armes aux ennemis d'Israël. Or dans la guerre terrible déclenchée par le Hamas et l'Iran contre l'État juif, les mots sont des armes…

 

Même si elle pense que les civils de Gaza sont innocents, ce que démentent les témoignages unanimes de tous les otages libérés de Gaza, Delphine Horvilleur ne peut pas sérieusement accuser Israël d'affamer des innocents et des enfants (accusation terrible sur laquelle elle n’est pas revenue dans sa réponse aux critiques que ses propos ont suscitées, intitulée de manière démagogique « Répondre à la haine »).

 

3.

Le monde de l'image dans lequel nous vivons est celui de l'asservissement de la raison aux émotions, et de l'annihilation qui en découle de la réflexion critique. Ce problème essentiel, qui avait été analysé il y a plusieurs décennies par la psychologue Liliane Lurçat citée en exergue, est crucial dans la guerre d'Israël pour sa survie.

 

Face à des ennemis qui utilisent des images trompeuses, des “hoax” et des mensonges médiatiques immédiatement répercutés par les médias du monde entier, le juste combat d’Israël passe par une réfutation permanente de la propagande du Hamas. Dans ce contexte, on ne peut pas prétendre défendre Israël, tout en prenant pour argent comptant les accusations mensongères d’affamer la population de Gaza.

 

La moindre des choses qu’on peut attendre d’un dirigeant juif, a fortiori d’un rabbin, est qu’il prenne au sérieux les mots de la Bible, qui nous enjoint de ne pas nous laisser séduire par les images, employant le même verbe (זנה) qu’elle utilise à propos de l’idolâtrie. (J’observe au passage que Delphine Horvilleur détourne de son sens obvie le fameux verset d’Isaïe « Pour Sion je ne me tairai pas », qu’elle interprète abusivement pour justifier sa critique contre Israël, alors que le prophète parle au contraire de justifier Israël contre ses ennemis[1]). La défense d’Israël fait aussi partie de ce combat plus vaste contre l’idolâtrie des images et des émotions. Vaste et exigeant programme !

Pierre Lurçat

 

[1] Sens obvie qui est notamment celui donné par Rashi, le Malbim, Metsoudat David, etc. Je remercie le rabbin Moshé Cahn de la synagogue Hildesheimer à Jérusalem pour ses remarques éclairantes et Judith A. pour ses intuitions fulgurantes.

 

[1] La manipulation des enfants par la télévision et l’ordinateur, F.X de Guibert 2008, p. 93.

Le monde de l'image : "famine" à Gaza

Le monde de l'image : "famine" à Gaza

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"L'imposture Horvilleur" vue par Alain Finkielkraut.

May 12 2025, 13:14pm

Posted by Pierre Lurçat

A. Finkielkraut

A. Finkielkraut

NB Certains de mes interlocuteurs se sont étonnés que je m'adresse à Delphine Horvilleur en l'appelant "Madame le rabbin". Je ne la considère évidemment pas comme "rabbin" au sens où l'entend la Tradition. Je voulais simplement souligner la contradiction inhérente à vouloir invoquer la Torah pour condamner Israël. Continuez de signer https://chng.it/nKbYJ9zmFmhttps://chng.it/nKbYJ9zmFmqui va bientôt dépasser les 3000 signatures! 

https://chng.it/nKbYJ9zmFm

Je viens de tomber sur ce texte très éclairant grâce à l’Observatoire juif de France, dont il faut saluer le travail méritoire contre l’antisémitisme en France. L’OJF l’a republié en réaction aux propos scandaleux de Delphine Horvilleur, qui continuent de susciter l’indignation légitime de la communauté juive et de tous les amis d’Israël.

 

En lisant cet échange entre Alain Finkielkraut et Pierre Manent, il m’a semblé qu’A. Finkielkraut avait mis le doigt sur un aspect essentiel de “l’imposture Horvilleur” (il emploie lui aussi ce mot la concernant). Cet aspect, Finkielkraut l’appelle un “judaïsme dressé contre le destin juif”, c’est-à-dire contre l’identité et contre la transmission. Dire “merde à l’identité”, de la part d’une femme qui se dit rabbin, c’est effectivement le comble de l’inconséquence, ou de la trahison intellectuelle.

 

Comme le dit Finkielkraut, Delphine Horvilleur “Tend à l’hyper modernité, en guise de judaïsme, un miroir où elle rit de se voir si mélangée”. Jolie métaphore pour dire combien la rabbin-people a dilué l’identité juive, au point qu’il n’en reste que peau de chagrin. Son judaïsme médiatique et dans l’air du temps n’a plus grand chose à voir avec la Tradition, notion qu’elle récuse puisqu’elle semble, tout comme son personnage Ajar, “rompre avec la filiation”.

 

Cette analyse est d’autant plus remarquable à mes yeux qu’elle émane de quelqu’un qui partage grosso modo les opinions politiques de D. Horvilleur (même s’il ne les a pas exprimées de manière aussi scandaleuse). Mais Finkielkraut reste un intellectuel, capable (parfois) de penser contre son camp. Qu’il en soit remercié.

 Pierre Lurçat

 

Conversation entre Pierre Manent et Alain Finkielkraut, publiée dans le FigaroVox le 1ernovembre 2022 et reprise par Tribune Juive

Alain Finkielkraut

Je me souviens d’un article du Débat de Tony Judt en 2004 où il disait : 

« Dans le monde du mélange, où les obstacles à la communication sont presque effondrés, où nous sommes toujours plus nombreux à avoir des identités multiples, des identités électives, Israël est un véritable anachronisme. » Ce mot m’a fait sursauter. Il actualise le vieux réquisitoire, développé également, il faut le dire, par Pascal, contre le juif charnel, le juif de génération en génération. Ce réquisitoire, je le retrouve, à ma grande stupéfaction, dans des propos et dans le dernier livre de Delphine Horvilleur : Il n’y a pas de Ajar. Le héros de ce monologue, fils putatif du pseudo de Romain Gary, n’y va pas avec le dos de la cuiller : « Merde à l’identité, merde à l’engendrement », dit-il. Et il fustige les appartenances, il s’appuie sur Abraham pour rompre avec la filiation.

 

Delphine Horvilleur invente un judaïsme tout entier dressé contre le destin juif. Elle réussit le prodige de judaïser le procès du juif charnel. C’est pour moi une imposture, et même une impiété. Tendre à l’hyper modernité, en guise de judaïsme, un miroir où elle rit de se voir si mélangée, ce tour de force me met hors de moi.

À l’opposé de cet enrôlement de la foi de nos pères au service de l’air du temps,

 

Raymond Aron écrit, dans Le Spectateur engagé :

« Aujourd’hui, je justifie, en quelque sorte, mon attachement au judaïsme par la fidélité à mes racines. Si, par extraordinaire, je devais apparaître devant mon grand-père qui vivait à Rambervillers, encore fidèle à la tradition, je voudrais devant lui ne pas avoir honte. Je voudrais lui donner le sentiment que, n’étant plus juif comme il l’était, je suis resté d’une manière fidèle. Comme je l’ai écrit plusieurs fois, je n’aime pas arracher mes racines, ce n’est pas très philosophique peut-être mais on s’arrange avec ses sentiments et ses idées le moins mal qu’on peut. »  En effet, ce n’est pas philosophique mais c’est peut-être en un certain sens religieux. Je ne vis pas, pour ma part, sous le regard de Dieu, mais je vis sous le regard des morts, de certains morts, qui ne sont pas toujours juifs, d’ailleurs, et j’essaie de m’en montrer digne.

 

Dieu est-il mort? Conversation entre Pierre Manent et Alain Finkielkraut - Tribune Juive

"Dire merde l'identité" : Delphine Horvilleur avec Gad Elmaleh

"Dire merde l'identité" : Delphine Horvilleur avec Gad Elmaleh

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Gaza : qui utilise l'arme de la faim ? Réponse à Delphine Horvilleur et à d’autres Juifs égarés

May 9 2025, 11:24am

Posted by Pierre Lurçat

Gaza : qui utilise l'arme de la faim ?  Réponse à Delphine Horvilleur et à d’autres Juifs égarés

 

Une enquête du quotidien Israel Hayom révèle que, contrairement aux accusations portées contre Israël par de nombreuses ONG et relayées par les médias occidentaux, l'aide humanitaire continue d'entrer à Gaza. Le Hamas ne se prive pas, de son côté, d'utiliser "l’arme de la faim", en s'appropriant depuis le début de la guerre l'aide humanitaire qu'il exploite cyniquement pour asseoir son pouvoir sur la population de Gaza, tout en refusant obstinément de libérer les civils israéliens pris en otage il y a plus de 18 mois.

 

Cette réalité largement occultée ne doit pas nous empêcher de poser la question : est-il légitime pour une démocratie, en guerre contre un ennemi aussi implacable que le Hamas, de vouloir contrôler l'aide humanitaire ? Israël est-il moralement fondé à ne pas laisser l'aide humanitaire parvenir aux mains de l'organisation islamiste radicale ? Pour répondre à cette question, il faut se répartir du regard simpliste et manichéen que posent trop souvent les médias sur la guerre à Gaza et sur ses conséquences pour la population civile

 

Comme l'avait dit jadis Golda Meir, si les Arabes déposaient les armes, il y aurait la paix. Mais si Israël dépose les armes, il cessera d’exister. Cela est d'autant plus vrai s'agissant du Hamas, qui porte l'entière responsabilité de la guerre actuelle et de la situation à Gaza. Chaque fois que l'on mentionne la question de l'aide humanitaire et de l'approvisionnement de Gaza, il faut rappeler cette vérité essentielle : il suffirait que le Hamas libère les otages (cruellement privés de nourriture et de traitements médicaux, en contravention avec toutes les règles du droit humanitaire, sans que les ONG ne s'en émeuvent) pour que la situation actuelle prenne fin.

 

Il est regrettable que des organisations juives comme JCall reprennent à leur compte le narratif mensonger du Hamas, en accusant Israël d'affamer la population de Gaza et en faisant porter la responsabilité de la situation actuelle au gouvernement israélien. Cette attitude est d’autant plus condamnable lorsqu’elle émane de personnalités juives qui prétendent exercer un magistère moral, à l’instar du rabbin Delphine Horvilleur qui accuse elle aussi Israël « d’affamer des innocents et de condamner des enfants » (sic). Comment espérer que le monde civilisé comprenne et soutienne Israël, si des personnalités juives reprennent à leur compte les pires calomnies de la propagande anti-israélienne ?

 

Le journaliste Guillaume Erner tombe dans le même travers lorsqu'il oppose, dans un récent billet d'humeur sur France Culture, l’idéal sioniste de la génération de Golda Meir au radicalisme du gouvernement israélien actuel. En réalité, la "dame de fer" d'Israël avait été elle aussi confrontée à un dilemme similaire à celui que le Hamas a imposé à Israël, dans la guerre cruelle qu’il a déclenchée le 7 octobre 2023.

 

C’était lors de la guerre de Kippour. Après le choc initial et la surprise de l’attaque conjointe syro-égyptienne, lancée le jour le plus sacré du calendrier juif, Israël se ressaisit et parvint à encercler la Troisième Armée égyptienne dans le désert du Sinaï. Celle-ci se trouva alors à court de provisions d’eau. Face aux demandes incessantes des Américains, pour qu’Israël laisse passer un ravitaillement pour les soldats égyptiens, Golda rétorqua : “Qu’ils nous rendent d’abord nos soldats prisonniers !” Et elle eut gain de cause.

 

Ce rappel historique montre que la réalité de la guerre est plus complexe que les raccourcis trompeurs des éditorialistes. Ceux qui prétendent s’inquiéter d’un “affaissement moral” ou qui dénoncent une “forme aseptisée de barbarie” soi-disant pratiquée par Israël se trompent et trompent leurs lecteurs. Car la guerre terrible dans laquelle le Hamas a entraîné Israël sur l'instigation de l'Iran, est la plus longue mais aussi la plus juste des guerres qu'Israël mène pour sa survie depuis 1948.

Pierre Lurçat

 

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Un parapluie pour monter jusqu’au ciel, Souvenirs de jeunesse de Liliane Lurçat

May 8 2025, 07:20am

Posted by Liliane Lurçat

Un parapluie pour monter jusqu’au ciel, Souvenirs de jeunesse de Liliane Lurçat

A l’occasion du sixième Yahrzeit de ma mère, Liliane Lurçat, je publie ici un extrait de son livre autobiographique, qui vient d’être réédité. On y découvre l’enfance et la jeunesse de la future psychologue et aussi l’évocation du Paris de l’avant guerre, de l’Occupation et de l’après-guerre. Que son souvenir soit bénédiction! P. Lurçat

 

Des Juifs qui partent pour la Palestine, il y en a beaucoup. Certains d’entre eux repartent, et qui ne l’auraient pas désiré. C’est ce qui arriva à mes parents. C’est pourquoi je peux raconter cette histoire en français, ma langue presque maternelle. Presque, parce que j’ai eu la chance d’entrer à l’école maternelle à l’âge de vingt mois. On ne l’accorde pas à tout le monde, mais moi, j’avais des circonstances atténuantes. Ces circonstances, elles ont débuté après la guerre de quatorze quand, en même temps mais sans se connaître, les parents décidèrent de partir pour la Palestine. Il quitte Cracovie en Pologne, et elle quitte Bialystok en Russie, pour la même raison : les pogromes en Europe centrale. Ils se marient à Jérusalem, et ils y eurent deux enfants, mon frère Menahem et moi. Elle parle russe et yiddish, et il parle allemand, polonais et yiddish. Le yiddish devient la langue du ménage.

          

Le père a des sympathies pour les idées de gauche et il travaille dans un kibboutz. Il ne trouve plus de travail, quand ses amis décident de repartir en Géorgie, attirés par le communisme, pour y fonder un kolkhoze. Le père est alors mis sur la liste noire, il est chômeur, il n’a plus guère de chance de trouver un emploi. Il passe ses longues journées à la bibliothèque de Jérusalem. Mais la loi anglaise est dure. En particulier, lorsqu’on ne peut plus payer son loyer, on risque la prison pour dette. Le père se rappelle alors qu’un de ses frères, qu’une de ses sœurs, ont quitté Cracovie pour Paris, quand lui choisissait la Palestine. Il embarque avec sa famille au cours de l’hiver 1930, dans l’espoir de trouver à gagner son pain en France.

 

           Au cours de cette traversée, mon frère aîné, âgé de quatre ans, apprend auprès des matelots, les premiers rudiments de français, qui feront de lui l’interprète de la famille. Le premier hiver parisien semble rude, après dix ans de vie au soleil. La quête du travail est difficile aussi. Les parents trouvent à se loger dans un hôtel de la rue des Carmes, où habitent déjà la sœur du père, Minnie, et sa famille. Elle n’a pas eu de chance. Son mari est repasseur de chapeaux, excellent ouvrier et bon travailleur. Mais il passe tout son temps libre au café et y joue tout ce qu’il gagne. Si elle se plaint trop, il est atteint de crises d’épilepsie. La mère prétend qu’il simule. Mais de l’argent, il n’en rapporte guère et les siens vivent misérablement.

Mes parents, eux, ont besoin de gagner des sous. Ils partent dès le matin à la recherche d’un emploi. Minnie nous garde, Menahem et moi, pendant qu’on joue sur le trottoir. Pas très attentivement, sans doute, puisqu’on disparaît un jour. Les parents nous retrouvent le soir, après une course affolée jusqu’au commissariat, installés confortablement tous les deux. Mon frère mange des chocolats, et moi je dors sur un banc. Le commissaire engage vivement les parents à nous mettre à l’école. L’école maternelle de la rue du Sommerard, c’est ma première école. On descend la rue des Carmes, en tenant la petite mallette du goûter d’une main, et en tendant l’autre au grand cousin qui vous y conduit. Je m’arrête longuement devant le magasin de farces et attrapes. On tourne dans la rue du Sommerard, et c’est l’école. On entre par la petite porte, qui ressemble à une chatière. Dans le préau, les bancs sont soigneusement rangés pour l’attente du soir. Au milieu, il y a un énorme poêle à charbon, entouré d’une grille. Tout autour du préau, se trouvent les classes, et dans chaque classe une maîtresse. Mais celle qui règne sans partage sur le préau, c’est madame Jamart, la femme de service. Elle a un long visage aux lignes verticales, des yeux noirs et doux, de longues oreilles tirées par des boucles noires qui ont creusé, sous leur poids, une fente verticale. Ses mains sont rêches, elles sentent l’eau de javel. Madame Jamart a dans sa poche la clé de l’armoire. Une énorme armoire qui monte très haut, où elle range tout : les balais, les pelles, les bouteilles d’eau de javel. Elle y accroche son manteau, ses tabliers bleus. Elle y garde aussi une inépuisable boîte de bonbons. Elle en offre aux enfants, elle en suce aussi. Madame Jamart m’élève un peu, elle m’apprend à parler, elle me fait manger et me donne mes derniers biberons. Assise sur ses genoux, devant la porte du préau, je regarde les marronniers de la cour. L’école maternelle, c’est une longue récréation qui dure pendant les quatre saisons...

Un parapluie pour monter jusqu'au ciel, éditions L'éléphant 2020 réédition 2025. 

“Ce livre vous donne un coup dans l’estomac. C’est un document extraordinaire, avec une grande force littéraire”.

Michel Gurfinkiel

 

“Un très beau livre”.

 

Monique Naccache, Times of Israel

 

“Il y a dans ce livre de Liliane Lurçat une acuité du regard qui le rapproche des caricaturistes… et les portraits qu’elle fait défiler en quelques coups de crayon alertes sont hauts en couleurs. Les portraits de ses parents sont des petits chefs-d’œuvre qui intègrent le physique, le psychologique et le sociologique, un peu comme Honoré Daumier”.

 

Olivier Ypsilantis, Zakhor Online

 

“Les souvenirs de Liliane Lurçat sont écrits au présent, ce qui leur donne un rythme rapide et presque haletant…”

 

Liliane Messika, Mabatim.info

 

“Très beau récit auto-biographique, d'une époque où de nombreux quartiers de Paris étaient encore populaires. Petite histoire qui s'inscrit dans la grande, on rit volontiers à des situations décrites avec simplicité. Même dans une époque très compliquée, il reste toujours de l'espoir. A lire absolument…"

Dominique Pulejo, Amazon 

 

Ce récit, sobre et dénué de sentimentalisme, d’une jeune Juive née en Palestine, mais dont la famille a dû s’installer à Paris, faute de travail à Jérusalem, est un témoignage, à la fois réaliste et émouvant. un très beau texte à l’écriture incisive et enlevée”. 

 

Evelyne Tschirhart, Lettres d’Israël


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Un parapluie pour monter jusqu’au ciel, Souvenirs de jeunesse de Liliane Lurçat

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Ceux qui cultivent la terre et ceux qui la brûlent : Le terrorisme incendiaire des origines du conflit israélo-arabe jusqu’à nos jours, par Pierre Lurçat

May 2 2025, 15:12pm

Posted by Pierre Lurçat

 Ceux qui cultivent la terre et ceux qui la brûlent :  Le terrorisme incendiaire des origines du conflit israélo-arabe jusqu’à nos jours, par Pierre Lurçat

NB Je republie cet article paru en 2018. "Il n'y a rien de nouveau sous le soleil"... Shabbat shalom!

Atarot brûle. Motsa brûle encore. Des brigands arabes ont incendié la banlieue de Jérusalem, Talpiot, et ont dévasté la maison de l’écrivain Agnon. La célèbre yeshiva de Hébron a été prise d’assaut. De jeunes disciples désarmés cherchèrent refuge dans la salle de prière où ils furent mis à mort… Et tout cela sous l’oeil de la puissance mandataire. Mais qu’attend donc le monde de nous autres Juifs?”

 

C’est en ces termes que le philosophe juif allemand Theodor Lessing a décrit dans son livre fameux, La haine de soi juive, les terribles “événements de 1929”, c’est-à-dire la vague de pogromes et de violences anti-juives déclenchées par des bandes arabes organisées, qui culminèrent avec le tristement célèbre massacre de Hébron le 24 août 1929, au cours duquel 67 Juifs furent massacrés dans la Cité des Patriarches, souvent par leurs propres voisins.

 

 

Cette description nous rappelle que les incendies de champs autour de Gaza par les cerfs-volants ne sont pas une nouveauté : l’arme utilisée est peut-être nouvelle, mais la volonté de détruire et de semer la destruction, elle, ne l’est pas. Elle est en réalité aussi ancienne que le conflit israélo-arabe, qui n’a pas commencé en 1948 ou en 1967. On pourrait dire, de manière succincte, que ce conflit oppose une entreprise de construction (le sionisme juif) et une entreprise de destruction (l’antisionisme arabe).

 

Lors des pogromes arabes de 1929, l’écrivain Immanuel Haroussi (“Emmanuel le Russe”, de son vrai nom Emmanuel Novogarbelski) avait écrit une berceuse en l’honneur de la naissance de son fils, dont les paroles décrivaient ainsi la vie en Eretz-Israël à l’époque:

 

“Demain ton père sortira labourer, il tracera des sillons. Quand tu grandiras, la tête droite, vous sortirez dans les champs. Tu grandis en Eretz Israel, dans la joie et dans l’effort, tu travailleras comme ton père. Tu planteras dans les larmes et récolteras dans la joie. Alors, pour le moment, écoute ta mère et endors-toi. La nuit est froide, les renards aiguisent leurs dents mais ton père monte la garde, il ne dort pas. Le jour il travaille, la nuit il garde la grange, tu grandiras et seras fort et tu garderas avec lui.  

 

Couche-toi mon fils, n’aie pas peur, tout le moshav est en alerte. Ta mère aussi monte la garde, elle te protège, Avner. La grange brûle à Tel Yossef et de Beit Alfa monte une fumée, ne pleure pas, endors-toi. Cette nuit, le feu dévore la ferme et la paille. Il est interdit de désespérer, demain nous recommencerons à nouveau. Demain, il faudra poser les fondations, ton père construira  une maison pour son fils. Tu grandiras, tu l’aideras et vous la construirez ensemble”. (La traduction est due à Hannah, Boker Tov Yeroushalayim)

 

Survivants du pogrome de Hébron, 1929

 

Ce poème d’Immanuel Haroussi montre combien l’ethos sioniste est, depuis 1929 et jusqu’à nos jours, demeuré identique. Face aux émeutiers, aux pogromistes et aux incendiaires arabes, il faut continuer de construire, de planter, de semer et de récolter… Cette volonté inébranlable de reconstruire et de “recommencer” après chaque attentat, chaque incendie et chaque guerre est sans doute ce qui fait la force du peuple d’Israël revenu sur sa terre. Mais cette force incroyable de résistance de “l’arrière” israélien - femmes, enfants, hommes - face à ses ennemis ne doit pas non plus masquer la faiblesse d’Israël, en tant qu’armée et en tant qu’Etat, face à des ennemis voués à sa destruction comme le Hamas.

 

Israël face au Hamas : Samson enchaîné

 

Comme je l’écrivais en 2012, lors d’un précédent round d’affrontements avec le Hamas, comme Samson dans la Bible, Israël est un géant théoriquement capable d’anéantir ses ennemis, mais dont la force est neutralisée, pour des raisons essentiellement politiques et psychologiques. Notre peuple est incroyablement fort, et il a fait montre pendant la semaine de guerre de l’opération Colonne de nuée d’une admirable capacité de résistance sous les missiles, dont aucun autre peuple n’a donné d’exemple depuis le Blitz sur Londres… Mais notre État et ses dirigeants, eux, font souvent preuve d’une grande faiblesse et d’une impuissance tragique, et la réussite relative du système Dôme d’acier parvient difficilement à masquer l’incapacité de Tsahal à empêcher que l’arrière devienne le front et que les civils se trouvent aujourd’hui en première ligne, d’Ashqélon à Rishon-le-Tsion.

 

Les événements des dernières semaines m’incitent à tempérer ce diagnostic. La réaction de Tsahal face à la récente offensive militaire du Hamas (abusivement présentée comme une “marche pacifique” dans les médias occidentaux) a été exemplaire. Mais face aux cerfs-volants incendiaires, Israël se retrouve à nouveau (et provisoirement) désarmé, face à un ennemi inhumain qui ne tue pas seulement des enfants, mais qui tue l’enfance. La solution, face au Hamas, n’est pas seulement technologique et militaire. Elle est aussi et avant tout psychologique et stratégique. Pour vaincre le Hamas, Israël doit retrouver la conviction que la victoire est possible et qu’elle est nécessaire.

 

Pierre Lurçat

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L’État d’Israël est le fruit de la foi messianique, Réponse à S. Avineri - David Ben Gourion

April 29 2025, 13:02pm

Posted by Pierre Lurçat

L’État d’Israël est le fruit de la foi messianique, Réponse à S. Avineri -  David Ben Gourion

Le texte ci-dessous est paru dans la revue Midstream en mars 1966. David Ben Gourion y répondait à un article du professeur Shlomo Avineri, paru dans la même revue, qui l’accusait d’avoir développé un messianisme politique aussi dangereux que celui des dirigeants de la Révolution française. L’intégralité du texte de Ben Gourion figure dans le dernier volume que j’ai récemment publié dans la Bibliothèque sioniste, intitulé En faveur du messianisme, l’Etat d’Israël et l’avenir du peuple Juif. Hag Hatsmaout Saméakh! P. Lurçat

(...) M. Avineri prétend dévoiler le grave danger que recèlerait le messianisme : “Un mouvement messianiste qui parvient au pouvoir, transforme son aspiration à créer de nouveaux horizons moraux en celle de protéger la structure de son pouvoir. Il n’est donc pas étonnant que, après la création de l’État, en 1948, Ben Gourion ait subi un changement tout à fait essentiel”.

            Quelles sont les catastrophes qui se sont déroulées en 1948 ? L’État juif est né ; l’armée de Défense d’Israël a été créée. Les armées arabes, qui avaient envahi le pays dans le but de détruire le jeune État, ont été repoussées et vaincues. Immédiatement après la Guerre d’Indépendance, des élections démocratiques se sont tenues ; un parlement juif a été élu et un gouvernement juif stable a été constitué – pour la première fois dans l’histoire du peuple Juif. Des nouveaux immigrants venus du Yémen et d’Irak, des rescapés des camps allemands, des Juifs du Maroc, de Tunisie, de Pologne, d’Iran et d’Inde sont venus en Israël, et la population juive du nouvel État a doublé en l’espace de quatre ans. L’éducation obligatoire et gratuite a été instaurée pour tous les enfants de six à quatorze ans. Si tout cela découle du “messianisme arrivé au pouvoir”, alors cela veut dire qu’il nous rend de grands services. Je suis disposé à avouer ma culpabilité pour ces “fautes”, même si je ne réclame pas le crédit pour tout cela, car je suis intimement persuadé que l’histoire est la réussite collective des meilleurs représentants de chaque génération. S’il existe une seule chose pour laquelle mon mérite personnel est plus grand que celui des autres citoyens d’Israël, c’est bien l’organisation de l’armée et la formation de son caractère, en tant que bras exécutif des organes officiels élus, à la différence des armées arabes voisines. Mais sans État juif démocratique, et sans aspiration à un État démocratique, je n’aurais pas pu fonder une telle armée.

M. Avineri ne se contente pas de dénoncer ce “messianisme” dangereux. Dans son article, il cite aussi de soi-disant faits, qui s’avèrent inexacts et qui lui sont sans doute parvenus du groupe “Min ha-Yesod[1]” dont il fait partie, créé il y a cinq ans par le cercle des partisans de M. Lavon. [...]

            Du fait que M. Avineri a donné à son article stupéfiant le titre de “la Vengeance du messianisme”, je me sens obligé d’expliquer aux sionistes américains (qui éditent la revue Midstream), quelle est ma position véritable sur la question de la foi messianique. Je suis persuadé que la foi messianique qui a existé au sein du peuple Juif durant des millénaires est une des forces principales qui ont servi à maintenir le peuple Juif en vie, au cours de ses pérégrinations et de ses malheurs, et qu’elle a aussi été un facteur important dans le retour à Sion au cours des dernières générations, lequel a lui-même déclenché la renaissance de l’État d’Israël.

            La vision messianique représente à mes yeux la vision des prophètes concernant la rédemption du peuple Juif. Ces prophètes ont élaboré une conception morale de l’histoire, qui n’a pas d’équivalent dans la littérature mondiale, ni avant eux, ni après. Les prophètes d’Israël ont déchiffré la signification la plus profonde du processus de l’histoire humaine, comme nul ne l’avait fait avant eux. La justice, la vérité et la paix étaient à leurs yeux les valeurs les plus élevées et les plus sacrées. Ils ont refusé de se prosterner devant les idoles d’argent et d’or, et se sont vivement opposés, avec toute leur vigueur prophétique, à l’exploitation des pauvres et à l’oppression des êtres humains. Aucune nation ne portera l’épée contre une autre, ont-ils affirmé, et nul n’apprendra plus l’art de la guerre. Ils ont entrevu un avenir dans lequel les hommes ne commettraient plus aucune faute, et la rédemption d’Israël faisait partie intégrante de leur conception du monde messianique. Ils ont exigé – à juste titre – que leur peuple devienne meilleur, et ils ont prophétisé que notre peuple deviendrait la lumière des nations. La crainte exprimée par le professeur Talmon et par ses disciples que la foi messianique conduise à la tyrannie ou à la dictature provient d’une lecture erronée et trompeuse de l’histoire. La Révolution française a été une bénédiction pour l’humanité. En l’absence de foi messianique, les trois dernières générations de notre peuple n’auraient pas pu accomplir ce qu’elles ont fait.

            L’État d’Israël est le fruit de la foi messianique, mais il est encore à ses débuts. Le temps n’est pas encore venu de nous reposer et de profiter de ses accomplissements. Nous avons besoin de cette foi afin de poursuivre notre combat.

 


[1] Min ha-Yesod (“depuis le fondement”) est un club de réflexion créé en 1962 au sein du parti travailliste par des opposants à Ben Gourion, à la suite de l’affaire Lavon.

 

Pierre Lurçat nous fait découvrir une facette méconnue du fondateur de l’Etat d’Israël

 

Antoine Mercier, Mosaïque

 

Le passionnant texte de Ben Gourion a presque 70 ans, mais les questions qu’il pose sont toujours d’actualité et ses réponses donnent encore à réfléchir.

Liliane Messika, Mabatim


D. Ben Gourion, En faveur du messianisme, L’Etat d’Israël et l’avenir du peuple Juif. La bibliothèque sioniste, éditions l’éléphant 2024. 99 p. 12,66 EUR. Disponible sur Amazon, B.O.D. et sur commande en librairie.

 

L’État d’Israël est le fruit de la foi messianique, Réponse à S. Avineri -  David Ben Gourion

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L'histoire occultée de la révolte du ghetto de Varsovie

April 17 2025, 06:39am

Posted by Moshe Arens

Jeunes du Betar, Varsovie 1938

Jeunes du Betar, Varsovie 1938

 

La révolte du ghetto de Varsovie est devenue, à juste titre, le symbole de la résistance juive armée au nazisme et elle occupe une place essentielle dans la mémoire juive, tant en Israël qu’en diaspora. Pourtant, l’historiographie de cet épisode demeure encore, 80 ans après, sujette à une occultation liée à des raisons politiques. En effet, alors que tout le monde connaît le nom de Morde’hai Anielewicz et de l’Organisation Juive de Combat (OJC), la plupart ignorent celui d’un autre héros de la révolte du ghetto, Pavel Frenkel, et de l’organisation dissidente qu’il dirigeait, la ZZW (Union militaire juive), affiliée au Bétar.

Ghetto Varsovi, Betar, Pavel FrenkelGhetto de Varsovie, avril 1943 : une histoire occultée, interview de Moshé Arens

Moshé Arens, ancien ministre de la Défense israélien et ancien Bétari, a consacré un livre important à cet aspect occulté de l’histoire, sous le titre « Flags Over the Warsaw Ghetto - The Untold Story of the Warsaw Ghetto Uprising » (Gefen Books 2011). Dans une rare interview en français, accordée au journaliste Roland Süssmann, en 2006, il expliquait les raisons qui l’ont mené à consacrer plusieurs années aux recherches qui ont abouti à ce livre. Extraits.

R. Süssmann : « Qui étaient les premiers insurgés ? »

Moshé Arens : « Des jeunes qui avaient eu le courage, la vision et l’audace d’imaginer qu’une forme de résistance pouvait être envisagée et organisée… En fait, il existait deux mouvements de résistance : le premier, connu sous les initiales polonaises « Z.O.B. » (en français, O.J.C., Organisation juive de Combat), dirigé par Morde’hai Anielewicz qui avait alors 23 ans, et le second, désigné par les lettres capitales polonaises ZZW (« Irgoun Hazwaï Hayehoudai », union militaire juive), dirigé par Pavel Frenkel, également âgé de 23 ans. L’OJC comptait des membres issus de pratiquement toutes les organisations juives, y compris du Bund [N.d.R. Parti socialiste juif, non sioniste], des mouvements sionistes et même des communistes.

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Pavel FRENKEL - Il n'existe aucune photo de lui...

 

Le ZZW était avant tout composé des membres du Bétar, ainsi que d’un certain nombre de personnes désirant combattre les Allemands et qui possédaient des armes. Il est donc important de souligner que, contrairement à ce qui est généralement admis, la révolte juive du ghetto de Varsovie n’a pas été conduite par une seule organisation, mais par deux, ce qui n’enlève évidemment rien à la bravoure et à la grandeur de Morde’hai Anielewicz et de ses hommes.

R.S. Le Bétar a-t-il joué un rôle important dans la révolte ?

M.A. Entre le 19 et le 28 avril 1943, la bataille la plus importante de la révolte a été menée sur la place Workanowsky sous le commandement de Pavel Frenkel. A l’issue de la première journée de conflit, ayant repoussé les Allemands, les combattants du Bétar ont hissé les drapeaux sionistes (celui d’Israël aujourd’hui) et de la Pologne sur le plus haut bâtiment du quartier. Les Allemands ont tenté de les déloger, estimant qu’il s’agissait d’un symbole dangereux car ils pouvaient être vus depuis de nombreux endroits de Varsovie. Himmler a alors téléphoné à Jürgen Stroop pour qu’il liquide le ghetto et surtout qu’il mette tout en œuvre pour enlever ces drapeaux. La bataille a fait rage pendant quatre jours avant que les Allemands, plus fort en nombre et en armes, gagnent la partie…

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Emilka Kossower, combattante du ZZW

 

R.S. Combien de personnes étaient membres du groupe de Frenkel ?

M.A. Les deux organisations réunies ne comptaient pas plus de 300 personnes. Ce qui déterminait le nombre de combattants, c’était la quantité d’armes dont chaque organisation disposait. L’arme la plus répandue était le pistolet, qui était opposé aux armes automatiques, à l’artillerie légère et aux petits tanks de l’armée allemande.

 

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Militants du Betar de Varsovie, 1938

Le ZZW était avant tout composé des membres du Bétar

R.S. Comment expliquez-vous que les deux organisations de révolte ne se soient pas réunies?

M.A. L’OJC était avant tout constituée d’organisations de gauche de tendance socialiste et marxiste, y compris le Bund, organisation juive socialiste antisioniste. D’ailleurs, les membres du Bund se sont joints à l’OJC très tard ; ils ne souhaitaient pas participer à une organisation de combat juive, mais seulement socialiste, incluant des socialistes polonais. Cela démontre à quel point d’anciennes idéologies étaient encore prédominantes dans les esprits à l’intérieur du ghetto de Varsovie, même après la grande vague de déportations…

 

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Toutes ces tendances estimaient que le Bétar n’était constitué que d’un groupe de ‘fascistes’, perpétuant ainsi la division qui existait déjà entre Jabotinsky et les sionistes socialistes. En fait, le Bétar a été exclu dès le début de l’organisation des groupes de résistance. Dans les semaines précédant le début de la révolte, après que la majorité de la communauté juive ait été déportée, il avait été question d’unification, mais l’idée de s’adjoindre des hommes considérés comme ‘fascistes’ était inacceptable pour l’OJC. Comme Frenkel et ses hommes disposaient d’un armement plus important, les représentants de Morde’hai Anielewicz leur avaient proposé de se joindre à eux non pas en tant que groupe, mais à titre individuel. Les hommes de Frenkel ayant un entraînement militaire supérieur aux membres de l’OJC, une telle offre était inacceptable pour eux ! Au vu des circonstances, toute cette affaire semble assez étonnante, car les Allemands ne faisaient pas de distinction entre les différents révoltés…

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R.S. Comment Pavel Frenkel a-t-il terminé sa vie ?

M.A. La majorité de ses camarades sont tombés pendant la bataille de la place Woranowsky. Frenkel a survécu et réussi, accompagné de quelques combattants, à quitter le ghetto. A la fin de la révolte il s’est caché dans Varsovie et a été découvert par les Allemands au courant du mois de juin 1943. Une bataille sérieuse a alors été engagée, au cours de laquelle il a été tué avec tous ses hommes.

Extraits d’une interview à Shalom Magazine, automne 2006. L’intégralité de l’interview peut être consultée sur Internet à l’adresse http://www.shalom-magazine.com/pdfs/46/Fr/ ARENS%20FR_46.pdf.

 

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Infiltrés chez les néo-nazis de la FANE - Un dîner d’anniversaire d’Adolf Hitler… le soir de Pessa’h !

April 15 2025, 16:58pm

Posted by Pierre Lurçat

Infiltrés chez les néo-nazis de la FANE - Un dîner d’anniversaire d’Adolf Hitler… le soir de Pessa’h !

(Extrait de mon livre L’étoile et le poing, Histoire secrète de l’autodéfense juive en France depuis 1967)

Dans les années 1970 et au début des années 1980, les mouvements néo-nazis sont une préoccupation constante pour les militants juifs et sionistes activistes, qui les considèrent comme la menace la plus réelle pour la communauté juive en France. Pendant plusieurs années, Eliaou, Moshé et leurs camarades travaillent sur le « dossier » de la mouvance néo-nazie en France, et notamment sur une organisation qui va bientôt être au cœur de l'actualité, la FANE.

 

La Fédération d'action nationale et européenne (FANE) est un groupuscule d'extrême-droite français ouvertement national-socialiste, fondé le 8 avril 1966 et dirigé par Mark Fredriksen, employé de banque converti à l'activisme en faveur de l’Algérie française après son service militaire effectué dans les paras. Plusieurs fois dissoute dans les années 1980, la FANE contribue à diffuser en France les thèses négationnistes. Pour évoquer ce sujet, j'ai rencontré Moshé, ancien shalia'h (responsable) du Betar à Paris et ami de longue date. Notre entretien a lieu à la terrasse d'un café à Jérusalem :

« Quand je suis rentré en France, en vacances, en 1980, mes amis étaient toujours occupés par la FANE… Ils voulaient qu’on aille poser des micros dans leur local. Je leur ai dit qu’il suffisait d’infiltrer quelqu’un ! Comme je venais de faire l’armée en Israël, je pensais que cela n’était pas plus dangereux que d’être soldat… », me raconte Moshé, ajoutant que « c’est la différence entre un Juif de diaspora et un Hébreu ». Sitôt dit, sitôt fait : Moshé devient « Philippe », militant ultra-nationaliste dans les rangs de la FANE… Ses yeux brillent encore lorsqu’il évoque ces événements, qui remontent à plus de trente ans.

 

« Pour entrer dans les rangs d’un mouvement néo-nazi il fallait que je me constitue une nouvelle identité. Physiquement cela ne posait pas de problème, car j’ai le type ‘aryen’ (il sourit…) Mais il me fallait absolument des nouveaux papiers d’identité ! J’ai emprunté la carte d’identité d’un jeune militaire, qu’on avait ‘braqué’ à la sortie de son domicile, à 6 heures du matin, avec une arme à feu. J’avais trouvé son nom dans l’annuaire et parlé au téléphone avec sa femme, qui avait gobé tout ce qu’on lui racontait. ‘Je vous appelle de la part de l’adjudant !’

Un dîner d’anniversaire d’Adolf Hitler… le soir de Pessa’h !

Je me souviens très bien de la première réunion à laquelle j’ai participé. Il y avait toutes sortes de gens : un intello, un ancien légionnaire, un flic... Cela a un peu démystifié l’image que je me faisais des néo-nazis. Malgré tout, quand j’avais peur d’être démasqué, je pensais à la Shoah… Plus tard j’ai dîné avec Mark Fredriksen… j’ai dîné plusieurs fois avec ces nazis. J’ai même mangé du jambon. Un soir, je me trouve nez-à-nez avec Yves Jeanne, un vétéran de la Deuxième Guerre mondiale. Il me racontait ses souvenirs de la Division Charlemagne ! »

 

Ancien Waffen-SS français, Jeanne a dirigé dans les années 1960 l’Internationale néonazie fondé en 1962 sous le nom de World Union of National Socialists (Union mondiale des nationaux- socialistes). « Il avait des tendances homosexuelles, ce qui me mettait mal à l’aise, et il faisait toujours des plaisanteries du genre ‘A Dachau les Juifs mangeaient mieux que moi'. Je suis rentré chez moi à 5 heures du matin, je n’ai pas dormi de la nuit… J’ai tellement été choqué par cette rencontre que pendant plusieurs jours, j’avais peur de rester en groupe avec d’autres Juifs ! »

 

Quelques semaines plus tard, Moshé est invité au dîner du 20 avril, date anniversaire d’Adolf Hitler. Manque de chance, cela tombe le soir de Pessa’h, la Pâque juive, fête la plus importante du calendrier juif. « Je suis allé voir le grand-rabbin de Paris pour lui demander l’autorisation de passer Pessa’h avec les nazis », me raconte-t-il avec une nuance ironique dans la voix. Réponse du rabbin : « pas question ». Moshé se conformera à cet avis autorisé…”

 L’étoile et le poing, Histoire secrète de l’autodéfense juive en France depuis 1967, éditions L’éléphant/B.O.D. 2025, 320 pages, 25 EUR. Disponible sur Amazon, sur commande dans toutes les librairies et au centre Begin de Jérusalem.

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Un ouvrage historique important dont le thème redevient d'actualite.

Emmanuelle Adda, Accueil - Actualité Juivehttps://www.actualitejuive.com/

Dans ce livre intitulé L’Étoile et le Poing Pierre Lurçat retrace une histoire très peu étudiée, soit le militantisme juif activiste.

Olivier Ypsilantis, Zakhor Online

 

Infiltrés chez les néo-nazis de la FANE - Un dîner d’anniversaire d’Adolf Hitler… le soir de Pessa’h !

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Les quatre fils de la Haggada vus par Jabotinsky

April 11 2025, 04:17am

Posted by Jabotinsky

 Les quatre fils de la Haggada vus par Jabotinsky

Ce texte, initialement publié à Pessah 1911 par le grand dirigeant sioniste, illustre la relation riche et complexe que Jabotinsky entretenait à l’égard de la Tradition juive et son amour profond pour le peuple d'Israël. Sur ce sujet, je renvoie le lecteur au premier volume des Ecrits sionistes qui viennent d’être réédités dans la Bibliothèque sioniste.

J’ai récemment évoqué l’actualité de Jabotinsky au micro d’Antoine Mercier. Hag Saméakh!

 

"Il existe une coutume juive ancestrale, lorsque l’on raconte la Sortie d’Egypte pendant la “nuit du Seder”, de considérer quatre fils, tous différents : le sage, le méchant, le naïf et celui qui ne sait pas interroger. Et il convient de répondre à chacun dans cet ordre, selon son caractère et sa faculté de compréhension.

 

Le fils sage fronce avec curiosité son front saillant, interroge de ses grands yeux et s’efforce de comprendre. Pourquoi les Egyptiens aimaient-ils tout d’abord nos ancêtres, les accueillaient à bras ouverts, puis se sont mis à les opprimer et à les maltraiter?...

 

Le second fils, le méchant, est assis avec nonchalance, croisant les jambes, montrant les dents d’un air moqueur et demande : “Quels sont ces coutumes et ces souvenirs bizarres que vous évoquez? Il aurait mieux valu oublier ces bêtises!”

 



 

Le troisième fils est innocent. Ses yeux expriment la droiture. Il ne fait pas partie de ceux qui aiment interroger, cherchant des contradictions. Le monde est simple à ses yeux ; il aime croire avec une foi primitive. A cet égard, Samson aussi était un homme innocent… “Père ! demande-t-il, Père! Quand notre situation s’améliorera-t-elle?”

 

Parle lui de la jeunesse juive dans les collèges de Berlin et de Vienne, de ces fils de commerçants juifs assimilés, qui portent avec fierté sur la poitrine les couleurs nationales : blanc, comme la neige dans notre “vallée des pleurs” ; bleu, comme vous, horizons enchanteurs ! Jaune, comme notre disgrâce.

 

Raconte lui comment le dramaturge parisien à succès et l’aubergiste pauvre de Galicie, habitué à trembler de peur face au “Pan” polonais, proclament à la face du monde: “Je suis Juif !”. Parle lui de ces poètes extraordinaires qui écrivent désormais dans notre langue, et combien celle-ci est belle et riche, et combien est heureux le peuple qui possède une telle langue…

 

Jabotinsky avec sa femme et leur fils Eri.

 

Le quatrième fils ne sait pas interroger. Il assiste au “seder” avec politesse et fait ce qu’on attend de lui, et il ne lui vient pas à l’idée de demander pourquoi ni comment… Sur ce point, je suis en désaccord avec la Haggada. La curiosité est une chose précieuse, mais il existe parfois une sagesse encore plus grande, un sens suprême, par laquelle l’homme accepte les choses transmises du passé comme allant de soi, sans demander quelles en sont les raisons et les conséquences. Cette sagesse doit être préservée.

 

Cette sagesse est avant tout celle de l’homme des foules juives. Le Juif plein d’amertume, pauvre d’apparence, cordonnier, tailleur, marchand ambulant, drapier, scribe, petit épicier… Celui qui gémit et qui lutte pour sa subsistance, mais le soir du shabbat, ce sont lui et ses semblables qui remplissent les synagogues… Il agonise mais ne meurt pas, va à sa perte mais n’est pas perdu, et s’attache aux mitsvot comme l’ont fait ses ancêtres, presque sans y penser, avec indifférence, avec cette foi inconsciente qui est sans doute plus chère à Dieu que l’extase.

 

Selon la tradition, tu dois raconter à ce fils tout ce qu’il ne sait pas demander. Mais à mon avis, il vaut mieux que le père aussi se taise, se contente d’embrasser le front - sans dire un mot - de ce fils, qui fait partie des plus fidèles parmi les gardiens de notre foi sacrée".

Z. Jabotinsky

 

N.d.T. Publié en russe dans les Odeyskaïa Novosti, avril 1911.

 

 

 

 

 

 

 Disponible sur Amazon, à la librairie du Foyer de Tel-Aviv et au centre Begin de Jérusalem

Disponible sur Amazon, à la librairie du Foyer de Tel-Aviv et au centre Begin de Jérusalem

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