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Sept ans à t'attendre. Journal de bord d'une PMA d'Ilana Ferhadian

July 30 2025, 09:27am

Posted by Pierre Lurçat

Sept ans à t'attendre. Journal de bord d'une PMA d'Ilana Ferhadian

« Après avoir lu ce livre, je ne serai plus le même médecin.»
Professeur Renato Fanchin

Ils nous disent d’être patients. De ne pas y penser. Que ça finira par arriver. Mais quand les mois deviennent des années, quand chaque cycle est un coup de massue, comment garder espoir ?
Ilana Ferhadian raconte, au jour le jour, sans aucun filtre, le parcours éprouvant de la procréation médicalement assistée. Examens intrusifs, montagnes russes émotionnelles, solitude face à un système médical froid… mais aussi l’amour, l’humour et la rage de vaincre.
Un journal intime bouleversant, où chaque femme en quête d’un enfant se reconnaîtra.

 

Editeur(s) DAVID REINHARC
Date de parution : 16/05/2025

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Face aux accusations de génocide : ces Israéliens qui “traquent le nazi dans le Juif”

July 18 2025, 08:47am

Posted by Pierre Lurçat

Face aux accusations de génocide : ces Israéliens qui “traquent le nazi dans le Juif”

 

Le BESA Center de l’université de Tel-Aviv vient de publier un rapport circonstancié, écrit par une équipe pluridisciplinaire de quatre chercheurs, pour réfuter les accusations de génocide portées contre Israël. Ce rapport, qu’on peut consulter ici, réfute point par point les arguments des ennemis d’Israël, qui prétendent sans vergogne que la juste guerre menée par Israël à Gaza serait une entreprise “génocidaire” et comparent l’Etat juif, son armée et ses dirigeants aux nazis.

 

Comme le révélait hier soir la 14e chaîne télévisée israélienne, ce rapport important du BESA a été accueilli plutôt froidement par plusieurs universitaires israéliens, qui l’ont accusé d’être biaisé politiquement et de faire le jeu du gouvernement ! Oui, vous avez bien lu… Des universitaires israéliens dénoncent un rapport visant à blanchir leur pays de l’accusation de génocide, car ils craignent que ce rapport ne disculpe le gouvernement israélien aux yeux de l’opinion internationale !

 

Cette information pourrait prêter à sourire, si elle ne révélait un phénomène que j’ai déjà abordé souvent dans ces colonnes : celui de la “reductio ad hitlerum” pratiquée par la gauche israélienne contre ses adversaires politiques. La “reductio ad hitlerum” (procédé consistant à accuser ses adversaires idéologiques d’être l’égal des nazis) est ainsi largement une invention juive, tout comme la “Cancel culture” qui en est une forme dérivée.

 

Comme je l’écrivais ici en avril 2024, la reductio a hitlerum, dont sont aujourd’hui victimes Israël et ses défenseurs sur la scène publique internationale, est dans une large mesure une invention de cette gauche juive – sioniste et non sioniste – qui n’a reculé devant aucun procédé, recourant au mensonge et à la calomnie pour “annuler” ses adversaires.  Ils ont “annulé” Jabotinsky et Begin, réécrit l'histoire du mouvement sioniste pour effacer la part de ceux qui ne pensaient pas comme eux – sionistes révisionnistes, sionistes religieux, mizrahim ou ‘haredim – et aujourd'hui ils voudraient annuler Netanyahou et la volonté de la majorité des Israéliens…

 

Yves Mamou pointe également du doigt ce phénomène dans un récent article, mentionnant les noms de Delphine Horvilleur, d’Anne Sinclair, mais aussi d’Alain Finkielkraut avec lequel j’ai débattu la semaine dernière sur la chaine Mosaïque. Lors de ce débat, écrit Mamou, “Finkielkraut a tenté de traquer le nazi chez le Juif qui a osé dire qu’il « n’existe pas de civils innocents à Gaza ». Faut-il en conclure que « les Palestiniens ne sont pas des hommes comme nous, ne font pas partie de l’humanité » a rugi Alain Finkielkraut ?”

 

Je précise que mon intention, en affirmant qu'il n'y a pas de civil innocent à Gaza, n’était évidemment pas d’exclure les habitants de Gaza de l’humanité, mais plus simplement de souligner le fait évident qu’on attend toujours, presque deux ans après le 7 octobre, de trouver un seul “Juste” à Gaza qui nous donnerait une parcelle d’information sur les otages, ou qui s’élèverait publiquement contre les crimes du Hamas envers le peuple Juif.

 

Il est désolant de voir que ces intellectuels juifs et israéliens égarés confondent l’ennemi et l’adversaire et qu’ils donnent la priorité à leur combat idéologique contre le gouvernement d’Israël, quitte à laisser entendre que les accusations de crime de guerre - ou même, pour certains d’entre deux, de génocide - seraient autre chose qu’une calomnie et qu’une entreprise de propagande du Hamas, complaisamment relayée par ses alliés en Occident. Shabbat shalom!

Pierre Lurçat

 

NB J’invite mes lecteurs qui ne l’ont pas encore fait à signer la pétition contre l’accusation de génocide à Gaza lancée par l’historien Isaac Attia (lien QR code ci-dessous)

SCANNER POUR ACCEDER A LA PETITION

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Les sifflets du Vel d'Hiv : l'action militante au cœur de la vie politique française

July 16 2025, 10:29am

Posted by Pierre Lurçat

Le “cri de colère” de Robert Badinter contre les Juifs

Le “cri de colère” de Robert Badinter contre les Juifs

A l'occasion des commémorations de la Rafle du Vel' d'Hiv, je publie cet extrait de mon livre L'étoile et le poing, récemment publié. P.L.

 

De toutes les actions du Tagar, la plus médiatique et celle qui a eu les répercussions les plus marquantes est incontestablement l’affaire du Vel d’Hiv. Ayant été un des principaux acteurs de cet épisode, je le relate ici, une fois n’est pas coutume, à la première personne. Tout avait commencé par la décision de la cour d’appel de Paris, le 13 avril 1992, d’acquitter Paul Touvier, ancien chef de la Milice à Lyon, inculpé depuis 1989 de crimes contre l’Humanité. Cette décision soulève une indignation considérable, au sein de la communauté juive et au-delà.

Le directeur de la rédaction du journal Le Monde, Bruno Frappat, écrit dans un édito intitulé

« Affront » : « S’il s’est trouvé des enseignants pour mettre en doute l’existence des chambres à gaz, s’il s’est trouvé des tribuns politiques pour faire du génocide un sujet de plaisanterie pour fin de banquets, s’il circule en 1992 des publications ouvertement nazies, faut-il s’étonner qu’il se soit trouvé des juges – trois – pour disculper et Touvier, et Vichy ? »

 

C’est dans ce contexte que se déroule la cérémonie traditionnelle du 16 juillet devant l’emplacement de l’ancien vélodrome d’hiver, le « Vel d’Hiv ». A cette époque, je suis à la tête du Tagar, le mouvement des étudiants sionistes, et je suis de près le dossier de la Collaboration et des crimes de Vichy. Ayant appris que le président de la République devait assister à la cérémonie du 16 juillet, nous avons préparé un tract, sous le titre « La gerbe de M. Mitterrand », dans lequel nous posons les questions suivantes :

 

« Pourquoi M. Mitterrand refuse-t-il toujours de reconnaître officiellement les crimes commis par l’État français de Vichy contre les Juifs ? Pourquoi reste-t-il sourd à la demande des anciens déportés, résistants et de tous ceux qui luttent pour la mémoire ? Pourquoi veut-il à tout prix empêcher la justice de faire le procès de Vichy et de la Collaboration, au nom d’une fausse conception de la ‘paix civile’ ? Pourquoi M. Mitterrand protège-t-il René Bousquet, ancien chef de la police de Vichy et responsable direct de l’organisation des rafles antijuives ? Pourquoi M. Mitterrand ne s’est-il jamais expliqué sur son passé sous l’Occupation et sur son activité au service du régime de Vichy pendant un an ? »

Une commémoration mouvementée

Nous avons aussi, sur l’initiative d’Eliaou, décidé de nous munir de sifflets pour perturber le déroulement de la cérémonie. Le jour J, j’arrive en avance à proximité du Vel d’Hiv où je retrouve Eliaou, qui distribue les sifflets aux militants du Tagar. Nous commençons à distribuer le tract aux membres de l’assistance, nombreuse.

 

Dans son livre très éclairant[1], consacré aux rapports entre Mitterrand et Vichy, le journaliste George-Marc Benamou fait le récit de cet épisode. « On n’avait jamais vu autant de monde à cette cérémonie du 16 juillet… On distinguait, dans cette foule hétérogène, la centaine d’intellectuels

 

du très actif ‘Comité Vel d’Hiv 42’, qui faisait parler de lui depuis qu’il avait demandé à

Mitterrand, – sans l’obtenir –, la ‘reconnaissance officielle des persécutions et des crimes de Vichy contre les Juifs’ ; les jeunes juifs du Bétar avec pancartes et drapeaux, très agités ce jour-là ; la vieille gauche juive, les amis des Aubrac, et puis la foule des déportés, des enfants de déportés et des anonymes. Il y avait de l’électricité dans l’air ».

 

Au moment où le président de la République fait son apparition, boulevard de Grenelle, entouré de ses gardes du corps, nous déclenchons les sifflets et je lance le slogan : « Mitterrand, à Vichy ! ». Notre intervention suscite quelques réactions hostiles dans l’assistance, et d’autres favorables, au sein du public très mélangé venu assister à la cérémonie.

 

Mais c’est le Garde des Sceaux, Robert Badinter, qui va amplifier la polémique, par sa réaction émotive et son accès de colère. Prenant la parole immédiatement après les sifflets qui ont perturbé la cérémonie, il s’écrie, le visage tordu par un rictus de haine : « Vous m’avez fait honte ! Vous m’avez fait honte en pensant à ce qui s’est passé là… Il y a des moments où il est dit dans la Parole, les morts vous écoutent ! Je ne demande que le silence que les morts appellent ! » Les images de Badinter tançant la foule vont faire le tour du monde et deviendront célèbres : elles seront régulièrement diffusées dans des émissions sur le thème de Vichy, bien des années plus tard.

 

Interpellé pour « insulte au président de l’État »

 

En regagnant le métro après la cérémonie, je suis soudain coincé par trois inspecteurs en civils, qui m’empoignent et me menottent sous le regard médusé de quelques passants. Mon rôle de ‘meneur’ dans l’échauffourée ne leur a pas échappé, et ils m’annoncent que je suis interpellé pour « insultes au président de la République » et qu’ils m’ont entendu crier « Mitterrand imbécile ! »

Partagé entre la colère et l’amusement, je suis conduit au commissariat central du 14e arrondissement, où je passe la nuit. Conscient de la réussite de notre action, je me souviens avoir annoncé aux policiers qui prennent ma déposition que cette affaire ira loin et qu’ils vont entendre parler de moi dans les journaux… Je ne crois pas si bien dire : le surlendemain, un journaliste de France-Soir m’appelle au local du Tagar et vient m’interviewer. Son article, publié le 18 juillet en Une du quotidien, est plutôt sympathique :

 

« Allure d’étudiant consciencieux, le président du Tagar a rempli sa mission : créer l’élan de protestation qui, jeudi soir, a sérieusement perturbé la cérémonie du Vel d’Hiv ». Dans les bureaux aux volets fermés du Tagar, boulevard de Strasbourg, le téléphone ne cesse plus de sonner ».

 

L’obsession juive de François Mitterrand

 

Dans son livre précité, Georges-Marc Benamou relate la manière obsessionnelle dont le président de la République, François Mitterrand, évoque devant lui son conflit avec une partie de la communauté juive organisée, au cours des derniers jours de son deuxième septennat, en mai

 

1995. Les causes de ce conflit sont multiples : l’affaire Bousquet, la fameuse « gerbe », la commémoration du Vel d’Hiv… Le point commun entre toutes ces questions est le retour de Vichy et la question sensible de la responsabilité française dans les crimes du régime du Vichy. Derrière cette question historique affleure, de manière plus ou moins visible, celle de l’attitude de Mitterrand à l’égard de Vichy, qui donnera lieu à plusieurs livres, et notamment celui de Pierre Péan, Une jeunesse française : François Mitterrand, 1934-1947[2].

 

Benamou rapporte plusieurs de ses conversations avec Mitterrand, tenues pendant cette période, qui tournent souvent autour des rapports du président avec les Juifs. « Comme les Juifs savaient que j’étais leur ami, alors ils se sont permis avec moi ce qu’ils ne se seraient pas permis avec mes prédécesseurs – qui n’étaient pas leurs amis… Ont-ils osé demander cela à De  Gaulle…? Est-ce qu’ils ont osé le harceler, afin d’obtenir de lui ces excuses de la France ? Oh non… »

 

Au beau milieu d’une allée, il s’arrêté et me souffla, en me regardant un peu confus, avec une précaution trop marquée – craignait-il que je le prenne pour un antisémite : ‘Les responsables juifs ont perdu leurs nerfs dans cette affaire… » Il avait pris un tel air de mystère... »

 

L'obsession "juive" – évoquée par Georges-Marc Benamou – de François Mitterrand, dans les dernières années de son second septennat, tient largement au sentiment qu'il avait d'avoir été "trahi" par ceux qui l'avaient jadis encensé. L'affaire des Sifflets du Vel d'Hiv est à cet égard symptomatique de la dégradation des relations entre le Président – parfois considéré comme le plus philosémite de la Cinquième République – et la communauté juive organisée. En plaçant sous le feu des projecteurs le passé trouble de Mitterrand à Vichy, le Tagar a largement écorné l'image avantageuse que ce dernier avait réussi à construire, avec l'aide de certains de ses proches conseillers.

 

[1] BENAMOU 2001.

[2] PEAN 1994.

Les sifflets du Vel d'Hiv : l'action militante au cœur de la vie politique française

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L’ACCES A LA PROFESSION D’AGENT IMMOBILIER DEVIENT PLUS FACILE

July 14 2025, 06:58am

Posted by Pierre Lurcat

L’ACCES A LA PROFESSION D’AGENT IMMOBILIER DEVIENT PLUS FACILE

PIL FORMATION - DEPUIS 2005

 

 

Jérusalem, le 13.7.2025

 

 

COMMUNIQUE : BONNE NOUVELLE POUR LES OLIM DE FRANCE !

L’ACCES A LA PROFESSION D’AGENT IMMOBILIER DEVIENT PLUS FACILE

 

 

Dans le cadre des mesures visant à faciliter l’alyah et l’intégration des Olim de France, le Département des Agents immobiliers au ministère de la Justice a récemment publié une nouvelle instruction concernant l’accès à la profession d’agent immobilier. En voici les éléments essentiels.

 

- Les Olim de France ayant le statut de “nouvel immigrant” (moins de 10 ans en Israël) ET qui ne maîtrisent pas suffisamment l’hébreu pourront désormais bénéficier d’un accès direct à l’examen oral, jusque-là réservé aux candidats ayant échoué à l’écrit avec une note minimale de 50/100.

 

- L’examen oral pourra être passé avec l’accompagnement d’un interprète financé par le ministère de la Justice.

 

- Cette nouvelle politique va être testée pendant une période probatoire d’un an.

___________________________________________________________________

 

LA PROCHAINE FORMATION À L’EXAMEN (ORAL OU ECRIT) D’AGENT IMMOBILIER AURA LIEU ENTRE AOUT ET SEPTEMBRE 2025.

INSCRIPTIONS DÈS MAINTENANT !

 

 

Pour plus d’informations sur cette nouvelle politique et sur la procédure d’inscription à l’examen oral et pour vous préparer efficacement à l’examen, veuillez me contacter,

 

Pierre Lurçat,

PIL FORMATION

050-286 51 43

pierre.lurcat@gmail.com

 

 

 

 

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Le mythe des « civils innocents » de Gaza, Pierre Lurçat

July 8 2025, 07:05am

Posted by Pierre Lurçat

Le mythe des « civils innocents » de Gaza, Pierre Lurçat

Je republie ici cet article paru dans Israël Magazine en janvier 2024, à l'occasion du débat que j'ai eu hier avec Alain Finkielkraut sur la chaîne Mosaïque. P.L.

 

 

            Hasard ou non, les salles obscures en Israël diffusent actuellement le film « Plan Aleph », consacré à l’opération Nakam, au cours de laquelle des rescapés de la Shoah projetèrent d’assassiner des milliers d’Allemands pour venger la mort de leurs proches. A un moment clé du film, un des héros explique qu’à ses yeux, il n’y a pas d’Allemand innocent. Et les Gazaouis ? La question des « civils innocents » – qui a souvent été posée dans l’histoire des guerres d’Israël – se pose avec une acuité décuplée depuis le début de la guerre déclenchée par le Hamas le 7 octobre. D’une question intérieure israélienne, elle est devenue une question internationale, notamment depuis la plainte déposée par l’Afrique du Sud devant la Cour de Justice internationale. Comment concilier ces répercussions internationales avec les exigences de la guerre ? Israël en fait-il trop – contrairement aux accusations de ses ennemis et de certains de ses alliés – pour protéger les civils à Gaza ? Et que dit la tradition juive sur cette question cruciale ? Tour d’horizon.

 

            Premier rappel utile : cette question n’a rien de nouveau, ni dans l’histoire juive, ni même dans l’histoire récente d’Israël. Elle apparaît à l’occasion de chaque guerre depuis 1948 et a donné lieu à d’innombrables débats, tant dans l’espace public que dans les œuvres littéraires ou cinématographiques consacrées à la guerre. Rappelons le fameux épisode des « Lamed-Hé » pendant la Guerre d’Indépendance, au cours duquel 35 jeunes soldats trouvèrent la mort, après avoir croisé sur leur chemin un vieux berger arabe, qu’ils choisirent d’épargner et qui s’empressa d’aller chercher des renforts.

 

Devenu un élément fondateur de la doctrine militaire de la « pureté des armes », cet épisode est parfois considéré comme illustrant la trop grande attention portée par Israël à la vie de ses ennemis. Autres exemples, plus récents : au cours de la Première Guerre du Liban, en 1982, des soldats israéliens se trouvèrent confrontés à de jeunes adolescents, voire à des enfants armés, et plusieurs soldats de Tsahal furent tués pour avoir hésité à tirer sur ces ennemis, en raison de leur jeune âge.

 

Ces exemples illustrent un phénomène récurrent dans l’histoire des guerres d’Israël : celui du refus de tuer des civils ou des enfants-soldats, refus aux conséquences souvent tragiques. A Gaza aussi, de nombreux témoignages récents font état de la présence de civils non armés, qui viennent à la rencontre des soldats de Tsahal et les attirent délibérément dans des embuscades meurtrières. Un nom a même été inventé pour désigner ces pièges mortels : les « embuscades humanitaires ».

 

L’utilisation des civils par le Hamas

 

Sans être le premier à utiliser ces tactiques de guerre, le Hamas est en effet passé maître dans l’utilisation de civils pour servir ses objectifs militaires et politiques. Celle-ci prend essentiellement trois formes principales : premièrement, celle des civils utilisés comme boucliers humains, dans les hôpitaux, sur le champ de bataille en surface et dans les tunnels souterrains. Deuxièmement, celle des civils exposés délibérément aux attaques israéliennes, ou empêchés de quitter les lieux dangereux (comme les y invite Tsahal) pour démultiplier volontairement le nombre des victimes civiles. Et enfin, celle des civils utilisés comme « appâts » sur le champ de bataille, dans les « embuscades humanitaires » évoquées ci-dessus.

 

Face à ces tactiques guerrières – que le droit de la guerre occidental considère comme illégales – Tsahal est confronté à un dilemme permanent. Ne pas tenir compte de la présence des civils ennemis conduit à augmenter le nombre de victimes civiles – ce qui est précisément l’objectif recherché par le Hamas – et à accroître les pressions internationales contre Israël, comme nous le voyons actuellement. A l’inverse, tenir compte de la présence des civils expose les soldats à un risque accru, et met parfois en danger les objectifs militaires. Tsahal navigue ainsi constamment entre ces deux objectifs contradictoires.

 

Mais ce débat n’est pas seulement opérationnel et tactique, car il touche également à des considérations morales et juridiques, qui sont au cœur du débat intérieur à Israël. C’est pourquoi la définition même des « civils innocents » a des implications qui vont bien au-delà du débat théorique. La notion même de « civils innocents » est problématique, comme le faisait remarquer le rabbin Oury Cherki il y a plusieurs années. En effet, elle laisse entendre que les soldats seraient, eux, « coupables » et qu’il y aurait lieu de les « juger », voire de les « condamner »[1].

 

La remarque du rabbin Cherki fait écho à un débat ancien dans la tradition d’Israël. Ainsi, le Maharal de Prague observait similairement que la guerre n’est pas une opération qui vise à capturer des criminels, dans laquelle il faudrait effectivement protéger les civils innocents. La guerre est un affrontement entre plusieurs nations, au cours duquel des civils sont inévitablement exposés et font partie des victimes. Il est intéressant de remarquer que l’Occident lui-même a longtemps envisagé la guerre selon cette dernière conception, et que ce n’est que récemment qu’il a évolué vers une idée de « guerre-justice » (comme la guerre des Balkans dans les années 1990).

 

Les civils de Gaza sont-ils innocents ?

 

Au-delà de ces considérations théoriques, la guerre actuelle montre les limites et les ambiguïtés de la notion de « civils innocents » dans le cas des habitants de Gaza. Comme l’ont en effet rapporté des dizaines de soldats et d’officiers présents dans la bande de Gaza, la plupart des civils s’identifient, dans une mesure plus ou moins grande, au Hamas et à ses objectifs. En réalité, la notion même de « civils non impliqués » est étrangère à la doctrine du djihad dans l’islam, doctrine dans laquelle les habitants de Gaza sont éduqués et qu’ils appliquent. Le djihad est en effet devenu à l’époque contemporaine – sous l’inspiration des théoriciens de l’islam radical – une obligation individuelle (fard ‘ayn) qui s’applique à tous.

 

Pratiquement, cela se traduit dans le fait que la plupart des assaillants du 7 octobre n’étaient pas des terroristes du Hamas portant un uniforme, mais bien des civils de Gaza, qui se sont joints à la razzia et aux exactions perpétrées contre Israël. Ce constat est lourd de conséquences, et il ne doit pas être occulté, sous peine de commettre une erreur d’appréciation cruciale. La guerre actuelle n’oppose en effet pas seulement Israël au Hamas, mais bien à Gaza et à sa population. Ce constat a été confirmé sur le terrain par le fait que des armes et des munitions ont été trouvées dans la plupart des maisons de Gaza, y compris cachées sous les lits d’enfants…

 

Comme le rapportait récemment le journaliste de la 13e chaîne et soldat de réserve Roï Yanovsky, « Dans tous les quartiers où nous avons été, il y a des sites militaires du Hamas avec des armes, des tunnels, des explosifs, des rampes de lancement de roquettes et tout cela dans les maisons. Dans certaines, se trouvent des ouvertures dans les murs pour passer d’un bâtiment à un autre. Les habitants de Gaza qui vivent dans ces zones de guerre, le savent. Ils ont reçu une quantité innombrable d’avertissements les appelant à évacuer, bien avant que Tsahal n’entame son offensive terrestre. Ceux qui ont décidé de rester sont soit des hommes du Hamas, soit des gens qui ont pris cette décision en sachant que les lieux étaient utilisés par le Hamas et donc une zone de combat »[2].

 

            Ce que signifie ce témoignage éloquent, c’est que la plupart des civils de Gaza sont loin d’être innocents. Ils ont en fait pris fait et cause pour le Hamas et sont ainsi devenus ses supplétifs. C’est sans doute une des raisons de la difficulté de la guerre actuelle, qui dure déjà depuis plus de 100 jours et dont nous sommes loin de voir la fin. Comme l’explique encore Yanovsky, « le cercle qui permet au Hamas d’agir est beaucoup plus large que ses dizaines de milliers de terroristes. L’idéologie du Hamas se trouve dans toutes les maisons, dans les tableaux, dans les documents de propagande. Le Hamas à Gaza c’est comme Messi en Argentine ». Ou, pour dire les choses autrement, les terroristes du Hamas sont à Gaza « comme un poisson dans l’eau », selon l’expression du président Mao Zedong, qui avait lui aussi une expérience de la guérilla et de l’utilisation des civils à des fins militaires.

 

Dans ces circonstances, que doit faire Tsahal et comment Israël doit-il adapter son attitude aux réalités du terrain à Gaza (et ailleurs) ? La première conséquence est de garder sans cesse à l’esprit le fait que les civils sont rarement innocents. Cela doit être une loi d’airain pour les soldats israéliens : que nul d’entre eux ne tombe dans les pièges tendus par des civils ou utilisant des civils, et que nul ne cède à la tentation (bien humaine) de les considérer comme des victimes. La deuxième conséquence est l’obligation pour Israël de rappeler au monde entier contre qui nous nous battons, comme il le fait depuis le 7 octobre. Il est crucial de rappeler sans cesse que les civils de Gaza sont rarement innocents et qu’ils sont en fait responsables de la situation actuelle, ayant porté le Hamas au pouvoir et n’ayant rien fait pour s’opposer à lui.

 

Aucune population civile ne peut être tenue pour non responsable du pouvoir qu’elle s’est choisie. Il y a eu des résistants et des opposants dans tous les régimes totalitaires, y compris les plus cruels, comme l’Allemagne nazie, où Hitler a échappé à plusieurs tentatives d’assassinat. On attend toujours de voir se lever des Gazaouis opposés au Hamas. En attendant ce jour, écoutons et faisons nôtre le témoignage de l’ex-otage franco-israélienne Mia Shem, qui a déclaré, après avoir passé plusieurs semaines dans une geôle, gardée par une famille de « civils » soi-disant innocents, que « tout le monde est terroriste à Gaza ». Vérité difficilement audible en Occident, mais vérité tout de même.

Pierre Lurçat

© P. Lurçat et Israël Magazine.

 

[1] Oury Cherki, “Une éthique juive de la guerre”, in Revue Forum-Israël no. 4, Déraison d’Etat, juin 2007.

[2] Témoignage traduit sur le site LPH INFO

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