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VudeJerusalem.over-blog.com

Parler à nos ennemis le langage qu’ils comprennent (I) : Une nouvelle Naqba ?

December 31 2023, 08:26am

Posted by Pierre Lurçat

Les Arabes n’ont pas encore inventé le mot qui permettra de décrire l’état de ruines de Gaza après la fin des combats

Les Arabes n’ont pas encore inventé le mot qui permettra de décrire l’état de ruines de Gaza après la fin des combats

A la mémoire de J. Kupfer, dont le Yahrzeit aura lieu dimanche 7 janvier à Jérusalem       

Après 86 jours de guerre, Israël peut déjà dresser un premier bilan provisoire des opérations militaires à Gaza. Au-delà des succès purement opérationnels sur le terrain, la plus grande réussite à porter au crédit de la guerre en cours est sans doute, comme je l’ai expliqué au micro de Richard Darmon, celle que Tsahal a déjà remportée sur le plan psychologique, en faisant passer la peur dans le camp de l’ennemi.

Israël commence à comprendre qu’on ne parle pas de sushis dans une région où on ne mange que du houmous, pour reprendre l’image parlante du spécialiste de l’Iran Eliaou Yossian. Nous commençons enfin à savoir parler le langage que nos ennemis comprennent. La meilleure façon de savoir si la guerre que mène Israël à Gaza atteint ses objectifs est en effet d’écouter ce que disent nos ennemis. Un récent discours de Mahmoud Abbas est à cet égard très instructif.

Le vieux chef de guerre du Fatah, héritier de l’inventeur du terrorisme international Arafat (ima’h shemo), négationniste patenté formé à l’école de la propagande de Moscou – la meilleure dans le genre depuis que l’Allemagne nazie a été défaite en 1945 – se plaignait en arabe de la “nouvelle Naqba” qu’Israël est en train d’infliger aux Palestiniens à Gaza. Ma première réaction en écoutant Abbas fut de penser : « Encore une exagération et un nouveau mensonge, bien conformes à l’hyperbole arabe ». Mais, après réflexion, une autre réaction est possible, et peut-être souhaitable. Une nouvelle Naqba ? Et pourquoi pas ?

Le 7 octobre a été un cataclysme dans l’histoire de l’Etat d’Israël et dans celle du peuple Juif. Il a été, pour citer le mot du journaliste Michel Gurfinkiel, « à la fois notre 11 septembre, notre second Kippour et un terrible rappel de la Shoah ». La réponse doit être à la hauteur de l’événement. Après le 11 septembre, les Etats-Unis ont mené une guerre sans merci au terrorisme islamiste, qui n’est pas finie à ce jour. Après la Shoah, le peuple Juif a élaboré un « 614e commandement », selon l’expression parlante du philosophe Emil Fackenheim : celui de ne pas donner de victoire posthume à Hitler.

C’est bien de cela qu’il s’agit aujourd’hui. Au lendemain du 7 octobre, Israël a compris que nos ennemis étaient les héritiers du nazisme et qu’aucun compromis n’était de mise avec eux. Israël tout entier a compris qu’on ne pouvait s’accommoder de la présence de nazis assoiffés de sang juif à nos frontières[1]. Alors, une « nouvelle Naqba »? Oui ! Sans hésitation. La victoire que Tsahal est en passe de remporter à Gaza fera pâlir les précédentes victoires militaires israéliennes, par l’étendue des destructions dans le camp ennemi et des pertes infligées, civiles et militaires.

Les Arabes n’ont pas encore inventé le mot qui permettra de décrire l’état de ruines de Gaza après la fin des combats. Nous allons leur faire regretter la Naqba de 1948 et celle de 1967. Nous allons leur faire passer l’envie de nous attaquer pour au moins deux générations. Et cette fois-ci, nous ne nous excuserons pas d’avoir gagné, comme disait Ephraïm Kishon. Avec l’aide de D.ieu, nous sommes en train d’écrire une nouvelle page glorieuse de l’armée et du peuple d’Israël ! Am Israël Haï ! Ad Hanitsahon !

P. Lurçat

 

 

[1] J’ai exposé mon désaccord sur ce point précis à G. Bensoussan, qui affirmait qu’on devrait s’accommoder de Gaza tout comme la France s’était accommodée de l’Allemagne en 1919.

 

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Mardi 2 janvier à 19h45 (18h45 H.FR)

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MIDRESHET YEHOUDA-MANITOU (midreshet-manitou.org)

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De la “guerre éclair” à la guerre longue : Comment l’Iran a imposé sa doctrine de la « guerre longue » à Israël

December 27 2023, 08:42am

Posted by Pierre Lurçat

La guerre des Six Jours à Jérusalem

La guerre des Six Jours à Jérusalem

 

L’éditorial du journal Le Monde publié hier matin (26.12.23) s’intitule : « A Gaza, la guerre sans fin de Benyamin Nétanyahou ». L’éditorialiste – qui fait sans doute partie des journalistes-militants qui peuplent aujourd’hui la rédaction du quotidien de référence français – cite le Premier ministre israélien, qui a déclaré tout récemment que « ça sera une longue guerre qui n’est pas près de finir ». Et d’enfoncer le clou : « Le premier ministre israélien semble aujourd’hui considérer que l’état de guerre permanent, qu’il s’efforce d’installer en jouant sur la soif de revanche de son opinion publique, pourrait lui offrir une planche de salut ».

            L’explication a de quoi séduire le lecteur lambda, en quête d’explications simplistes qui frisent les théories du complot. Nétanyahou – aux yeux du quotidien français, comme d’une partie des médias israéliens – reste le « coupable » idéal. Mais ceux qui veulent vraiment comprendre pourquoi cette guerre ne fait que commencer doivent chercher l’explication principale un peu plus loin dans le temps. Elle remonte en effet à septembre 1980, quand a débuté la guerre Iran-Irak.

            C’est alors, explique le général de réserve Gershon Hacohen dans les colonnes d’Israel Hayom[1], que l’Iran a développé sa doctrine de la guerre longue. L’offensive surprise de l’Irak contre les champs de pétrole du Khuzestân devait, selon les projets de l’Irak, s’achever dans un délai de quinze jours. Mais l’ayatollah Khomeiny  – qui venait tout juste d’accéder au pouvoir – loin de reconnaître sa défaite militaire, refusa toute concession territoriale et transforma ce conflit en une interminable guerre de position, qui dura huit longues années et fit plusieurs centaines de milliers de morts chez les deux belligérants.

            La résistance acharnée de l’armée iranienne, conduite par les Gardiens de la Révolution islamique, est devenue depuis une source d’inspiration pour les mouvements « proxy » de l’Iran dans notre région, le Hamas et le Hezbollah. Ajoutons que la doctrine de la « guerre longue » est conforme à la dimension eschatologique de l’islam politique, partagée par la plupart des mouvements islamistes contemporains. L’Iran, en appliquant sa doctrine de la « guerre longue » au conflit avec Israël, tente ainsi de priver l’Etat juif des avantages de la stratégie de la « guerre courte », développée par David Ben Gourion dès les premières années de l’Etat.

            Pour empêcher Israël d’obtenir une victoire rapide, le Hamas et le Hezbollah ont ainsi, explique encore Hacohen, employé deux éléments essentiels : le premier est l’installation de batteries de missiles éparpillées sur un vaste territoire, permettant de poursuivre les tirs contre Israël pendant de longs mois, y compris après le début des opérations terrestres, comme c’est le cas aujourd’hui à Gaza. Le second élément est l’édification de moyens de défense et d’obstacles très denses, tant en surface qu’en-dessous du sol, au cœur des villes, rendant impossible pour Tsahal une victoire rapide en territoire ennemi.

            Ce sont ces éléments de la doctrine militaire iranienne de la « guerre longue » qui expliquent pourquoi le conflit risque de durer encore de longs mois, comme l’ont bien compris les soldats et les officiers qui se battent actuellement avec bravoure à Gaza. Loin d’être découragés et de s’effilocher, comme la fameuse « toile d’araignée » à laquelle Nasrallah avait comparé Israël, nos soldats et la société israélienne tout entière montrent en effet leur résilience et leur capacité d’endurance. Ad hanitsahon !

P. Lurçat

J’ai dressé un premier bilan de la guerre actuelle au micro de Richard Darmon sur

Studio Qualita :

Qu'est-ce qui a changé pour Tsahal dans cette guerre ? -IMO#220 (studioqualita.com)

 

 

[1] G. Hacohen, “L’ère des guerres courtes est finie” (hébreu), Israel Hayom 26.12.23.

De la “guerre éclair” à la guerre longue :  Comment l’Iran a imposé sa doctrine de la « guerre longue » à Israël

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Une étincelle d’hébreu : “Tsava katan vé-khakham”, la “petite armée intelligente” a fait long feu

December 26 2023, 11:09am

Posted by Pierre Lurçat

Une étincelle d’hébreu :  “Tsava katan vé-khakham”, la “petite armée intelligente” a fait long feu

Parmi les expressions de l’avant 7 octobre qui sont tombées en désuétude depuis, il en est une dont les conséquences ont failli être mortelles pour Israël : la “petite armée intelligente” (Tsava katan vé-khakham). En gros, l’idée des promoteurs de ce slogan était qu’à l’ère de la technologie, Tsahal n’avait pas besoin de reposer sur un aussi large réservoir humain que par le passé, et qu’on pouvait allègrement tailler dans les budgets des divisions de réserve et dans celui de l’infanterie.

            Comme le rappelle Caroline Glick dans un article passionnant, traduit par le site Mabatim, l’auteur de cette doctrine n’est autre qu’Ehoud Barak, ancien chef d’état-major qui fut aussi l'un des plus mauvais Premiers ministres qu'a connus Israël. La guerre qui se déroule depuis 80 jours est la preuve que le moment n’est pas encore venu où “le loup cohabitera avec l’agneau” (et même quand il sera venu, mieux vaudra être le loup, comme a dit Woody Allen). En attendant, Tsahal doit rester l’armée du peuple (Tsava ha-Am) et redevenir une armée offensive, toujours prête à riposter et à attaquer de manière préventive, toujours sur le pied de guerre pour défendre notre petit pays.

Une autre leçon de l’après 7 octobre est que nous devons développer une industrie de l’armement qui soit orientée non seulement vers l’exportation (comme elle l’est aujourd’hui), mais aussi vers l’auto-suffisance et l’indépendance de l’armée israélienne, au lieu de dépendre de l’approvisionnement d’autres pays, fussent-ils nos meilleurs alliés comme les Etats-Unis. Comme l’écrivait l’écrivain H. Brenner il y a cent ans, “Ce n’est pas que nous n’avons pas encore dépassé le militarisme, nous ne l’avons pas encore atteint”.

P. Lurçat

J’ai dressé un premier bilan de la guerre actuelle au micro de Richard Darmon sur

Studio Qualita :

Qu'est-ce qui a changé pour Tsahal dans cette guerre ? -IMO#220 (studioqualita.com)

 

 

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La guerre de la Vérité contre la post-vérité - A propos d’une émission d’Eric Mechoulan sur la guerre à Gaza

December 24 2023, 15:38pm

Posted by Pierre Lurçat

Observatrices de Tsahal à la frontière de Gaza

Observatrices de Tsahal à la frontière de Gaza

 

1.

L’excellente chaîne Mosaïque sur YouTube, qui s’est donnée pour mission d’analyser les événements en Israël depuis le 7 octobre, a donné la parole à Eric Mechoulan, ancien responsable de l’analyse stratégique à la DGSI*. L’entretien vaut le détour. L’homme est posé, mesuré et dépourvu de cette prétention à tout savoir sur Israël qu’on retrouve souvent chez des analystes français, militaires ou civils. De son exposé, j’ai retenu surtout deux idées simples : le renseignement,  au-delà du recueil des faits, consiste surtout à savoir les interpréter. Deuxième idée : ce sont les intentions qui sont les plus difficiles à déterminer.

 

Un même constat est établi par l’ancien chef des Renseignements militaires pendant la Guerre de Kippour, Elie Zeira, dans son livre La guerre de Kippour, mythe ou réalité, que j’ai découvert récemment. Ainsi, Israël savait en 1973 que l’Egypte préparait une offensive, mais ignorait à quel moment elle allait la lancer. Dans le cas du 7 octobre 2023, comme en 1973, le Hamas a usé de la même ruse de guerre que l’Egypte, en faisant passer les préparatifs de son attaque meurtrière pour de simples exercices. Selon Mechoulan, la subtilité de la tromperie montée de main de maître par le Hamas tendrait à démontrer l’implication de l’Iran, et peut-être aussi de la Russie.

 

2.

La difficulté inhérente au métier du renseignement - décrypter les faits et savoir les interpréter - existe également pour chacun de nous, dans notre monde saturé d’informations. A l’ère de la surinformation et des notifications permanentes, chacun d’entre nous est ainsi soumis à un bombardement d’informations incessant qui, loin de nous aider à comprendre le monde qui nous entoure, nous le rend en réalité bien plus opaque et insaisissable. La multiplication des sources d’informations est ainsi concomitante d’une opacité grandissante du monde, comme pour les analystes du Renseignement.

 

Comment analyser et interpréter l’information? La question, contrairement à ce que de nombreux observateurs suggèrent, ne relève pas seulement des processus cognitifs. En effet, le cerveau humain n’est pas une “machine à traiter l’information”, comme la fausse métaphore de l’intelligence artificielle tend à nous le faire penser.  En réalité, l’homme est un “animal agissant”, qui est donc obligé de faire des choix moraux à chaque instant, tout autant qu’il est un “animal pensant”.

 

3.

            C’est précisément cette spécificité irréductible de l’être humain qui est aujourd’hui mise en danger, à l’ère des nouveaux médias et de l’information continue, qui est aussi celle de la “post-vérité”. Submergés de flux d’information et d’images qui font appel à nos émotions bien plus qu’à notre réflexion et à notre jugement moral, nous sommes de moins en moins capables de répondre à des questions simples, à l’instar de ces présidentes de grandes universités américaines qui ont prétendu “contextualiser” les appels au génocide des Juifs.

 

            Quel rapport avec l’interview d’Eric Mechoulan? Le métier d’analyste du renseignement ressemble à celui de chercheur. Comme le physicien, l’analyste cherche une vérité enfouie dans un amas d’hypothèses et d’explications parfois contradictoires. Sa recherche de “l’information en or” (meidat zahav, comme dit l’hébreu) est une recherche de la Vérité, avec un grand V, et pas d’une vérité parmi d’autres qui se vaudraient. A cet égard, l’échec du Renseignement militaire israélien le 7 octobre est aussi la conséquence ultime d’une philosophie de la “post-vérité” qui triomphe aujourd’hui sur les campus en Occident et en Israël. La guerre qu’Israël mène à Gaza est une guerre pour la Vérité et pour le Bien, qui marque la fin de la parenthèse post-sioniste dans l’histoire israélienne.

P. Lurçat

Le titre de l’émission, « Avant le 7 octobre, le Renseignement israélien savait tout », est quelque peu trompeur, pouvant laisser penser qu’Israël aurait délibérément laissé le Hamas attaquer, ce qui n’est pas du tout la thèse de l’émission.

J’évoque mon livre Face à l’opacité du monde au micro de Michael Mettoudi sur sa chaîne Podcast Nichma, ici : Face à l'opacité du monde - Nichma - Les podcasts d'Israël

La guerre de la Vérité contre la post-vérité - A propos d’une émission d’Eric Mechoulan sur la guerre à Gaza

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“Giborim vé-Giborot” : l’héroïsme inclusif des soldat(e)s israélien(ne)s

December 20 2023, 14:46pm

Posted by Pierre Lurçat

“Giborim vé-Giborot” : l’héroïsme inclusif des soldat(e)s israélien(ne)s

1.

 

Ilana Dayan est sans doute une des journalistes les plus connues d’Israël, pour le meilleur et (parfois) pour le pire. Le pire, c’est la tendance – qu’elle partage avec bien d’autres journalistes – à faire passer ses opinions à travers ses reportages, et à imposer un certain “narratif”, pour employer un terme très en vogue. Ainsi, comme l’expliquait justement Gadi Taub cette semaine, Dayan met toujours en avant le vécu personnel (et parfois intime) de ses interviewés, au détriment du vécu collectif d’Israël en tant que peuple. Interrogeant une mère d’un soldat tombé à Gaza, elle revenait sans cesse, de manière presque indécente, sur la question de sa douleur personnelle, alors que la mère insistait au contraire pour dire sa fierté que son fils soit tombé pour que vive notre pays.

 

Le même parti-pris idéologique est apparu dans sa récente émission Ouvda, où Ilana Dayan interroge un jeune officier supérieur combattant à Gaza. Lorsqu’il parle de “remplir notre mission” et de “tout faire pour la victoire”, elle s’entête à l’interroger sur sa “peur de mourir” et sur son “vécu personnel”... De toute évidence, les médias israéliens ont encore du chemin à faire pour se mettre à la page de l’après 7 octobre. Beaucoup d’entre eux ont encore gardé les réflexes et les partis-pris qu’ils avaient jusqu’au 6 octobre. Ils continuent de parler la langue du “je”, alors que le peuple d’Israël a résolument adopté celle du “nous”.

 

2.

 

Dans la même émission Ouvda, Dayan reprenait l’officier lorsqu’il parlait des “femmes des combattants”, qui sont elles aussi un élément essentiel de la force et de la résilience d’Israël. “Il y a aussi des femmes combattantes, et ce sont leurs maris qui sont à l’arrière…” disait en substance la journaliste. Force est de constater qu’elle a sur ce point entièrement raison. Cette guerre a dévoilé – plus encore que les précédentes – la place grandissante qu’occupent les soldates combattantes, en première ligne, au cœur même de Gaza, où elles remplissent des tâches très variées et souvent aussi exposées que celles de leurs camarades de sexe masculin.

 

Parmi les nombreux exemples offerts par la guerre actuelle, citons ceux des femmes tankistes, des infirmières embarquées dans les régiments blindés, ou encore des (tristement) célèbres “Tatspitaniot” (observatrices) qui, sans être combattantes, ont été les premières à prévenir de l’attaque du 7 octobre et qui avaient aussi tenté d’alerter leurs supérieurs des préparatifs du Hamas, en vain… A cet égard, la réalité sur le terrain a, comme souvent, dépassé et rendu caduques tous les débats idéologiques et politiques de l’avant-guerre.

 

3.

 

Jabotinsky, qui était un féministe avant l’heure, a écrit qu’il n’existait “aucune fonction que les femmes ne puissent remplir aussi bien, sinon mieux, que les hommes”. La réalité de l’armée israélienne lui donne aujourd’hui raison, sur ce sujet comme sur beaucoup d’autres. Les femmes combattantes sont devenues une réalité incontournable, et le débat d’avant le 7 octobre sur l’opportunité d’intégrer des femmes dans toutes les unités, comme le réclament plusieurs soldates depuis des années, est un débat qui appartient largement au passé, comme celui sur l’enrôlement des soldats ‘harédim.

 

Lorsqu’on écrira l’histoire de l’héroïsme des soldats de Tsahal au cours de la guerre qui ne fait que commencer, un chapitre glorieux sera consacré aux femmes combattantes. Oui, il ne faut plus parler désormais de “nos valeureux soldats” et des “femmes héroïques” qui les soutiennent à l’arrière, mais bien de nos “valeureux soldats et valeureuses soldates et de leurs conjoints à l’arrière”. Ad Hanitsahon!

P. Lurçat

 

 

 

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Dimanche 24 Décembre à 19H00 (18H00 H.FR)

 

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Une étincelle d’hébreu : Shever, la ruine et l’espoir

December 17 2023, 10:35am

Posted by Pierre Lurçat

Une étincelle d’hébreu : Shever, la ruine et l’espoir

Une étincelle d’hébreu : Shever, la ruine et l’espoir

 

 

Les polysémies sont un phénomène linguistique courant. Mais parfois, le double sens donné à un mot interroge et nous force à réfléchir. Il en est ainsi du mot Shever (שבר) que nous rencontrons dans la parasha de Miqqets lue ce shabbat. Il signifie à la fois le blé (d’où le nom de Mashbir, qui désigne un magasin), la ruine et l’espoir. Que le même mot puisse avoir deux significations aussi antonymiques que la ruine et l’espoir est évidemment lourd de sens.

 

C’est ainsi que le rabbin Elie Munk commente le verset suivant : “Jacob vit qu’il y avait du blé (shever) en Egypte” : “Peut-être est-ce en raison de ce double sens que l’Ecriture emploie ce terme ici. Jacob vit en effet, par sa vision intérieure, que la ruine attendait sa famille en Egypte, où elle allait vivre en exil… Mais il comprit aussi que l’espoir de survie y demeurait toujours. Ainsi, ruine et espoir se confondent en un même terme”.

 

Ce bref commentaire éclaire la totalité du destin juif depuis l’époque des Patriarches. Ne vivons-nous pas maintenant également dans le “shever” (ou, sur la même racine, le “mashber” qui désigne la crise) ? Oui, la guerre que nous traversons est terrible, pleine de ruines (pas seulement à Gaza, où la destruction du Hamastan permettra peut-être de reconstruire le Goush Katif) et en même temps d’espoir.

 

L’espoir que partage notre peuple tout entier, au-delà même de la victoire et de la refondation d'un Etat plus sûr, est aussi celui d’une société plus juste et plus fraternelle, dans la communion de destin retrouvée sur le champ de bataille et à l’arrière. Que D. apporte de bonnes nouvelles à Son peuple et que la ruine se transforme en espoir !

P. Lurçat

 

NB J’évoque mon dernier livre au micro de Galith Ben Zimra sur TANDEM TV Pierre Lurcat, Face à l'opacité du monde (youtube.com) (Je vous invite à vous abonner à ma chaîne YouTube pour être tenu au courant des nouvelles vidéos mises en ligne!)

 

 

 

Une étincelle d’hébreu : Shever, la ruine et l’espoir

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Une étincelle d’hébreu : “Shatefet”, la maladie de l’information en temps de guerre

December 12 2023, 13:00pm

Posted by Pierre Lurçat

Une étincelle d’hébreu : “Shatefet”, la maladie de l’information en temps de guerre

“Shatefet” : le mot, néologisme récemment créé, est intéressant tant du point de vue linguistique que du point de vue de la guerre psychologique. Je ne l’avais jamais entendu avant le 7 octobre. Construit sur la racine SH-T-F (שתפ) qui signifie “partage”, avec le suffixe “ET” qui est employé pour décrire de nombreuses pathologies, il désigne donc la “maladie du partage”. Mais de quel partage et de quelle maladie s’agit-il ?

 

Pour le savoir, il faut aller sur le site de la “Direction nationale du Cyber d’Israël” (Maarakh ha-Cyber ha-Léumi). On y trouve un bandeau intitulé “Nous allons surmonter la Shatefet” et une vidéo humoristique sur une mère juive qui partage toutes sortes d’informations, plus ou moins sérieuses (“Les Houthis débarquent à Eilat !”), avec tout un chacun. La vidéo, très drôle, se termine par un message sérieux : “la maladie du partage aide l’ennemi et peut nous contaminer tous”.

 

Il s’agit donc, on l’aura compris, d’un message destiné à contrer la guerre psychologique du Hamas et des autres ennemis d’Israël. Cette vidéo met l’accent sur un phénomène très répandu dans notre monde actuel, dont les conséquences sont certes moins graves, mais parfois aussi dommageables en temps de paix : celui du partage incessant d’informations.

 

Dans un livre récent, je le décris comme une nouvelle façon de communiquer, qui remplace le débat d’idées véritable. Nous sommes constamment en proie à cette manie insurmontable de partager des contenus à tout venant, habitude qui est devenue une seconde nature. Oui, la “shatefet” est une véritable maladie, en temps de paix comme en temps de guerre ! Hag Hannoukah Saméah !

P. Lurçat

 

J'évoquerai mon dernier livre jeudi soir dans une conférence sous l'égide de l'Organisation sioniste mondiale (département pour la promotion de l'alyah)

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Comment défendre Israël à l’ère de la post-vérité ?

Conférence animée par Pierre Lurçat
 🗓️ le jeudi 14 décembre 2023
 ⏰ À 19h (heure française)
 📎 Via Zoom : https://bit.ly/Pierre_Lurcat

Inscription ici

Une étincelle d’hébreu : “Shatefet”, la maladie de l’information en temps de guerre

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Conférence en ligne : "Comment défendre Israël à l’ère de la post-vérité? "

December 10 2023, 18:03pm

Posted by Pierre Lurçat

Conférence en ligne : "Comment défendre Israël à l’ère de la post-vérité? "

Le Département promotion de l'Alya vous invite à une conférence animée par Pierre Lurçat :

Comment défendre Israël à l’ère de la post-vérité? Peut-on encore faire entendre le point de vue israélien, dans un monde  où les médias ne croient plus eux-mêmes à l’objectivité journalistique et diffusent les mensonges du Hamas, sans aucune vérification? Si tous les “narratifs” se valent, comment peut-on être pro-Israélien? Et si la Vérité elle-même n’existe plus, quel peut-être le message d’Israël?

Pierre Lurçat abordera ces questions brûlantes à l’occasion de la parution de son dernier livre, Face à l’opacité du monde (éditions l’éléphant).   
      🎤 Animé par Pierre Lurçat
🗓️ le jeudi 14 décembre 2023
⏰ À 19h (heure française)
📎 Via Zoom : https://bit.ly/Pierre_Lurcat

INSCRIPTION SUR LA PAGE Comment défendre Israël à l’ère de la post-vérité? (jotform.com)

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Pourquoi nous combattons? (V) : Porter haut et fort le nom d’Israël, le “peuple qui combat avec Dieu”

December 7 2023, 07:07am

Posted by Pierre Lurçat

Pourquoi nous combattons? (V) :  Porter haut et fort le nom d’Israël, le “peuple qui combat avec Dieu”

 

Jacob ne sera plus désormais ton nom, mais bien Israël, car tu as lutté devant Dieu et avec des hommes et tu as triomphé” (Berechit, 32-4)

 

Nous sommes le peuple élu par Dieu pour porter Sa parole, et nul Juif ne peut nier cette réalité tangible, inscrite dans notre nom même. Porter haut et fort le Nom de Dieu, c’est aussi une des clés de la victoire dans la guerre actuelle, car c’est Dieu qui donne la victoire à Son peuple. Cinquième volet de ma série d’articles “Pourquoi nous combattons”.

 

Lire les précédents articles

Pourquoi combattons-nous ? (I) : La deuxième Guerre d’Indépendance d'Israël, par Pierre Lurçat - VudeJerusalem.over-blog.com

Pourquoi combattons-nous ? (II): Rétablir la souveraineté juive sur le Mont du Temple - VudeJerusalem.over-blog.com

Pourquoi combattons-nous ? (III) Définir l’ennemi pour gagner la guerre, Pierre Lurçat - VudeJerusalem.over-blog.com

Pourquoi nous combattons (IV) : Quand la “Start-up nation” fait son “restart” Pierre Lurçat - VudeJerusalem.over-blog.com

 

            En novembre 1941, la philosophe d’origine juive Hannah Arendt publiait dans la revue juive allemande new-yorkaise Aufbau un article intitulé “L’armée juive, le début d’une politique juive ?” Arendt, qui a toujours entretenu un rapport ambigu avec Israël, y écrivait pourtant les lignes suivantes : ““Le peuple juif commence pour la première fois à découvrir une vérité qu’il ignorait jusqu’à présent, à savoir qu’on ne peut se défendre qu’en qualité de ce au nom de quoi on a été attaqué. Un homme qui a été attaqué en tant que Juif ne peut pas se défendre en tant qu’Anglais ou que Français, sinon le monde entier en conclura tout simplement qu’il ne se défend même pas”.

 

            Ces lignes résonnent avec une pertinence particulière pour le lecteur juif d’aujourd’hui, alors qu’Israël se bat à Gaza contre un ennemi cruel, qui l’a ramené soixante-quinze ans en arrière. Le traumatisme ressenti par le peuple d’Israël tout entier le 7 octobre a été vécu en effet comme un retour en arrière, comme une immense régression historique et existentielle et comme un retour à l’époque noire de la Shoah. C’est comme si, avec la barrière supposée protéger le territoire israélien des attaques venues de Gaza, une autre barrière – abstraite et psychologique – s’était elle aussi effondrée : la barrière que nous croyions avoir érigée entre notre passé juif de l’exil et notre avenir d’Israéliens. Comme si l’identité israélienne, fondée largement sur la négation de l’exil et de ses malheurs, s’était soudain déchirée, pour laisser réapparaître la condition malheureuse du Juif éternel.

 

            La parasha hebdomadaire que nous avons lue ce shabbat contient précisément le moment clé de notre histoire nationale, celui où Yaakov-le Juif devient Israël. C’est en effet après le combat nocturne avec l’ange que le patriarche reçoit le nom d’Isra-El, “car tu as lutté devant Dieu et avec des hommes”. Le nom d’Israël porte ainsi le souvenir de ce combat nocturne, et le rabbin Elie Munk commente ainsi cet épisode fameux : “Israël signifie, en conséquence, ‘lutteur devant (ou pour) Dieu… Telle est en effet la tâche d’Israël. Sa lutte millénaire au sein de l’humanité est la lutte pour le royaume de Dieu sur terre”.

 

            Comment ne pas établir un lien entre cette parasha (et entre toutes celles que nous lisons depuis le début de la guerre, qui a éclaté précisément au moment de l’année où l’on recommence la lecture de la Torah par le livre de Berechit) et les événements actuels ? Beaucoup d’Israéliens, et parmi eux de nombreux soldats qui se battent actuellement dans la bande de Gaza, ont été frappés par les similitudes entre l’actualité la plus brûlante et le récit biblique. Beaucoup ont interprété les événements actuels à la lumière du récit des débuts de la famille d’Avraham, et des conflits entre Yaakov et Esaü d’une part, et entre Yaakov et Ishmaël de l’autre.

 

Le débat autour de la Déclaration d’indépendance

 

            Pendant 75 ans, entre 1948 et 2023, nous avons cru que notre nouvelle identité d’Israéliens avait entièrement effacé celle du Juif de l’exil, que représente le patriarche Yaakov. L’attaque meurtrière du 7 octobre a signifié que nous étions encore victimes de la haine séculaire, des pogromes et des tentatives d’extermination, jusque dans notre Etat souverain sur notre terre retrouvée. Mais cette régression sur le plan de l’idéologie sioniste peut aussi être significative pour (re)définir notre identité nationale en vue de l’avenir. Dans ce contexte, l’enjeu identitaire de l’après-guerre de Simhat Torah sera de reconstruire une nouvelle vision nationale israélienne, fondée non plus seulement sur la négation de l’exil, mais sur l’affirmation d'une nouvelle identité hébraïque prophétique.

 

Au cours des mois qui ont précédé la guerre, le peuple israélien s'est divisé et déchiré autour de la question de son identité. Certains ont revendiqué la Déclaration d'indépendance comme un symbole d'une identité laïque. Lors de son adoption en 1948, les signataires de la Déclaration d'indépendance avaient débattu de l'inclusion ou non du nom de Dieu dans son texte. Le compromis trouvé in fine avait consisté à ajouter l'expression de “Rocher d’Israël” (Tsur Israël), qui est une des désignations de Dieu selon la Tradition. Un député religieux avait alors ajouté avant sa signature l’expression “à l’aide de D.” pour ajouter ainsi, subrepticement, le nom de Dieu. Mais en réalité, avec ou sans ces subterfuges, la Déclaration d’Indépendance comportait déjà le nom de Dieu !

 

Celui-ci figure en effet dans le nom de notre Etat, “Etat d’Isra-El”, qui a été choisi par David Ben-Gourion, le fondateur de l’Etat juif qui, bien que Juif non pratiquant et loin de la tradition, avait la Bible pour livre de chevet. Ainsi, le débat autour de l’inclusion du Nom de Dieu dans la Déclaration d’Indépendance, comme bien d’autres débats virulents qui ont divisé le peuple d’Israël depuis, était en fait futile et vain. Nous sommes le peuple élu par Dieu pour porter Sa parole, et nul Juif ne peut nier cette réalité tangible, inscrite dans notre nom même. Porter haut et fort le Nom de Dieu, c’est aussi une des clés de la victoire dans la guerre actuelle, car c’est Dieu qui donne la victoire à Son peuple.

P. Lurçat

Livre disponible sur Amazon, B.O.D et dans les bonnes librairies. Je l’ai évoqué au micro d’Antoine Mercier sur sa nouvelle chaîne Mosaïque.

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Pourquoi nous combattons? (V) :  Porter haut et fort le nom d’Israël, le “peuple qui combat avec Dieu”

Comment défendre Israël à l’ère de la post-vérité? Peut-on encore faire entendre le point de vue israélien, dans un monde  où les médias ne croient plus eux-mêmes à l’objectivité journalistique et diffusent les mensonges du Hamas, sans aucune vérification? Si tous les “narratifs” se valent, comment peut-on être pro-Israélien? Et si la Vérité elle-même n’existe plus, quel peut-être le message d’Israël?

Pierre Lurçat abordera ces questions brûlantes à l’occasion de la parution de son dernier livre, Face à l’opacité du monde (éditions l’éléphant).

Animé par Pierre Lurçat
🗓️ le jeudi 14 décembre 2023
⏰ À 19h (heure française)
📎 Via Zoom : https://bit.ly/Pierre_Lurcat

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L’objectivité selon Le Monde (et d’autres médias français) : “Cinq minutes pour Hitler, cinq minutes pour les Juifs” ?

December 5 2023, 08:04am

Posted by Pierre Lurçat

L’objectivité selon Le Monde (et d’autres médias français) :  “Cinq minutes pour Hitler, cinq minutes pour les Juifs” ?

 

La “Une” du journal Le Monde du 4 décembre est éloquente : “Des frappes meurtrières écrasent un quartier de Gaza”. L’article, signé par la journaliste-militante Clothilde Mraffko, porte le “chapeau” suivant : “Une série de bombardements a détruit près d’une cinquantaine d’immeubles d’habitation, l’un des pires massacres depuis le début de la guerre à Gaza. L’armée israélienne a déclaré avoir éliminé un cadre du Hamas visé”. La suite de l’article est à l’avenant : Samedi 2 décembre à Chadjaya, un quartier de la ville de Gaza, l’armée israélienne a rasé un bloc entier d’habitations entier pour éliminer un cadre du Hamas, causant un carnage parmi la population. Selon la protection civile de l’enclave palestinienne, le bilan de cette opération se compte en centaines de morts, ce qui en fait, possiblement, le bombardement le plus meurtrier en près de deux mois de guerre.

 

Mais contrairement à ce que laisse entendre l’article du Monde, qui se fonde sur les chiffres invérifiables du Hamas, il ne s’agit ni d’un “massacre” ni d’un “carnage” (deux mots qui indiquent une intention criminelle) mais simplement de victimes collatérales d’un bombardement visant un dirigeant du Hamas. Comme l’a rappelé aujourd’hui Emmanuel Navon sur l’excellente chaîne Mosaïque, les victimes civiles tuées lors d’attaques contre des cibles militaires ne constituent aucunement un “crime de guerre”. Au contraire, c’est le fait d’utiliser sciemment des civils pour se dissimuler, comme le font systématiquement les dirigeants du Hamas, qui est proscrit par le droit de la guerre et par le droit international ! Petit rappel que devrait lire le président Macron, apparemment très mal informé sur le sujet…

 

Il faut ouvrir le journal pour avoir une vision un tant soit peu plus équilibrée sur le conflit : en pages intérieures, on peut ainsi lire en page de gauche un grand article intitulé “Chadjaya écrasé sous les frappes d’Israël”, et en page de droite un grand article intitulé “A Sdérot, la ville voisine de Gaza, figée dans la terreur du 7 octobre”. Au-delà du contenu même des deux articles, qui mériterait un long développement, c’est leur superposition qui interroge. Remarquons tout d’abord que le titre de l’article sur Gaza est en caractères gras, bien plus gros que celui de l’article sur Sdérot. Le premier article est précédé de quatre photos en couleur montrant les décombres d’immeubles à Gaza (il s’agit en fait d’images tirées du reportage d’un journaliste d’Al-Jazira, la chaîne qatarie pro-Hamas). L’article sur Sdérot ne comporte aucune photo.


            Mais au-delà même de ces procédés journalistiques cousus de fil blanc, admettons que le parallèle entre les deux articles soit parfait. Que signifie la symétrie établie par Le Monde entre Gaza et Sdérot? Imagine-t-on une double d’un journal français en pleine Deuxième Guerre mondiale, comportant un article consacré à Oradour sur Glane d’un côté, et un autre consacré à Dresde de l’autre ? La comparaison fait frémir… C’est pourtant précisément ce que fait Le Monde concernant la guerre à Gaza. L’objectivité journalistique selon Le Monde, c’est, comme disait Jean-Luc Godard (qui n’était pas un ami d’Israël), “cinq minutes pour Hitler (le Hamas), cinq minutes pour les Juifs”.

P. Lurçat

 

Je donnerai une conférence en ligne le 14.12 à 19h00 (Paris), dans le cadre de l’O.S.M,

sur le thème “Comment défendre Israël à l’ère de la post-vérité ?

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