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intention genocidaire arabe

Face aux accusations de “génocide” - La trahison des clercs d’Israël : le cas David Grossman

August 3 2025, 19:03pm

Posted by Pierre Lurçat

Grossman recevant le prix international Man Booker en 2017

Grossman recevant le prix international Man Booker en 2017

 

La pitié, lorsqu’elle devient principe politique, ne se tourne plus vers les causes mais vers l’image immédiate de la souffrance. Elle sacrifie la justice au spectacle de la misère.

 

Hannah Arendt[1]

 

            Comment défendre Israël contre les accusations de “génocide” à Gaza, lorsque certaines voix juives, parmi les plus écoutées dans les médias internationaux reprennent à leur compte ces accusations calomnieuses ? Cette question s’est posée une première fois il y a quelques semaines, lorsque la femme-rabbin Delphine Horvilleur a accusé, avec une poignée d’autres intellectuels juifs français, Israël d’affamer les enfants de Gaza. A l’époque, j’avais dénoncé dans une lettre ouverte publiée sous forme de pétition, cette calomnie incendiaire, en affirmant qu’elle ne manquerait pas d’allumer de nouveaux incendies.

 

            Aujourd’hui, c’est l’écrivain de renommée internationale David Grossman qui joint sa voix aux calomniateurs, en accusant Israël de commettre un “génocide” à Gaza… “J’ai refusé pendant des années d’utiliser ce terme : “génocide”. Mais maintenant je ne peux pas m’empêcher de l’utiliser, après ce que j’ai lu dans les journaux, après les images que j’ai vues et après avoir parlé avec des personnes qui y ont été », explique Grossman dans le quotidien italien La Republicca.

 

            Ces accusations mensongères revêtent une gravité d’autant plus grande qu’elles apportent la caution intellectuelle et morale de l’écrivain - considéré comme une des voix les plus importantes du monde des lettres d’Israël - à la campagne de désinformation et de propagande du Hamas, qui fait actuellement des ravages dans les médias du monde entier. L’attitude de Grossman relève de la plus totale irresponsabilité et de la trahison intellectuelle envers son peuple, son Etat et son armée[2]. Pour justifier son accusation calomnieuse, Grossman n’a pas trouvé d’autre argument que d’invoquer “les images que j’ai vues” et les témoignages “des personnes qui y ont été” (sic). Ce faisant, il cautionne la pire accusation portée contre le peuple Juif depuis la Shoah, sur la base de témoignages douteux et d’images par définition trompeuses. Son attitude participe ainsi de cette “politique de l’émotion” que j”ai analysée au sujet d’Emmanuel Macron et de Delphine Horvilleur.

 

Les propos stupéfiants et scandaleux de Grossman illustrent un phénomène que j’ai analysé depuis longtemps et auquel j’ai consacré un livre paru en 2016 sous le titre La trahison des clercs d’Israël. Un chapitre de ce livre était justement consacré à David Grossman. J’y rappelais notamment que celui-ci s’était prononcé publiquement contre une attaque israélienne contre les installations nucléaires de l’Iran (en 2011) en accusant le Premier ministre israélien (qui était déjà B. Nétanyahou) d’employer une “rhétorique apocalyptique” pour justifier son projet d’attaque contre l’Iran et de “sacrifier des civils iraniens innocents”.

 

Le plus scandaleux dans ces propos de Grossman était leur concomitance avec des déclarations presque similaires de l’écrivain allemand Günther Grass, accusant Israël de “menacer la paix mondiale” et de vouloir “l’éradication du peuple iranien”. A l’époque, les propos de Grass avaient fait scandale, notamment en raison du fait que celui-ci avait publiquement révélé, quelques années plus tôt, son appartenance aux Waffen-SS dans sa jeunesse. Mais les propos similaires de Grossman avaient bénéficié, eux, d’une totale indulgence. Souhaitons que ses propos actuels, accusant Israël de génocide, ne bénéficient pas de la même indulgence et qu’ils soient dénoncés le plus largement possible, comme une véritable trahison intellectuelle.

Pierre Lurçat

 


[1]  De la Révolution, 1963. Cité par Charles Rojzman, La Pitié et le Sang : Gaza - Tribune Juive

[2] Rappelons que son fils Oury a donné sa vie pour Israël, lors de la Deuxième Guerre du Liban en 2006

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L’intention exterminatrice arabe et son “inversion victimaire” dans l’accusation portée contre Israël

January 14 2024, 12:51pm

Posted by Pierre Lurçat

Hassan Nasrallah

Hassan Nasrallah

La plainte déposée par l'Afrique du Sud devant la CJI n'est pas seulement un scandale sur le plan moral et juridique. Elle s'inscrit en fait dans l'histoire longue de l'antisémitisme et de "l'inversion victimaire", comme je l'explique dans les lignes suivantes extraites de mon livre Les mythes fondateurs de l'antisionisme contemporain.

L’intention exterminatrice et génocidaire était bien présente dans le camp arabe, dès l’origine du conflit, et elle n’a pas disparu à ce jour. Citons, à titre d’exemples récents, les déclarations génocidaires du chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, affirmant de manière récurrente que le Hezbollah est “capable de détruire Israël”, et les déclarations de dirigeants du Hamas ou de l’Iran qui vont dans le même sens. Ainsi, le dirigeant iranien du Corps des Gardiens de la Révolution islamique, Qassem Soleimani, récemment tué dans une frappe américaine, avait déclaré en septembre 2019 que la “destruction d’Israël n’était plus un rêve”

 

Cette intention exterminatrice arabe (ou iranienne) n’a jamais disparu et a reçu un commencement d’exécution à plusieurs reprises (en 1948, en 1967, etc.). Elle s’accompagne d’un discours auto-justificatif, qui prétend faire d’Israël le coupable d’un plan d’extermination génocidaire des Palestiniens. Tout se passe donc comme si les ennemis d’Israël projetaient sur celui-ci leurs propres intentions génocidaires. C’est dans cette projection permanente que réside le fondement du mythe du génocide du peuple palestinien.

 

Pour comprendre comment fonctionne ce mécanisme, constant dans le discours et dans la stratégie politique arabe, prenons pour exemple le discours prononcé à Davos par Yasser Arafat, dirigeant de l’OLP et chef de l’Autorité palestinienne, en janvier 2001. Cet épisode révélateur se situe quelques mois après le déclenchement de la “Deuxième Intifada”, vague de violences ayant pris pour prétexte la visite du Premier ministre israélien Ariel Sharon sur le Mont du Temple, mais avait été en réalité préméditée plusieurs mois à l’avance par Arafat lui-même, après l’échec des négociations de Camp David.

 

Comme le rapporte l’historien Benny Morris dans son livre Victimes, le dirigeant israélien Shimon Pérès - qui était encore porté par l’euphorie du “processus de paix” et du “Nouveau Moyen-Orient”, malgré la sanglante vague de violences déclenchée l’année précédente par Arafat - évoquait “la nécessité et le caractère inévitable d’un partenariat, de la paix et de la coopération entre Israël et les Palestiniens”. Le dirigeant palestinien, de son côté, peu soucieux de polir son propos devant le forum économique mondial, qualifiait l’État juif de “fasciste”, de “colonialiste” et “d’assassin” et accusait Israël “d’utiliser des munitions à l’uranium” contre les Palestiniens, en s’efforçant de les “affamer”, pour “détruire le peuple palestinien”. Ce faisant, Arafat reprenait à son compte le mythe du génocide, soi-disant fomenté par les Juifs contre le peuple palestinien.

 

Benny Morris, qui relate cette anecdote, décrit bien le décalage entre l’état d’esprit du dirigeant de la gauche israélienne, qui croyait toujours que la paix pouvait être atteinte au moyen de concessions territoriales, et celui des Palestiniens (et des Syriens) qui lui opposaient une attitude radicale et intransigeante. “L’Intifada, explique Morris, réponse palestinienne aux efforts de paix israéliens, sema la confusion dans l’idéologie de la gauche israélienne... Il y régnait un sentiment de désarroi et de trahison par le raïs palestinien”. Ce désarroi tient en large partie à l’incompréhension, chez une partie de la gauche israélienne, de la nature profonde de l’hostilité arabe envers Israël, c'est-à-dire de l’antisionisme.

 

La filiation historique entre l’antisionisme et l’antijudaïsme 

 

En réalité, ce mécanisme d’inversion permanent consistant à vouloir détruire l’adversaire tout en l’accusant de ses propres intentions n’a rien de nouveau. L’historien Georges Bensoussan écrit à ce propos que “tout discours meurtrier impute en effet à sa victime le dessein qu’il nourrit à son endroit”. Pierre André Taguieff analyse également ce mécanisme, auquel il a donné le nom, que nous lui empruntons, d’inversion victimaire, dans ses “trois grands moments historiques” : celui de l’antijudaïsme antique et médiéval, celui de l’antisémitisme moderne, et enfin celui de l’antisionisme contemporain. Cette perspective historique plus large nous permet de comprendre comment le mythe du “génocide du peuple palestinien” s’inscrit dans le droit fil de l’accusation de crime rituel, qu’il reprend à son compte et auquel il donne des formes nouvelles.

P. Lurçat

(Extrait de mon livre Les mythes fondateurs de l'antisionisme contemporain, éditions L'éléphant 2021)

Ma conférence "Comment restaurer la dissuasion d'Israël" est en ligne ici, abonnez-vous à ma chaîne YouTube pour accéder à mes dernières conférences!

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