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delphine horvilleur

Dans la tête d'un Juif sublime : le combat pour l'âme d'Israël (et pour les petits fours)

April 3 2026, 08:37am

Posted by Pierre Lurçat

Sauver leur accès aux garden-party à l'Élysée: D. Horvilleur et Macron

Sauver leur accès aux garden-party à l'Élysée: D. Horvilleur et Macron

 

Nos frères Juifs de diaspora traversent des jours difficiles en France… Je ne parle pas de ceux qui habitent dans le 93, le 95 ou les autres banlieues chaudes, où l'existence juive est menacée jour après jour par un lot quotidien d'insultes, d'incivilités et d'agressions antisémites. Non, je pense à ces Juifs "sublimes"*, qui habitent les beaux quartiers du cinquième arrondissement de Paris et fréquentent régulièrement les studios de radio et de télévision français, bien plus assidûment que les synagogues.

 

On a peine à imaginer les difficultés de leur existence paisible de Juifs parvenus, vivant dans les quartiers les plus agréables de Paris, mais qui doivent quotidiennement répondre des "crimes" d'Israël… On les interpelle à chaque instant et il faut avouer que l'État juif ne leur facilite pas la vie, avec sa manie de se défendre contre ses ennemis sans tendre l'autre joue et de remporter victoire sur victoire, ce qui complique beaucoup l'existence des Juifs sublimes!

 

Lorsque leur existence médiatique est en danger, ils n'ont plus d'autre choix que de montrer patte blanche, en rappelant jour après jour, inlassablement et avec une endurance qui force l’admiration, qu'ils sont de bons Juifs républicains, démocrates et progressistes… Pendant que nous courons d'abri en abri, de miklat en mamad, sous le blitz iranien, eux courent de studio en studio, pour faire la promotion de leurs derniers livres, en proclamant leur "cœur lourd" et leur honte d'Israël.

 

Leur vie n’est certes pas menacée, mais leur réputation est en péril et ils se réveillent chaque matin avec l'angoisse au ventre, ignorant s'ils seront encore invités sur France Culture, ou si leur fidèle lectorat ne va pas les délaisser… Pris entre le marteau et l'enclume, entre Mélenchon et Macron (qu'ils soutiennent coûte que coûte, pour sauver leur accès aux garden-party à l'Élysée), ils endurent les blessures d’amour propre et les tourments du Juif de l'exil, et résistent avec courage aux appels de leurs cousins d'Israël qui les incitent à quitter les palais de l'exil pour les rejoindre et participer à l'aventure de l'État juif…

 

Assaillis, accusés, salis et même "souillés" (selon le témoignage de première main recueilli auprès de l'académicien Alain Finkielkraut), ils sont contraints de se défendre pied à pied. Non, pas en se montrant solidaires d'Israël, ce pays qui les empêche de dormir et qu’ils défendent de plus en plus mollement… Ce sont les « marmites de viande de l’Egypte », c’est leur bifteck qu'ils défendent! Opiniâtrement, ils gardent la tête haute et le cœur lourd et s'efforcent de tenir bon, en se remémorant les souffrances (authentiques celles-ci) de leurs ancêtres en Pologne ou ailleurs, pour se donner du courage.

 

Parfois, quand la Knesset vote une loi particulièrement révoltante prévoyant la peine de mort pour les terroristes du Hamas, ils ont envie de renoncer, d'abandonner le combat pour l'âme d'Israël et de devenir chrétiens (religion qui les fascine, comme l'avoue Finkielkraut avec une franchise déroutante) ou, à D. ne plaise, de déserter la galout pour rejoindre le confort d'Israël en guerre...

 

Mais résistant à leur mauvais penchant, ils se ressaisissent et, loin de sombrer dans le désespoir, ils envoient courageusement un article au vitriol au journal Le Monde, ou signent une pétition contre le danger du fascisme israélien. Puis, avec le sentiment du devoir accompli, ils s'accordent un moment de répit, lisant la dernière BD de Johann Sfar en sirotant un bon vin de Bourgogne ou de Loire, avant de reprendre le dur combat quotidien du Juif sublime pour l'âme d'Israël et pour les petits fours.

P. Lurçat

 

* L'expression "Juifs sublimes" a été forgée par Daniel Sibony, pour décrire des figures comme celle de Delphine Horvilleur. Georges Bensoussan l'a reprise à son compte en citant D. Sibony dans un article paru dans Causeur en juin 2025.

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Horvilleur, Finkielkraut et cie. Ces Juifs parvenus qui attaquent Israël en pleine guerre, Pierre Lurçat

March 30 2026, 05:58am

Posted by Pierre Lurçat

D. Horvilleur avec Emmanuel Macron

D. Horvilleur avec Emmanuel Macron

NB J'ai commenté la guerre en Iran sur l'excellente chaîne Lilmod,  Le secret de la puissance militaire d'israel? Pierre Lurçat et Yohan Botbol

Alors qu’Israël mène la guerre sa plus longue et la plus difficile depuis 1948, un nouveau front s’est ouvert depuis plusieurs mois, à l’intérieur même du peuple Juif. Des voix minoritaires, mais bien organisées, expriment au grand jour leurs dissensions et leurs critiques radicales envers le gouvernement, l’armée et le peuple d’Israël, tout en bénéficiant d’une résonance médiatique disproportionnée. Ce phénomène grave ne constitue pas seulement une nouvelle illustration du manque de loyauté et de patriotisme de certains membres de notre peuple, en pleine guerre : il s’agit d’une véritable défection.

 

Georges Bensoussan a raison de parler, à propos de ces dirigeants et notables juifs qui critiquent Israël en pleine guerre, d’une “posture sociale et d’une imposture morale”. Il s’agit bien d’une posture sociale, et plus précisément, d’une prise de position motivée par l’intérêt social, c’est-à-dire par l’intérêt d’une caste qui entend protéger avant tout ses privilèges (Marx aurait dit : ses “intérêts de classe”…).

 

Il suffit de lire la liste des signataires de la “Lettre ouverte de leaders juifs du monde entier au Président Herzog” pour s’apercevoir que ce qui réunit les signataires ne relève pas tant de la politique, ni d’un quelconque engagement communautaire ou juif, que de l’appartenance et de la position sociale. Tous font tous partie d’une certaine caste : ils sont rabbins (réformés en général), professeurs, ambassadeurs… Ils habitent aux Etats-Unis, en Angleterre, (Delphine Horvilleur est une des rares signataires en France). Certains exhibent leurs décorations et leurs “médailles”: ils sont sir, chevalier de la Légion d’honneur, ou “Commandeur de l’Ordre de Saint‐Michel et Saint‐Georges”.

 

Leur positionnement est bien ainsi celui de Juifs “parvenus” (pour reprendre l’expression rendue fameuse par Hannah Arendt), et leurs critiques visent en réalité des Juifs qu’ils considèrent comme des “parias”: les habitants juifs de Judée-Samarie. La plupart des signataires n’ont sans doute jamais mis les pieds en Judée et en Samarie, dans les localités juives où vivent les meilleures familles de notre petit-grand peuple, celles qui ont payé le plus lourd tribut à la guerre existentielle que mène Israël pour sa survie.

 

Pendant que des jeunes Israéliens de vingt ans combattent et sacrifient leur jeunesse, et parfois leur vie pour défendre leur pays, ces Juifs parvenus au sommet de leur carrière font cause commune avec les ennemis d’Israël pour défendre leur statut, leur notoriété médiatique (ainsi d’Alain Finkielkraut, qui est interviewé chaque semaine et qui proclame urbi et orbi avoir “honte d’Israël”), leurs relations (tel ce grand-rabbin de France qui a été décoré, en pleine guerre, par le président français avec lequel il entretient des relations amicales, ce même président qui incite à la haine d’Israël, en plein dimanche des Rameaux).

 

Ces Juifs parvenus sont, au demeurant, des gens d’apparence très respectable. Certains ont écrit des livres intelligents (d’autres moins). La plupart ont réussi sur le plan professionnel, social, médiatique, etc. En les écoutant s’exprimer, en les regardant pérorer dans les médias, je repense à cette phrase du philosophe juif Theodor Lessing, phrase qui m’avait jadis encouragé à faire mon alyah : “Honte à tous ces fils qui préfèrent embrasser une carrière académique, ou “entrer en littérature”, dans le luxe et le confort des grandes villes d’Occident, au lieu de porter les pierres sur la grande route de Yeroushalayim”.

 

Oui, honte à tous ces Juifs parvenus qui joignent leurs voix au chœur de nos ennemis, pendant que nous nous battons pour notre survie ! Honte à ces Juifs de l’arrière qui soignent leur image et s’inquiètent de leur réputation, pendant que le peuple de Sion est soumis au blitz iranien et vit dans les abris. L’histoire juive se souviendra de tous nos fils et nos frères, tombés pour que vive Israël. Elle oubliera les noms de ces parvenus, Juifs honteux, Erev rav, Juifs de cour (peu importe le nom qu’on leur donne…) Hag Herout Saméakh!

P. Lurçat

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Un "génocide" à Gaza? - Analyse socio-politique de la posture morale des Juifs qui se dissocient d’Israël

September 18 2025, 13:45pm

Posted by Pierre Lurçat

Delphine Horvilleur : contorsions intellectuelles et funambulisme politique

Delphine Horvilleur : contorsions intellectuelles et funambulisme politique

Je publie ici de larges extraits de mon intervention au colloque organisé par Shmuel Trigano au centre Begin de Jérusalem mardi dernier. L'ensemble des interventions seront prochainement publiées sous forme de livre numérique. On peut également écouter mon intervention (et les autres) sur la chaîne Youtube du centre Begin, ici : « Génocide » à Gaza ? Analyse socio-politique des Juifs se dissociant d’Israël | Pierre Lurçat

 

Depuis le 7-Octobre 2023, on assiste à un double phénomène parmi les intellectuels juifs de gauche, qu’on pourrait décrire comme à la fois comme une radicalisation et comme un effacement progressif des frontières entre la gauche sioniste et l'extrême gauche antisioniste. Pour illustrer ce phénomène nouveau, je prendrai pour exemples des figures juives et israéliennes qui parlent "de l'intérieur": Horvilleur, Grossman, Finkielkraut, etc.  Ce faisant, je les distinguerai de ceux que nous avions étudiés dans un numéro de la revue Controverses paru en 2007, consacré aux “Alterjuifs”.

 

Sans entrer dans le détail de l’analyse, disons que les Alterjuifs parlent “de l’extérieur”, en revendiquant publiquement leur non-appartenance au Klal Israël (ils sont comme le fils dont parle la Haggada qui s’exclut du Klal…). Ces Alterjuifs ont depuis toujours critiqué et condamné l’Etat d’Israël, bien avant le 7-Octobre. Pour illustrer la différence entre les 2 catégories/postures, je citerai ce post du cinéaste israélien Eyal Sivan, après l’interview de David Grossman dans La Republica: “Business as usual. À l’ombre du génocide à Gaza, M. Nicolas Weill, commissaire aux affaires juives du journal Le Monde, discute poliment littérature avec M. David Grossman, mascotte tortueuse de la gauche sioniste. Ça doit être ça la vraie civilisation…” Aux yeux d’un alterjuif comme Sivan, David Grossman reste un méchant ‘sioniste’ même quand il accuse Israël de génocide !

 

La nouveauté sur laquelle je voudrais ce soir attirer l’attention est donc celle des Juifs de l’intérieur qui en viennent à se désolidariser d’Israël et à l’accuser des pires abjections. Comment ces Juifs “de l’intérieur” arrivent-ils à parler de génocide” (Grossman), à soutenir que le problème d'Israël n'est pas le Hamas mais Netanyahou (Finkielkraut) ou à défendre la reconnaissance d'un Etat palestinien par Emmanuel Macron (Horvilleur, F. Encel, Finkielkraut)?

 

Une explication sociologique


            Contrairement aux alterjuifs qui parlent de l'extérieur, ces intellectuels juifs qu’on pourrait qualifier d’"organiques" ou d’institutionnels ont une forme de loyauté envers le collectif juif et/ou israélien… Or, leur positionnement est devenu plus compliqué depuis le 7-octobre. Ils doivent se montrer solidaires d'Israël, tout en préservant leur statut social et symbolique de membres d'une "élite" juive reconnue, ou d'un etablishment culturel ou médiatique… Cette problématique n'est certes pas entièrement nouvelle, et j’en donnerai pour premier exemple le cas de l’écrivain israélien David Grossman, auquel je me suis intéressé depuis longtemps.

 

Le cas David Grossman

 

Comme j'avais tenté de le montrer il y a une dizaine d'années, Grossmann n'est pas libre de ses opinions... Il doit verser le tribut de sa reconnaissance médiatique et de la place qu'il a accepté d'occuper… J’avais à l’époque analysé sa prise de position très virulente contre le projet israélien d’attaquer les centrales nucléaires iraniennes (on a un peu de mal à imaginer aujourd’hui que le “gratin” intellectuel et sécuritaire israélien était contre à l’époque…). Le plus scandaleux dans ces propos de Grossman était leur concomitance avec des déclarations presque similaires de l’écrivain allemand Günther Grass, accusant Israël de “menacer la paix mondiale” et de vouloir “l’éradication du peuple iranien”.

 

A l’époque, les propos de Grass avaient fait scandale, notamment en raison du fait que celui-ci avait publiquement révélé, quelques années plus tôt, son appartenance aux Waffen-SS dans sa jeunesse. Mais les propos similaires de Grossman avaient bénéficié, eux, d’une totale indulgence… Grossman accusait pourtant le premier ministre Nétanyahou de recourir à une « rhétorique apocalyptique » et d’être prêt à sacrifier des civils iraniens innocents et à déclencher une « catastrophe immédiate et annoncée » pour éviter un risque hypothétique… Comme je le rappelle dans mon livre La trahison des clercs d’Israël, la fondation Günter Grass avait en effet accordé à Grossman le prix Albatros en 2008. Ce n’était pas le premier prix allemand décerné à l’écrivain israélien, qui avait déjà obtenu le « Buxtehuder Bulle », et il est également Chevalier de l’ordre des Arts et des Lettres.

 

D’autres écrivains israéliens ont reçu des prix en Europe, et notamment en Allemagne, comme Amos Oz, titulaire du Prix Goethe. On peut y voir une simple marque d’estime et de reconnaissance pour leur talent d’écrivain. Mais ce serait une erreur à mon avis. Car ces prix prestigieux, parfois dotés de montants considérables, créent des liens de dépendance et d’allégeance entre les écrivains israéliens et les pays européens, connus pour leur hostilité à la politique israélienne… Le prix à payer, pour David Grossman comme pour les autres écrivains-pacifistes adulés des médias européens, est de continuer encore et toujours à accuser le gouvernement et l’Etat d’Israël, et à s’opposer à toute action militaire de Tsahal, à Gaza ou en Iran, fut-ce contre des ennemis voués à notre destruction.

 

Je n’ai rien à modifier à cette analyse datant de 2014, sinon que la pression exercée sur les écrivains israéliens pacifistes par leur public européen et par les institutions qui les invitent, les récompensent et les choyent est devenue encore plus intense et irrésistible depuis le 7-Octobre… On voit même des intellectuels/artistes proclamer en vain leur “soutien à la paix” et à un Etat palestinien et être malgré tout boycottés (comme le chorégraphe Ohad Naharin). Tout cela ressemble de plus en plus à l’atmosphère des Procès antijuifs sous Staline !

 

Delphine Horvilleur : contorsions intellectuelles et funambulisme politique

 

Idem de Delphine Horvilleur qui doit ménager à la fois son public juif et sioniste et son aura médiatique... Ce n’est pas facile ! D'où ses exercices de contorsionniste et ses acrobaties intellectuelles, dans la revue Tenoua qu'elle dirige, pour exprimer à la fois sa compassion pour les otages et sa solidarité avec Israël, et sa compassion pour les civils de Gaza...  Dans un entretien sur Akadem début 2024, Delphine Horvilleur trouvait ainsi “abject” et révoltant le fait que l’armée israélienne “tue tellement de Palestiniens” à Gaza. Et Ruben Honigman qui l’interviewait abondait dans son sens.

 

Dans cette position de funambule souvent pathétique et de moins en moins crédible, on reconnaît le fameux « en même temps » macronien dont Horvilleur se réclame expressément : “Il leur faut constamment « en même temps » rappeler la légitimité absolue de la réponse militaire au 7 octobre contre les terroristes islamistes du Hamas et leur projet d’extermination et dénoncer la poursuite d’une guerre, dont les buts sont devenus flous aujourd’hui, les propos déshumanisants de membres fanatisés d’un gouvernement et leurs projets d’occupation ou d’annexion qui garantiront une guerre sans fin.

 

Bien entendu je ne prétends pas excuser cette posture en montrant tout ce qu'elle a de difficile à tenir et de quasiment intenable… Pour me résumer et conclure sur cette 1ere explication, je dirais qu’il y a une forme de corruption “passive” dans cette attitude des intellectuels ou des écrivains juifs et Israéliens… Ils acceptent de payer le prix politique et idéologique exigé pour conserver leur statut social/symbolique/médiatique...

 

Delphine Horvilleur : contorsions intellectuelles et funambulisme politique

 

Idem de Delphine Horvilleur qui doit ménager à la fois son public juif et sioniste et son aura médiatique... Ce n’est pas facile ! D'où ses exercices de contorsionniste et ses acrobaties intellectuelles, dans la revue Tenoua qu'elle dirige, pour exprimer à la fois sa compassion pour les otages et sa solidarité avec Israël, et sa compassion pour les civils de Gaza...  Dans un entretien sur Akadem début 2024, Delphine Horvilleur trouvait ainsi “abject” et révoltant le fait que l’armée israélienne “tue tellement de Palestiniens” à Gaza. Et Ruben Honigman qui l’interviewait abondait dans son sens.

 

Dans cette position de funambule souvent pathétique et de moins en moins crédible, on reconnaît le fameux « en même temps » macronien dont Horvilleur se réclame expressément : “Il leur faut constamment « en même temps » rappeler la légitimité absolue de la réponse militaire au 7 octobre contre les terroristes islamistes du Hamas et leur projet d’extermination et dénoncer la poursuite d’une guerre, dont les buts sont devenus flous aujourd’hui, les propos déshumanisants de membres fanatisés d’un gouvernement et leurs projets d’occupation ou d’annexion qui garantiront une guerre sans fin.

 

Bien entendu je ne prétends pas excuser cette posture en montrant tout ce qu'elle a de difficile à tenir et de quasiment intenable… Pour me résumer et conclure sur cette 1ere explication, je dirais qu’il y a une forme de corruption “passive” dans cette attitude des intellectuels ou des écrivains juifs et Israéliens… Ils acceptent de payer le prix politique et idéologique exigé pour conserver leur statut social/symbolique/médiatique.

 

La dimension psychologique : La “haine de soi juive” revisitée

 

J'en viens à la deuxième explication qui fait appel au fameux concept développé par Théodore Lessing dans son livre La haine de soi juive publié à Berlin en 1930. Lessing a d’autant mieux compris et analysé le phénomène qu’il en a été lui-même victime, se convertisseur en 1920 au luthéranisme, avant de “refaire son âme” en revenant à son peuple, comme le rappelle André Neher dans son beau livre Jérusalem, vécu juif et message. Neher rappelle aussi, dans ce livre paru après la Première Guerre du Liban, que le dramaturge israélien Yehoshua Sobol avait porté à la scène la figure tragique d’Otto Weininger (un des cas étudiés par Th. Lessing), et que le jeune public israélien de l’époque trouvait des échos de leurs propres inquiétudes dans la figure de Weininger…

 

Le concept de la haine de soi juive (jüdische Selbsthass) est bien connu mais parfois mal compris. Il est vrai que les études de cas réunies par Lessing n'ont pas grand-chose à voir à première vue avec les intellectuels et figures médiatiques dont je parle ce soir. Est-ce que Delphine Horvilleur souffre de haine de soi ? Non de toute évidence. C'est une Juive qui s'aime beaucoup ! Beaucoup trop sans doute… Mais Lessing ne parle pas de Juifs qui se détestent, mais qui détestent une partie d'eux, de leur identité et de leur appartenance collective…

 

Quand David Grossman accuse son pays, son peuple et son armée de génocide à Gaza, il s'agit bien de haine de soi. D. Horvilleur a beau jeu de prétendre, dans un exercice de funambulisme intellectuel comme elle en est coutumière, que Grossman dit autre chose, ou qu'il dit une chose et son contraire. Elle réussit le tour de force de ne pas dire qu’il ne s’agit pas d’un génocide : l’avenir dira, par la voix des juristes et du droit, quel nom porte ce qui arrive aujourd’hui à Gaza, et plus largement au Proche-Orient. Mais l’urgence est ailleurs et devrait être absolue pour tous : faire que l’horreur s’arrête pour les uns et les autres, que les otages soient libérés, que les enfants soient nourris, que les innocents soient protégés, qu’une solution politique interrompe enfin le cycle infini de ces violences.”

 

J’avais publiquement interpellé Delphine Horvilleur quelques mois avant qu’elle ne soutienne la position de D Grossman, alors qu’elle avait accusé Tsahal d’affamer les enfants de Gaza et dénoncé la “faillite morale” d’Israël (citation d’Horvilleur: “C’est donc précisément par amour d’Israël que je parle aujourd’hui. Par la force de ce qui me relie à ce pays qui m’est si proche, et où vivent tant de mes prochains. Par la douleur de le voir s’égarer dans une déroute politique et une faillite morale. Par la tragédie endurée par les Gazaouis, et le traumatisme de toute une région…”)

P. Lurçat

Un "génocide" à Gaza? -  Analyse socio-politique de la posture morale des Juifs qui se dissocient d’Israël

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Les “idiots utiles” du Hamas: Les intellectuels sont-ils le maillon faible du peuple Juif?

September 4 2025, 12:09pm

Posted by Pierre Lurçat

"Une imposture": Delphine Horvilleur

"Une imposture": Delphine Horvilleur

 

1.

Je ne sais pas si BHL a lu l’appel que je lui avais adressé, à lui et à Alain Finkielkraut, après les propos scandaleux de l’écrivain David Grossman évoquant un “génocide” à Gaza. Toujours est-il qu’il s’est finalement démarqué de Grossman, dans son dernier bloc-notes du Point, dans un article intitulé “Les idiots utiles du Hamas” et dans les termes suivants :  “Une ineptie peut être répétée soir et matin. Relayée par de hautes autorités internationales. Validée par de respectables ONG, parmi lesquelles Action contre la faim que j’ai contribué à fonder. Elle peut être reprise, « le cœur brisé », par l’un de mes amis, David Grossman...  Elle n'en reste pas moins une ineptie”.

 

De son côté, Alain Finkielkraut m’a répondu en privé (réponse que je me fais un devoir de publier), disant qu’il était “totalement en désaccord total avec David Grossman”, ajoutant toutefois “je soutiens sans réserve les centaines de milliers de grévistes qui manifestent contre la guerre effrayante que Netanyahou mène à Gaza. Ils sont l’honneur d’israël”. Dont acte. BHL et Finkielkraut ont donc tous les deux pris leurs distances à l’égard de l’écrivain israélien, comme je l’espérais.

 

2.

 

De son côté, Delphine Horvilleur a choisi de ne pas se démarquer des propos de Grossman, se livrant dans la revue Tenoua qu’elle dirige à un laborieux “pilpoul”, dans lequel elle dit en substance deux choses : 1. Que Grossman a raison. 2. Qu’il appartient aux “juristes” de déterminer s’il y a un “génocide à Gaza”. En effet, écrit-elle : "l’avenir dira, par la voix des juristes et du droit, quel nom porte ce qui arrive aujourd’hui à Gaza, et plus largement au Proche-Orient. Mais l’urgence est ailleurs et devrait être absolue pour tous : faire que l’horreur s’arrête pour les uns et les autres, que les otages soient libérés, que les enfants soient nourris, que les innocents soient protégés, qu’une solution politique interrompe enfin le cycle infini de ces violences".

 

L’observateur attentif de l’actualité constatera que la posture adoptée par Horvilleur sur la question du soi-disant “génocide” à Gaza est identique à celle d’Emmanuel Macron, qui a prétendu de son côté que c’était aux historiens qu’il “appartenait de décider” s’il y avait un génocide à Gaza… On ne peut qu’être frappé par la similarité des formulations, Horvilleur réservant aux juristes et Macron aux historiens la responsabilité de trancher sur le soi-disant « génocide » à Gaza.

 

3.

 

Paradoxalement, un de ceux qui ont le mieux caractérisé la posture et la manière de raisonner de la rabbine Horvilleur et sa relation au judaïsme n’est autre qu’Alain Finkielkraut lui-même, qui écrivait à son sujet il y  a quelques années: “Delphine Horvilleur invente un judaïsme tout entier dressé contre le destin juif. Elle réussit le prodige de judaïser le procès du juif charnel. C’est pour moi une imposture, et même une impiété. Tendre à l’hyper modernité, en guise de judaïsme, un miroir où elle rit de se voir si mélangée, ce tour de force me met hors de moi”.

 

Comme l’a bien compris A. Finkielkraut, le judaïsme d’Horvilleur a plus à voir avec le rejet contemporain de l’identité qu’avec la Tradition. Quel rapport avec l’accusation de “génocide” que la rabbine médiatique a reprise sans sourciller à David Grossman ? Je tenterai de répondre à cette question lors du prochain colloque organisé par Shmuel Trigano à Jérusalem le 16 septembre*, en analysant la “posture morale” des Juifs qui Se dissocient d’Israël. Cette posture moralisante repose en fait sur l’invocation constante d’une “conscience morale” individuelle qui n’a rien à voir avec la morale juive authentique, qui repose sur la Loi révélée au Sinaï. Shabbat shalom!

Pierre Lurçat

*INSCRIPTIONS: https://begincenter.smarticket.co.il/en/L_attaque_mondiale_contre_le_Peuple_Juif?id=53516

Les “idiots utiles” du Hamas:  Les intellectuels sont-ils le maillon faible du peuple Juif?

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Ces courtisans juifs qui soutiennent Macron dans sa guerre contre Israël, par P. Lurçat (I)

August 28 2025, 11:30am

Posted by Philippe Karsenty et Pierre Lurçat

Delphine Horvilleur et le couple Macron

Delphine Horvilleur et le couple Macron

 

Emmanuel Macron a déclaré la guerre à Israël. Cela est aujourd’hui évident pour tout observateur lucide et honnête. Certes, pas une guerre au sens militaire classique, mais une guerre idéologique, politique, diplomatique et économique. Il l’a prouvé à maintes reprises ces dernières années, depuis ses multiples interventions contre Israël, dans les médias, en France et dans les instances internationales, en passant par le boycott d’Israël à Eurosatory et jusqu’à la récente initiative pour reconnaître “l’Etat palestinien”, dans laquelle la France a pris la tête d’une nouvelle croisade contre Israël.

 

Ce faisant, Emmanuel Macron a été plus loin dans l’hostilité à Israël que tous ses prédécesseurs. Aucun président français n’a été aussi radicalement hostile à Israël dans sa politique, depuis 1967 et avant même. En réalité, la politique d’E. Macron à l’égard d’Israël et des Juifs restera comme une marque d’infamie dans l’histoire de France. Car cette politique d’hostilité ouverte envers Israël a évidemment des conséquences concrètes pour les Juifs de France, qui sont devenus ces dernières années des parias dans leur propre pays. C’est ce qu’a voulu dire le Premier ministre israélien, lorsqu’il a accusé Macron d’alimenter par sa politique la vague d’antisémitisme qui frappe la France.

 

Le plus stupéfiant dans ce contexte est l’attitude d’une poignée de courtisans juifs, qui prennent systématiquement la défense d’Emmanuel Macron et de sa politique. L’un des derniers en date, et non le moindre, est Frédéric Encel. S’exprimant sur X au-lendemain de la nouvelle polémique franco-israélienne autour des propos de Benjamin Nétanyahou, Encel a écrit que “la reconnaissance de l’Etat palestinien par la France ne crée ni n’encourage l’antisémitisme ! Cette accusation est historiquement infondée, moralement injuste et politiquement grave qui galvaude et atténue le réel antisémitisme de l’extrême-gauche et de ses idiots-utiles”.

 

En réalité, ce sont les propos de F. Encel qui sont à la fois une erreur politique et une faute morale. Sur le plan politique, Encel occulte en effet le lien évident entre la politique arabe de la France (largement destinée à apaiser les “banlieues”) et l’antisémitisme. Sur le plan moral, il légitime le coup bas porté par Macron à Israël en prétendant offrir un Etat aux Palestiniens pour les “récompenser” du 7-Octobre.

 

Les “Juifs de Macron”: téléguidés ou volontaires ?

 

Récemment, une autre personnalité juive de France a été accusée d’avoir été utilisée par le président Macron : Delphine Horvilleur. En réponse à Charles Rozjman, qui avançait l’hypothèse que les récentes prises de position d’Horvilleur aient été “téléguidées” par l’Elysée, celle-ci a ironisé sur l’immense pouvoir du président capable de “commanditer sa parole” (sic). Mais la réalité est que les courtisans juifs n’ont même pas besoin d’être téléguidés, commandités ou de recevoir des consignes de l’Elysée ! C’est d’ailleurs précisément à cela qu’on les reconnaît : ils devancent l’appel et sont toujours volontaires pour défendre les actions du président de la République, même quand celui-ci a déclaré la guerre à Israël…

 

Les courtisans juifs trouvent toujours des excuses au pouvoir français et réservent leurs reproches et leurs critiques au seul gouvernement israélien ! Dernier exemple en date : celui du rabbin Haïm Korsia, qui prétend que “personne ne peut être d’accord avec Nétanyahou” sur le sujet de l’antisémitisme en France. Si le rabbin Korsia était un peu moins déconnecté de la réalité où vivent les Juifs de France (et l’ensemble des Français), il constaterait au contraire que la majorité des Juifs de France (et aussi des amis d’Israël non Juifs) sont tout à fait d’accord avec le Premier ministre israélien, et qu’à l’encontre de ses propos déconnectés de la réalité, “personne ne peut être d’accord avec Macron”. Encore faudrait-il qu’il sorte de sa bulle médiatique et des palais lambrissés où évoluent les Juifs de cour…(à suivre)

P. Lurçat

 

 

D. Horvilleur et F. Encel

D. Horvilleur et F. Encel

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La folie des Juifs anti-juifs et l'auto-accusation d’Israël : une explication psychologique, Pierre Lurçat

August 11 2025, 15:28pm

Posted by Pierre Lurçat

La folie des Juifs anti-juifs et l'auto-accusation d’Israël : une explication psychologique, Pierre Lurçat

 

Pour comprendre les propos délirants de l'écrivain israélien David Grossman, accusant son propre pays de “génocide” contre le peuple génocidaire de Gaza, ou ces artistes et anciens officiers supérieurs qui accusent leur pays de “crimes de guerre” à Gaza, on est obligé de faire un détour par la psychologie des peuples. Aucune propagande – fut-elle aussi efficace et démoniaque que celle du Hamas, dont les grands médias israéliens se font souvent les relais – ne permet en effet de comprendre le vent de folie qui saisit ces Israéliens et ces Juifs, qui se transforment en accusateurs de leur propre peuple devant l’opinion internationale, en joignant leur voix au chœur des ennemis d’Israël (quand bien même le feraient-ils avec “le cœur brisé”, comme le prétend Grossman).

 

Face à la guerre terrible déclenchée par le Hamas, et face à la barbarie renaissante d'un nazisme (qu'on croyait à tort détruit dans les ruines de Berlin), certains Juifs tentent désespérément de trouver un coupable. Or, le coupable idéal, dans leurs esprits torturés, c’est… Israël ! Comme l'a décrit magistralement Théodore Lessing, le poids de la haine et des souffrances dont est accablé le peuple Juif depuis l'aube de son histoire devient parfois trop lourd à porter… Au lieu de persévérer dans l’être-Juif et de porter le fardeau de l’élection (qui est un surcroît de responsabilité et non un privilège), certains Juifs préfèrent hurler avec les loups, en croyant se fondre ainsi dans la masse de l’humanité et échapper au destin juif.

 

Lessing a analysé avec finesse, dans son étude sur La haine de soi juive, six cas d’école de Juifs en proie à la haine de soi (Selbsthass) dans l’Allemagne de l’entre-deux-guerres. Ces Juifs assimilés, pour qui le judaïsme ne voulait pas dire grand-chose, sinon un malheur hérité de leurs parents, ont fini par attenter à leurs jours pour échapper à la “malédiction” d’être nés Juifs. Leurs noms ne disent pour la plupart pas grand-chose au lecteur contemporain, mais le phénomène décrit par Lessing est toujours vivant, et il a retrouvé une actualité encore plus brûlante depuis le 7-Octobre.

 

Le discours pathologique de l’auto-accusation

 

C’est un phénomène psychologique souvent similaire qui explique comment des écrivains, des artistes et des militaires à la retraite israéliens en viennent à retourner contre leur pays les mots terribles de “génocide” et de “crimes de guerre”... Ces Juifs antijuifs, ces Israéliens contre Israël retournent contre leur peuple et contre eux-mêmes le venin de l'ennemi. Par un processus d’« élargissement de la cible » caractéristique, ils commencent par s’en prendre au gouvernement, puis à l’armée d’Israël, et finissent par accuser Israël tout entier, en s’incluant dans leur propre accusation, dans un discours souvent pathologique.

 

J'ai trouvé une illustration récente et particulièrement édifiante de ce phénomène chez un Juif français, Jean Christophe Attias, plus connu pour être l'époux d'Esther Benbassa que pour ses propres écrits et travaux. "Nous sommes Amalec!", s'exclame Attias dans un texte délirant publié sur les réseaux sociaux[1] et son cri de délire fait écho au délire antijuif de bien d'autres Juifs antisémites au cours de la longue histoire de notre peuple persécuté, martyrisé et si souvent calomnié… “Nous sommes Amalec. Nous le sommes devenus. Nous lui avons tout cédé. Loin d'en effacer le nom de la surface de la terre, nous le revendiquons pour nous. Seuls les enfants affamés de Palestine pourraient aujourd'hui revendiquer encore le nom de juif. Mais ils ne le feront pas. Le nom juif ne peut leur être qu'odieux.” Je laisse aux spécialistes des pathologies mentales le soin de commenter ces lignes.

 

« Nous sommes Amalec » : délire de « persécuteur » ou blessure narcissique ?

 

Le “Nous sommes Amalec” d’Attias rejoint le “Nous sommes coupables de génocide” de Grossman, ou le “Nous affamons les enfants de Gaza” de Horvilleur. Dans les trois cas, il s’agit de s’auto-accuser pour tenter d’échapper à la condamnation universelle. Etrange « raisonnement », qui fait croire à ces Juifs/Israéliens – aveuglés par leur mauvaise conscience (ou leur bonne conscience, ce qui revient au même en l’occurrence – que joindre leur voix à celles des ennemis d’Israël leur garantira une quelconque immunité, fût-elle purement symbolique ! Bien entendu, on peut arguer que leur prise de position n’est pas sincère et qu’elle est purement intéressée (ils ont une image médiatique à protéger…).

 

Mais cette remarque (avancée par Charles Rojzman au sujet d’Horvilleur), qui n’est pas fausse, n’épuise nullement le sujet. Elle ne fait que donner une motivation matérielle à une posture qui relève également de mécanismes psychologiques plus profondément enfouis. Le psychanalyste Daniel Sibony parle à ce sujet[2] de « blessure narcissique », concept qui rend également compte d’un aspect omniprésent dans la personnalité de ces Juifs anti-juifs : ils sont dans une permanente revendication de leurs « émois » et de leurs états d’âme, comme s’ils devaient prendre le monde entier à témoin (ce qu’ils font d’ailleurs), au lieu de garder pour eux et leurs proches leurs dilemmes moraux et leurs troubles psychologiques.

 

Un autre aspect intéressant chez certains de ces « Juifs contre Israël » (dont la prétention à vouloir accuser Israël « pour le bien d’Israël » ne trompe personne) est leur recours fréquent à des concepts ou à des textes de la Tradition pour justifier leur attitude. C’est ainsi que la femme-rabbin Delphine Horvilleur prétend justifier l’ignominieuse accusation de « génocide » lancée par David Grossman contre son propre peuple, en se livrant à un grotesque « pilpoul » dans la revue du judaïsme réformé francophone Tenoua, et en invoquant la figure de Moïse ! Pas moins que cela.

 

D’autres voix du judaïsme dit « progressiste » invoquent elles aussi des textes de la Tradition pour expliquer qu’il faut « nourrir » les habitants de Gaza, reprenant ainsi le « hoax » de la famine de Gaza utilisé par le Hamas pour délégitimer Israël sur la scène internationale. On pouvait ainsi lire récemment un appel de 1200 rabbins contre « les massacres et la famine » à Gaza… Ces Juifs antijuifs, qui se parent des habits de la « conscience morale » ou de la tradition juive, joignent ainsi leurs voix au chœur des ennemis d’Israël, alors que notre Etat mène la guerre la plus juste au monde pour assurer sa survie et celle du peuple Juif.

 

Pierre Lurçat

NB Continuez de signer la pétition contre les propos de Delphine Horvilleur :

https://chng.it/X7PnMDyQtT

 

 

 

 

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Les intellectuels juifs et la guerre à Gaza (V) Démission et dérives des clercs juifs : Bruno Karsenti et Delphine Horvilleur

March 19 2024, 12:44pm

Posted by Pierre Lurçat

Les intellectuels juifs et la guerre à Gaza (V) Démission et dérives des clercs juifs : Bruno Karsenti et Delphine Horvilleur

 

Honte à tous ces fils qui préfèrent embrasser une carrière académique, ou “entrer en littérature”, dans le luxe et le confort des grandes villes d’Occident, au lieu de porter les pierres sur la grande route de Yeroushalayim”.

Theodor Lessing[1]

 

 

On ne sait pas si la nouvelle doit faire rire ou pleurer: le chorégraphe israélien Ohad Naharin, dont l’organisation “Ballet Irland” a décidé de déprogrammer un spectacle pour “punir” Israël de sa riposte militaire à Gaza, a réagi en déclarant qu’il aurait “soutenu cette décision s’il pensait qu’elle aiderait les Palestiniens”. Et il a ajouté, sur la télévision israélienne Kan, “Notre gouvernement est un ennemi d’Israël, les gens qui ont élu ces personnes sont des ennemis d’Israël”. Vous avez bien lu. Les ennemis d’Israël, selon Naharin, ne sont pas les terroristes du Gaza et leurs alliés, mais bien le gouvernement israélien et ses électeurs… Cette déclaration illustre un phénomène plus général, qu’on pourrait décrire comme la démission (ou la trahison, au sens où l’entendait Julien Benda) de certains intellectuels et artistes juifs, face au défi existentiel de la guerre déclenchée le 7 octobre par les ennemis mortels d’Israël.

 

Dans ce cinquième volet de notre série d’articles consacrée aux intellectuels juifs face à la guerre de Gaza, nous allons analyser les récents propos de deux intellectuels illustrant ce même phénomène. Dans un récent entretien sur Akadem, Delphine Horvilleur trouve ainsi “abject” et révoltant le fait que l’armée israélienne “tue tellement de Palestiniens” à Gaza. Et Ruben Honigman qui l’interviewe abonde dans son sens. Dans la revue K (qui fut parfois mieux inspirée), Bruno Karsenti prétend quant à lui qu’une guerre menée par des moyens injustes n’est pas une guerre juste, citant à l’appui de cette affirmation le philosophe juif américain Michael Walzer. Le commun dénominateur entre ces deux prises de position est que ces intellectuels prétendent critiquer (et condamner) Israël au nom de la justice (Karsenti) ou de la morale et des valeurs juives (Horvilleur).

 

Bruno Karsenti, comme bien d’autres avant lui, fait ainsi porter la responsabilité du “drame humanitaire” à Gaza au gouvernement israélien, n’hésitant pas à écrire : “Toujours à leurs postes dans le gouvernement, les sionistes religieux – dont la volonté de soumettre les Palestiniens est telle qu’ils puissent envisager leur expulsion de l’ensemble des territoires, et donc une politique d’épuration ethnique – ont continué à entretenir la haine et dresser des entraves à la fois à la politique humanitaire indispensable qui devait accompagner la riposte réassurant la sécurité…”. Ce faisant, il accrédite le narratif des adversaires politiques d’Israël (UE, frange progressiste du parti démocrate américain) qui établissent une symétrie entre le Hamas et une partie du gouvernement israélien.

 

Delphine Horvilleur, après avoir dénoncé la nazification d’Israël, qualifie la mort de civils palestiniens à Gaza d’”horrifiant” (sic) et va jusqu’à comparer la “contextualisation” par une partie de la communauté juive des morts de Gaza à celle des exactions du 7 octobre par les soutiens du Hamas. “Israël doit et peut faire beaucoup plus en matière de protection des civils”, explique doctement la rabbine, rejoignant ainsi l’exigence présentée à Israël par le président des Etats-Unis Joe Biden. Au-delà même de l’incroyable prétention d’intellectuels à juger de la stratégie militaire d’Israël, sans avoir pour cela plus de compétence que le téléspectateur lambda, en abusant de leur magistère intellectuel et de leur position sociale, il y a là une forme d’argumentation qui mérite d’être analysée, et si besoin dénoncée.

 

Comment ces intellectuels juifs peuvent-ils prétendre défendre Israël contre ceux qui l’accusent de “génocide” ou d’épuration ethnique, dès lors qu’eux-mêmes accusent Israël (ou son gouvernement) de ne pas faire assez pour protéger les civils (Horvilleur) ou d’aspirer à une épuration ethnique des Palestiniens (Karsenti)? Concernant ce dernier, le procédé rhétorique consistant à imputer à la fraction sioniste-religieuse du gouvernement une volonté d’épuration ethnique (totalement fantasmatique, pour qui connaît un peu le sionisme religieux, dont les meilleurs des fils se battent et meurent à Gaza) conduit en fait à faire porter sur Israël tout entier cette accusation délirante et lourde de conséquences.

 

On est bien loin ici, tant chez l’un que chez l’autre, de la responsabilité de l’intellectuel juif (et de l’intellectuel tout court) soulignée par André Neher. Comment expliquer un tel dévoiement ? La première hypothèse est que ces clercs préfèrent, selon les mots anciens mais toujours actuels de Theodor Lessing cités en exergue, penser à leur “carrière académique”, au lieu de “porter des pierres sur la grande route de Yeroushalayim”. L’autre explication, plus indulgente mais tout aussi préoccupante, est qu’ils sont tellement influencés par le débat public et par la propagande anti-israélienne en France qu’ils reprennent à leur compte, sciemment ou à leur insu, les arguments des ennemis d’Israël, tout en s’en défendant. (à suivre…)

Pierre Lurçat

 

 

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[1] La haine de soi, le refus d’être juif, éditions Berg International 1990, pages 26-33, traduction de M. Ruben-Hayoun.

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