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Conférence le 14 septembre à Jérusalem - ” L'excès d'éthique s'oppose-t-il au projet sioniste ? “

September 12 2017, 05:18am

B’NAI  B’RITH

District 14 ¤ ISRAEL

LOGE FRANCOPHONE 3161 ROBERT GAMZON

3 rehov Keren Hayessod

94266  JERUSALEM

ISRAEL

e-mail : bb.rgamzon.jeru@hotmail.com

 

Jérusalem , le 21 août 2017,

Cher(e)s ami(e)s,

Pierre LURÇAT, Avocat et Ecrivain, ,

donnera une CONFERENCE

organisée par notre Commission Culture,

( sur  proposition de son Responsable Claude SALAMA ),

le jeudi  14 septembre 2017 , à 19 h,

à notre siège : 3 Rehov Keren Hayessod , à JERUSALEM ,

sur le thème :

” L'excès d'éthique s'oppose-t-il au projet sioniste ? “

 

Résumé d'un texte de présentation rédigé par Pierre LURÇAT :

Depuis les années 1920, des intellectuels juifs allemands de premier plan

- parmi lesquels Martin Buber, Hannah Arendt et d'autres -

ont développé un discours critique du sionisme,

opposant leur vision idéaliste d'un judaïsme éthique à la réalité du sionisme politique .

Comment ce discours, autrefois minoritaire, a-t-il gagné des pans toujours plus larges

au sein des élites israéliennes et quelles sont ses conséquences pour l’État d'Israël ?

L'éthique est-elle nécessairement un frein à la réalisation du projet sioniste? “

 

PAF : 20 Nis pour les membres du B'NAI  B'RITH , 30 Nis pour les non membres .

 

Le traditionnel “POT DE L'AMITIE “ clôturera cette Soirée .

 

Notre Loge a le plaisir de vous convier à y assister très nombreux avec vos ami(e)s .

 

Bien cordial Shalom,

Pour la Présidente Intérimaire, Jacqueline REBIBO,

le Vice-Président, Jean-Claude HENE

 

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L’affaire Elor Azaria au regard du droit israélien et du Tsedek hébraïque, par Pierre Lurçat

August 3 2017, 17:03pm

L’affaire Elor Azaria au regard du droit israélien et du Tsedek hébraïque, par Pierre Lurçat

 

צִיּוֹן בְּמִשְׁפָּט תִּפָּדֶה וְשָׁבֶיהָ בִּצְדָקָה

 

Le verdict rendu par la cour d’appel militaire dans l’affaire Elor Azaria est l’occasion de réfléchir sur un des sujets les plus importants pour l’avenir de l’Etat d’Israël : celui des normes juridiques auxquelles doivent obéir les soldats de Tsahal, et plus généralement de l’état actuel du système judiciaire israélien. Les réactions de nombreux hommes politiques, qui ont appelé à gracier Azaria, et le sentiment général exprimé par de vastes secteurs du public, au lendemain du rejet de l’appel formé par le jeune soldat contre sa condamnation en première instance, montrent que la population israélienne a largement conscience qu’il existe un problème, ou pour dire les choses plus crûment, qu’il y a “quelque chose de pourri” dans le système judiciaire israélien.

 

Ce sentiment général, qui s’était exprimé lors des manifestations violentes après la première condamnation d’Elor Azaria (manifestations que les médias avaient utilisées pour tenter de dépeindre ceux qui le soutiennent comme des “extrémistes”), traduit l’écart grandissant entre les normes existantes, telles qu’elles sont appliquées par les tribunaux israéliens, et le grand public, écart qui est en soi problématique. Dans une démocratie, en effet, la justice est censée exprimer la volonté générale (elle est “rendue au nom du peuple” selon l’expression française). Lorsque les décisions de justice ne sont même plus comprises par le peuple, c’est un des fondements de la démocratie qui est menacé. Or c’est bien de cela qu’il s’agit aujourd’hui ; nous avons affaire, dans le cas Azaria, à un verdict incompréhensible pour le commun des citoyens israéliens.

 

En effet, au-delà de la frange restreinte des représentants des “élites” judiciaire, médiatique ou académique, qui se sont félicités de cette “victoire de l’Etat de droit”, une grande partie - sinon la majorité - du peuple israélien a ressenti, de manière plus ou moins explicite, que ce jugement était une absurdité, voire une monstruosité, tant sur le plan moral que politique. La condamnation d’Elor Azaria représente en effet un danger pour la sécurité d’Israël et pour la capacité de dissuasion de son armée, dont les soldats sont aujourd’hui menacés par l’épée de Damoclès de procès reposant sur les images tronquées et les accusations fallacieuses de B’tselem et des autres organisations d’extrême-gauche financées par les ennemis d’Israël.

 

Comme l’a expliqué le Professeur Israël Aumann, qui a obtenu le Prix Nobel pour ses travaux en matière de théorie des jeux, au lendemain de la condamnation d’Elor Azaria, celle-ci risque de mettre en danger la sécurité la sécurité nationale. « Le point crucial de la théorie des Jeux, ce sont les incitations que vous générez par vos mouvements, et quand les juges prennent ce type de décisions, ils s’adressent aux soldats et aux civils de la nation, [mais] cela raconte aussi quelque chose à l’oreille de l’ennemi. Ce que vous dites au soldat c’est « Ne fonces pas droit dans les problèmes. Si tu te trouves à un endroit où il y a une attaque, tu ferais mieux de te mettre à courir. Pas à cause de l’attaque terroriste de l’ennemi,mais à cause [des juges] qui sont assis dans un tribunal ».

 

Aux yeux de nombreux Israéliens, Azaria a été la victime d’un procès-spectacle. Sa condamnation était courue d’avance, ayant été prononcée par l’ancien chef d’état-major Moshé “Boogy” Ayalon avant même le début du procès, et elle repose entièrement sur des arguments juridiques, qui n’ont pas pris en compte toutes les dimensions - politique, militaire et morale - de cette affaire pour Israël. Or, lorsqu’elle applique exclusivement le droit, l’institution judiciaire, censée rechercher la justice, se transforme rapidement en “machine judiciaire” qui applique des normes abstraites, coupées des réalités concrètes dans lesquelles vivent les citoyens de l’Etat d’Israël, et prononce des verdicts de condamnation reposant sur des considérations apparemment fondées sur le strict plan du droit, mais absurdes du point de vue de la morale et du sens commun.

 

Comme dit l’adage latin, “Summum jus, summa injuria” : l’application stricte du droit est souvent synonyme d’injustice. Pour reprendre les catégories de la pensée hébraïque, il s’agit d’un jugement qui relève de la “justice de Sodome” et pas du Tsedek véritable. Il est significatif à cet égard que l’avis minoritaire, au sein du panel élargi qui a condamné Azaria, était favorable à une peine encore plus lourde… Il ne s’est donc pas trouvé un seul juge pour réclamer que le soldat soit innocenté, ce qui pose problème du point de vue du droit hébraïque, où une condamnation ne saurait être prononcée à l’unanimité.

 

Ce procès et cette condamnation illustrent ainsi un phénomène lourd de conséquences pour l’avenir d’Israël : à savoir, un écart grandissant entre les normes du droit israélien et le Tsedek, la justice authentique telle qu’elle s’exprime dans les textes de la Tradition et dans leur interprétation. Il suffisait d’écouter l’auteur du “Code éthique de Tsahal”, le professeur Asa Kasher, déplorer le soutien du public envers Elor Azaria et affirmer que la peine prononcée à son encontre était trop clémente (!), pour réaliser à quel point les normes en cours dans l’Etat d’Israël contemporain sont éloignées de la justice et de la morale juive authentiques, celles de la Torah et des Prophètes, développées par le droit juif au cours des siècles.

 

Dans mon livre La trahison des clercs d’Israël, je montre comment une poignée d’intellectuels juifs pacifistes, réunis au sein de Brith Shalom dans les années 1920, ont réussi à influer de manière décisive sur le débat politique et intellectuel, en imposant leurs conceptions radicales au sein de l’université hébraïque de Jérusalem, puis d’une large partie des élites israéliennes. Ces intellectuels, qu’on pourrait qualifier de “post-sionistes” avant l’heure, ont notamment assis l’idée que la réussite du projet sioniste devait être mesurée exclusivement à l’aune de son attitude envers ses ennemis Arabes (qualifiés de “voisins” ou de “proches”, selon une terminologie fallacieuse qui évacue la notion même d’ennemi). En d’autres termes, ils ont fondé la conception devenue aujourd’hui dominante en Israël et en Occident, selon laquelle les droits de l’autre (l’ennemi) passeraient avant ceux du proche véritable (le concitoyen). Cette morale pseudo juive d’inspiration néo-kantienne et chrétienne est aujourd’hui tellement répandue en Israël qu’il paraît évident qu’un terroriste à terre ne doit pas être neutralisé et empêché de nuire définitivement, mais qu’il a le droit d’être soigné, détenu dans des conditions luxueuses et remis en liberté au bout de quelques années pour reprendre ses activités meurtrières...

(à suivre)

* Avocat et écrivain.

 

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Face à un ennemi inhumain : quelles normes pour Tsahal et pour Israël ? Réflexions après l’horrible attentat de Halamish

July 23 2017, 12:15pm

Posted by Pierre Lurçat

Face à un ennemi inhumain : quelles normes pour Tsahal et pour Israël ? Réflexions après l’horrible attentat de Halamish

לנעמי הלוחמת

 

Le terrible attentat de Halamish, qui s’inscrit dans la chaîne sans fin des meurtres de Juifs innocents perpétrés par nos ennemis en Eretz-Israël depuis presqu’un siècle, pose à nouveau la question cruciale de la réponse que doivent adopter l’Etat juif et son armée, face à des ennemis barbares et inhumains, qui n’ont pas la moindre notion du “Tselem” et ne partagent avec nous aucune des valeurs fondamentales sur lesquelles repose la notion même d’humanité. Les images terribles de la table de shabbat ensanglantée et des foules arabes en liesse, célébrant la mort d'enfants et de vieillards juifs, nous montrent en effet que le présupposé d’humanité, que nous attribuons à nos ennemis en pensant qu’ils nous ressemblent, est le plus souvent erroné.

 

Nous avons lu ce shabbat, alors que les victimes de Halamish n’étaient pas encore portées en terre, la parasha de Mattot, qui relate la guerre d’Israël contre Midian. Pour le lecteur contemporain, le récit des guerres menées contre les ennemis d’Israël à l’époque de la Bible semble parfois relever d’un autre temps et d’autres normes que celles qui ont cours aujourd’hui en Israël. Pourtant, face à des ennemis inhumains, Israël ferait bien de s’inspirer plus souvent de l’esprit de Moïse et de Josué, plus adapté pour vaincre la terreur arabe que le code éthique de Tsahal. Car en réalité, si nous avons changé depuis l’époque de la Bible, nos ennemis eux, n’ont pas changé.

 

Comme nous l’écrivions il y a quelques années, après un autre attentat horrible, nos ennemis ne changeront pas. C’est donc à nous de changer ! Cessons de nous comporter en modèles d’humanisme, en agneaux dans un monde de loups. Devenons une fois pour toutes, comme l’exigeait Jabotinsky, un ‘peuple fier et cruel’. Cessons de vouloir faire de Tsahal l’armée “la plus morale du monde” et contentons-nous d’en faire l’armée la plus efficace pour défendre notre pays contre ses ennemis. Retirons à la Cour suprême la compétence exorbitante (et illégale) que se sont arrogée les juges Aharon Barak (ami personnel de Richard Goldstone) et Dorit Beinich, de prétendre dire aux officiers de Tsahal ce qu’ils ont le droit de faire et de ne pas faire, dans leur mission sacrée de défense d’Israël.

 

Au lendemain de l’attentat perpétré ce shabbat à Halamish, la mère du valeureux soldat qui a neutralisé le terroriste a déclaré que son fils avait bien fait de ne pas tuer ce dernier, pour ne pas devenir “un autre Elor Azaria”. Cette réponse nous ramène au débat inachevé autour de l’affaire Azaria. Si notre Etat et notre armée fonctionnaient normalement et selon la morale juive authentique, le comportement de son fils et sa réponse auraient sans doute été différents. La mère de ce soldat courageux pourrait déclarer avec fierté au micro de Galei Tsahal : “Mon fils a suivi l’exemple d’Elor Azaria, il a tiré pour tuer et pour sauver les vies de Juifs innocents face à la barbarie arabe palestinienne !”.


Si notre justice et notre “code éthique” militaire étaient conformes à la loi juive et aux enseignements de notre Tradition, et au principe fondamental selon lequel “Celui qui vient pour te tuer, devance-le et tue-le”,  Elor Azaria n’aurait pas passé un seul jour en prison, et il aurait reçu une décoration des mains du chef d’état-major de Tsahal et une médaille du président de l’Etat. C’est d’ailleurs ce que ressentent et expriment beaucoup de nos jeunes soldats, garçons et filles, qui continuent de s’enrôler dans les unités combattantes, malgré l’esprit de soumission qui règne dans les rangs d’une partie des élites israéliennes. Car cet esprit défaitiste n’a pas, fort heureusement, porté atteinte à la volonté de se battre et de défendre son pays de la jeunesse israélienne. Souhaitons que l’esprit combatif qui anime notre jeunesse imprègne aussi les décisions de nos dirigeants!


 

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Mazal tov à Sarah et Tom, les Haloutsim du Har Habayit !

July 7 2017, 15:10pm

Posted by Pierre Lurçat

Mazal tov à Sarah et Tom, les Haloutsim du Har Habayit !

Mazal tov à Sarah et Tom, les Haloutsim du Har Habayit!

Mazal tov aux jeunes mariés qui ont placé le Har Habayit “en tête de nos réjouissances” et au coeur de l’actualité israélienne. Je republie à cette occasion ces lignes écrites l’an dernier, après une montée sur le Har Habayit pour le Yom Yeroushalayim. P.I.L

Yom Yeroushalayim sur le Mont du Temple : entre humiliation et espoir

לשרה ותום

Jamais la situation n’a été aussi humiliante pour les Juifs qui montent sur le Har Habayit, le Mont du Temple, et jamais la nécessité de protéger la liberté de culte des Juifs sur cet endroit, qui est le plus sacré du judaïsme, n’a été aussi évidente qu’aujourd’hui. Impressions ressenties le Yom Yeroushalayim, 5 juin 2016.

 

Israël ne peut pas devenir « l’Etat de tous ses citoyens », un Etat comme les autres qui serait mû uniquement par les ressorts de l’économie et de la politique, et coupé de la source de Sainteté qui est le Mont du Temple. Le débat véritable et urgent qui devrait se tenir sur ce sujet crucial n’est pas tant celui de savoir si nous avons le droit – ou plutôt le devoir – de reconstruire le Temple, que celui de savoir ce que pourra devenir le Temple, une fois reconstruit. Redeviendra-t-il le lieu de sacrifices, comme autrefois, selon les mots de la prière (חדש ימנו כקדם), ou bien devrons-nous y instaurer un culte différent, peut-être même entièrement nouveau, qui ne ressemblera ni aux sacrifices d’antan ni aux prières actuelles dans les synagogues, instaurées après la destruction du Second Temple ?

 

A cette question immense, nous ne pouvons évidemment pas répondre aujourd’hui, Une chose pourtant est certaine, à mes yeux comme aux tiens : le Temple est le cœur de notre identité nationale et religieuse et la clé de notre possibilité de vivre sur cette terre que le monde entier nous dispute, comme l’avaient bien compris les Pères fondateurs du mouvement sioniste et de l’Etat d’Israël. Ceux qui se bercent de l’illusion qu’on pourrait renoncer au Temple et brader son emplacement, pour calmer les appétits de nos ennemis, sont oublieux des leçons de notre histoire ancienne et récente ; ils sont prêts à sacrifier ce que nous avons de plus sacré contre des promesses illusoires et des traités de paix qui ne valent pas l’encre avec laquelle ils sont écrits.

 

Je ne t’ai pas dit, hier, quand vous êtes redescendus, Tom et toi, du Har Habayit et que nous nous sommes rencontrés devant la synagogue de la Hourva reconstruite, au milieu de la foule en liesse du Yom Yeroushalayim, combien j’étais fier de votre courage et de votre ténacité ! Car il faut bien du courage pour se rendre là-haut, malgré les imprécations hostiles de nos ennemis et les gestes non moins hostiles des policiers (notre police !), qui traitent sans ménagement les Juifs venus faire acte de présence sur ce lieu sacré. Ceux-ci ne viennent pourtant ni par goût de la provocation, ni pour satisfaire un vague sentiment mystique ou religieux, mais comme shli’him, comme représentants de tout notre peuple (même si beaucoup d’entre nous sont encore totalement inconscients de ce que le Temple signifie pour Israël).

 

Plus encore que la brutalité des policiers du Yassam, l’unité anti-émeutes, qui bousculent les fidèles juifs, même quand ils sont déjà sortis du périmètre de l’esplanade du Temple – c’est le sentiment d’être étranger sur sa propre terre qui est difficile à supporter. Si les dirigeants de notre Etat avaient une réelle conscience de ce que représente le Temple, alors ils auraient appelé, en ce jour de Yom Yeroushalayim, les Juifs à monter par milliers sur le Har Habayit, au lieu de les en dissuader par tous les moyens… L’amère vérité est que nos dirigeants se comportent eux-mêmes comme des étrangers dans notre capitale réunifiée il y a 49 ans, en laissant le Waqf musulman administrer  le lieu le plus sacré du judaïsme, comme l’avait fait avant eux Moshé Dayan, le vainqueur de la Guerre des Six jours, lorsqu’il avait confié les clés du Mont du Temple à nos ennemis, au lieu de proclamer avec force que nous étions revenus sur le Mont pour y rester et pour exercer notre souveraineté nationale.

 

Nos ennemis ne s’y sont pas trompés, car ils ne respectent pas la faiblesse de ceux qui ne sont pas sûrs de leur bon droit : nos hésitations et nos atermoiements les renforcent dans leur conviction que les Juifs ne sont pas chez eux à Jérusalem, ni dans le reste du pays. C’est d’ailleurs pour cette raison précisément que la Loi juive permet de fouler le sol sacré autour du Temple : pour y manifester notre présence en tant que conquérants et faire savoir à nos ennemis et au monde entier que le peuple Juif est revenu à Sion par la « force du droit » (selon les mots de M. Begin) et en vertu du droit politico-religieux conféré par notre histoire plurimillénaire.

 

Nous avons reconquis Jérusalem et y sommes retournés en tant qu’occupants légitimes, et non pas comme des usurpateurs. Car le כיבוש n’est pas une insulte, comme voudraient le faire croire les représentants d’une morale et de valeurs étrangères au sein de notre peuple (qui prétendent que « l’occupation corrompt »). Le כיבוש est la seule façon de reconquérir une terre dont nous avons été éloignés à notre corps défendant. Il y a 49 ans (le temps d’un Yovel, d’un jubilé) les soldats de Tsahal et les parachutistes de Motta Gur libéraient Jérusalem des mains de l’occupant jordanien, qui avait transformé en latrines les pierres du Kottel.

 

Aujourd’hui, le Kottel est en partie libéré (même si une partie demeure ensevelie sous terre) et les Juifs du monde entier viennent s’y recueillir et y épancher leur cœur, pensant parfois à tort que c’est l’endroit le plus saint de Jérusalem, alors que la sainteté véritable se trouve au-dessus, sur le Har Habayit… Le plus dur reste encore à faire : libérer le Mont du Temple, pour que Jérusalem soit véritablement libre et devienne enfin la « Maison de prière pour tous les peuples » annoncée par nos prophètes, lorsque la liberté de culte s’y exercera pleinement pour les Juifs, comme elle s’y exerce déjà pour les fidèles des autres religions.

 

C’est vous, les Etudiants pour le Mont du Temple (סטודנטים למען הר הבית) qui avez, avec Im Tirtsu et d’autres organisations, assumé la tâche noble et difficile d’entamer ce combat. Que Dieu vous bénisse et vous donne la force de réussir ! חזק ואמץ

 

Pierre Lurçat

 

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Brith Shalom et l'invention de la question palestinienne

July 5 2017, 16:07pm

Posted by Pierre Lurçat

Le Mufti al-Husseini, père du mouvement national palestinien, visite un camp d'extermination

Le Mufti al-Husseini, père du mouvement national palestinien, visite un camp d'extermination

La récente découverte par deux chercheurs israéliens, Isabella Ginor et Gideon Remez, de documents d’archive indiquant que Mahmoud Abbas était un agent du KGB, confirme ce que l’on savait depuis déjà longtemps : l’OLP est largement la créature de l’ex-URSS.

Sa création s’inscrit dans le contexte de la Guerre froide et du soutien apporté par l’Union soviétique aux “mouvements de libération nationale”, dans le cadre de l’affrontement avec les Etats-Unis et leurs alliés. Le mouvement national palestinien peut ainsi se flatter d’être sans doute le seul nationalisme contemporain qui a bénéficié du double soutien de l’Allemagne nazie (à l’époque du tristement célèbre Mufti de Jérusalem, Amin Al-Husseini) et de l’URSS.

Mais les nazis et les soviétiques ne sont pas les seuls qui ont encouragé dès l’origine les revendications arabes en Eretz-Israël. Dès les années 1920 en effet, celles-ci ont été largement soutenues par un petit groupe d’intellectuels juifs d’origine allemande, regroupés au sein du Brith Shalom (“l’Alliance pour la Paix”). Ce groupuscule pacifiste, dont les conceptions radicales étaient ultra-minoritaires au sein du Yishouv (la collectivité nationale pré-étatique en Eretz-Israël), a néanmoins joué un rôle important dans l’histoire politique israélienne avant et après 1948, et ses idées ont exercé une influence démesurée par rapport au poids numérique des partisans de Brith Shalom, puis du mouvement l’Ihoud (“Union judéo-arabe”) qui fut son successeur.

Pour comprendre à quel point les partisans de Brith Shalom étaient en marge de la communauté nationale juive en Eretz-Israël, il faut s’arrêter sur leur réaction au vote par l’Assemblée générale des Nations unies de la résolution décidant du partage de la Palestine mandataire en deux états, juif et arabe, le 29 novembre 1947.

Alors que la création imminente de l’Etat juif et la menace militaire arabe grandissante avaient renforcé le sentiment de cohésion nationale et suscité la création d’une large coalition de tous les partis politiques juifs, des communistes aux partis religieux orthodoxes, l’Ihoud refusa de son côté toute idée de coalition nationale. Il prit également position contre la création d’un Etat juif, revendiquant au lieu de cela un Etat binational judéo-arabe, comme l’expliqua Buber dans un article virulent publié le 1er avril 1948 dans le journal Beyaot (Problèmes) sous le titre “Une erreur fondamentale qu’il faudrait corriger”. Au lendemain de la proclamation de l’indépendance par David Ben Gurion, Buber renouvela son opposition à l’Etat juif, qualifiant le sionisme politique de “profanation du nom de Sion”.

Malgré le cinglant démenti que l’histoire d’Israël leur a opposé, les conceptions radicales défendues par Buber et ses collègues ont perduré jusqu’à nos jours. Situés en marge de l’échiquier politique israélien, ils n’en ont pas moins exercé une influence considérable, comme l’a reconnu Gershom Scholem, notamment à travers certaines institutions dont le rôle a été décisif dans le débat d’idées interne à Israël, comme l’Université hébraïque de Jérusalem ou le journal Haaretz.

A de nombreux égards, on peut dire aujourd’hui – avec le recul de l’histoire – que les intellectuels juifs allemands membres du Brith Shalom, puis de l’Ihoud, ont été les premiers à défendre avec efficacité l’idée d’une nation arabe palestinienne sur la scène politique intérieure à Israël et sur la scène internationale.

Bien avant la création de l’OLP (1964) et de son “plan par étapes” pour détruire Israël, avant même que la cause arabe palestinienne n’obtienne ses premiers succès diplomatiques, avec le soutien de l’Allemagne nazie, puis de l’URSS et de ses satellites, ces intellectuels juifs de renom ont mis toute leur intelligence et leurs capacités au service de l’idée d’un Etat binational, préférable à leurs yeux à un Etat national juif.

En faisant de la « question arabe » la pierre d’achoppement et le principal critère d’évaluation de la validité du projet sioniste, Buber et ses collègues ont engagé le débat public interne au monde juif sur une fausse route, dont il n’est pas sorti jusqu’à ce jour. Ce fourvoiement s’est en effet perpétué depuis lors, la gauche israélienne (et juive) demeurant obnubilée par le « problème palestinien », puis par le « problème des Territoires », qui ont phagocyté la vie politique israélienne et empêché toute réflexion approfondie et lucide, tant sur la réalité de l’affrontement entre Israël et le monde arabo-musulman que sur des questions tout aussi brûlantes, sinon plus, comme celle de la justice économique et des inégalités sociales, totalement absente des programmes de la gauche israélienne depuis plusieurs décennies.

Pierre Lurçat

Mon livre “La trahison des clercs d’Israël” paru chez La Maison d’Edition, est disponible dans les bonnes librairies et sur le site de l’éditeur :

http://lamaisondedition.com/trahison-clercs-disrael/

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Quel avenir pour Jérusalem ? Entre francs-maçons et bâtisseurs du Temple

June 30 2017, 13:31pm

biet hamikdash.jpgReconstruire le Temple ! Les Juifs du monde entier en parlent tous les jours dans la prière. Certaines organisations plus conséquentes ont entamé des préparatifs concrets, notamment en étudiant les lois relatives aux Cohanim, en encourageantla montée sur le Har Habayit ou en fabriquant les ustensiles nécessaires au Service du Temple (liste non exhaustive). Mais « Yeroushalayim Ha-Bnouiah » (« Jérusalem reconstruite ») va encore plus loin que tout ce qui a été fait ou imaginé jusqu’à ce jour…

Selon le reportage publié dans la dernière livraison de Makor Rishon, dont je reprends ci-dessous les éléments essentiels, cette association a en effet entrepris de repenser entièrement la planification de la ville de Jérusalem, autour du Troisième Temple, et de faire de cette nouvelle Jérusalem, le centre véritable de l’Etat juif ! Un projet véritablement révolutionnaire… P.I.L.

 

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Yoram Ginzburg (Photo Makor Rishon)

« Yoram Ginzburg (55 ans) est un architecte de Jérusalem, Juif non pratiquant, dont le grand-père était maire de Jérusalem entre 1950 et 1953. Ce dernier, Juif observant, n’aurait jamais imaginé, dans ses rêves les plus fous, le projet auquel Ginzburg travaille actuellement. Selon ce projet, Jérusalem s’étendra dans l’avenir sur une superficie de 1000 km2, (superficie équivalente à celle de Paris ou de Londres), comptera 3 millions d’habitants et pourra accueillir 10 millions de visiteurs en même temps ! A la place des mosquées actuelles, elle accueillera en son centre le Temple reconstruit…

Jérusalem-Est et le Mont du Temple ne seront plus la cour arrière de la capitale israélienne, et Jérusalem elle-même ne sera plus le parent pauvre de l’Etat juif. Des torrents d’eau pure (et pas des égouts) dévaleront vers la Mer morte, accomplissant les prophéties de Zacharie et d’Ezéchiel… Ginzburg et son équipe souhaitent réorganiser le pays tout entier, en le recentrant autour de Jérusalem. La ‘région centre’ du pays ne sera alors plus le ‘Goush Dan’, mais Jérusalem et ses alentours, comme l’explique Ginzburg avec conviction.

 

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« Nous ne sommes pas venus ici pour y rester 200 ans, mais pour l’éternité »

« Nous sommes arrivés à la conclusion qu’aussi longtemps que le sionisme s’édifie sur la plaine côtière, comme au temps des croisades, nous ne pourrons pas vraiment devenir les habitants de cette terre. Nous ne voulons pas être une entité croisée… Nous ne sommes pas venus ici pour y rester 200 ans, mais pour l’éternité, et pour cela il faut déplacer le centre de gravité du pays vers le haut, vers la montagne. Cela est d’ailleurs plus conforme avec la géographie… »

L’idée de repenser la planification de Jérusalem est celle d’un ancien combattant du Lehi, Shabtaï Ben Dov, qui l’a développée il y a 42 ans, peu de temps après la réunification de la ville. Ben Dov, qui n’était pas un Juif pratiquant, a pourtant dessiné la Jérusalem future, avec le Temple en son centre. Selon lui, les concepteurs de la Jérusalem moderne (après 1967) ont tourné le dos au mont du Temple et à la Vieille ville, poursuivant ainsi, nolens volens, la politique romaine de déjudaïsation de Jérusalem !

 

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Yehuda Etsion (Photo Makor Rishon)

Ben Dov a trouvé un disciple en la personne de Yehuda Etsion, (61 ans), lequel a récemment publié les écrits de Ben Dov. Etsion est connu pour avoir fait partie de la fameuse « Ma’hteret », le réseau juif clandestin qui planifiait de détruire la mosquée d’Omar pour reconstruire le Temple à son emplacement… Après avoir publié l’œuvre de Ben Dov, il a constitué une équipe pour mettre ses idées en application.

L’équipe formée par Etsion comporte aussi le rav Dan Beeri, éducateur bien connu qui est lui aussi un ancien de la Ma’htéret, le rav Itshak Lévi d’Alon Shvout, l’ancien dirigeant de l’Agence juive Shlomo Neeman et encore une demi-douzaine de personnes. « Je me suis joint à ce projet, explique Dan Beeri, en raison de l’importance du concept littéraire-philosophique qui a pour nom utopie. Les utopies ont toujours rempli un rôle essentiel pour promouvoir les idées nouvelles, et certaines font partie du patrimoine de l’humanité… »

 

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De gauche à droite: Beeri, Etsion, Ginzburg et Neeman (Photo Makor Rishon)

A propos d’utopie, Ginzburg et les membres de son équipe ont le sentiment d’être les continuateurs fidèles du Visionnaire de l’Etat, Theodor Herzl, dont le roman utopique Altneuland évoquait la ville de Jérusalem bâtie autour du Temple. Leur projet comporte d’autres éléments utopiques qui peuvent faire penser à Herzl (N.d.T. ou à Jules Verne !), et notamment la construction d’une ville parallèle, la « Jérusalem maritime », qui sera située sur la côte, face à Jérusalem, c’est-à-dire à l’emplacement actuel d’Ashdod. Des trains ultra-rapides relieront les deux villes en moins d’une demi-heure…

La future Jérusalem reconstruite accueillera près de 10 millions de visiteurs pour les trois fêtes de pèlerinage, hébergés dans d’immenses centres d’accueil et chez les habitants de la ville sainte. L’aspect crucial de ce projet – son financement – n’a pas été négligé par ses concepteurs, qui espèrent le trouver auprès de donateurs et de fondations internationales. Tout cela peut certes paraître utopique, comme le fut en son temps le projet de l’Etat juif rêvé par Herzl, mais comme disait le fondateur du sionisme politique : « Si vous le voulez, ce ne sera pas un rêve ! »

(A suivre… dans la 2e partie de ce dossier, nous évoquerons sdv les liens entre l’architecture de la Cour suprême, « temple » laïc de l’Israël moderne, et la franc-maçonnerie. P.I.L).

Arnon Segal, Makor Rishon 4/9/2013, © Pierre Itshak Lurçat pour la traduction française

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Mont du Temple : pourquoi Moshé Dayan a renoncé à la souveraineté israélienne, Pierre Lurçat

June 23 2017, 08:11am

Posted by Pierre Lurçat

Moshé Dayan sur le Mont du Temple, juin 1967

Moshé Dayan sur le Mont du Temple, juin 1967

 

Mont du Temple : pourquoi Moshé Dayan a renoncé à la souveraineté israélienne

 

Pierre Lurçat

 

L’ouverture des archives nationales israéliennes, 50 ans après la Guerre des Six Jours, met en lumière certains événements qui ont façonné l’histoire de la région, et permet de découvrir des aspects méconnus du conflit israélo-arabe. Parmi les dossiers révélés au grand jour ces dernières semaines, figure celui du Mont du Temple, qui contient notamment une série de lettres envoyées par le directeur du département musulman au ministère israélien des Cultes, Yaakov Yehoshua (père de l’écrivain A.B. Yehoshua) *. Dans ces lettres, adressées au ministre des Cultes, Zerah Warhaftig, Yehoshua se plaint à ce dernier de l’attitude à son égard du ministre de la Défense, Moshé Dayan, qui l’a progressivement privé de ses compétences concernant l’endroit le plus symbolique et le plus stratégique : le Mont du Temple et la mosquée qu’il abrite.

 

Avant la guerre des Six Jours, en effet, le ministère des Cultes exerçait sa compétence à l’égard des mosquées situées sur tout le territoire israélien. Lors d’une rencontre entre Yehoshua et les dirigeants musulmans sur le Mont du Temple, en juillet 1967, celui-ci aborde ainsi le sujet des prêches, en rappelant à ses interlocuteurs qu’il ne s’est jamais jusqu’alors immiscé dans le contenu des prêches prononcés dans les mosquées, mais qu’il souhaite que ceux-ci soient empreints d’un esprit pacifique et fraternel. Son appel est accueilli de manière tout à fait positive par les dirigeants musulmans, et les premiers prêches respectent pleinement son appel à la tolérance.

 

Mais ce statu quo pacifique ne va pas faire long feu. Très vite, le ministère des Cultes est dessaisi de sa compétence sur le Mont du Temple par le ministre de la Défense, Moshé Dayan. Celui-ci, auréolé de gloire au lendemain de la victoire israélienne de juin 1967, a une vision des choses tout à fait différente de celle de Yaakov Yehoshua et du ministère des Cultes. Sa priorité est en effet de désamorcer le “baril de poudre” que représente à ses yeux le Mont du Temple, en remettant les clés de ce “Vatican” israélien - selon ses termes - à qui voudra bien en assumer la responsabilité. L’attitude de Dayan est conforme à l’ethos sioniste laïc, qui domine à l’époque la société et les élites israéliennes.

 

Car, contrairement aux pères fondateurs du sionisme politique, de Herzl à Jabotinsky, qui considéraient le Temple de Jérusalem comme un élément central du patrimoine spirituel et national juif, aux yeux de Dayan il ne s’agit pas tant du patrimoine ancestral que d’un problème encombrant, et qu’il faut régler au plus vite. Une autre explication, qui n’est pas contradictoire, voudrait qu’il ait conclu un accord avec le Waqf musulman, renonçant à la souveraineté en échange d’une autorisation tacite de mener des fouilles archéologiques “privées” sur l’esplanade…**

 

Quoi qu’il en soit, la politique de Dayan a été appliquée avec les conséquences que l’on sait. Le Waqf jordanien a pris possession des lieux, faisant payer l’entrée des mosquées aux visiteurs israéliens et se conduisant en maître sur le Mont du Temple, laissant aux fidèles juifs le Kottel (mur occidental, dit “des Lamentations”) en contrebas, tandis que le rabbinat israélien interdisait aux Juifs de monter sur le Mont, alléguant des raisons religieuses. Ce nouveau statu quo fragile a perduré pendant plusieurs décennies.

 

Ces dernières années, il est remis en question, notamment par le nombre croissant de Juifs qui se rendent sur le Mont du Temple, malgré les vexations que leur font subir les gardiens du Waqf, mais aussi par la présence de militants islamistes envoyés par le Mouvement islamiste, proche des Frères musulmans. Quant aux prêches du vendredi dans la mosquée, cela fait longtemps que leur contenu n’est plus soumis à aucun contrôle et qu’ils incitent régulièrement à la violence et à la haine des Juifs. Le père d’A.B. Yehoshua a de quoi se retourner dans sa tombe.

 

 

* Voir l’article d’Arnon Segal, “Comment le Waqf a acquis son statut dominant”, dans le quotidien israélien Makor Rishon 2.6.2017.

** Explication rapportée par l’islamologue israélien Motti Keidar.

 

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1967-2017 : la guerre des Six Jours racontée par le rav Goren

June 15 2017, 07:07am

Posted by Pierre Lurçat

chlomo goren,guerre des six jours,jerusalemL’autobiographie du rabbin Goren, qui est parue en 2013 en Israël, est un document extraordinaire. Non seulement en raison de la personnalité exceptionnelle du rav Shlomo Goren, ancien grand rabbin de Tsahal, qui a joué un rôle essentiel dans de nombreux domaines  au cours des premières décennies de l’Etat, mais aussi en raison des événements qu’il relate. On connaît la fameuse photo du rav Goren soufflant dans leChoffar devant le Kottel dans Jérusalem libérée, en juin 1967. Mais on découvre dans ce livre qu’au-delà du symbole, le rav Goren a joué un rôle crucial dans les événements de cette semaine fatidique, il y a 46 ans. Extraits.

« Le Premier ministre d’alors, Lévi Eshkol, avait envoyé deux émissaires au roi Hussein de Jordanie, lui demandant de s’abstenir de nous attaquer. Il lui avait promis que, s’il ne prenait pas part à la guerre, nous respecterions les frontières actuelles, y compris à Jérusalem. Hussein fit une réponse négative, car il avait conclu un accord avec Nasser, qu’il ne voulait pas enfreindre. Je le savais, aussi voulais-je participer à la bataille pour Jérusalem. Mais je me trouvais alors sur le front Sud.

Je demandais à l’officier du commandement du front Sud qu’il me prévienne lorsque la guerre commencerait sur le front oriental, pour que je puisse participer à la bataille de Jérusalem. J’allai ensuite voir le commandant du 11e régiment et lui dis : « Je dois franchir les lignes avec la première unité ». Il me dit qu’il devait obtenir l’autorisation de l’état-major, mais je lui répondis : « pas besoin d’autorisation. Je monterai dans le premier command-car qui franchira les lignes ». C’est ce que je fis. J’emportai avec moi un Sefer Torah et un Choffar

 

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Le rav Goren dans la mosquée d'Omar, juin 1967

 

Lorsqu’on m’informa que la guerre avait commencé à Jérusalem et que Hussein attaquait Armon Hanatsiv, je montai dans la voiture avec mon chauffeur et nous partîmes en direction de Jérusalem. Aux environs de Castel, je trouvai une unité de blindés qui se dirigeait vers Ramallah, où se trouvait la plus grande station de radiodiffusion à l’ouest du Jourdain.

Jérusalem était plongée dans l’obscurité la plus complète. Le camp Schneller, où se trouvait note bureau, était fermé. Le commandement de la région centre avait été transféré à l’école Evelina de Rothschild, car le camp Schneller était bombardé sans interruption…

Au milieu de la nuit, Moshé Dayan annonça devant des centaines de journalistes que l’armée de l’air égyptienne n’existait plus. Leurs aéroports étaient détruits et aucun avion ne pouvait décoller. La guerre contre l’Egypte était sur le point d’être gagnée…

 

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Lorsque j’arrivai à Jérusalem, on me dit que Motta Gur se trouvait au musée Rockefeller. Les combats se poursuivaient, et les Arabes nous bombardaient depuis l’église Augusta Victoria. A ce moment, il y avait déjà de nombreux prisonniers de la Légion jordanienne au musée Rockefeller, parmi lesquels des officiers supérieurs et même des généraux, tous assis par terre.

Motta Gur me dit qu’il avait reçu l’ordre du gouvernement de ne pas conquérir la vieille ville – il fallait l’encercler, mais ne pas la conquérir. Je lui demandai s’il était capable de la conquérir, et il me répondit « Oui, sans problème. Mais j’ai reçu l’ordre du gouvernement de ne pas pénétrer dans la Vieille ville ».

Je lui dis qu’il allait laisser passer la chance de sa vie. « Tu as reçu une occasion historique de libérer et de conquérir Jérusalem et le Mont du Temple, et tu ne fais rien ? Je prends la responsabilité – allons-y ensemble, entre dans la Vieille ville. Si on te met en prison, j’irai avec toi. Cela vaut la peine de mourir pour Jérusalem. Tu vas laisser passer la chance unique, après deux mille ans, de nous emparer de Jérusalem ! »

A suivre…

(Extrait de "BeOz ou-Taatsoumot", HaRav Shlomo Goren, Yediot Aharonot books 2013)

 © Pierre I. Lurçat pour la traduction française

 

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