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negationnisme

Iran / Amalek: Trois réflexions au lendemain de Shabbat Zakhor - Quand l'histoire immédiate rejoint la mémoire intemporelle du peuple d'Israël

March 1 2026, 14:27pm

Posted by Pierre Lurçat

Iran / Amalek: Trois réflexions au lendemain de Shabbat Zakhor - Quand l'histoire immédiate rejoint la mémoire intemporelle du peuple d'Israël

 

1.

 

Le déclenchement de la nouvelle phase de la guerre contre l'Iran et la liquidation de l'ayatollah Khamenei samedi matin, le shabbat où nous lisons la parashat Zakhor (l'épisode de la Bible contenant le verset "Souviens-toi de ce que t'a fait Amalek"), interroge la conscience juive et suscite la réflexion. De toute évidence, que l'on y voit une simple coïncidence ou le signe de la Providence divine, cette concomitance est riche de signification. Elle veut dire que l'histoire immédiate d'Israël s'inscrit de manière évidente – et pour ainsi dire palpable – dans le temps long de l'histoire juive, temps long que nous commémorons régulièrement à travers les différentes étapes du calendrier juif.

 

Mais cette évidence, que chaque membre du peuple d'Israël est capable de percevoir ("la dernière des servantes mieux que le prophète Ezechiel...", selon les mots du Midrash) amène à s'interroger sur le sens véritable de l'impératif du souvenir, formulé dans le verbe “Zakhor”. S'agit-il d'un simple rappel d'un événement du passé, ou bien de la réitération symbolique de celui-ci, dans le temps renouvelé du cycle de l'année juive ? L'historien Yosef Haim Yerushalmi avait jadis développé, dans son livre passionnant Zakhor, l'idée paradoxale selon laquelle le peuple juif compenserait par un "trop plein de mémoire" l'absence d'un sens historique véritable.

 

2.

 

On peut soutenir à l'inverse que l'impératif de se souvenir des évènements passés viendrait pallier une tendance à l'oubli, propre à l'être humain en général et à l’être juif en particulier… Dans cette perspective, l'impératif du “Zakhor” nous appelle à nous remémorer sans cesse une réalité dérangeante, à laquelle nous aurions naturellement tendance à vouloir échapper. L'impératif de se souvenir d'Amalek nous invite ainsi à garder en mémoire la haine irrationnelle et irréductible de nos ennemis, et au-delà encore, le fait essentiel de l’existence du Mal dans toute sa radicalité et l’impératif de le combattre sans relâche.

 

Plus exactement, comme l'explique le Rambam dans son ouvrage Mishné Torah, le commandement de "Zakhor ète-Amalek" nous appelle à nous souvenir de la cruauté de nos ennemis (Mishné Torah, Hilkhot Melakhim ou Milhamot). Commentant ce passage, le rabbin Yohaï Makbili explique que le peuple Juif, caractérisé par une miséricorde et une générosité profondément enracinées dans sa culture nationale et dans la Torah, est enclin à croire que nos ennemis partagent les mêmes qualités (comme nous l’avons vu avant le 7-Octobre, lorsque des habitants du pourtour de Gaza emmenaient les gazaouis subir des soins dans les hôpitaux en Israël…)

 

3.

 

En quoi cela nous importe-t-il aujourd'hui, alors que “l'axe du mal” incarné par l’Iran et ses proxies s'effondre progressivement, sous les coups de boutoir de l'armée d'Israël et de son allié américain ? La tendance à occulter ou à minimiser le mal est bien présente au sein du peuple juif, y compris depuis le 7-octobre, malgré les prouesses de l'armée israélienne et les miracles auxquels nous assistons depuis plus de deux ans. On en donnera deux exemples récents et significatifs, celui de l'écrivain David Grossman qui accusait son pays de "génocide" à Gaza, dans le quotidien italien La Republicca. Ou celui de l'essayiste A. Finkielkraut, qui proclame avoir « honte d’Israël » et reproche aux otages revenus de Gaza de témoigner de l'absence de toute trace d'humanité à Gaza.

 

Dans les deux cas, ces intellectuels enfreignent l'injonction du “Zakhor”, en travestissant la vérité (Grossman) ou en refusant d'écouter les témoins de la journée de Shoah que représente le 7-Octobre (Finkielkraut). Leur attitude procède d'un véritable négationnisme des crimes du Hamas, qu'on peut décrire comme une nouvelle forme de négation de la Shoah, ou de refus persistant d'assumer l'impératif de Zakhor. “Souviens-toi d'Amalek” est donc, au-delà du rituel et du calendrier juif, un impératif moral, qui nous permet de lire les évènements et de ne pas tomber dans ces nouvelles formes de négationnisme. Pourim Sameakh, “Ad ha-Nitsahon!” *

P. Lurçat

* Jusqu’à la victoire !

 

Un négationniste du 7-Octobre? A. Finkielkraut

Un négationniste du 7-Octobre? A. Finkielkraut

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Face aux négationnistes juifs du 7-Octobre: Trois raisons de lire “Otage” d'Eli Sharabi

February 8 2026, 15:35pm

Posted by Pierre Lurçat

Face aux négationnistes juifs du 7-Octobre: Trois raisons de lire “Otage” d'Eli Sharabi

Les réseaux sociaux et autres nouveaux médias nous laissent de moins en moins de temps pour lire... Profitant d'une semaine de vacances, j'ai emmené avec moi le livre d'Eli Sharabi, Otage, sous-titré 491 jours aux mains du Hamas.

 

1. La première raison de lire Otage d'Eli Sharabi est qu'il s'agit d'un livre captivant. Écrit avec à sobriété et intelligence, son récit nous fait découvrir la réalité terrible de la captivité dans les tunnels de Gaza. On y apprend beaucoup de choses tant sur la psychologie des ravisseurs et des membres du Hamas que sur les qualités humaines des captifs dont les noms font aujourd'hui partie de nos vies. Outre Sharabi lui-même, on rencontre ainsi Hersh Goldberg Polin, Ori Danino, Almog Serousi, etc

 

2. La deuxième raison de lire ce livre est qu'il nous apporte un témoignage inestimable sur les évènements survenus depuis le 7-Octobre, qu'aucune médiation, journalistique ou autre, ne permet de saisir. De même qu'il n'est pas possible d'appréhender la réalité de la Shoah sans lire les livres des grands témoins, de Primo Levi à Aharon Appelfeld et tant d'autres, de même la lecture des témoignages du 7-octobre et de la captivité à Gaza est irremplaçable pour tenter de comprendre la réalité de cette guerre.

 

3. Ce qui m'amène à la troisième raison. Depuis le 7-octobre, il s'est mis en place un véritable négationnisme des crimes du Hamas, dont la récente décision française de poursuivre Nili Naouri Kupfer et Rahel Touitou n'est que le dernier épisode. Les accusations de génocide à l'encontre d'Israël sont évidemment l'aspect le plus pernicieux de ce nouveau négationnisme, mais ce n'est pas le seul.

 

Mais le plus incroyable est que certains intellectuels et figures publiques juives et Israéliennes participent de ce négationnisme ! J'en donnerai trois exemples : celui de l'écrivain David Grossman, qui a accusé Israël de génocide dans les colonnes de La Repubblica le 1er août 2025. Celui de la rabbine Delphine Horvilleur qui n'a pas contesté les propos de D. Grossman, en affirmant qu'il "appartenait aux juristes de déterminer" si Israël avait commis un génocide !

 

Et, last but not least, celui d'Alain Finkielkraut, qui a accusé l'otage Mia Shem de propos extrémistes parce qu'elle avait "osé" déclarer ne pas avoir rencontré de civils innocents à Gaza… Je me suis publiquement opposé à Finkielkraut sur de multiples sujets, mais je considère que le plus grave dans ses propos est son attitude envers les témoins du 7-octobre. Remettre en cause la véracité de leurs témoignages est une marque de mépris et une insulte aux survivants du plus grand crime contre le peuple Juif commis depuis la Shoah.

 

Il faut écouter les témoignages des otages revenus de Gaza. Il faut écouter leur parole et ne pas la disqualifier, comme l’a fait Finkielkraut. Il faut lire et faire lire le livre d'Eli Sharabi.

P. Lurçat

 

NB Continuez de signer ma lettre-ouverte / pétition adressée à A. Finkielkraut, ici :

https://c.org/PPtgZz8rhS

 

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Faurisson est bien mort, mais son élève Mahmoud Abbas est toujours vivant

October 24 2018, 07:27am

Faurisson est bien mort, mais son élève Mahmoud Abbas est toujours vivant

Un négationniste Premier ministre de la 'Palestine' ?

 

A la veille de la constitution du gouvernement palestinien dirigé par Mahmoud Abbas, en mars 2003, le docteur Rafael Medoff, spécialiste de l'histoire de la Shoah, publiait un article intitulé "Un négationniste Premier ministre de la 'Palestine' ?" Il y rappelait des faits bien connus (mais peu souvent mentionnés) concernant la formation universitaire de Mahmoud Abbas. Celui-ci a en effet achevé un doctorat à l'université Patrice Lumumba de Moscou, en 1982, portant sur le sujet "La connexion entre les nazis et les dirigeants sionistes, 1933-1945". Dans cette thèse, Abbas soutenait l'idée d'une collusion entre le sionisme et le nazisme et d'une responsabilité conjointe des sionistes et des nazis dans la Shoah.

Mais Abbas ne s'arrêtait pas là… Il contestait également le nombre de 6 millions de victimes juives de la Shoah, en citant notamment les travaux de "l'historien" Robert Faurisson ! Dans ces circonstances, on comprend pourquoi le docteur Medoff concluait son article de 2003 par ces mots : "Si Abbas est promu au poste de Premier ministre de l'Autorité palestinienne, la communauté internationale tout entière sera confrontée à la question de savoir si Abbas mérite d'être traité différemment de Tudjman, de Haider et de Le Pen". 

Or, la réponse à cette question est que la communauté internationale a non seulement traité Abbas différement d'un Haider ou d'un Le Pen – en l'absolvant de son négationnisme – mais que certains Juifs et certains Israéliens se sont aussi prêtés à cette triste mascarade, en donnant au négateur de la Shoah palestinien un certificat de "cacherout" et de respectabilité. Selon le député israélien Arieh Eldad, le ministère israélien des Affaires étrangères et le State Department ont meme demandé au Centre Simon Wiesenthal de cacher toute information concernant le passé négationniste d'Abbas, avant la signature des accords d'Oslo, pour ne pas ternir la belle photo sur la pelouse de la Maison blanche !

 

L'incitation à la haine et l'objectif véritable d'Abou Mazen

 

oslo.jpgOn objectera sans doute que tout cela relève du passé et que Mahmoud Abbas – Abou Mazen a très bien pu évoluer et devenir un sincère partisan des négociations et de la paix (comme le prétendirent à l'époque les supporters des accords d'Oslo conclus avec Arafat). Mais l'examen attentif des prises de position du dirigeant de l'Autorité palestinienne depuis 2003 montre qu'il n'en est rien. Abbas est resté le même, tout comme Arafat qui, jusqu'à son dernier jour, demeura fidèle à ses engagements politiques et à sa conception du djihad contre Israël, n'hésitant pas à envoyer ses hommes, déguisés en membres du Hamas, commettre des attentats terroristes contre Israël, alors même qu'il était en train de "négocier la paix" avec Ehoud Barak à Camp David, comme l'a révélé récemment dans son livre extraordinairel'espion israélien du Hamas, Mosab Hassan Yousef… *

 

Pour comprendre les intentions véritables de Mahmoud Abbas, il faut se référer à ses discours en arabe, et pas à ses déclarations politiquement correctes prononcées à l'intention des médias et des chancelleries en Occident. Abbas, comme Arafat autrefois – et même mieux que lui – a en effet su adopter le ton qui plaît aux occidentaux, celui d'un "pragmatique" et d'un "modéré" (le fameux "dirigeant courageux" vanté par des intellectuels juifs français atteints de myopie et de surdité…). Abbas sait dire ce qu'il faut pour continuer d'engranger la manne de l'aide occidentale, tout en refusant d'entamer les négociations avant d'avoir obtenu des concessions unilatérales d'Israël.

 

Mais dans le même temps, Abou Mazen promet à son peuple le djihad et glorifie les "martyrs", ces terroristes aux mains ensanglantées qui sont devenus sous son autorité les grands hommes de l'Etat palestinien en voie de constitution… Elie Wiesel peut bien louer le "modéré" Mahmoud Abbas, mais celui-ci tient exactement le même discours à son peuple que les "extrémistes" du Hamas, avec lesquels il n'a d'ailleurs pas de désaccord fondamental sur la stratégie et sur l'objectif final – une Palestine judenrein de la Méditerranée au Jourdain – mais uniquement sur les moyens pour y parvenir.

 

logo_freres_musulmans.jpg

 

Le double langage de Mahmoud Abbas, qui déclarait en 2003 "Il n'y a absolument aucune autre alternative que le dialogue", mais qui promet, en 2010, qu'il "n'autorisera aucun Israélien à vivre sur la terre palestinienne", n'est pas seulement la marque d'une duplicité fondamentale, ou d'un manque de sincérité. Il est aussi la preuve que le président Abbas est resté fidèle à la philosophie politique du Fata'h, celle de la "libération de la Palestine" par tous les moyens – à la fois par l'épée et par les négociations – selon la leçon apprise de son maître, Yasser Arafat de sinistre mémoire.

 

Pierre I. Lurçat

 

* Voir "Le Prince vert, du Hamas aux services secrets israéliens", Denoël 2010

http://vudejerusalem.20minutes-blogs.fr/archive/2011/01/26/les-deux-visages-du-president-de-l-autorite-palestinienne-ma.html 

 

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