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“Make Israel and America Great again!” Donald Trump, Nétanyahou et la recomposition du monde après le 7-Octobre

March 17 2026, 13:57pm

Posted by Pierre Lurçat

“Make Israel and America Great again!” Donald Trump, Nétanyahou et la recomposition du monde après le 7-Octobre

 

 

1.

 

A travers le refus européen unanime d’aider à garantir la liberté de circulation maritime dans le détroit d’Ormuz, c’est un sinistre remake de l’histoire qui se joue. On pense évidemment à la fermeture du détroit de Tiran aux navires israéliens par l’Egypte, qui déclencha la guerre des Six Jours. Et comment ne pas penser, aussi et surtout, au fameux “Mourir pour Dantzig?”, titre de l’éditorial du pacifiste et collaborationniste Marcel Déat, le 4 mai 1939. La demande américaine adressée aux “alliés” européens est ainsi le révélateur d'une lâcheté politique qui demeure aujourd’hui le seul ciment d’une Europe divisée sur bien des sujets, mais unanime dans son refus d’aider les Etats-Unis et Israël dans leur juste guerre contre le régime iranien sanguinaire.

 

Les Européens refusent d’être entraînés par Donald Trump dans sa guerre contre l’Iran”, titre Le Monde, et ce titre a lui aussi des résonnances sinistres…. “SA guerre contre l’Iran" ? Comme s'il s'agissait de la lubie personnelle de Trump, que les médias et les chancelleries européennes se complaisent à décrire (dans le meilleur des cas) comme un excentrique, “imprévisible” et “mercantiliste” (selon F. Encel). L’anti-américanisme européen est un bien mince paravent à la détestation d’Israël.

 

2.

 

Israël qui s’avère dans cette guerre, comme l’a reconnu le président américain lui-même, le seul allié fiable et sérieux des Etats-Unis face à l’Iran. Après la reculade britannique suite à l’attaque contre la base militaire de Chypre et après les innombrables lâchetés de Macron, qu’on ne compte plus (la dernière en date étant son appel répété à Israël pour ne pas attaquer le Hezbollah sur le sol libanais), voici que l’Allemagne elle-même se range dans le camp de la couardise et du déshonneur, par la voix de son ministre de la Défense :

 

“Ce n’est pas notre guerre, nous ne l’avons pas déclenchée. » a déclaré Boris Pistorius, disant tout haut ce que pensent tout bas Macron et consorts. Comment ces mêmes pays pourront-ils demander demain aux Etats-Unis de les protéger contre une menace à leur propre sécurité, venant de la Russie ou d’ailleurs ? Leur lâcheté face à l’Iran les aveugle tellement, qu’ils perdent de vue leurs propres intérêts géopolitiques.

 

3.

 

Mais l’essentiel n’est sans doute pas là. Dans le monde redessiné par l’attaque préventive (on ne cessera de le répéter) contre la menace nucléaire iranienne, Israël sous la direction de B. Nétanyahou et les Etats-Unis de Donald Trump apparaissent comme les deux seuls phares d’un Occident qui a renoncé au courage de sa propre survie. C’est sans doute le phénomène le plus marquant de la recomposition du monde après le 7-octobre : Israël est devenue une puissance régionale incontournable – et certains disent même, une puissance internationale – tandis que l’Axe du mal se délite et court à sa perte.

 

L’Europe (et la France) ne comptent plus sur la scène internationale et les États-Unis sont redevenus la première (et pour ainsi dire la seule) grande puissance, avec l’aide d’Israël. “Make America great again” et “Make Israël Great again !”: les promesses respectives des deux grands dirigeants que sont Donald Trump et Benjamin Nétanyahou sont en voie d’être tenues. Pour le plus grand bien de leurs peuples respectifs, du peuple iranien et de tous les peuples épris de liberté. Ad hanitsahon! *

P. Lurçat

* « Jusqu’à la victoire ! » Slogan apparu pendant la guerre déclenchée le 7-Octobre. C’est le titre de mon dernier livre, Jusqu’à la victoire ! la plus longue guerre d’Israël, disponible sur Amazon, à la librairie du Foyer à Tel-Aviv et au centre Begin de Jérusalem.

 

“Make Israel and America Great again!” Donald Trump, Nétanyahou et la recomposition du monde après le 7-Octobre

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Israël-Iran: l’“au-delà” de la géopolitique, ou comment comprendre les événements ?

March 10 2026, 14:08pm

Posted by Pierre Lurçat

Israël-Iran: l’“au-delà” de la géopolitique, ou comment comprendre les événements ?

 

La dimension invisible de la géopolitique (II):

L’“au-delà” du politique ou comment comprendre les événements ?

 

1.

 

Je connais Alexandre Del Valle depuis plus de 25 ans. Juste après le 11-septembre, alors que je me trouvais en France, nous avions créé avec quelques amis une “Association des amis d’Alexandre Del Valle” pour le défendre contre une campagne de diffamation lancée à son encontre par le journal Le Monde (à l’époque pro-palestinien tendance Fatah, depuis il a viré pro-Hamas…). Ce petit préambule pour dire que j’apprécie l’homme et son parcours. Cela ne m’empêche pas d’avoir éprouvé une certaine insatisfaction en écoutant sa dernière intervention sur l’excellente chaîne Mosaique.

 

Si je devais résumer en une phrase mon sentiment, je dirais que la géopolitique n’a pas grand-chose de profond à nous dire des événements actuels, parce qu’elle s’en tient, comme je l’écrivais récemment, aux apparences et aux réalités “objectives”. Or, depuis le 7-Octobre, nous vivons en Israël des événements qui dépassent de très loin (et de très haut) le domaine de la politique, de la géopolitique ou même de l’histoire dans son acception courante. Comme me l’écrivait Steve Ohana (dont je recommande au passage les commentaires hebdomadaires de la parasha), en réaction à mon article, “nous vivons un moment méta-historique”.

 

Bien entendu, il est difficile d’expliquer à quelqu’un qui ne vit pas ici – même s’il est un ami d’Israël et un observateur avisé de la scène internationale – ce que signifie la “méta-histoire” d’Israël, ou ce que veut dire la “émouna” (foi) juive, clé de notre compréhension du monde et des événements actuels.  Pour tenter néanmoins de partager cette vision juive du monde, je dirais qu’elle repose sur l’idée fondamentale que la puissance d’un pays ne relève pas que de critères objectifs, économiques ou militaires. Ceux qui s’obstinent à vouloir “mesurer” la puissance des différents acteurs en termes de PIB, ou de nombre d’armes conventionnelles ou non, sont incapables de comprendre la portée des événements actuels. (Une preuve, parmi tant d’autres : la France, puissance nucléaire et membre du Conseil de sécurité de l’ONU, est devenue sous Macron (et avant déjà) un nain politique, dont l’(in)action n’a aucune prise sur le cours des événements…)[1]

 

2.

 

La “dimension invisible” de la géopolitique dont il est ici question relève à la fois de la morale et de l’esprit. Dans un article publié en 1920, Jabotinsky critiquait la vision juive traditionnelle, exprimée par le verset du prophète Zacharie : ‘Ni par la puissance, ni par la force, mais par mon esprit[2]. Selon cette conception, expliquait-il, “La force spirituelle est la force véritable. La tradition du judaïsme est une tradition de l’esprit, et non de la force physique”. Je ne partage pas cette conception. Nous possédons tant la tradition de l’esprit que celle de la force physique”.

Bien de l’eau a coulé sous les ponts du Jourdain depuis lors, et la vision de Jabotinsky a inspiré la doctrine du “Mur de fer”, devenue le pilier de la stratégie de défense d’Israël. Mais elle a parfois été réduite à sa seule dimension militaire, en oubliant que la force de Tsahal seule ne suffit pas à affronter nos ennemis, lorsqu’elle procède d’un oubli de notre identité et de notre vocation, comme nous l’avons constaté tragiquement le 7-Octobre. Or, et c’est le point crucial négligé par la plupart des observateurs, tant Nétanyahou que Trump sont bien conscients de cet aspect essentiel. Un autre exemple frappant de cette cécité de la géopolitique est celui du spécialiste français no. 1 de l’islam, Gilles Kepel, qui avait parlé en 2001 de "dilution de l'islamisme dans l'économie de marché", et dont le grand livre Jihad, paru avant le 11-Septembre, portait en sous-titre: « expansion et déclin de l’islamisme », annonçant bien avant l’heure un « déclin » qu’on attend toujours !

La guerre des Etats-Unis et d’Israël contre l’Iran est inspirée par une conviction profonde, partagée par les deux dirigeants, conviction qui s’exprime en termes de morale et de croyances religieuses, et non en termes purement politiques. Il s’agit bien à leurs yeux de “combattre le Mal”, objectif que les chancelleries européennes, de Madrid à Paris et Londres, sont incapables de comprendre, car elles s’accommodent très bien de l’existence du mal et s’en font aujourd’hui les complices… Face à “l’axe du Mal” et à “l’empire du mal” iranien, c’est la conviction profonde de la justesse de notre cause qui est la clé de notre victoire. Cela est d’autant plus important à rappeler que certaines voix, en Israël même, émettent à présent des doutes sur le bien-fondé de la guerre.

 

3.

 

Dans ce contexte, Bernard-Henri Lévy a évidemment raison de rappeler que la guerre contre l’Iran est une “guerre juste”, en s’appuyant sur les différentes théories de la “guerre juste”, d’Augustin jusqu’à Michael Walzer. A propos de ce dernier, je ne peux oublier qu’il avait donné une interview en octobre 2023 au magazine Philosophie[3] (quelques jours après le pogrome du Hamas!) où il s’interrogeait déjà sur la légitimité de la riposte israélienne, se donnant le luxe (et l’outrecuidance) de déclarer que “la justice exige la défaite du Hamas, pas la vengeance” et expliquant encore être “très préoccupé par la décision de lancer un siège total de Gaza et peut-être de partir à la conquête de ce territoire…” Les rédacteurs de la revue-K n’avaient rien trouvé à redire à ces propos consternants.

 

Mais là où BHL se trompe, c’est lorsqu’il qualifie de “ruse de la raison” (concept hégélien) le fait que cette guerre juste soit menée précisément par Donald Trump (qu’il abhorre comme tant d’autres). Ce n’est pas un hasard, ni une “ruse de la raison” si ce sont Donald Trump et Binyamin Nétanyahou qui sont en train de réaliser ce qu’aucun autre dirigeant occidental avant eux n’a été capable de faire. Leurs accomplissements à ce jour, quelle que soit l’issue et la durée de la guerre en cours, en font d’ores et déjà les dignes héritiers de Roosevelt et de Churchill. Ad Hanitsahon!

Pierre Lurçat

[1] Quoi qu’en pense Frédéric Encel, chantre de la “puissance” française et porte-parole non officiel du quai d’Orsay.

[2] Zacharie, 4-6.

[3] Michael Walzer : « La justice exige la défaite du Hamas, pas la vengeance contre les Palestiniens » - K. Les Juifs, l’Europe, le XXIe siècle

NB Je présenterai mon dernier livre, Jusqu’à la victoire ! La plus longue guerre d’Israël et évoquerai l’actualité brûlante dimanche 15 mars à 19h00 chez Alex et Brigitte Bliah, à Jérusalem (adresse et inscription auprès de Brigitte 050-22 40 861).

Israël-Iran: l’“au-delà” de la géopolitique, ou comment comprendre les événements ?

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La dimension invisible de la géopolitique : Israël, les Etats-Unis et le grand « Pourimspiel » de la politique internationale

March 3 2026, 10:03am

Posted by Pierre Lurçat

La dimension invisible de la géopolitique : Israël, les Etats-Unis et le grand « Pourimspiel » de la politique internationale

 

La géopolitique est largement incapable de décrire les événements actuels, parce qu'elle s'en tient aux apparences, de manière souvent simpliste, voire caricaturale. Ceux qui s'obstinent à décrire Donald Trump comme un idiot et à croire que la France est une "grande puissance" montrent non seulement qu'ils n'ont rien compris au monde actuel, mais aussi que leur grille de lecture des événements est fondamentalement déficiente. De même pour les contempteurs de Netanyahou, qui refusent de voir l'évidence qui crève les yeux de tout Israélien lucide et de tout observateur honnête. C'est Binyamin Nétanyahou qui a transformé Israël après le 7-octobre, pour en faire une puissance capable de remodeler la carte du Moyen-Orient et de changer l'avenir de toute la région et du monde.

 

Israël sous Netanyahou n'est pas seulement devenu une puissance régionale et mondiale. Il est littéralement devenu ce "lion rugissant", qui est capable de vaincre ses ennemis d'un coup de "patte" et de faire tomber leurs têtes les uns après les autres. Israël, sous la direction de Benjamin Netanyahou, n'est plus un acteur de second plan, ni le vassal de grandes puissances, étrangères (comme s’obstine à le faire croire le journal Ha’aretz, qui le présente comme “le valet de Trump”, dans la meilleure tradition de l’antisionisme soviétique d’antan).

 

Israël est devenu une puissance régionale, dont la puissance ne se mesure pas seulement à son PIB, à sa force militaire ou technologique. La puissance d'Israël, comme l'ont bien compris les deux dirigeants qui sont en train de remodeler le visage du monde entier, Donald Trump et B. Nétanyahou, se mesure à l'aune d'un critère que les experts en géopolitique sont incapables de mesurer et d'apprécier. Ce critère largement occulté relève en effet d'une autre dimension, que les dirigeants actuels d'Israël et des Etats Unis ont bien comprise, mais qui échappe à la plupart des dirigeants et commentateurs de l'actualité internationale.

 

Comme je l’écrivais dans ces colonnes il y a cinq ans, Donald Trump est le digne représentant d’une Amérique qui n’a jamais oublié le récit biblique sur lequel elle est fondée, et le premier dirigeant à avoir donné à l’Etat juif son statut véritable de peuple spécial (Am Segoula), c’est-à-dire de peuple “par lequel sont bénies toutes les nations du monde”. Les accomplissements de Trump s’inscrivent en réalité dans le temps long de l’histoire, et plus précisément, dans le temps spécifique à l’histoire juive et à l’histoire d’Israël, c’est-à-dire dans le temps des Toledot, concept hébraïque qui désigne, selon l’enseignement de Manitou, l’histoire des engendrements et le développement de l’identité humaine, et pas seulement l’histoire événementielle[1].

 

C’est dans cette perspective qu'on peut comprendre la dimension invisible de la géopolitique, à savoir la dimension spirituelle et morale incarnée par Israël, dont la destinée ne relève pas des "lois" de l'histoire, ni des règles habituelles auxquelles sont soumis les États. La dimension invisible de la géopolitique est celle du Nom divin qui ne figure pas dans la Meguilat Esther, celle du Maître d'œuvre du grand "Pourimspiel", qui dirige le monde. Pourim Saméakh !

 

P. Lurçat

 

 

[1] Voir le commentaire du Rav Manitou-Askénazi sur la parachat Toledot, Leçons sur la Torah, Albin Michel.

le digne représentant d’une Amérique qui n’a jamais oublié le récit biblique

le digne représentant d’une Amérique qui n’a jamais oublié le récit biblique

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Le « Deep State » israélien responsable du 7-Octobre ? (I)

March 24 2025, 10:27am

Posted by Pierre Lurçat

Le « Deep State » israélien responsable du 7-Octobre ? (I)

La décision du gouvernement israélien de limoger la conseillère juridique du gouvernement – devenue ces dernières années, et encore plus ces derniers mois, un adversaire résolu du gouvernement qu’elle est supposée “conseiller” aux termes de la loi – est un premier pas, important même s’il n’est pas définitif, vers le rétablissement des droits de la majorité, de la Knesset et des pouvoirs élus en général, face à la montée en puissance du “Deep State” au cours des trois dernières décennies.

 

Comme je l’ai expliqué la semaine dernière au micro d’Ilana Ferhadian sur Radio J, l’usurpation du pouvoir légitime par le Deep State est la question la plus brûlante de la politique israélienne depuis au moins trois décennies. Dans ces circonstances, il faut se féliciter de la nouvelle pugnacité dont fait preuve le Premier ministre B. Nétanyahou, après avoir longtemps hésité à affronter le “pouvoir judiciaire” et les autres représentants du Deep State. Sa longue hésitation reposait sans doute sur la peur légitime, liée au chantage que le pouvoir judiciaire et le Shin-Beth exercent contre tous ceux qui leur résistent, peur qui a aujourd’hui apparemment disparu.

 

Cette nouvelle pugnacité s’explique aussi pour une raison très simple, qui n’est aucunement liée au soi-disant “Qatar-Gate” – nouvelle arme de propagande créée par le camp des “Tout sauf Bibi” pour faire du Premier ministre le bouc émissaire de l’après-7 Octobre. Cette raison n’a rien à voir avec les péripéties de la politique israélienne : elle vient en effet de l’autre côté de l’Atlantique. C’est l’exemple du Président américain Donald Trump, qui incarne depuis son arrivée au pouvoir un exemple et un modèle à suivre pour Israël.

 

Donald Trump n’est en effet pas seulement le meilleur (et quasiment le seul) allié d’Israël dans sa guerre existentielle contre le Hamas et les autres proxies de l’Iran. Il est aussi un exemple à suivre pour lutter victorieusement contre le Deep State, qui empêche le pouvoir démocratique de lutter efficacement contre ses ennemis extérieurs, aux Etats-Unis comme en Israël.

 

La leçon la plus actuelle et la plus importante sans doute du 7 -Octobre est que le Deep State est, comme me l’a expliqué Me Ephraim Demri dans un entretien qui paraîtra début avril dans Israël Magazine, le principal responsable de l’échec colossal des services de sécurité et de l’armée, gangrenés par l’idéologie wokiste et post-sioniste et obnubilés par leur combat idéologique contre leurs adversaires politiques, qui leur a fait oublier qu’il y avait un ennemi véritable de l’autre côté de la frontière. (à suivre…)

P. Lurçat

 

NB Mes livres sont en vente sur Amazon, B.O.D. et sur commande dans toutes les librairies de France. Ils sont disponibles en Israël à la boutique du centre Begin à Jérusalem, et à l’excellente librairie du Foyer à Tel-Aviv.

Le « Deep State » israélien responsable du 7-Octobre ? (I)

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Israël-Iran : la guerre à venir et l’héritage de Donald Trump, Pierre Lurçat

January 17 2021, 14:20pm

Posted by Pierre Lurçat

 

 

La récente information, largement relayée par les médias israéliens et étrangers, concernant les nouveaux plans de Tsahal pour contrer le programme nucléaire iranien, montre que l’armée israélienne est déjà entrée dans l’ère Biden. En la matière, la fin de l’ère Trump et l’arrivée de l’administration Biden a une signification très claire : Israël doit se préparer à la guerre. Non pas seulement la guerre qui se déroule déjà depuis longtemps, en Syrie, en Iran même et dans le cyberespace, entre Tsahal d’un côté, l’Iran et ses alliés de l’autre. Mais la guerre aux frontières - voire au coeur même du territoire israélien. Le chef d’état-major israélien Kochavi et les autres dirigeants israéliens savent parfaitement ce que signifie l’entrée en fonctions d’une administration qui a déjà annoncé son intention de “négocier” avec l’Iran son retour dans le cadre du JCPOA : cela signifie que le danger iranien sera encore plus menaçant que jamais.

 

La vie internationale n’est pas un concours de maintien pour jeunes filles : 

parade militaire àTéhéran



 

Il n’y a pas loin du Capitole à la roche tarpéienne”; jamais l’adage latin n’aura eu une signification plus évidente que pour le président sortant Donald Trump. Il est particulièrement édifiant de lire, dans les colonnes du journal israélien Makor Rishon, l’analyse de trois éminents Juifs américains républicains, dressant le bilan de l’ère Trump. Un “massacre américain”, un “désastre”... : Bret Stephens, Dov Zackheim et William Kristol ne tarissent pas de superlatifs pour décrire la catastrophe que représente selon eux le mandat de Donald Trump. Le plus étonnant est de constater que le discours de ces représentants du camp républicain au sein du judaïsme américain ne diffère pas fondamentalement de celui de leurs collègues démocrates (au point que Kristol - dont le père était un intellectuel phare du courant néoconservateur américain - a même appelé à voter Biden aux dernières élections).



Quel que soit le jugement que l’on porte sur le bilan intérieur américain des quatre années Trump, il ne doit pas occulter le fait - largement passé sous silence ou minimisé par ces analystes, pourtant considérés comme de fervents partisans d’Israël - que la présidence Trump a été marquée par un rapprochement jamais vu auparavant dans les relations entre Israël et son allié américain. L’héritage de Donald Trump ne se mesure pas seulement dans le domaine diplomatique et symbolique - dans lequel il a effectivement été le président le plus pro-israélien depuis Harry Truman, qui avait voté en faveur de la proclamation d’Israël aux Nations Unies. L’héritage de Trump, c’est avant tout le soutien concret, total et inconditionnel à Israël dans sa guerre existentielle contre un Iran voué à sa destruction. 



 

 Le monde a besoin de dirigeants sachant comment mener la guerre

 

La personnalité (de Trump) compte plus à mes yeux que sa politique”. Ce jugement formulé par un commentateur juif républicain exprime un sentiment partagé par beaucoup de ses coreligonnaires, aux Etats-Unis et ailleurs. Mais en vérité, ce n’est pas seulement un atavisme juif, car à l’ère des médias sociaux, les hommes politiques sont jugés bien plus pour leur apparence et pour leur manière de s’exprimer que pour leur politique. Dans le cas de Donald Trump, de toute évidence, son franc-parler, son mépris affiché des conventions et son goût de la provocation ne l’ont pas servi, ni aux yeux de ses adversaires, ni même de ses partisans. Mais quand il est question de la guerre Israël-Iran, ce n’est plus de bonnes manières qu’il s’agit, mais de vie ou de mort. 

 

Aussi il y a quelque chose de pusillanime dans l’attitude de ceux - y compris en Israël - qui préfèrent voir à la Maison Blanche un président qui “sait se tenir” et tenir sa langue, qu’un président qui sait comment se comporter avec les dirigeants de Téhéran. Face aux ennemis d’Israël, le monde a besoin de dirigeants sachant comment mener la guerre, et pas de dirigeants qui savent plaire aux médias, ou disserter sur l’art ou la littérature. La vie internationale n’est pas un concours de cuture générale ou de maintien pour jeunes filles bien nées. Comme le disait Woody Allen, “Même quand l’agneau et le loup coexisteront, je préfèrerai être le loup”. Dans un monde où les loups n’ont pas encore déposé les armes, Israël doit non seulement se comporter en conséquence, mais doit aussi pouvoir compter sur des alliés qui savent aussi comment affronter les loups de Téhéran, Damas ou ailleurs. Israël n’a pas fini de regretter la présidence Trump.

Pierre Lurçat

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J’ai le grand plaisir d’annoncer la parution de deux livres en hommage à ma mère, Liliane Lurçat (1928-2019), qui paraissent simultanément ces jours-ci. Le premier, intitulé “Un parapluie pour monter jusqu’au ciel”, est un livre de souvenirs inédit dans lequel elle relate sa jeunesse, depuis sa naissance à Jérusalem, au Paris d’avant la guerre et à l’internement à Drancy et à Vittel. Comme elle l’a expliqué ailleurs : “Ma formation de psychologue a deux sources, l’école de la vie pendant l’Occupation allemande, et plus tard, l’attention affectueuse d’un maître…” C’est le récit de cette “école de la vie” qui est ici présenté au lecteur, école souvent rude et parfois cruelle, mais riche d’enseignements.

 

 

 

 

L’histoire de cette jeune femme qui a eu seize ans à Drancy en 1943, et dont la guerre a occupé une large partie de sa jeunesse, est édifiante. Elle est un modèle de courage, d’obstination et de foi en l’avenir. Dans son récit, on voit poindre les qualités d'observation des autres et de pénétration psychologique qu'elle a plus tard déployées dans sa vie professionnelle, en tant que chercheur au CNRS.

 

Le second livre, intitulé “Vis et Ris!”, est un livre d‘hommage dans lequel je décris la personne que j’ai connue et ce que je lui dois. A la fois témoignage personnel et réflexion sur la transmission et l’identité juive, il tente de répondre à la question du contenu de la Yiddishkeit que j’ai reçue en héritage. Ce livre est, plus encore qu’un livre de souvenirs et un chant d’amour, un chant d’espérance.

 

 

Dans les moments d’allégresse ou de peine, aux heures où la joie m’envahit ou, au contraire, quand le découragement me gagne, je revois ton visage plein de grâce et de sagesse, ma mère, et j’entends ta voix qui continue de me parler, comme tu l’as fait depuis les premiers instants de ma naissance et jusqu’aux derniers souffles de ta vie. Je t’entends aussi chanter, par-delà l’éternité, les refrains qui ont bercé mon enfance et qui continuent de m’accompagner. Et j’entends ces deux mots qui résument à mes yeux tout ce que tu m’as légué, cette philosophie de la vie forgée dans l’épreuve et dans le rire, sagesse ancestrale exprimée dans la langue de nos ancêtres Juifs d’Europe centrale, qui figurent en titre de ce livre : “Leib un lach!”.

Pierre Lurçat

 

 

 

Les deux livres sont disponible sur Amazon, en format Kindle ou broché. En Israël, ils peuvent être commandés auprès de l’auteur. pierre.lurcat@gmail.com  

Les demandes de service de presse sont les bienvenues .pierre.lurcat@gmail.com 


 

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Donald Trump, l’Amérique et l’identité d’Israël : une explication, Pierre Lurçat

November 24 2020, 07:58am

Posted by Pierre Lurçat

 

Je donnerai à ta descendance toutes ces provinces, et par ta descendance seront bénies toutes les nations du monde” (Genèse 26-4)

 

Comme l’expliquait avec émotion le Secrétaire d’Etat Mike Pompeo lors de sa visite en Israël la semaine dernière, après s’être rendu sur le site d’Ir David - capitale du Roi David il y a trois mille ans - la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël “est une simple reconnaissance de la réalité. Il est insensé que les Etats-Unis ne l’aient jamais fait jusqu’à ce jour” (1). Ces quelques mots ne suffisent toutefois pas à décrire l’importance du changement radical apporté par l’administration Trump dans les relations entre les Etats-Unis et Israël. Celui-ci va bien au-delà de la politique et des relations internationales, telles que nous les comprenons généralement et touche à un aspect bien plus profond des rapports entre les peuples, qu’on peut définir comme celui de la reconnaissance de l’identité collective authentique d’Israël.

 

Si l’on veut apprécier à leur juste mesure les accomplissements réalisés par le président américain Donald Trump pendant les quatre années de son mandat, il faut en effet envisager ceux-ci non pas comme des événements qui s’inscrivent dans le “temps court” de la vie politique et de la relation médiatique de l’actualité. Car ils s’inscrivent en réalité dans le temps long de l’histoire, et plus précisément, dans le temps spécifique à l’histoire juive et à l’histoire d’Israël, c’est-à-dire dans le temps des Toledot, concept hébraïque qui désigne, selon l’enseignement de Manitou, l’histoire des engendrements et le développement de l’identité humaine, et pas seulement l’histoire événementielle (2). 



 

Signature des Accords Abraham à la Maison Blanche

 

Pour prendre toute la mesure de ce changement radical, il faut revenir sur une des conséquences les plus remarquables de la politique de l’administration Trump au Moyen-Orient : la signature des “Accords Abraham” et l’établissement de relations diplomatiques entre Israël et plusieurs pays du Golfe. Contrairement à tous les accords de paix qui les ont précédés, les Accords Abraham” reposent non pas sur la cession de territoires par Israël, mais sur la reconnaissance pleine et entière du peuple Juif et de son identité nationale (3). Il ne s’agit pas seulement de la reconnaissance politique d’un Etat, mais aussi de l’acceptation de l’identité profonde d’Israël, celle qu’on ne peut définir uniquement par les termes du droit international. Il s’agit en fait, pour la première fois dans l’histoire des relations entre Israël et le monde arabo-musulman, d’un accord fondé non seulement sur des intérêts communs, mais aussi sur la conviction qu’Israël représente une chance et une bénédiction pour les pays de la région.

 

Les accords Abraham reposent ainsi - comme leur nom l’indique - sur la reconnaissance explicite par plusieurs dirigeants des pays du Golfe d’une filiation commune et sur leur compréhension de la promesse faite à Abraham, qui apparaît à plusieurs reprises dans le récit biblique : “Par ta descendance seront bénies toutes les nations du monde”. Or, c’est là précisément que réside le “secret” permettant de comprendre toute la portée, véritablement révolutionnaire, de la nouvelle politique instaurée sous l’administration Trump. Pendant plusieurs décennies, Israël a en effet poursuivi - avec l’encouragement des Etats-Unis et de nombreux pays occidentaux, de la Ligue arabe et d’autres acteurs de la politique internationale - une paix illusoire, qui reposait entièrement sur le principe mensonger de “la paix contre les territoires” et sur la négation de sa propre identité. 



 

Le mensonge d’Oslo : nier l’identité d’Israël



 

Le mensonge d’Oslo était largement le fruit de la volonté de certains Israéliens, encouragés par l’Europe notamment, d’échapper à l’identité collective authentique d’Israël (4). Comme l’avait affirmé à l’époque l’écrivain David Grossmann, avec une  absolue franchise : “Ce qui est demandé aujourd’hui aux Juifs vivant en Israël, ce n’est pas seulement de renoncer à des territoires géographiques. Nous devons aussi réaliser un “redéploiement” – voire un retrait total – de régions totales de notre âme… Comme la “pureté des armes”… Comme être un “peuple spécial” ou un peuple élu (Am Segoula)” (5). Or les accords Abraham, toute comme la nouvelle direction insufflée par l’administration Trump à la politique américaine à l’endroit d’Israël, reposent au contraire sur la reconnaissance du peuple Juif en tant que “peuple spécial” (Am Segoula), c’est-à-dire en tant que peuple qui apporte la bénédiction à toutes les nations. 

 

On comprend dès lors l’extrême froideur avec laquelle l’Union européenne et la France d’Emmanuel Macron ont accueilli les Accords Abraham et l’obstination presque diabolique (“perseverare diabolicum…”) avec laquelle elles s’entêtent à soutenir la fiction palestinienne. Dans l’inconscient collectif européen, l’Etat juif demeure le Juif des Etats, c’est-à-dire le représentant du peuple honni et maudit, qui a fini par trouver un refuge sur un bout de terre qui ne lui appartient pas… Il n’est pas anodin que la France souhaite d’une part bénéficier des avancées réalisées par Israël en tant que “start-up nation”, mais refuse d’autre part de reconnaître l’identité d’Israël et ses droits à Jérusalem et en Judée-Samarie. Car dans le schéma traditionnel de la diplomatie française, Israël incarne encore et toujours la figure du Juif maudit mais utile, prêteur d’argent ou conseiller des Princes, mais rien de plus. (6)



 

Bénéficier de la “start-up nation” en niant l’identité d’Israël : E. Macron et B. Nétanyahou



 

Or c’est bien sur ce point fondamental, et rarement exprimé dans les relations internationales, que repose toute la nouveauté apportée par l’administration Trump, tellement décriée par les chancelleries et les médias de la vieille Europe. Donald Trump, digne représentant d’une Amérique qui n’a jamais oublié le récit biblique sur lequell elle est fondée, est le premier dirigeant à avoir donné à l’Etat juif son statut véritable de peuple spécial (Am Segoula), c’est-à-dire de peuple “par lequel sont bénies toutes les nations du monde”. A ce titre, Trump est déjà entré dans l’Histoire, comme un moderne Cyrus et comme un bienfaiteur d’Israël. Il est le premier dirigeant américain - et espérons-le, pas le dernier, dont  la politique envers Israël est guidée non par les éditoriaux du New York Times ou par les sondages, mais par la promesse plus actuelle que jamais, faite à Abraham à l’aube de l’histoire juive.

Pierre Lurçat

 

1. Voir le commentaire du Rav Manitou-Askénazi sur la parachat Toledot, Leçons sur la Torah, Albin Michel.

2. Propos rapportés par Odaya Krish-Hazony dans Makor Rishon, 20.11.2020.

3. Depuis les accords entre Israël et l’Egypte de 1978, et jusqu’aux accords d’Oslo de 1992, en passant par les accords avec la Jordanie. Tous ont instauré dans le meilleur des cas une paix froide, reposant sur le principe trompeur des “territoires contre la paix”. 

4. Je me permets de renvoyer sur ce sujet à mon livre Israël, le rêve inachevé, et à la présentation que j’en ai faite au micro de Richard Darmon, et dans un entretien avec le rav Uri Cherki.

5. Cité par Y. Hazony, L’État juif. Sionisme, post-sionisme et destins d’Israël, éditions de l’éclat 2007, page 113.

6. Sur le lien entre antisémitisme et diplomatie française, voir le livre classique de David Pryce-Jones, La diplomatie française et les Juifs.

 

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EN LIBRAIRIE - Jour de Sharav à Jérusalem

Longtemps épuisé, mon livre Jour de Sharav à Jérusalem est de nouveau disponible, en format Kindle et en format papier.

 

Le « sharav », c'est le vent du désert qui souffle parfois sur Jérusalem, ce qui donne son titre à l'une des nouvelles de cet agréable recueil. Né à Princeton aux États-Unis, l'auteur, qui a grandi en France, vit désormais à Jérusalem. Les textes, très courts mais finement ciselés, qu'il nous offre, se présentent comme autant d'hommages à la cité du roi David. (Jean-Pierre Allali, Crif.org)
 

Avec son livre si poétique, Pierre Itshak Lurçat nous offre toute une palette de couleurs d’émotions. Parfois, c’est la musique que l’on entend presque, tant sa présence revient comme une nostalgie lancinante de ses années de jeunesse, mais aussi comme la résonance de son intégration en Israël. (Julia Ser)
 

Lurçat n’est pas un portraitiste phraseur. C’est l’amour du peuple juif qui le porte et il est contagieux. La Ville Sainte qui le fascine abrite ses émotions et offre un écrin à ces histoires. « A Jérusalem, qu’on le veuille ou non, on est porté vers le haut » confie Lurçat. La photo en couverture du livre prend alors tout son sens. Ces destins qui traversent ces pages sont comme les cordes de cette harpe, tendus vers le ciel, qui vibrent en harmonie, traversés par un impératif d’élévation. (Katie Kriegel, Jerusalem Post)

Lisez ce livre, et relisez-le. Il mérite de prendre place à côté des meilleurs écrits de la littérature franco-isréalienne ou israélo-française… Le vibrato de ce livre tient aussi à cette structure particulière où chaque abacule vit sa vie pour mieux participer à la composition. Il est beau ce petit livre, entre Paris et Jérusalem, entre passé et présent, entre ici et là-bas. Comment ne pas y être sensible ? (Olivier Ypsilantis)

 

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Donald Trump, bienfaiteur du peuple Juif, par Pierre Lurçat

February 11 2020, 15:49pm

Posted by Pierre Lurçat

NB Je remets en ligne cet article au lendemain des élections présidentielles américaines. Quel que soit le résultat final, D. Trump est déjà entré dans l'Histoire.

 

Comme l’écrivait la semaine dernière Caroline Glick (1), le plan Trump a mis fin au cauchemar d’Oslo et au paradigme mensonger, qui a régné sur la politique étrangère américaine (et dans une large mesure, sur la politique intérieure israélienne) pendant 27 ans. Ce paradigme mensonger et meurtrier vient d’être officiellement rejeté par la plus grande nation du monde, écrit encore Glick, ajoutant que “le plan Trump est comme l’image inversée d’Oslo. A présent, c’est aux Palestiniens de faire la preuve de leur engagement envers la paix”. J’ajoute que, selon toute évidence et connaissant les antécédents de leurs dirigeants, ceux-ci vont rejeter ce plan, tout comme les précédents, et Israël sera pleinement justifié à étendre - avec 53 ans de retard - sa pleine souveraineté sur l’ensemble de la Judée et de la Samarie.

 

Plus précisément, Israël a reçu du président Donald Trump ce qu’aucun président américain n’a jamais donné - ou même laissé espérer - à aucun dirigeant de l’Etat juif depuis 1948 : la reconnaissance du droit du peuple Juif sur sa patrie ancestrale, qui ne se trouve pas - n’en déplaise aux dirigeants français et aux diplomates du quai d’Orsay (et à leurs homologues en Occident et dans le monde arabe), dans l’étroite bande côtière reconnue par la communauté internationale, mais bien à Jérusalem réunifiée, à Hébron, à Sichem et dans toute l’étendue de la rive Ouest du Jourdain, c’est-à-dire la Judée et la Samarie.


 

Donald Trump et Binyamin Nétanyahou

 

Alors que certains commentateurs s’obstinent à prétendre que Trump n’est pas l’ami d’Israël, et que son plan ne va rien régler et apporter de nouvelles guerres (ou une “troisième Intifada”, déjà annoncée à d’innombrables reprises par des commentateurs abusés par la guerre psychologique palestinienne), l’évidence est aujourd’hui indéniable. Donald Trump est bien, comme l’a souvent répété B. Nétanyahou au cours des derniers mois, le meilleur ami qu’Israël a jamais eu à la Maison blanche. Cela n’a en soi rien de très étonnant, si l’on veut bien prendre un peu de recul et de hauteur par rapport aux événements dramatiques des dernières semaines. Les amis véritables d’Israël ont joué, depuis 1948 et bien avant, un rôle essentiel dans le Retour du peuple Juif sur sa terre et dans la fondation et le renforcement de son État. 

 

Dans le quartier de Jérusalem où j’ai le privilège de vivre, de nombreuses rues rappellent les noms de ces amis véritables, dont certains sont injustement oubliés du grand public. Wyndham Deedes, John Patterson, Lloyd George, Masaryk, Wedgwood… Je voudrais évoquer ici deux d'entre eux. Patterson, soldat intrépide et chasseur de lions, commanda la Légion juive, première armée à avoir combattu sous un drapeau juif à l’époque moderne. Il était proche du professeur Bentsion Nétanyahou, et c’est en son honneur que ce dernier nomma son deuxième fils Yoni. 

 

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Les soldats de la Légion juive, Yom Kippour 5678. Jabotinsky est au premier rang

 

Voici le portrait que dresse de lui Jabotinsky dans ses mémoires : “C’était un homme de grande taille, mince, élancé, aux yeux intelligents et rieurs et je compris immédiatement son accent anglais, la “magie irlandaise” et avec cela, une qualité caractéristique d’un protestant fils de protestants : ce chrétien se sentait chez lui dans le monde de la Bible hébraïque. Ehoud et Ifta’h, Gideon et Shimshon, David et Avner - à ses yeux étaient vivants, ils étaient des amis personnels, presque ses camarades et ses voisins du club de cavalerie de la rue Piccadilly. Je m’en réjouis, l’illusion biblique permet parfois de masquer l’absence de beauté de l’existence galoutique…” (2)

 

Patterson

 

Quant à Lloyd George, il avait été, selon le témoignage du petit-fils de Balfour, comme ce dernier “bercé dans son enfance par les chants du roi David et les récits bibliques, et il avait étudié l’Ancien Testament. De ce fait, il lui paraissait naturel et légitime que les Juifs retournent vivre en Terre sainte, et que les chrétiens les soutiennent dans cette entreprise", selon le témoignage de Lord Roderick Balfour, arrière-petit-fils du frère d’Arthur Balfour, Gerald William Balfour. (3)

 

Donald Trump s’inscrit dans cette lignée de bienfaiteurs du peuple Juif et de son Etat. Le fait que beaucoup de gens, qui se croient intelligents en niant l’évidence, professent aujourd’hui à son encontre un mépris injustifié (4) ne change rien au jugement que l’Histoire portera sur lui. Car Trump est déjà entré dans l’histoire du peuple Juif et dans l’Histoire tout court, aux côtés de Lord Balfour, de John Patterson et de tant d’autres amis de Sion et d’Israël.

 


 

Notes

(1) http://carolineglick.com/the-oslo-blood-libel-is-over/

(2) Extrait de l’Histoire de ma vie de Jabotinsky.

(3) https://www.jpost.com/Edition-Francaise/Moyen-Orient/La-d%C3%A9claration-Balfour-toujours-sur-le-banc-des-accus%C3%A9s-513397

(4) Noter dans ce contexte, le dernier numéro du Point, qui marque un léger infléchissement du "Trump-bashing" dans la presse française.

https://www.lepoint.fr/versions-numeriques/

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