Overblog All blogs Top blogs Politics
Follow this blog Administration + Create my blog
MENU
VudeJerusalem.over-blog.com

france et israel

“Tu Quoque BHL !” Réponse à Bernard-Henri Lévy, Pierre Lurçat

May 23 2025, 11:49am

Posted by Pierre Lurçat

BHL au Festival international des écrivains à Jérusalem

BHL au Festival international des écrivains à Jérusalem

 

Cher BHL,

 

Depuis le 7 octobre 2023, vous êtes devenu un modèle de solidarité juive et de soutien à Israël. Parmi les intellectuels juifs de France notamment, vous étiez un des seuls (le seul ?) qui êtes venu nous soutenir ici, sur place, dès le 8 octobre, toutes affaires cessantes, pour exprimer votre soutien inconditionnel et votre identification avec notre Etat et notre peuple, durement atteints par l’attaque monstrueuse du Hamas. J’ajoute que vous êtes sans doute un des rares intellectuels qui, loin de s’enfermer dans sa tour d’ivoire, peut légitimement se targuer de savoir ce qu’est la guerre et d’avoir arpenté les champs de bataille contemporains, en Europe, en Afrique et ailleurs.

 

Votre courage et votre lucidité politique étaient encore plus marquants lorsque, dans le concert international de détestation d’Israël, de son gouvernement et de son Premier ministre, vous aviez déclaré (je cite de mémoire) qu’on “ne remplace pas un dirigeant en plein milieu d’une guerre existentielle”. Pour quelqu’un qui est comme vous un intellectuel de gauche, bien plus proche du fameux “camp de la paix” (qui n’a jamais apporté que des guerres et des souffrances à Israël) que du camp national, c’était non seulement une preuve de clairvoyance, mais aussi une preuve de courage.

 

Au vu de tout cela, votre dernière prise de position, lors du Festival international des écrivains à Jérusalem, n’est que plus étonnante et décevante. Vous écrivez notamment : “la question est de savoir s'il est permis ou non au défenseur d'Israël que je suis de critiquer, quand il le mérite, Israël. Elie Wiesel ou Emmanuel Levinas pensaient que non et soutenaient qu'une obligation de réserve incombe aux Juifs qui ne s'exposent pas aux risques de l'aventure sioniste. Et ainsi raisonnent ceux qui, ces jours-ci, reprochent à Delphine Horvilleur, Joann Sfar, Marc Knobel, ou à mon amie Anne Sinclair d'avoir pris la parole pour exprimer leur trouble face à la reprise des bombardements sur Gaza”.

 

Combien auriez-vous été mieux inspiré de suivre le noble d’exemple d’Elie Wiesel et d’Emmanuel Levinas, au lieu de vous ranger aux côtés de Delphine Horvilleur et cie ! Comment un intellectuel de votre trempe peut-il préférer la compagnie de ces derniers, dont le nom sera oublié dans quelques années ou décennies, à celui des premiers, dont l’œuvre continuera d’être lue et étudiée dans longtemps ? Mais le plus choquant dans votre discours, pour une oreille israélienne, n’est pas votre identification avec votre amie Anne Sinclair ou avec la rabbine Delphine Horvilleur. Il est dans la citation de votre propre livre, où vous écrivez que « le visage des enfants innocents tués dans les bombardements de Khan Younès ou de Rafah m'empêchait littéralement de dormir… »

 

Car voyez-vous, cher BHL, ce qui empêche des millions d’Israéliens de dormir, depuis le 7 octobre 2023, ce ne sont pas les visages des “enfants innocents de Gaza”, mais ceux de nos otages, ceux de nos soldats tombés au champ d’honneur, ceux des familles endeuillées, des pères et mères, des frères et sœurs, des jeunes fiancées et des orphelins qui ont rejoint l’immense “famille du deuil” (mispha’hat ha-she’hol)... Vous qui prétendez connaître et aimer Israël, vous auriez dû le savoir et le comprendre.

 

Le défenseur d’Israël intrépide que vous êtes (et que vous resterez, j’en suis certain) aurait dû s’imposer la retenue et le silence, au lieu de joindre votre voix éminente à celles de pitoyables figures médiatiques, qui ont rompu la vanne de la critique interne, au moment même où Israël fait face à une offensive politique, diplomatique et médiatique sans précédent, dont le principal instigateur n’est autre que votre président, Emmanuel Macron, qui bat tous les records d’hostilité à Israël, dans la longue histoire de trahison et de veulerie de la diplomatie française.

 

Oui, vous auriez dû vous retenir d’affirmer qu’”Il est monstrueux de donner à croire, par exemple, comme font les deux ministres d'extrême droite du gouvernement Netanyahou, qu'il n'y a pas de « civils innocents » à Gaza”. De tels propos sont une insulte à la vérité et à la justice ! Car voyez-vous, ce ne sont pas seulement “deux ministres d’extrême-droite” qui pensent qu’il n’y a pas de civils innocents à Gaza. C’est le constat de tout un peuple, y compris notre président, Itshak Herzog, que personne ne peut soupçonner d’être “d’extrême-droite”, qui avait déclaré au lendemain du 7 octobre que “c’est une nation tout entière qui est responsable” des crimes du Hamas.

 

C’est en réalité le témoignage unanime des otages libérés et des soldats de retour de Gaza : oui, que cela vous plaise ou non, tout Gaza est pro-Hamas, tout Gaza soutient les pogromes du 7 octobre ! Alors, il est facile de disqualifier ces témoignages, en se rangeant derrière les impératifs trompeurs d’une morale abstraite et coupée des réalités, comme votre collègue Alain Finkielkraut, qui avait eu le culot de reprocher à l’ex-otage Mia Shem d’avoir déclaré en revenant de Gaza que “tout Gaza est terroriste”! Nier le témoignage unanime des otages et des soldats, c’est une forme de négation de la Shoah du 7 octobre, ni plus ni moins. D’un intellectuel comme vous, nous sommes en droit d’attendre autre chose. 

Mais votre erreur la plus grave consiste à affirmer trouver “vertigineuse” « l'idée que l'on puisse avoir à choisir, un jour, surtout dans ce pays, entre la défense de ses frontières et la fidélité à ses valeurs ». Car la défense des frontières d’Israël, comme nous le savons tous encore plus depuis le 7 octobre, est la valeur suprême et sacrée. Cela, tout Israélien le sait aujourd’hui pour l’avoir appris dans sa chair, y compris les habitants des kibboutz de l’Hashomer Hatzaïr que vous avez visités. L’immense “Hilloul Hashem” (profanation du Nom divin) du 7 octobre sera réparé par le “Kiddoush Hashem” (sanctification du Nom divin) que le peuple d’Israël accomplit sous nos yeux, en rétablissant des frontières sûres, au Nord, sur le Golan (en occupant le Golan syrien), à l’Est et au Sud, à Gaza, et aussi en Judée-Samarie, cœur de notre héritage. Shabbat shalom.

P. Lurçat

NB Mon nouveau livre, L’étoile et le poing, Histoire secrète de l’autodéfense juive en France depuis 1967, sort ces jours-ci. Il est disponible sur Amazon et B.O.D.

 

“Un ouvrage historique important dont le thème redevient d'actualite”.

 

Emmanuelle Adda, Actu J

 

Dans ce livre intitulé L’Étoile et le Poing Pierre Lurçat retrace une histoire très peu étudiée, soit le militantisme juif activiste.

Olivier Ypsilantis, Zakhor Online

 

L’important travail de Pierre Lurçat nous invite à aller beaucoup plus loin que la seule histoire des groupuscules d’autodéfense.

Emmanuel Legeard, historien

 

“Tu Quoque BHL !”  Réponse à Bernard-Henri Lévy, Pierre Lurçat

See comments

CPI, Liban: La diplomatie française ou la politique de l’impuissance

November 27 2024, 12:03pm

Posted by Pierre Lurçat

 CPI, Liban: La diplomatie française ou la politique de l’impuissance

La diplomatie française au Proche-Orient est très souvent, on le sait bien, faite de gesticulations sans grande portée et de mensonges. Jabotinsky avait déjà observé, il y a plus de 100 ans, après sa rencontre avec le ministre français Delcassé, que celui-ci “était resté fidèle à l'ancienne école "classique" de la diplomatie : celle des adeptes du secret et du mystère, dont Talleyrand a résumé la doctrine dans une formule immortelle – "la parole a été donnée à l'homme pour déguiser sa pensée" (*).

 

Jean-Noël Barrot n’est certes pas Delcassé et la France actuelle n’est qu’un triste avatar de la puissance qu’elle fut jadis. Ce qui rend encore plus ridicules les propos de ses dirigeants actuels - et ceux d'Emmanuel Macron en premier lieu - c’est le fait que la France continue de parler officiellement comme si elle était encore la puissance d'autrefois, en sermonnant le monde entier et en prétendant donner des leçons aux dirigeants véritables que sont (pour ne citer que deux exemples) B. Nétanyahou ou Donald Trump.

 

L’interview donnée ce matin par le ministre Jean-Noël Barrot est un nouvel exemple de la tartufferie française. Ce petit monsieur qui s’est récemment illustré en créant de toutes pièces un esclandre à Jérusalem, a le toupet de présenter l’accord de cessez-le-feu conclu entre Israël et le Liban comme “le fruit d’un travail d’arrache-pied” et comme “un succès pour la diplomatie française”.

 

M. Barrot a encore le toupet de décrire la guerre entre Israël et le Liban comme une “tragédie” qui “menaçait l’existence même du Liban”, sans parler des attaques contre Israël et des milliers de citoyens israéliens réfugiés dans leur propre pays, et sans prononcer le mot Hezbollah !

 

Dans la suite de l’interview, après avoir fait l’éloge de la FINUL dont tout le monde sauf lui a constaté l’incapacité et la collaboration active avec le Hezbollah, M. Barrot est interrogé sur la décision de la CPI d’émettre des mandats d’arrêt contre le Premier ministre et le ministre de la Défense israéliens. Là encore, le ministre français nous livre une “perle”. Verbatim :

France-Info : “Si le Premier ministre israélien venait à poser le pied sur le sol français, concrètement, et sans langue de bois, est-ce qu’il serait arrêté?

J.-N. Barrot: “D’abord, le veux le rappeler, la France est très attachée à la justice internationale et elle est très attachée à ce que la Cour pénale internationale puisse travailler,..

France-Info: “Donc vous respecteriez le droit international, cela veut dire qu’il serait arrêté s’il posait le pied en France?

J.-N. Barrot:“La France appliquera comme toujours le droit international, qui repose sur ses obligations à coopérer avec la CPI, obligations vis-à-vis de son adhésion au Statut de Rome, qui prévoit et qui traite des questions d’immunité de certains dirigeants, en tout état de cause c’est à l’autorité judiciaire qu’il appartiendra de se prononcer”.

 

En langage clair et sans langue de bois : la France ne fera rien, car c’est ce qu’elle sait le mieux faire! Mais gageons que M. Nétanyahou n’ira pas en France, car il n’a rien à faire dans ce pays devenu, sous Macron, un des pays les plus anti-israéliens d’Europe.

Pierre Lurçat

 

NB J’ai évoqué la décision de la CPI au micro de Daniel Haïk sur Studio Qualita hier matin.

 

(*) Dans Jabotinsky, Histoire de ma vie, éditions l’éléphant 2022.

See comments

Trois réflexions sur la situation en France vue d'Israël, Pierre Lurçat

July 3 2023, 16:45pm

Posted by Pierre Lurçat

Trois réflexions sur la situation en France vue d'Israël, Pierre Lurçat

1.

Vue d'Israël, la situation en France aujourd'hui semble à la fois stupéfiante, révoltante et tristement familière. Ce qui est stupéfiant, c'est de voir comment un pays ancien peut se déliter à vue d'œil et renoncer à sa propre souveraineté et à sa propre survie… Quels sont les mécanismes profonds qui, au-delà des causes politiques et sociales immédiates, peuvent conduire un vieux pays à une telle situation ? Nous savons certes que les civilisations sont mortelles… L'histoire nous enseigne que les grandes invasions et les changements démographiques majeurs sont précédées d'évolutions plus lentes, qui affectent la volonté d'une nation de vivre et d'assurer son avenir. Quand un peuple n'est plus désireux de perpétuer sa propre identité et quand sa natalité chute, il est mûr pour se laisser envahir.

 

Pour l'observateur vivant en Israël, pays confronté depuis sa renaissance à l'islam radical, il est attristant de voir que la France s'entête à ne pas comprendre ce qui nous semble évident. L'immigration incontrôlée de populations largement inassimilables et souvent hostiles à la France, à ses traditions et à son histoire, a conduit inexorablement à la situation actuelle. Cela fait plusieurs décennies que des analystes lucides, historiens ou écrivains (de Jean Raspail à Houellebecq et de Max Gallo à Bat Ye'or), mettent en garde contre le risque de guerre civile et d'émeutes, telles que celles auxquelles nous assistons aujourd'hui.

 

2.

Le plus stupéfiant est sans doute de voir que les leçons de l'histoire et de l'actualité ne sont pas tirées et que les élites françaises continuent, dans leur grande majorité, à soutenir l'immigration qui est en train de détruire leur pays… C'est sans doute sur ce dernier point que la comparaison avec Israël est la plus instructive. Ici aussi, nous sommes confrontés à des foyers de population irrédentiste, animés par l'islam radical. Ici aussi, l'ennemi intérieur est soutenu par une fraction de la classe politique et des élites, animées par une idéologie progressiste suicidaire. Mais la comparaison tourne court lorsque survient la confrontation violente.

 

Israël est en effet suffisamment fort et l'esprit national suffisamment vivace pour nous permettre de contre-attaquer et de nous défendre, comme nous le faisons aujourd'hui à Djenine, même si tout est loin d'être parfait à cet égard aussi, comme en atteste le fait que les habitants de Judée-Samarie soient trop souvent abandonnés à leur sort et contraints de se défendre par eux-mêmes contre les attaques incessantes de leurs voisins arabes, Tsahal se contentant d’intervenir partiellement et après coup…

 

3.

J'ajouterai une réflexion personnelle, en tant qu'Israëlien venu de France il y a trente ans. A la tristesse de voir la France s'enfoncer lentement et renoncer à se défendre, se mêlent la fierté de faire partie d'un peuple et d'un pays qui savent encore se défendre contre ses ennemis et la conviction que l'exemple d'Israël peut renforcer et vivifier l'esprit de résistance des Français. Mais je sais aussi que la maladie mortelle qui atteint la France - celle du masochisme, de l’auto-accusation et de l'identification avec ses propres ennemis - existe aussi en Israël et au sein du peuple juif.

 

Dans une certaine mesure aussi, qu'on ne doit pas exagérer mais qu'on ne peut ignorer, certains intellectuels et hommes politiques juifs français ont apporté leur pierre au courant destructeur, qui a conduit la France là où elle se trouve aujourd'hui. En soutenant l'immigration incontrôlée et en défendant l'idéologie progressiste, parfois au nom d'une morale dévoyée et d'une vision déformée du judaïsme, ils ont contribué au déclin de la France. On aimerait les entendre faire aujourd'hui leur mea culpa. J'adresse aux citoyens français patriotes qui voient aujourd'hui flamber leurs villes et leurs quartiers mon salut fraternel et mes vœux de courage et de résistance. 

P. Lurçat

* Mon interview de Bat Ye’or paraît ces jours-ci dans la dernière livraison d’Israël Magazine.

Bat Ye'or (photo P. Lurçat/Israël Magazine)

Bat Ye'or (photo P. Lurçat/Israël Magazine)

See comments