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mont du temple

Israël et le Mont du Temple : une double erreur politique et psychologique

January 3 2023, 11:44am

Posted by Pierre Lurçat

 

A l’occasion de la montée “surprise” du ministre Ben Gvir sur le Mont du Temple ce matin que j'ai évoquée au micro de Daniel Haïk sur Studio Qualita, je publie ici un extrait de mon livre Israël, le rêve inachevé portant sur ce sujet crucial.

50 ans après la libération et la réunification de la ville par les parachutistes de Tsahal en juin 1967, le cri de Motta Gur, “Har habayit bé-yadénou” (le Mont est entre nos mains) reste encore lettre morte.

Au-delà des raisons historiques et politiques qui ont engendré la situation actuelle sur le lieu le plus sacré du judaïsme, celle-ci résulte aussi d’un présupposé psychologique, largement erroné, qui est emblématique de l’attitude d’Israël envers l’islam.

L’erreur de Moshé Dayan et de ses successeurs

En remettant les clés du Mont du Temple au Waqf jordanien, Moshé Dayan pensait éviter un conflit ouvert avec le monde musulman et désamorcer le “baril de poudre” que représentait à ses yeux ce lieu sacré.

Moshé Dayan sur le Mont du Temple, juin 1967

Moshé Dayan sur le Mont du Temple, juin 1967

Cette conception est demeurée inchangée jusqu’à ce jour, et elle est partagée grosso modo par tous les dirigeants israéliens qui se sont succédé depuis 50 ans.

Or cette conception des rapports entre Israël et le monde musulman est fausse, car elle repose sur un présupposé erroné, qu’on pourrait résumer ainsi : si nous renonçons à asseoir notre souveraineté pleine et entière sur le Mont du Temple, les musulmans comprendront que nos intentions sont pacifiques et nous laisseront tranquilles.

C’est un présupposé similaire qui est à la base de la (fausse) conception selon laquelle Israël pourrait parvenir à la paix avec les Arabes en leur “restituant” des territoires (“les territoires contre la paix”).

Or, l’expérience des 30 dernières années montre que c’est précisément le contraire qui s’est produit. Le monde arabe et musulman n’a pas exprimé sa reconnaissance à Israël pour sa générosité (retraits du Sinaï, du Sud-Liban, de larges parties de la Cisjordanie et de Gaza) et pour la liberté de culte dont jouissent les fidèles musulmans sur le Mont du Temple.

Bien au contraire, il a fait de la question de Jérusalem et des Lieux saints un point de discorde et un prétexte pour enflammer régulièrement la rue arabe, le slogan mensonger des Frères musulmans “Al-Aqsa est en danger” étant devenu un leitmotiv de la politique palestinienne* et un prétexte employé par de nombreux dirigeants arabes pour détourner la colère de leurs peuples des problèmes internes et la diriger contre Israël.

La haine que nourrissent de nombreux musulmans à l’encontre d’Israël et des Juifs n’est en effet pas nourrie, comme on l’entend souvent dire, par leur soi-disant humiliation, mais tout autant et plus encore par celle qu’ils infligent aux Juifs, qui alimente leur complexe de supériorité envers les “Infidèles”.

Le Coran est lui-même traversé par cette relation ambivalente de l’islam envers les non-musulmans**. D’un côté, ils sont les représentants des religions qui persistent dans l’erreur, en refusant le message de Mahomet, et qu’il convient donc de rabaisser, pour les punir de leur obstination ; de l’autre, ils sont ceux qui “complotent contre l’islam” depuis ses débuts, et dont il faut se méfier.

Ils sont à la fois méprisables et redoutables. Les musulmans sont certes “la meilleure communauté qu’on ait fait surgir pour les hommes” (Coran 3-110), mais ce sentiment de supériorité (qui n’a rien à voir avec l’idée juive d’élection, entendue comme un supplément de responsabilité), s’accompagne toujours d’une peur maladive des infidèles et des sombres desseins qu’ils sont supposés nourrir envers l’islam.

Dans ce contexte, l’attitude d’Israël sur le Mont du Temple est une double erreur, psychologique et politique.

Psychologiquement, elle renforce les musulmans dans leur complexe de supériorité, en les confortant dans l’idée que l’islam est destiné à dominer les autres religions et que ces dernières ne peuvent exercer leur culte qu’avec l’autorisation et sous le contrôle des musulmans, c’est-à-dire en étant des “dhimmis”.

Politiquement, elle confirme le sentiment paranoïaque de menace existentielle que l’islam croit déceler dans toute manifestation d’indépendance et de liberté de ces mêmes dhimmis à l’intérieur du monde musulman.

Paradoxalement, la souveraineté juive à Jérusalem est perçue comme une menace pour l’islam précisément de par son caractère incomplet et partiel : les Juifs sont d’autant plus considérés comme des intrus sur le Mont du Temple, qu’ils n’y sont pas présents à demeure et qu’ils y viennent toujours sous bonne escorte, comme des envahisseurs potentiels.

L’alternative à cette situation inextricable et mortifère consisterait, comme l’avait bien vu l’écrivain et poète Ouri Zvi Greenberg, à asseoir notre souveraineté entière et sans partage sur le Mont du Temple, car “celui qui contrôle le Mont contrôle le pays”.

Ce faisant, Israël signifierait au monde musulman que sa présence sur sa terre est permanente et non pas provisoire, et que les Juifs revenus sur leur terre ne sont pas des “croisés”, destinés à être chassés à plus ou moins longue échéance : ils sont les maîtres et les souverains à Jérusalem, comme à Hébron et ailleurs, et ils sont là pour y rester.

Une telle attitude pourrait libérer les musulmans de leur complexe d’infériorité-supériorité en leur signifiant que Jérusalem est hors de portée pour leurs aspirations de faire renaître un hypothétique Califat et que leur seul choix est d’accepter la coexistence pacifique avec un Israël fort et souverain.

Pierre Lurçat

* Voir « Al Aqsa en danger ! » : une calomnie nazie palestinienne, par Pierre Lurçat

** Sur cet aspect, essentiel, du conflit entre Israël et l’islam, je renvoie notamment au livre d’Anne-Marie Delcambre, La schizophrénie de l’islam (Desclée de Brouwer 2006).

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Donald Trump, l’Amérique et l’identité d’Israël : une explication, Pierre Lurçat

November 24 2020, 07:58am

Posted by Pierre Lurçat

 

Je donnerai à ta descendance toutes ces provinces, et par ta descendance seront bénies toutes les nations du monde” (Genèse 26-4)

 

Comme l’expliquait avec émotion le Secrétaire d’Etat Mike Pompeo lors de sa visite en Israël la semaine dernière, après s’être rendu sur le site d’Ir David - capitale du Roi David il y a trois mille ans - la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël “est une simple reconnaissance de la réalité. Il est insensé que les Etats-Unis ne l’aient jamais fait jusqu’à ce jour” (1). Ces quelques mots ne suffisent toutefois pas à décrire l’importance du changement radical apporté par l’administration Trump dans les relations entre les Etats-Unis et Israël. Celui-ci va bien au-delà de la politique et des relations internationales, telles que nous les comprenons généralement et touche à un aspect bien plus profond des rapports entre les peuples, qu’on peut définir comme celui de la reconnaissance de l’identité collective authentique d’Israël.

 

Si l’on veut apprécier à leur juste mesure les accomplissements réalisés par le président américain Donald Trump pendant les quatre années de son mandat, il faut en effet envisager ceux-ci non pas comme des événements qui s’inscrivent dans le “temps court” de la vie politique et de la relation médiatique de l’actualité. Car ils s’inscrivent en réalité dans le temps long de l’histoire, et plus précisément, dans le temps spécifique à l’histoire juive et à l’histoire d’Israël, c’est-à-dire dans le temps des Toledot, concept hébraïque qui désigne, selon l’enseignement de Manitou, l’histoire des engendrements et le développement de l’identité humaine, et pas seulement l’histoire événementielle (2). 



 

Signature des Accords Abraham à la Maison Blanche

 

Pour prendre toute la mesure de ce changement radical, il faut revenir sur une des conséquences les plus remarquables de la politique de l’administration Trump au Moyen-Orient : la signature des “Accords Abraham” et l’établissement de relations diplomatiques entre Israël et plusieurs pays du Golfe. Contrairement à tous les accords de paix qui les ont précédés, les Accords Abraham” reposent non pas sur la cession de territoires par Israël, mais sur la reconnaissance pleine et entière du peuple Juif et de son identité nationale (3). Il ne s’agit pas seulement de la reconnaissance politique d’un Etat, mais aussi de l’acceptation de l’identité profonde d’Israël, celle qu’on ne peut définir uniquement par les termes du droit international. Il s’agit en fait, pour la première fois dans l’histoire des relations entre Israël et le monde arabo-musulman, d’un accord fondé non seulement sur des intérêts communs, mais aussi sur la conviction qu’Israël représente une chance et une bénédiction pour les pays de la région.

 

Les accords Abraham reposent ainsi - comme leur nom l’indique - sur la reconnaissance explicite par plusieurs dirigeants des pays du Golfe d’une filiation commune et sur leur compréhension de la promesse faite à Abraham, qui apparaît à plusieurs reprises dans le récit biblique : “Par ta descendance seront bénies toutes les nations du monde”. Or, c’est là précisément que réside le “secret” permettant de comprendre toute la portée, véritablement révolutionnaire, de la nouvelle politique instaurée sous l’administration Trump. Pendant plusieurs décennies, Israël a en effet poursuivi - avec l’encouragement des Etats-Unis et de nombreux pays occidentaux, de la Ligue arabe et d’autres acteurs de la politique internationale - une paix illusoire, qui reposait entièrement sur le principe mensonger de “la paix contre les territoires” et sur la négation de sa propre identité. 



 

Le mensonge d’Oslo : nier l’identité d’Israël



 

Le mensonge d’Oslo était largement le fruit de la volonté de certains Israéliens, encouragés par l’Europe notamment, d’échapper à l’identité collective authentique d’Israël (4). Comme l’avait affirmé à l’époque l’écrivain David Grossmann, avec une  absolue franchise : “Ce qui est demandé aujourd’hui aux Juifs vivant en Israël, ce n’est pas seulement de renoncer à des territoires géographiques. Nous devons aussi réaliser un “redéploiement” – voire un retrait total – de régions totales de notre âme… Comme la “pureté des armes”… Comme être un “peuple spécial” ou un peuple élu (Am Segoula)” (5). Or les accords Abraham, toute comme la nouvelle direction insufflée par l’administration Trump à la politique américaine à l’endroit d’Israël, reposent au contraire sur la reconnaissance du peuple Juif en tant que “peuple spécial” (Am Segoula), c’est-à-dire en tant que peuple qui apporte la bénédiction à toutes les nations. 

 

On comprend dès lors l’extrême froideur avec laquelle l’Union européenne et la France d’Emmanuel Macron ont accueilli les Accords Abraham et l’obstination presque diabolique (“perseverare diabolicum…”) avec laquelle elles s’entêtent à soutenir la fiction palestinienne. Dans l’inconscient collectif européen, l’Etat juif demeure le Juif des Etats, c’est-à-dire le représentant du peuple honni et maudit, qui a fini par trouver un refuge sur un bout de terre qui ne lui appartient pas… Il n’est pas anodin que la France souhaite d’une part bénéficier des avancées réalisées par Israël en tant que “start-up nation”, mais refuse d’autre part de reconnaître l’identité d’Israël et ses droits à Jérusalem et en Judée-Samarie. Car dans le schéma traditionnel de la diplomatie française, Israël incarne encore et toujours la figure du Juif maudit mais utile, prêteur d’argent ou conseiller des Princes, mais rien de plus. (6)



 

Bénéficier de la “start-up nation” en niant l’identité d’Israël : E. Macron et B. Nétanyahou



 

Or c’est bien sur ce point fondamental, et rarement exprimé dans les relations internationales, que repose toute la nouveauté apportée par l’administration Trump, tellement décriée par les chancelleries et les médias de la vieille Europe. Donald Trump, digne représentant d’une Amérique qui n’a jamais oublié le récit biblique sur lequell elle est fondée, est le premier dirigeant à avoir donné à l’Etat juif son statut véritable de peuple spécial (Am Segoula), c’est-à-dire de peuple “par lequel sont bénies toutes les nations du monde”. A ce titre, Trump est déjà entré dans l’Histoire, comme un moderne Cyrus et comme un bienfaiteur d’Israël. Il est le premier dirigeant américain - et espérons-le, pas le dernier, dont  la politique envers Israël est guidée non par les éditoriaux du New York Times ou par les sondages, mais par la promesse plus actuelle que jamais, faite à Abraham à l’aube de l’histoire juive.

Pierre Lurçat

 

1. Voir le commentaire du Rav Manitou-Askénazi sur la parachat Toledot, Leçons sur la Torah, Albin Michel.

2. Propos rapportés par Odaya Krish-Hazony dans Makor Rishon, 20.11.2020.

3. Depuis les accords entre Israël et l’Egypte de 1978, et jusqu’aux accords d’Oslo de 1992, en passant par les accords avec la Jordanie. Tous ont instauré dans le meilleur des cas une paix froide, reposant sur le principe trompeur des “territoires contre la paix”. 

4. Je me permets de renvoyer sur ce sujet à mon livre Israël, le rêve inachevé, et à la présentation que j’en ai faite au micro de Richard Darmon, et dans un entretien avec le rav Uri Cherki.

5. Cité par Y. Hazony, L’État juif. Sionisme, post-sionisme et destins d’Israël, éditions de l’éclat 2007, page 113.

6. Sur le lien entre antisémitisme et diplomatie française, voir le livre classique de David Pryce-Jones, La diplomatie française et les Juifs.

 

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EN LIBRAIRIE - Jour de Sharav à Jérusalem

Longtemps épuisé, mon livre Jour de Sharav à Jérusalem est de nouveau disponible, en format Kindle et en format papier.

 

Le « sharav », c'est le vent du désert qui souffle parfois sur Jérusalem, ce qui donne son titre à l'une des nouvelles de cet agréable recueil. Né à Princeton aux États-Unis, l'auteur, qui a grandi en France, vit désormais à Jérusalem. Les textes, très courts mais finement ciselés, qu'il nous offre, se présentent comme autant d'hommages à la cité du roi David. (Jean-Pierre Allali, Crif.org)
 

Avec son livre si poétique, Pierre Itshak Lurçat nous offre toute une palette de couleurs d’émotions. Parfois, c’est la musique que l’on entend presque, tant sa présence revient comme une nostalgie lancinante de ses années de jeunesse, mais aussi comme la résonance de son intégration en Israël. (Julia Ser)
 

Lurçat n’est pas un portraitiste phraseur. C’est l’amour du peuple juif qui le porte et il est contagieux. La Ville Sainte qui le fascine abrite ses émotions et offre un écrin à ces histoires. « A Jérusalem, qu’on le veuille ou non, on est porté vers le haut » confie Lurçat. La photo en couverture du livre prend alors tout son sens. Ces destins qui traversent ces pages sont comme les cordes de cette harpe, tendus vers le ciel, qui vibrent en harmonie, traversés par un impératif d’élévation. (Katie Kriegel, Jerusalem Post)

Lisez ce livre, et relisez-le. Il mérite de prendre place à côté des meilleurs écrits de la littérature franco-isréalienne ou israélo-française… Le vibrato de ce livre tient aussi à cette structure particulière où chaque abacule vit sa vie pour mieux participer à la composition. Il est beau ce petit livre, entre Paris et Jérusalem, entre passé et présent, entre ici et là-bas. Comment ne pas y être sensible ? (Olivier Ypsilantis)

 

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Au lendemain de l’accord Israël-Émirats arabes unis : La victoire de la “doctrine Nétanyahou”, par Pierre Lurçat

August 19 2020, 10:37am

Posted by Pierre Lurçat


 

S’il est encore prématuré de porter un jugement définitif sur l’accord de normalisation entre Israël et les Émirats arabes annoncé la semaine dernière, on peut déjà tirer quelques conclusions provisoires. Le premier constat qui s’impose est celui de la victoire de la vision stratégique que Binyamin Nétanyahou a progressivement réussi à imposer, concernant les rapports entre Israël et le monde arabe. De l’avis de la plupart des commentateurs israéliens, y compris les plus hostiles, il s’agit d’un coup de maître diplomatique sans précédent. Comme l’écrit Ehud Ya’ari, cet accord marque le triomphe de la doctrine Nétanyahou, qui prône notamment la marginalisation progressive de l’Autorité palestinienne et l’effacement de la notion de “Deux États pour deux peuples”, sur laquelle a largement reposé la diplomatie israélienne depuis les accords d’Oslo.

 

Cette vision stratégique est inséparable de la politique menée par Nétanyahou depuis deux décennies face à la menace iranienne - qu’il a été un des premiers à prendre au sérieux, avec une constance remarquable, prêchant parfois dans le désert et contre l’avis de certains chefs des renseignements militaires et du Mossad (1) - et dont elle constitue le versant diplomatique. La normalisation des liens avec les pays arabes sunnites illustre ainsi la seconde facette de la doctrine Nétanyahou face à l’Iran et à ses alliés - Hezbollah, Hamas et autres - qui s'est manifestée ces dernières années par l’étroite collaboration militaire et sécuritaire - le plus souvent loin des projecteurs - entre Israël et les pays du Golfe. 


 

Une vision stratégique à la hauteur de celle de Ben Gourion


 

L’alliance israélo-arabe face à l’Iran

 

Contrairement aux affirmations de ses nombreux détracteurs, non seulement Nétanyahou ne s’est pas trompé sur la menace iranienne (qu’il aurait selon eux exagérée, voire carrément “inventée”), mais il a aussi évalué justement l’opportunité que celle-ci représentait du point de vue diplomatique et stratégique, pour instaurer une alliance israélo-arabe face à l’Iran et à ses proxies, alliance dont nous voyons actuellement les premiers fruits. A cet égard, la vision stratégique de Byniamin Nétanyahou peut être comparée - par sa profondeur et par sa portée, à celle de David Ben Gourion. Ce dernier avait préconisé, dans les années 1950, l’établissement de liens avec les pays du “deuxième cercle” non arabe - Iran, Turquie et Ethiopie - afin de desserrer l’étau des pays arabes limitrophes d’Israël.

 

La doctrine Nétanyahou a consisté à exploiter le vieux différend arabo-perse (2) et à ériger l’État juif en rempart des pays de l’axe sunnite modéré. Mais ce qui a pu sembler au premier abord n’être qu’une convergence d’intérêts de circonstance, provisoire et fragile, s’avère être aujourd’hui une véritable alliance, profonde et durable, qui est sur le point de se matérialiser par l’établissement de relations diplomatiques pleines et entières et par un rapprochement à long terme entre Israël et plusieurs pays arabes dans le Golfe, (et peut-être aussi en Afrique du Nord).

 

Face à la menace iranienne : une constance remarquable

 

La justesse de la vision stratégique de B. Nétanyahou est d’autant plus éclatante aujourd’hui, qu’il a pendant longtemps tergiversé, en semblant adopter le narratif mensonger des “Deux États pour deux peuples”, notamment lors de son fameux discours de Bar-Ilan en 2013. Or, non seulement Nétanyahou n’a pas poursuivi sur la voie de la création d’un État palestinien, empruntée par tous ses prédécesseurs depuis l’époque des accords d’Oslo, mais il a en fait été celui qui a enfoncé le dernier clou dans le cercueil de la notion illusoire et néfaste d’un nouvel État arabe à l’Ouest du Jourdain. Ce faisant, Nétanyahou a fait voler en éclats le mythe de la centralité de la “question palestinienne” - entretenu pendant plusieurs décennies par la Ligue arabe, mais aussi par l’Organisation de la conférence islamique, l’Union européenne ou l’ONU, mythe à la création duquel ont par ailleurs largement contribué des intellectuels juifs et israéliens, depuis l’époque du Brith Shalom et jusqu’à nos jours. (3)

 

En acceptant de conclure un accord avec Israël sans le faire dépendre d’un quelconque “règlement” de la question palestinienne (règlement tout aussi illusoire que la notion d’un “Etat palestinien” arabe à l’ouest du Jourdain), les Emirats arabes ont montré qu’ils avaient compris que cette dernière n’était nullement une priorité arabe, mais constituait en réalité un obstacle et une entrave à la réalisation des intérêts arabes. A l’encontre de la politique du pire adoptée par les dirigeants de l’OLP et de l’AP depuis 1964, qui n’ont “jamais raté une occasion de rater une occasion”, les dirigeants sunnites du Golfe ont, de leur côté, montré qu’ils étaient disposés à saisir toutes les occasions de faire progresser la normalisation et le rapprochement avec l’État juif, dans l’intérêt commun bien compris de leurs pays et d’Israël.

 

La question, qui demeure actuellement ouverte, de la souveraineté israélienne en Judée-Samarie et sur le Mont du Temple, constitue la troisième facette - et la plus obscure - de la doctrine Nétanyahou. Sur ce sujet crucial, il a montré une fois de plus son pragmatisme absolu et son rejet de toute position idéologique. L’avenir dira si l’attentisme (trop?) prudent manifesté par Nétanyahou sur cette question permettra bientôt à Israël d’instaurer une souveraineté juive pleine et entière à l’Ouest du Jourdain, en profitant de l’occasion historique offerte par le président Donald Trump, ou bien s’il signifiera une nouvelle occasion manquée pour réaliser la promesse millénaire du retour du peuple Juif dans le coeur de son patrimoine.

 

Pierre Lurçat

 

(1) Le triumvirat des chefs de la sécurité israélienne entre 2008 et 2011 –  Gaby Ashkénazi, le chef du Mossad Meir Dagan et le directeur du Shin Beth [sécurité intérieure] Avi Dichter – s’étaient concertés, sous la direction apparente de Shimon Pérès, pour contrecarrer les plans du Premier ministre de l’époque Benjamin Nétanyahou contre l’Iran. Voir https://www.dreuz.info/2016/10/07/le-testament-de-shimon-peres-israel-la-bombe-atomique-et-liran/

(2) Lequel ne recouvre pas exactement la division chiites-sunnites, contrairement à ce qu’on affirme souvent, comme le montre le fait que le Hamas est soutenu par l’Iran.

(3) Je renvoie sur ce point à mon livre La trahison des clercs d’Israël, La maison d’édition 2016.

 

Nétanyahou et sa femme Sarah, montrant le sceau biblique qui porte son nom

 

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Itshak Shalev : “Il y a une place pour nous sur le Mont du Temple”!

July 23 2020, 10:51am

Posted by Pierre Lurçat et Itshak Shalev

 

Le début du mois de Av est l’occasion de réfléchir à un sujet essentiel - et trop souvent occulté de la vie publique en Israël, ou bien abordé uniquement sous un angle réducteur, purement halachique ou sécuritaire - celui du Temple. La question du Mont du Temple transcende en effet les clivages politiques et religieux. A ceux qui en douteraient, rappelons que de nombreux rabbins en Israël continuent d’interdire la montée sur le Har Habayit, tandis que le combat en faveur des droits des fidèles Juifs est souvent mené par des Israéliens laïques. Dans ce contexte, le témoignage de l’écrivain Itshak Shalev, publié la semaine dernière dans Makor Rishon, est édifiant.

 

Ce texte, qui date de 1976, a été publié par Arnon Segal dans la page qu’il consacre chaque semaine au Mont du Temple. Itshak Shalev était un écrivain et poète, né à Tibériade en 1918. Membre de l'Irgoun, il devient enseignant de Tanakh et fait partie de l’académie de la langue hébraïque. Il est le père de l’écrivain Meir Shalev. Il a fait partie des membres fondateurs du Mouvement pour l’intégrité d’Eretz Israël après 1967, auquel participèrent des écrivains aussi importants que Joseph Samuel Agnon (futur prix Nobel de littérature), Haïm Gouri, Haïm Azaz, mais aussi Rachel Ben Tsvi-Yanaït (épouse du président de l’Etat Itshak Ben-Tsvi) et Nathan Alterman

Pierre Lurçat

 

Itshak Shalev

 

“J’appartiens à une génération qui n’a pas l’intention de construire des édifices sacrés sur les ruines d’autres édifices sacrés. Je suis favorable à la coexistence sur le Mont du Temple et sur l’esplanade du Mont du Temple elle-même… Mais dites-moi, est-il impossible de faire en sorte que nous ayions une véritable emprise sur le mont du Temple? Cela ne dépend que de nous. Cela dépend de l’intensité avec laquelle nous vivons le fait que le Mont du Temple est à nous. Notre peuple est aujourd’hui divisé en deux factions : ceux qui ne se rendent pas sur le Mont du Temple en raison de sa sainteté, et ceux qui se rendent sur le Mont du Temple, par nos péchés, comme le visitent des touristes. On entre par la porte des Mougrabim, on entre dans un endroit qui ne nous appartient pas, on s’extasie devant sa beauté, et on ressort… C’est la conception touristique.

 

“Je me suis souvenu des lignes de Bialik, dans son poème ‘Une petite lettre qu’elle m’a écrite’. Il s’y adresse à sa bien-aimée, dont il ne s’approche pas et qu’il n’épouse pas selon la loi juive, en lui donnant la raison à cela : “Tu es trop limpide pour être ma compagne, tu es trop sainte pour être à mes côtés…”. Quel amour élevé, qui en fin de compte laisse la bien-aimée d’un côté et l’amant de l’autre... Un tel amour n’engendrera aucune famille, aucun enfant. C’est un amour artificiel, qui est suspendu dans l’air. C’est d’un tel amour qu’une grande partie du peuple Juif aime le Mont du Temple. Elle s’en éloigne, tellement il est sacré. Aucune maison, aucune lien familial n’en sortira. Ils resteront près du Kottel et penseront à ce qui est derrière.


 

“Sur cet espace vide sur le Mont du Temple, pourra se dresser notre troisième Temple…”


 

“Maître du monde, en quoi la sainteté du Kottel est-elle supérieure à celle du mur méridional et des portes de Houlda et des autres murailles? Il y a sur le Mont du Temple des édifices qui sont sacrés pour les musulmans. Ils le resteront et ils y prieront leur Dieu. Mais il y a aussi sur le Mont du Temple, au nord de la mosquée, de grands espaces vides sur lesquels rien n’est construit. Maître du Monde, pourquoi ne trouvons-nous pas en nous la force naturelle de dire, cela est à vous et à nous? Car Dieu sait qui était ici…

 

“Et là-bas, sur cet espace vide sur le Mont du Temple, pourra se dresser notre troisième Temple. Ce sera le Temple du rassemblement des exilés, ce sera une grande yeshiva, ou un autre centre spirituel. Je reconnais ne pas être naïf à ce point. Ce n’est pas l’affaire des architectes ou des intellectuels seulement. Il faut qu’un esprit élevé s’élève aussi chez nos dirigeants - notre direction politique, pour décider finalement qu’entre tous les édifices sur le Mont du Temple il y a aussi une place pour notre Maison. Laissez de côté les murs, et occupez-vous de la Maison (1)”.


 

(1) N.d.T. Allusion au double sens du mot Bayit,qui signifie à la fois la maison et le Temple.

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Tisha beAv à Jérusalem en 2048 - Quand le Temple sera reconstruit…

July 19 2020, 09:02am

Posted by Pierre Lurçat

 

Hélas, comme elle est assise populeuse, 

la cité naguère si solitaire!”

 

(Lamentations d’Ishaï)

 

Tisha BeAv en 2048… Le moment tant attendu sera finalement arrivé. Le Temple reconstruit ! Tout n’aura pas été sans difficulté, comme toujours pour les grandes entreprises humaines. Il y aura bien eu quelques frictions, des “tensions internationales”, quelques ruptures de relations diplomatiques, des menaces d’interventions militaires rapidement étouffées, et même quelques incendies de synagogues, en France et ailleurs (lesquelles avaient été depuis longtemps désaffectées et transformées en musées des communautés juives locales). Mais le vrai problème sera, comme toujours dans notre longue histoire, un problème entre Juifs. 


 

Le Temple reconstruit

 

Il y avait ceux qui voulaient rétablir le service du Temple comme autrefois, avec les Cohanim, la vache rousse et les sacrifices. (“Quelle horreur!”, s'exclamèrent les Juifs libéraux et progressistes, qui ne respectent les sacrifices que lorsqu'ils sont pratiqués par les fidèles d’autres religions). Il y avait ceux qui voulaient transformer le Temple en “Maison de prière pour tous les peuples”, au sens littéral, avec un espace pour nos frères chrétiens, un autre pour nos cousins musulmans, pour les bouddhistes, les shintoïstes, les adorateurs de Greta Thunberg et les adeptes de la religion du réchauffement climatique. Et même un petit espace pour les Juifs orthodoxes, (à condition qu'ils acceptent de ne pas séparer les hommes et les femmes).

 

D'autres encore, se souvenant des écrits du “Visionnaire de l'État”, avaient voulu édifier deux constructions : le Temple juif, et le palais de la Paix. Et il y avait surtout ceux qui - en modernes Protestrabbiner - protesteront contre le Hilloul ha kodesh, la profanation des lieux saints, et prendront le deuil de la reconstruction du Temple qu’ils n’aiment que de loin, tellement il est sacré. Et enfin, il y aura la cohorte des ultimes Juifs de la diaspora, qui auront saisi tout le danger de la reconstruction du Temple pour leur (tout relatif) confort diasporique et pour leur religion de l’exil. Pour ceux-là, on laissera un morceau de mur non crépi, en souvenir de l'époque bénie ou l'on pouvait languir le Temple


 

 La destruction du Temple de Jérusalem », par Nicolas Poussin © The Israel Museum


 

Dans Jérusalem agrandie, qui aura doublé de superficie, il y aura des “restaurants du coeur” aux saveurs des quatre coins de la dispersion, pour les nostalgiques et les rapatriés contre leur gré. Un “musée de la diaspora” virtuel leur permettra de déambuler virtuellement dans les rues de Deauville, de La Goulette et d’ailleurs, en se remémorant les délices de la vie sous la pluie, sous la dhimma ou sous la Croix. Et pour ceux qui ne parviendront toujours pas à se consoler de la fin de l’exil des Juifs, et qui seront dévorés par la nostalgie et par la nostalgie de leur nostalgie, un rite spécial sera instauré par le grand rabbinat, c’est-à-dire par le Sanhedrin, aidé par les meilleurs de nos hommes de lettres.

 

Chaque année depuis 2048, à Tisha BeAv, alors que le reste du peuple célèbrera le Retour de nos jours anciens et fera la fête, à Jérusalem et partout dans le pays (qui s’étendra depuis longtemps sur les deux rives du Jourdain), eux iront s'asseoir par terre, derniers fidèles parmi les fidèles, sur la place des rois d'Israël (qui sera pour l’occasion rebaptisée place Amos Oz), face au Kottel de l’ancienne mairie, lieu de toutes les manifestations de Chalom Archav, jadis. Assis à même le sol, ou sur un vieil exemplaire jauni du journal Ha’aretz - depuis longtemps disparu - pleurant amèrement le temple reconstruit,  la fin du Juif de l’exil, universaliste et humaniste, et de leurs rites anciens tombés en désuétude (les  repas de Yom Kippour, les actes de contrition antisionistes et les pétitions contre l'occupation dans les colonnes du Monde où du New York Times…)


 

Yishaï ben Yossi Sarid, auteur présumé des Lamentations d’Yishaï


 

Ils reciteront les lamentations d’Yishaï (du nom de notre grand écrivain Yishaï ben Yossi Sarid). “Hélas, comme elle est assise populeuse, la cité naguère si solitaire ! Elle, qui ressemblait à une veuve, aujourd’hui si puissante parmi les peuples ; elle qui était tributaire, aujourd’hui souveraine parmi les provinces !” Et ils pleureront amèrement sur la fin de l’exil, au milieu des foules en liesse célébrant Tisha BeAv et le Temple reconstruit… Oui, tout cela aura lieu et sera consigné dans les Chroniques du Retour à Sion. “Si voulez, ce ne sera pas un rêve”.

Pierre Lurçat

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Binyamin Nétanyahou, le Coronavirus et le Mont du Temple

March 15 2020, 09:47am

1. La conférence de presse donnée par le Premier ministre israélien Binyamin Nétayahou jeudi soir, et celles qui ont suivi, dans lesquelles il a annoncé une série de mesures contre le Coronavirus, sont un modèle de ce que Nétayahou sait le mieux faire. Ferme, décidé, combattif, résolu : il s’est montré sous son meilleur visage, celui d’un chef d’Etat qui sait à la fois prendre des décisions vitales, sans tergiverser, et qui s’adresse à son peuple “à hauteur des yeux” (selon l’expression hébraïque). Nétanyahou s’est exprimé non seulement en dirigeant responsable, mais en véritable père de la nation, trouvant des accents paternels pour parler aux citoyens d’Israël. C’est dans ces moments de crise et d’incertitude que Nétanyahou est à son mieux, et qu’il sait parfois trouver des accents churchilliens, comme je l’écrivais il y a un an à propos du dossier iranien (1) : 

"La constance avec laquelle Binyamin Nétanyahou dénonce le péril iranien, depuis des années, n’a en effet d’égal que celle avec laquelle Churchill dénonçait Hitler en 1940, à une époque où nul ne connaissait encore les horreurs de la Shoah. Les temps ont certes changé à bien des égards, mais le danger du totalitarisme demeure tout aussi actuel. Les illusions mortelles du pacifisme se sont dissipées depuis longtemps dans le fracas des attentats et des espoirs de paix trompeurs. Israël n’a pas besoin aujourd’hui de promesses fallacieuses à la Chamberlain, mais de dirigeants courageux et lucides : en un mot, d’un “Churchill d’Israël”. Je n’ai rien à ajouter à ces mots écrits en mars 2019, sinon pour dire que Nétanyahou a su adopter la même attitude aujourd’hui, face à une menace d’un type bien différent.

 

Le “Churchill” israélien?

 

2. Mais cette fermeté et cette résolution exemplaires, face à l’Iran ou au Coronavirus, qui devraient servir de modèle à bien des dirigeants actuels, (comme l’insipide Emmanuel Macron), contrastent avec l’attitude beaucoup moins courageuse de Nétanyahou sur un autre dossier, qui n’a rien à voir en apparence : celui du Mont du Temple. On se souvient des émeutes déclenchées en 1996 suite au percement d’un tunnel archéologique, dont les musulmans avaient prétendu qu’il “mettait en danger la mosquée”, selon la calomnie inventée par le mufti pro-nazi Al-Husseini dans les années 1930 (2). Depuis cette époque, c’est-à-dire depuis le début de son premier mandat de Premier ministre, Nétanyahou s’est montré sur ce dossier sensible d’une prudence excessive, et pour ainsi dire timoré, en donnant corps à l'épouvantail agité par certains dirigeants musulmans et par ceux du Shin-Beth,qui voudraient faire croire que le Har Habayit est un "baril de poudre".... 

 

Or,  cette attitude qu’il partage avec tous les dirigeants israéliéns à ce jour, est une double erreur, psychologique et politique. Psychologiquement, elle renforce les musulmans dans leur complexe de supériorité, en les confortant dans l’idée que l’islam est destiné à dominer les autres religions et que ces dernières ne peuvent exercer leur culte qu’avec l’autorisation et sous le contrôle des musulmans, c’est-à-dire en étant des “dhimmis”. Politiquement, elle confirme le sentiment paranoïaque de menace existentielle que l’islam croit déceler dans toute manifestation d’indépendance et de liberté de ces mêmes dhimmis à l’intérieur du monde musulman. 

 

Paradoxalement, la souveraineté juive à Jérusalem est perçue comme une menace pour l’islam précisément de par son caractère incomplet et partiel : les Juifs sont d’autant plus considérés comme des intrus sur le Mont du Temple, qu’ils n’y sont pas présents à demeure et qu’ils y viennent toujours sous bonne escorte, comme des envahisseurs potentiels. L’alternative à cette situation inextricable et mortifère consisterait, comme l’avait bien vu l’écrivain et poète Ouri Zvi Greenberg, à asseoir notre souveraineté entière et sans partage sur le Mont du Temple, car “celui qui contrôle le Mont contrôle le pays”.

 

Moshé Dayan sur le Mont du Temple, juin 1967

Moshé Dayan sur le Mont du Temple, juin 1967

 

3. Quel rapport entre ces deux sujets? Le Mont du Temple n’est pas seulement le lieu des sacrifices et le premier Lieu saint du judaïsme ; il incarne aussi le rôle prophétique d’Israël parmi les nations, comme l’ont bien compris des centaines de millions de chrétiens dans le monde, qui tournent leurs yeux vers Jérusalem, source de la bénédiction pour le monde entier. C’est précisément la raison pour laquelle le renouvellement des prières juives sur le Har Habayit, loin de déclencher de nouveaux affrontements et effusions de sang, pourra amener la vie et la bénédiction au monde entier, selon les paroles des Prophètes d’Israël.

 

Pierre Lurçat


 

(1) “Le Churchill d’Angleterre et le Churchill d’Israël”.

http://vudejerusalem.over-blog.com/2018/01/le-churchill-d-angleterre-et-le-churchill-d-israel-par-pierre-lurcat.html

(2) “Al-Aqsa en danger, une invention de la propagande arabe”. https://www.causeur.fr/israel-jerusalem-alaqsa-terrorisme-145787

Sur le sujet de l’attitude à adopter sur le Mont du Temple, je renvoie à mon livre Israël, le rêve inachevé, Éditions de Paris/Max Chaleil 2018.

 

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Tisha Be'Av : Jeûner, prier, se lamenter... Mais aussi agir en soutenant les Etudiants pour le Mont du Temple!

August 11 2019, 08:29am

Posted by Pierre Lurçat

En ce jour de Tisha Be'Av, alors que le peuple d'Israël est plongé dans le jeûne et l'affliction, le Mont du Temple est fermé aux visiteurs juifs sur ordre du gouvernement juif (!) et envahi par les fidèles d'une autre religion, qui profanent notre lieu le plus saint et se tournent dans leurs prières vers une autre ville lointaine...

Prier et jeûner ne suffira pas à changer cette situation. C'est ce qu'ont bien compris les membres de l'association "Etudiants pour le Mont du Temple", qui sont depuis plusieurs années au premier rang du combat pour préserver le Mont du Temple, y rétablir la souveraineté juive et mettre fin au Hilloul Hashem que constitue la situation actuelle. 

En soutenant leur combat et en répondant à leur appel, vous participerez vous aussi à restituer le Mont du Temple au peuple Juif, première étape vers la Reconstruction du Temple, "très vite et de nos jours", Amen!

Shalom,
Depuis cinq ans, nous, 'les étudiants pour le mont du temple', religieux et non religieux, luttons pour faire changer la situation actuelle sur le Mont du Temple et pour faire valoir nos droits et notre souveraineté à l’endroit le plus sacré du peuple juif.
Vous pouvez nous aider et nous soutenir en faisant un don ( même un petit don sera le bienvenu).
LIEN POUR EFFECTUER UN DON :

 

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לשרה ותום

Lire aussi sur le sujet : 

Yom Yeroushalayim sur le Mont du Temple : entre humiliation et espoir

Israël ne peut pas devenir « l’Etat de tous ses citoyens », un Etat comme les autres qui serait mû uniquement par les ressorts de l’économie et de la politique, et coupé de la source de Sainteté qui est le Mont du Temple (1). Jamais la situation n’a été aussi humiliante pour les Juifs qui montent sur le Har Habayit, le Mont du Temple, et jamais la nécessité de protéger le droit de culte des Juifs sur cet endroit, qui est le plus sacré du judaïsme, n’a été aussi évidente qu’aujourd’hui. Impressions ressenties le Yom Yeroushalayim, 5 juin 2016.

 

Le débat véritable et urgent qui devrait se tenir sur ce sujet crucial n’est pas tant celui de savoir si nous avons le droit – ou plutôt le devoir – de reconstruire le Temple, que celui de savoir ce que pourra devenir le Temple, une fois reconstruit. Redeviendra-t-il le lieu de sacrifices, comme autrefois, selon les mots de la prière (חדש ימנו כקדם), ou bien devrons-nous y instaurer un culte différent, peut-être même entièrement nouveau, qui ne ressemblera ni aux sacrifices d’antan ni aux prières actuelles dans les synagogues, instaurées après la destruction du Second Temple ?

 

1525035_10151756715916682_588206289_n.jpgA cette question immense, nous ne pouvons évidemment pas répondre aujourd’hui, Une chose pourtant est certaine, à mes yeux comme aux tiens : le Temple est le cœur de notre identité nationale et religieuse et la clé de notre possibilité de vivre sur cette terre que le monde entier nous dispute, comme l’avaient bien compris les Pères fondateurs du mouvement sioniste et de l’Etat d’Israël. Ceux qui se bercent de l’illusion qu’on pourrait renoncer au Temple et brader son emplacement, pour calmer les appétits de nos ennemis, sont oublieux des leçons de notre histoire ancienne et récente ; ils sont prêts à sacrifier ce que nous avons de plus sacré contre des promesses illusoires et des traités de paix qui ne valent pas l’encre avec laquelle ils sont écrits.

 

Je ne t’ai pas dit, hier, quand vous êtes redescendus, Tom et toi, du Har Habayit et que nous nous sommes rencontrés devant la synagogue de la Hourva reconstruite, au milieu de la foule en liesse du Yom Yeroushalayim, combien j’étais fier de votre courage et de votre ténacité ! Car il faut bien du courage pour se rendre là-haut, malgré les imprécations hostiles de nos ennemis et les gestes non moins hostiles des policiers (notre police !), qui traitent sans ménagement les Juifs venus faire acte de présence sur ce lieu sacré. Ceux-ci ne viennent pourtant ni par goût de la provocation, ni pour satisfaire un vague sentiment mystique ou religieux, mais comme shli’him, comme représentants de tout notre peuple (même si beaucoup d’entre nous sont encore totalement inconscients de ce que le Temple signifie pour Israël).

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De gauche à droite: Dan Beeri, Yehuda Etsion, Yoram Ginzburg et Neeman (Photo Makor Rishon)

Plus encore que la brutalité des policiers du Yassam, l’unité anti-émeutes, qui bousculent les fidèles juifs, même quand ils sont déjà sortis du périmètre de l’esplanade du Temple – c’est le sentiment d’être étranger sur sa propre terre qui est difficile à supporter. Si les dirigeants de notre Etat avaient une réelle conscience de ce que représente le Temple, alors ils auraient appelé, en ce jour de Yom Yeroushalayim, les Juifs à monter par milliers sur le Har Habayit, au lieu de les en dissuader par tous les moyens… L’amère vérité est que nos dirigeants se comportent eux-mêmes comme des étrangers dans notre capitale réunifiée il y a 49 ans, en laissant le Waqf musulman administrer  le lieu le plus sacré du judaïsme, comme l’avait fait avant eux Moshé Dayan, le vainqueur de la Guerre des Six jours, lorsqu’il avait confié les clés du Mont du Temple à nos ennemis, au lieu de proclamer avec force que nous étions revenus sur le Mont pour y rester et pour exercer notre souveraineté nationale.

 

Nos ennemis ne s’y sont pas trompés, car ils ne respectent pas la faiblesse de ceux qui ne sont pas sûrs de leur bon droit : nos hésitations et nos atermoiements les renforcent dans leur conviction que les Juifs ne sont pas chez eux à Jérusalem, ni dans le reste du pays. C’est d’ailleurs pour cette raison précisément que la Loi juive permet de fouler le sol sacré autour du Temple : pour y manifester notre présence en tant que conquérants et faire savoir à nos ennemis et au monde entier que le peuple Juif est revenu à Sion par la « force du droit » (selon les mots de M. Begin) et en vertu du droit politico-religieux conféré par notre histoire plurimillénaire.

En visite sur le Mont du Temple.JPG

Nous avons reconquis Jérusalem et y sommes retournés en tant qu’occupants légitimes, et non pas comme des usurpateurs. Car le כיבוש n’est pas une insulte, comme voudraient le faire croire les représentants d’une morale et de valeurs étrangères au sein de notre peuple (qui prétendent que « l’occupation corrompt »). Le כיבוש est la seule façon de reconquérir une terre dont nous avons été éloignés à notre corps défendant. Il y a 49 ans (le temps d’un Yovel, d’un jubilé) les soldats de Tsahal et les parachutistes de Motta Gur libéraient Jérusalem des mains de l’occupant jordanien, qui avait transformé en latrines les pierres du Kottel.

 

JERUSALEM DEGALIM.JPG

YOM YEROUSHALAYIM

Aujourd’hui, le Kottel est en partie libéré (même si une partie demeure ensevelie sous terre) et les Juifs du monde entier viennent s’y recueillir et y épancher leur cœur, pensant parfois à tort que c’est l’endroit le plus saint de Jérusalem, alors que la sainteté véritable se trouve au-dessus, sur le Har Habayit… Le plus dur reste encore à faire : libérer le Mont du Temple, pour que Jérusalem soit véritablement libre et devienne enfin la « Maison de prière pour tous les peuples » annoncée par nos prophètes, lorsque la liberté de culte s’y exercera pleinement pour les Juifs, comme elle s’y exerce déjà pour les fidèles des autres religions.

C’est vous, les Etudiants pour le Mont du Temple (סטודנטים למען הר הבית) qui avez, avec d’autres organisations, assumé la tâche noble et difficile d’entamer ce combat. Que Dieu vous bénisse et vous donne la force de réussir ! חזק ואמץ

Pierre Lurçat

(1) J'aborde ce sujet dans mon dernier livre, Israël le rêve inachevé, Editions de Paris 2018.

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Le jour où Israël assumera pleinement sa souveraineté sur le Mont du Temple et en Judée-Samarie...

July 2 2019, 11:06am

Posted by Pierre Lurçat

https://www.youtube.com/watch?v=pV3F035R4j4

Au micro de Richard Darmon, j'évoque le sujet de mon livre Israël, le rêve inachevé, et la question de l'identité de l'Etat d'Israël, dans ses aspects historiques, politiques et idéologiques. Cette question est cruciale à la fois pour la définition du caractère juif et/ou occidental de l'Etat hébreu, mais aussi pour lui permettre de trouver sa place au Moyen-Orient et dans le concert des nations.

Contrairement au paradigme trompeur du "processus de paix" et à la formule illusoire des "Territoires contre la paix", celle-ci ne viendra pas en renonçant à des territoires constitutifs de notre identité, ni en voulant échapper à notre identité véritable. Israël n'est pas un projet occidental destiné à "apporter en Orient les bienfaits de la civilisation" (conception laïque du sionisme politique).

C'est seulement le jour où Israël aura enfin choisi d'assumer pleinement son identité hébraïque et sa souveraineté dans tous les territoires libérés de Judée-Samarie et sur le Mont du Temple, que sa présence au Moyen-Orient sera acceptée par les nations.

 

Pierre Lurçat VudeJerusalem.over-blog.com

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