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histoire d'israel

Parution d’un livre autobiographique inédit de Golda Meir

January 11 2022, 09:36am

Posted by Pierre Lurçat

 Parution d’un livre autobiographique inédit de Golda Meir

Éditions L’éléphant - La Bibliothèque sioniste

Paris-Jérusalem

Le 11 janvier 2022

 

 

COMMUNIQUÉ - Parution d’un livre autobiographique inédit de Golda Meir

 

En 1972 paraissait en Israël le premier livre autobiographique rédigé par Golda Meir, qui était alors Premier ministre depuis plusieurs années. Ce texte, publié en français pour la première fois, couvre la partie de la vie de l’auteur qui s’étend de son enfance en Russie et de sa jeunesse en Amérique, à son séjour au kibboutz Merhavia, dans les années 1920. On y découvre, outre l’autoportrait de celle qui allait devenir la première femme Premier ministre de l’État d’Israël, la description fidèle et sans fioritures d’une génération tout entière, celle des pionniers de la Troisième Alyah (1921-1924). 

 

La maison de mon père, traduction et présentation de Pierre Lurçat

 

Les demandes de service de presse (papier ou numérique) doivent être adressées à 

editionslelephant@gmail.com

 

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Un phare pour les Juifs de France et pour Israël : Hommage à Jacques Kupfer (1946-2021)

December 31 2021, 10:23am

Posted by Pierre Lurçat

 

L’histoire du militantisme juif en France reste à écrire. Un des chapitres les plus importants de cette histoire a été écrit par Jacques Kupfer, ancien Netsiv Betar et président du Herout de France, disparu il y a tout juste un an aujourd'hui, le 27 Téveth 5780. Né en 1946, Jacques Kupfer a non seulement été le moteur de l'engagement sioniste de plusieurs générations de militants juifs de France, à travers les multiples organisations qu'il a fondées et dirigées, mais il a également servi de phare pour une communauté juive souvent désorientée et qui a traversé de multiples épreuves, depuis les années 1960 et jusqu'à nos jours.



 

J. Kupfer en uniforme du Betar

 

Contrairement au tableau édifiant souvent dressé de l'histoire des Juifs en France depuis 1945, celle-ci n'est en effet nullement un long fleuve tranquille ou une “success story”. En réalité, on peut la décrire comme la remise en question progressive de l'intégration réussie du judaïsme français, tant par la politique étrangère de la France que sur le plan intérieur. Dans ce contexte, le judaïsme officiel a souvent choisi une attitude de résignation, d'acceptation et pour finir de dhimmitude. Les institutions juives de France, avec quelques rares exceptions, ont dans la plupart des cas accepté ainsi comme un fait accompli la politique arabe de la France et ses conséquences. On en donnera pour illustration le fait que les grandes manifestations pour Israël des années 1970 et 1980 se sont progressivement taries, au point que la France est devenue l'un des rares pays où il est aujourd'hui quasiment interdit de manifester publiquement son soutien à Israël.

 

Dans ce contexte de dhimmitude grandissante, Jacques Kupfer faisait exception. Le Betar et le Herout de France qu’il dirigeait ont levé haut le drapeau d'Israël en France, sans jamais craindre les réactions de nos ennemis, ou celles des autorités françaises. Jacques Kupfer a écrit, avec les militants des organisations qu'il dirigeait, certaines des pages les plus glorieuses du judaïsme de France, celles de la mobilisation pour les Juifs d'URSS, du combat et de l'activisme sans faille pour Israël et contre l'antisémitisme de tous bords.

 

Mais Jacques Kupfer n'était pas seulement un chef et un.dirigeant politique lucide et charismatique. Il était véritablement un phare, qui a éclairé et accompagné le.judaïsme de France, en lui montrant toujours la direction ultime, celle du retour à Sion. Tous n'ont pas fait leur Aliyah, mais tous savaient que leur avenir était en Israël. Ce combat s'est poursuivi en Israël, où Kupfer a poursuivi son œuvre de militantisme politique, notamment à travers le Yom.Hebron et à travers Israël forever, organisation militante aujourd’hui dirigée par sa fille, Nili Kupfer Naouri.

 

Jacques Kupfer lors d’une manifestation d’Israël Forever

 

De toutes ses multiples réalisations et parmi toutes les fonctions qu’il a occupées - au sein des institutions sionistes notamment - celle qui lui était la plus chère était d’avoir dirigé le Betar, en tant que “Netsiv Betar”. Si l’on veut tenter de comprendre un tant soit peu qui était Jacques Kupfer, il faut lire le portrait que dresse le fondateur du Betar, Zeev Jabotinsky, du colonel Patterson, commandant de la Légion juive, dans son autobiographie. Patterson, écrit-il, se sentait chez lui dans le monde de la Bible hébraïque. Ehoud et Ifta’h, Gideon et Shimshon, David et Avner – à ses yeux étaient vivants, ils étaient des amis personnels, presque ses camarades et ses voisins du club de cavalerie de la rue Piccadilly. Je m’en réjouis, l’illusion biblique permet parfois de masquer l’absence de beauté de l’existence galoutique…”.

 

Ces lignes s’appliquent parfaitement à Jacques Kupfer, qui a lui aussi consacré une grande partie de sa vie à la cause juive et sioniste dans la Galout de France, dont l’absence de beauté n’a rien à envier à celle de la Russie évoquée par Jabotinsky. Mais, aux yeux de Jacques Kupfer, comme à ceux du colonel Patterson, l’existence galoutique était transfigurée par la présence des héros de la Bible hébraïque et de ceux de la Renaissance d’Israël, des pionniers de la “Hityashvout” - l’implantation juive - en Judée et en Samarie, au Goush Katif et à Hébron, des combattants de l’Etsel et du Lehi, des “Olé ha-Gardom”, les jeunes combattants de l’Irgoun et du Lehi pendus par les Anglais et de tous ces héros qui étaient véritablement vivants et qui étaient “des amis personnels”, pour Jacques Kupfer et - à travers lui - pour nous tous.

 

Yom Hébron

 

L’histoire du militantisme juif en France reste à écrire. Il reste notamment à écrire comment, malgré la politique arabe de la France, axe essentiel de sa politique étrangère devenue aujourd’hui un axe de sa politique intérieure et malgré l’hostilité insondable des dirigeants français envers Israël - qu’ils parviennent très mal à dissimuler par leurs proclamations d’amitié mensongères - le mouvement sioniste jabotinskien en France a levé haut la bannière d’Israël et a écrit une page glorieuse de l’histoire juive. Que le souvenir de Jacques Kupfer soit béni et qu’il continue d’éclairer et de guider le judaïsme de France et le peuple d’Israël.

Pierre Lurçat

 

J’ai évoqué ce matin la personne et l’action de Jacques Kupfer au micro d’Ilana Ferhadian sur Radio J

https://www.radioj.fr/podcast/linvite-dilana-ferhadian-107/

 

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"Tout le contraire d'un fasciste" : (re)découvrir Jabotinsky, Pierre Lurçat

December 26 2021, 09:05am

Posted by Pierre Lurçat

A l'occasion de la "Conférence Jabotinsky sur le sionisme" qui aura lieu cet après-midi à Jérusalem, en présence du Président de l'Etat Itshak Herzog, je publie l'interview que j'ai accordée à BokerTov Yeroushalayim.

 

Aujourd’hui je poste une interview de Pierre Lurçat qui nous fait découvrir dans son dernier ouvrage la pensée de Jabotinsky sur le rapport entre le Judaïsme et l’Etat. Pour ce faire Pierre Lurçat a traduit ses textes : Questions autour de la tradition juive, et  Etat et religion. Pierre Lurçat a fait précéder sa traduction d’une importante préface Etat et religion dans la pensée du Rosh Betar*, préface bien nécessaire pour aborder la pensée complexe de Vladimir Zeev Jabotinsky, qui fut une figure des plus marquantes du sionisme et que très peu connaissent réellement.

 

Hanna :
Pierre Lurçat, pourriez-vous tout d’abord vous présenter et nous dire comment en êtes-vous venu à vous intéresser à la pensée de Jabotinsky ?

Pierre Lurçat :
Je vis depuis 1994 à Jérusalem, où ma mère était née en 1928. Mes grands-parents venaient de Cracovie et de Bialystok, et mon grand-père a fait partie du Gdoud ha-Avoda et des Chomrim. Mon histoire familiale me prédisposait donc à monter en Israël. De plus, j’ai milité au Tagar, mouvement sioniste étudiant jabotinskien, pendant plusieurs années avant mon alyah. Mais je n’ai vraiment découvert la pensée de Jabotinsky que bien plus tard, à l’occasion d’une conférence donnée par son petit-fils à Jérusalem.
C’est alors que j’ai entamé la traduction de son autobiographie. Plus tard, j’ai découvert ses écrits et entrepris leur traduction, dans le cadre de la Bibliothèque sioniste que j’ai fondée l’an dernier, dans le but de mettre à la disposition du public francophone les grands textes des principaux théoriciens et dirigeants sionistes. J’ai déjà publié deux recueils de textes de Jabotinsky, consacrés à sa pensée sociale et à ses conceptions en matière de religion.

Hanna :
Pourriez-vous nous décrire les principales étapes de la vie de Jabotinsky?

Pierre Lurçat :
Enfant terrible du sionisme russe, il a – un peu comme Theodor Herzl – renoncé à une carrière littéraire pour se consacrer entièrement à la cause juive découverte à l’occasion des pogromes de Kichinev. Plus tard, à l’orée de la Première Guerre mondiale, il a eu l’intuition géniale qu’il fallait que le mouvement sioniste – et à travers lui, le peuple Juif – prenne une part active à la guerre, et qu’il devait s’allier aux Puissances alliées (Grande-Bretagne et Russie) et non pas aux Empires centraux.
C’est ainsi qu’il a été amené à créer la Légion juive, première force armée se battant sous un drapeau juif depuis l’époque des Makabim. Le corps des Muletiers de Sion puis les bataillons juifs (Gdoudim ha-Ivriim) qui se sont battus à Gallipoli et en Eretz Israël (campagne à laquelle Jabotinsky a lui-même participé en tant que lieutenant) ont joué un rôle important dans l’obtention de la Déclaration Balfour.
Plus tard, Jabotinsky a fondé le Betar, mouvement de jeunesse et incarnation de son idéal du “Nouveau Juif”, puis le mouvement sioniste révisionniste, qui entendait revenir aux principes fondamentaux du sionisme, qui avaient été selon lui délaissés par l’exécutif sioniste depuis la mort de Herzl. Dans la dernière période de sa vie, “Jabo” a parcouru inlassablement les bourgades juives de Pologne, en exhortant les Juifs à partir avant qu’il ne soit trop tard… Lui-même est décédé à New York, en 1940, à l’âge de 60 ans.

 

Jabotinsky's Lost Moment: June, 1940 - The Tower - The Tower

Jabotinsky passant en revue un Misdar du Betar, NY 1940

Hanna :
Jabotinsky est né à Odessa, ville ouverte, et non pas dans un shtetl de la zone de résidence où étaient assignés les Juifs. Pensez-vous que le caractère cosmopolite de cette ville a joué dans son approche du sionisme mais aussi peut-être dans sa conception des relations entre le peuple juif et les autres peuples? 

Pierre Lurçat :
Effectivement, il a été marqué de manière très durable par l’atmosphère très particulière d’Odessa, comme il le raconte dans son autobiographie et aussi dans son roman Les cinq. Odessa était une ville portuaire, ouverte à toutes sortes d’influences étrangères, et une ville cosmopolite. Jabotinsky a conservé toute sa vie l’amour de sa ville natale, dans laquelle il n’est pas revenu à l’âge adulte, tout comme il a été influencé par sa période italienne, qualifiant l’Italie de “patrie spirituelle”.
A la différence des dirigeants sionistes issus de la “Zone de résidence” et du shtetl, Jabotinsky avait une conception beaucoup plus simple des rapports entre le peuple Juif et les autres nations. C’est ainsi qu’il a pu se lier d’amitié avec des dirigeants anglais, français ou ukrainiens, entretenant des relations d’égal à égal, sans aucun “complexe juif galoutique”…

 

Ryanair to hit the tarmac in Odessa

Odessa

Hanna :
Dans sa jeunesse, Jabotinsky est influencé par les idées socialistes. Il prône lui aussi une nécessité de la réparation du monde, le tikoun olam. A-t-il été en contact avec Théodore Herzl, lui aussi mû par l’impératif de mettre fin au malheur des Juifs? Bien que ce ne soit pas le sujet de ce livre, pourriez-vous nous dire quelques mots sur ce qu’il appelait la rédemption sociale?

Pierre Lurçat :
Sa brève rencontre avec Herzl, lors du 6e Congrès sioniste, a plutôt été une rencontre manquée, même s’il reconnaît être tombé en admiration devant le fondateur du mouvement sioniste. Effectivement, il partage avec Herzl l’idée qu’il faut normaliser la condition juive pour mettre fin au “Judennot”, le malheur juif ancestral.
Ses idées sociales et économiques, auxquelles j’ai consacré le premier volume de la Bibliothèque sioniste (La rédemption sociale), sont inspirées de la Bible hébraïque, dont il était un lecteur assidu et qu’il considérait comme le trésor national du peuple Juif et pas seulement comme un texte “religieux”. A l’instar de Herzl ou de Moïse, il avait été frappé par la misère du peuple Juif et son programme sioniste visait non seulement à régénérer le peuple Juif sur le plan national, mais aussi sur le plan économique et social. Dans ses “éléments de philosophie sociale de la Bible hébraïque”, il soutient ainsi l’idée qu’il faut remettre en vigueur le concept biblique du Yovel (Jubilé) afin de réduire les inégalités et de mettre fin à la pauvreté.

Hanna :
Pourriez-vous nous parler de sa rupture avec les idées de Marx et de cet élément spirituel primordial qu’il ajoute aux fameux moyens de production de Marx?

Pierre Lurçat :
A Rome, où il avait étudié le droit dans sa jeunesse, Jabotinsky avait été un temps inspiré par les théories marxistes, dont certains de ses professeurs étaient partisans. Plus tard, il a compris que la doctrine du matérialisme historique comportait une lacune énorme, du fait qu’elle négligeait totalement l’élément spirituel. Comme il l’explique dans son Exposé sur l’histoire d’Israël, “de tous les moyens de production, le premier et le plus important est le mécanisme spirituel”.
Jabotinsky entend par cette expression ce qui donne à chaque peuple sa spécificité, sa “ségoula” pour employer la notion de la Bible. A cet égard, et de manière très caractéristique de sa pensée, “Jabo” ne considère pas le peuple Juif comme étant “supérieur”, puisqu’il affirme que chaque peuple possède sa propre “ségoula”, son propre mécanisme spirituel qui lui donne son caractère unique et qui lui permet de contribuer à la richesse de l’humanité, constituée de peuples multiples et divers. Nous sommes ici très éloignés des utopies actuelles concernant une humanité délivrée des nations…

Hanna :
 Pour beaucoup Jabotinsky est assimilé à un fasciste. Sachant qu’un état fasciste est un état dictatorial qui ne laisse aucune place à la liberté humaine, comment Jabotinsky voit-il l’état idéal?

Pierre Lurçat :
Jabotinsky est tout le contraire d’un fasciste ! En effet, comme je l’explique dans le recueil État et religion, son idéal est un “État minimaliste”, qui se contenterait d’offrir à ses citoyens les services et les protections sociales indispensables, tout en laissant à l’individu la liberté maximale. Comme l’explique Jabotinsky : “Au commencement, Dieu a créé l’individu…. La société a été créée pour le bien des individus et non le contraire…” Ceux qui le qualifient de “fasciste” ou de partisan d’un État autoritaire n’ont rien compris à sa pensée, ou ne l’ont tout simplement pas lu.

Hanna :
Dans sa jeunesse, sa compréhension du judaïsme est très claire. Il écrit à l’âge de 25 ans que : l’exil a fait mourir le judaïsme…Le judaïsme a permis de conserver en vie l’identité nationale mais ce trésor caché n’est pas la religion elle-même. Mais dans les années 30, il a complètement changé. Il veut introduire la tradition juive dans la sphère publique. Parlez-nous de ses rapports avec le rav Kook…

Pierre Lurçat :
Effectivement, le changement d’attitude de Jabotinsky envers la religion est étroitement lié à ses rencontres et notamment à l’influence du rabbin Kook, qu’il n’a pas rencontré en personne mais par lequel il a été marqué au moment de l’affaire Stavsky. Quand le rabbin Kook a pris publiquement la défense des trois jeunes militants du Betar – injustement accusés du meurtre de Hayim Arlosoroff – Jabotinsky a compris que le judaïsme était une “force vive”, comme il l’a écrit, et non pas une “momie”. Son admiration pour le rav Kook (qu’il qualifie de “Cohen Gadol”) s’est accompagnée d’une évolution considérable de ses conceptions concernant la religion, que je décris en détail dans le livre État et religion.

Rav Kook Archives – Tradition Online

Le rav Kook

Hanna :
Bien que ce ne soit pas le sujet de ce livre, vous écrivez que Jabotinsky s’est montré très lucide sur le sujet crucial des relations avec les Arabes. Il a compris très tôt qu’on ne pourrait parvenir à un règlement qu’en nous montrant inflexibles, mais en prenant aussi au sérieux les revendications et l’identité arabe. Donc, pour ceux qui rêvent encore aux accords d’Oslo, pourriez-vous expliquer en quoi ils furent une erreur tragique ? Et en quoi les accords d’Abraham sont différents ?

Pierre Lurçat :
L’idée fondamentale développée par Jabotinsky, notamment dans son fameux article sur le “Mur de fer”, est que la paix ne pourra venir tant que nos ennemis caresseront l’idée de nous expulser ou de nous anéantir militairement (ou conjointement par des moyens politiques et militaires, comme le souhaitait Arafat à l’époque des accords d’Oslo). Ainsi, le rêve de la paix est conditionné par la capacité d’endurance et de dissuasion d’Israël…
Ce réalisme pessimiste s’accompagne d’un profond respect de Jabotinsky pour l’identité nationale arabe, conforme à sa conception de la nation que nous avons évoquée plus haut. A cet égard, toute notion d’un compromis territorial est illusoire, parce qu’elle méconnaît l’idée essentielle que le peuple Juif est revenu sur sa terre et qu’il n’est pas un intrus en Eretz Israël. J’ajoute que, si la doctrine du “Mur de fer” est souvent considérée comme l’inspiratrice de la doctrine stratégique de Tsahal, les développements actuels et la construction d’un mur autour de Gaza, tout comme le “Dôme d’acier” me semblent éloignés des idées de Jabotinsky, en ce qu’ils sont des mécanismes purement défensifs, qui empêchent Tsahal de reprendre l’offensive. Comme l’avait écrit Jabotinsky, le peuple Juif n’a pas encore atteint le stade du militarisme… Nous sommes encore empreints de la mentalité galoutique et du désir de vivre en paix à tout prix.

Hanna :
Dans son article du 25/6/1937, Jabotinsky écrit que la question essentielle est : de distinguer qu’est ce qui est sacré et qu’est ce qui n’est que l’enveloppe du sacré ?
Pensez-vous que nos sages d’aujourd’hui se préoccupent assez de séparer le sacré de son enveloppe sans craindre le libre exercice de la pensée du chercheur ?

Pierre Lurçat :

C’est une question complexe… Effectivement, Jabotinsky a développé une conception des rapports entre État et religion dans laquelle l’affirmation du caractère juif de l’État dans la sphère publique s’accompagne de la plus grande liberté individuelle dans la sphère privée. La citation à laquelle vous faites référence, qui clôt son article “La tradition religieuse juive” et que j’ai placée en conclusion du recueil État et religion, exprime en quelque sorte le “testament spirituel” de Jabotinsky sur ce sujet.
Il est évidemment demeuré loin de toute orthodoxie religieuse, fidèle à l’esprit libéral “odessite” dans lequel il a grandi, mais cela ne l’empêche nullement d’écrire, dans le même article, que le futur “État idéal, lumière pour les nations” aura trois piliers, sur lesquels seront gravés respectivement la Bible hébraïque, la Michna et le Rambam*… Ceux qui présentent Jabotinsky comme un Juif assimilé, voire comme un ennemi de la religion, n’ont décidément rien compris !
Pour en revenir à votre question, je dirai que le débat public en Israël demeure encore trop focalisé sur de vaines oppositions et simplifications, et que les partisans d’un “État de tous ses citoyens” coupé de ses racines nous empêchent parfois de nous occuper de la tâche essentielle, celle de faire revivre et de développer la Tradition d’Israël, en l’adaptant à la vie nationale.

J’ai lu le livre de Pierre Lurçat d’une traite et puis je l’ai repris doucement car chaque phrase me parlait

Je vous souhaite une bonne lecture!

EN VENTE SUR AMAZON ET DANS LES LIBRAIRIES FRANCAISES D'ISRAEL

A bientôt,

*Le Rambam: Maimonide

https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2021/12/25/vladimir-zeev-jabotinsky/

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La révélation de Max Nordau, par Michael Grynszpan

December 21 2021, 12:54pm

Posted by Michael Grynszpan

Qui connait un homme de grande culture vivant à Paris, un intellectuel, juif assimilé, journaliste et écrivain très controversé ? Non, il ne s’est pas présenté aux élections présidentielles. Toute ressemblance avec… serait trompeuse. Non, notre homme a joué un rôle historique dans la plus belle aventure humaine et historique du vingtième siècle : la renaissance d’Israël.

Simon Maximilian Südfeld (1849-1923) était un modèle d’assimilation réussie. Il avait changé son prénom et son nom de famille : il était devenu Max Nordau, Docteur Max Nordau, médecin, critique en sociologie, journaliste et écrivain de renom. Juif d’origine hongroise, il a vécu en Allemagne et en France, sa femme était protestante d’origine danoise.

Il écrit dans sa biographie : “Quand j’ai atteint l’âge de quinze ans, j’ai quitté la façon de vivre juive et l’étude de la Torah… Le judaïsme est resté un simple souvenir et depuis lors, je me suis toujours senti Allemand et Allemand seulement.”

Il a par ailleurs longtemps écrit et milité pour l’assimilation des juifs.

Pourtant tous ceux qui ont un jour visité Israël savent qu’on trouve des Rues et des Avenues Max Nordau dans quasiment toutes les villes du pays. Alors pour quelle raison un assimilationniste est-il tant célébré par les israéliens ? La réponse est connue : Max Nordau a changé d’avis, il s’est métamorphosé, il est devenu un leader sioniste aux cotés de Théodore Herzl et un des fondateurs de l’Organisation sioniste mondiale.

Que s’est-il passé ? Comment un médecin juif assimilé, allemand avant tout et qui revendique avec fierté avoir abandonné son héritage juif, a-t-il opéré ce changement de conception ? Un changement tellement radical qu’on peut le qualifier de véritable “conversion” au sionisme… Comment Max Nordau est-il arrivé à la conclusion que l’assimilation n’était pas la bonne solution pour protéger les Juifs du fléau de la haine anti-juive et qu’il fallait désormais que les descendants des hébreux retournent à Sion ? On pense généralement que l’affaire Dreyfus ou encore sa rencontre avec Herzl ont été des facteurs déterminants dans cette prise de conscience. Telles sont les explications qu’on trouve par exemple sur Wikipédia.

Mais ce qu’on ne mentionne pas sur Wikipédia, c’est qu’un jeune palestinien (un Juif bien sûr, en cette fin de 19ème siècle et pendant une grande partie du 20ème siècle on appelait palestiniens les Juifs alors que les arabes habitant la région ne s’identifiaient pas encore ainsi), un jeune palestinien donc, a un jour rencontré Max Nordau et a reçu une explication à son réveil sioniste.

Voici donc la solution de l’énigme.

Abraham Shalom Yahuda

Abraham Shalom Yahuda – le jeune palestinien en question –  était un érudit juif d’origine irakienne qui habitait Jérusalem. Il a écrit son premier livre en hébreu à l’âge de 17 ans. Puis à l’âge de 20 ans il fut envoyé en tant que délégué de Jérusalem au premier Congrès sioniste en 1897 à Bâle en Suisse. Dans un de ses livres, Avraham Ibn Shmuel Yahuda décrit de façon passionnante sa conversation avec Max Nordau et permet ainsi de clarifier les motivations originelles du grand homme.

Un soir du premier “Congrès sioniste” à Bâle, Nordau a prononcé un long et brillant discours en allemand, dans lequel il a répété comme une devise à plusieurs reprises les trois mots éternels du prophète Jérémie : “Tes enfants rentreront dans leur domaine” [Jérémie 31,16 : “Veshavou banim ligvoulam”].

Interrogé ensuite par le jeune Avraham Shalom Yahuda, “Comment Monsieur en est-il venu à citer ce verset, qui-plus-est en hébreu, ce qui ne correspond pas à son éducation ?”, le Dr Max Nordau a déclaré : “Je dois ces mots à celui à qui je dois tout mon judaïsme et tout mon sionisme ! Une personne dont je ne connais pas même le nom, une personne qui était en fait un enfant d’environ huit ou dix ans à l’époque. Voici comment cela s’est passé. J’ai un cabinet médical pour enfants à Paris. Une immigrée de Pologne est entrée chez moi, coiffée d’un voile, avec un enfant d’environ huit ou dix ans, le visage pâle et malade depuis trois semaines. On lui avait recommandé de me l’amener pour que je le soigne. Je prends une fiche à remplir pour chaque nouveau patient et essaie de le faire parler dans la langue du pays. Il bredouille à peine le français, puis j’interroge sa mère, qui est aussi très faible en français. Elle explique qu’il n’étudie pas dans une école ordinaire, il étudie dans un “heder”, une école juive religieuse.

Je l’ai sévèrement grondée : “C’est ainsi que vous créez de l’antisémitisme ! Nous avons ouvert les portes du pays pour vous, réfugiés de Pologne, pourquoi l’enfant n’apprend-il pas la langue de la nation qui l’accueille ?!” Elle s’est excusée en expliquant qu’il était encore jeune et que son mari appartenait à l’ancienne génération, mais il grandirait et étudierait au collège et apprendrait la langue. Puis j’ai demandé en colère au petit garçon : Dans cette école, ce “heder”, qu’as-tu appris ? C’est alors que le garçon changea, ses yeux s’illuminèrent. Il a commencé à me raconter en yiddish, que j’ai compris de mon allemand, ce qu’il avait appris dernièrement dans ce “heder”.

Jacob, dit l’enfant, repose sur son lit de mort et invite Joseph, le commande, le fait jurer et le supplie : “Ne m’enterre pas en Egypte ” mais dans le tombeau des Patriarches. Là où Abraham et Sarah, Isaac et Rebecca sont enterrés, là où j’ai enterré Léa. “Et tu me transporteras hors d’Egypte et tu m’enterreras dans leur lieu de sépulture”. Jacob continue et dit à Joseph : « Et moi, quand je revins du territoire d’Aram, Rachel mourut dans mes bras au pays de Canaan pendant le voyage, une certaine distance me séparait encore d’Éfrat; je l’inhumai là, sur le chemin d’Éfrat, qui est Bethléem.” (Genèse 47 et 48)

C’est étrange, comment comprendre que précisément ici, après la demande de Jacob à son fils, il parle soudain du tombeau de Rachel ? Rachi explique – et tout cela sort de la bouche de ce garçon de huit ans ou dix ans qui cite les paroles de nos sages – Notre patriarche Jacob a ressenti le besoin de s’excuser devant Joseph et de lui dire : Je sais que je te dérange beaucoup en te demandant de me conduire d’Egypte à Hébron. Moi-même, je ne me suis pas dérangé pour ta mère, Rachel, je n’ai pas pris la peine (de la transporter à Hébron) alors que j’étais très proche de Bethléem. Je ne l’ai même pas transportée jusqu’à la ville de Bethléem…

Je l’ai enterrée en chemin. Mais ce n’était ni ma faute ni de la négligence. Le Seigneur du monde l’a voulu ainsi. Il savait que le grand meurtrier de Nabuchodonosor passerait un jour ici pour conduire en exil les fils de Rachel, mes fils, lors de la destruction du premier Temple. Et alors elle sortira de sa tombe et elle implorera pour eux, en pleurant, la miséricorde divine, ainsi qu’il est écrit : “Une voix est entendue à Rama (…) Rachel pleure sur ses fils.” (Jérémie 31, 14).  Et Dieu lui répondra : “Or, dit le Seigneur, que ta voix cesse de gémir et tes yeux de pleurer, car il y aura une compensation à tes efforts, dit l’Éternel, ils reviendront du pays de l’ennemi. Oui, il y a de l’espoir pour ton avenir, dit le Seigneur : tes enfants rentreront dans leur domaine !” (Jérémie 31, 15 et 16)

Quant à moi, dit le docteur Max Nordau, j’étais bouleversé, ému de tout mon corps et de toute mon âme. J’ai tourné mon visage vers la fenêtre pour que la mère et l’enfant ne voient pas mes larmes couler, et je me suis dit : “Max, n’as-tu pas honte ? Ne vas-tu pas mourir de honte ? Tu es un homme cultivé, considéré comme un intellectuel, avec des diplômes de Docteur et tu ne connais pas le moindre début de chronique de l’histoire de ton peuple, issue de tous ces textes sacrés. Tu n’en connais rien, absolument rien.  

Et voilà qu’ici, grâce à un enfant malade, faible, un immigré, un réfugié qui se met à parler de Jacob et de Joseph, de Jérémie et Rachel, comme si cela venait d’arriver hier, tout prend vie devant ses yeux.”

J’ai essuyé mes joues avant de me retourner vers eux. Et j’ai dit dans mon cœur : Un peuple qui a de tels enfants, qui vivent avec une telle intensité leur passé, eux aussi vivront un avenir radieux !

Dans le journal de ce même week-end, j’ai vu une annonce : “Quiconque se soucie du sort du peuple, quiconque est blessé par l’antisémitisme ambiant et quiconque cherche une solution, veuillez bien appeler celui qui signe ci-dessous pour qu’on en parle. Signé : Dr Theodor Herzl.”

J’ai tout de suite répondu. Lorsque nous avons mis en place le premier “Congrès sioniste” et que j’ai été honoré d’y prendre la parole, a plané devant mes yeux la figure du petit garçon dont je ne me souviens pas même du nom.

Mais ses mots je ne les oublierai jamais. Parce qu’ils sont la base du sionisme, ils sont la base du judaïsme : « Et les fils retourneront dans leur domaine.”

© Michael Grynszpan

Michael Grynszpan est réalisateur de films documentaires et journaliste. Il a travaillé pour des chaines internationales et israéliennes. Né à Paris, il habite depuis plus de vingt ans à Tel Aviv. Parmi ses réalisations:  The Forgotten Refugees,  sur l’histoire des Juifs dans le monde arabe, a été primé et diffusé à l’international mais encore projeté à l’ONU et au Congrès américain. A son actif: “Descendants de nazis : l’héritage infernal” pour France 3, un film sur les descendants de nazis qui ont décidé de se convertir au Judaïsme et parfois d’aller habiter en Israël. “Monsieur Chouchani – Mister Shoshani – מר שושני”, maître d’Elie Wiesel et d’Emmanuel Levinas.

 

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DEJA PARUS

JABOTINSKY, La rédemption sociale. Eléments de philosophie sociale de la Bible hébraïque.

JABOTINSKY, Questions autour de la tradition juive. Etat et religion dans la pensée du Rosh Betar.

 

A PARAITRE :

GOLDA MEIR, La maison de mon père, fragments autobiographiques.

JABOTINSKY, Les Arabes et nous, le mur de fer.

NORDAU. Textes sionistes.

Etc.

 

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Comment la Cour suprême est devenue le premier pouvoir en Israël, Pierre Lurçat

December 20 2021, 10:34am

Posted by Pierre Lurçat

Je publie ici un extrait de ma contribution au colloque “Où va la démocratie?” organisé par Shmuel Trigano en décembre 2020. J'y analyse le processus par lequel la "Révolution constitutionnelle" menée par le juge Aharon Barak dans les années 1990 a abouti à faire de la Cour suprême le premier pouvoir en Israël. L’ensemble de l’article paraîtra dans le numéro 67 de la revue Pardès, janvier 2022.

 

Le langage du droit au service d’une oligarchie

 

La grande supercherie des tenants de la Révolution constitutionnelle consiste à parler sans cesse le langage du droit. Ils n’ont que ce mot à la bouche : l’État de droit (Shilton ha-Hok). Que veut dire au juste cette expression? Selon Naomi Levitsky, «aux yeux de Barak, les dirigeants n’ont pas de pouvoir en eux-mêmes, ils ne l’acquièrent que du peuple et de la loi. Les dirigeants sont au service du peuple dans les limites de la loi ». Mais comme toujours, il faut lire entre les lignes ce que Barak ne dit pas.

 

En réalité, le peuple n’a pas de légitimité dans la conception juridico-politique de Barak. Seule la loi est légitime. Mais encore faut-il qu’elle soit interprétée par le juge qui seul est capable de la comprendre et de la «dire » au peuple ignorant... Comme il l’explicite dans ses écrits sur le rôle du juge en démocratie, le juge ne doit pas seulement appliquer ou interpréter la loi. Il est créateur de droit... En vérité, dans la conception du droit de Barak, le juge a le dernier mot en matière d’interprétation, d’application de la loi et même en matière de législation, puisque la Cour suprême israélienne s’est arrogé le pouvoir exorbitant (qui ne lui a jamais été conféré légalement) d’annuler toute loi de la Knesset, y compris des Lois fondamentales (affaire en cours concernant la Loi sur l’État nation).

 

Aharon Barak

 

Dans une démocratie, la loi exprime la volonté populaire et la souveraineté du peuple. Dans la conception de Barak, au contraire, la loi reste l’apanage d’une minorité «éclairée », seule capable et méritoire de l’interpréter et de la comprendre. Il y a là une immense régression anti-démocratique, passée inaperçue en 1992 et dont nous voyons aujourd’hui les fruits. Ce n’est pas seulement que la loi soit devenue trop «technique», comme on l’entend souvent dire dans les pays occidentaux, c’est aussi que le peuple est par nature incapable de comprendre et de faire la loi !

 

On mesure ici combien la Loi juive, révélée par Moïse au peuple tout entier, est infiniment plus démocratique que le droit israélien réinterprété par Aharon Barak lors de la Révolution constitutionnelle : la loi révélée au Sinaï était accessible au plus élevé des Prophètes comme à la dernière des servantes, comme l’enseigne la Tradition juive. Chez Barak et ses partisans, au contraire, seul le «juge éclairé» est capable de comprendre la Loi...

 

Aharon Barak est, on le voit, le contraire d’un démocrate. Il revendique ouvertement une conception élitiste et oligarchique, et presque monarchique de la politique. À ses yeux, un « souverain éclairé » vaut mieux qu’une majorité aveugle (En cela, il a été un précurseur... Que nous disent en effet aujourd’hui les manifestants anti-Nétanyahou, avec leur slogan «Tout sauf Bibi », sinon que la majorité se trompe et qu’elle n’a pas le droit d’imposer ses vues à une minorité éclairée ?).

 

Comment en est-on arrivé là?

 

1 – Sous la houlette du juge Barak, la Cour suprême israélienne est devenue l’instrument de la poursuite de la domination des anciennes élites (celles d’avant le changement de pouvoir de 1977), comme l’explique le professeur Menahem Mautner dans un ouvrage éclairant. Alors que certains dirigeants du Likoud étaient favorables, avant 1977, à l’adoption d’une Constitution qui servirait de rempart contre l’hégémonie du pouvoir travailliste, dans les faits, la Cour suprême israélienne est ainsi devenue l’instrument de la poursuite de cette hégémonie.

 

Signature des accords d’Oslo

 

En réalité, la Cour suprême israélienne est devenue non seulement l’instrument des anciennes élites (incarnées par le Parti travailliste et le mouvement kibboutzique) mais aussi et surtout, celui des élites post-sionistes, qui étaient hostiles à la fois à la droite religieuse et aussi aux partisans de l’ancien consensus sioniste de gauche. Ce n’est pas un hasard si la Révolution constitutionnelle a largement coïncidé avec la «révolution culturelle» concomitante aux accords d’Oslo, au début des années 1990.

 

Ce que ces deux événements majeurs ont signifié, dans l’Israël de la fin du xxe siècle, en proie à la montée de l’individualisme et à la fin des idéologies et du sionisme socialiste, était avant tout la montée en puissance des idées post-sionistes et la tentative d’imposer par le pouvoir judiciaire et par des accords politiques arrachés à une majorité très courte leurs conceptions radicales.

 

2 – Qui représente la Cour suprême israélienne ? 

 

Du point de vue sociologique, les juges de la Cour suprême israélienne représentent une minorité radicale et coupée du peuple (la « cellule de Meretz qui siège à la Cour suprême israélienne » selon l’expression d’un commentateur israélien). Significativement, la tentative d’introduire un semblant de diversité dans les opinions représentées à la Cour suprême n’a pas remis en cause l’hégémonie des Juifs ashkénazes laïcs de gauche. Aharon Barak a ainsi créé l’expression de «Test Bouzaglou », dans laquelle Bouzaglou désigne l’homo qualunque israélien. Il s’est défendu dans un livre d’avoir ce faisant voulu stigmatiser les Juifs orientaux, mais il n’en demeure pas moins que le nom de Bouzaglou n’a pas été choisi au hasard. Dans la vision du monde d’A. Barak (comme dans celle d’Hannah Arendt au moment du procès Eichmann) il existe une hiérarchie bien définie dans la société juive israélienne. L’élite est toujours celle des Juifs allemands.

 

Hannah Arendt

 

3 – Un autre élément d’explication important est le processus par lequel la Cour suprême israélienne est devenue l’instrument des minorités actives et de gouvernements étrangers qui les soutiennent et les financent. Des gouvernements étrangers se sont ainsi immiscés dans le débat politique israélien en utilisant la Cour suprême israélienne comme un véritable cheval de Troie, par le biais de multiples ONG à financement étranger, comme en attestent les innombrables pétitions de « justiciables palestiniens » manipulés par Chalom Archav, Breaking the silence, etc.

 

Des valeurs étrangères au peuple d’Israël

 

Ruth Gabizon avait affirmé que : «La Cour suprême devrait élaborer et renforcer les valeurs qui sont partagées par la société qu’elle sert, valeurs reflétées par les lois de cette société – et non telles qu’envisagées  par les juges à titre personnel ou en tant que représentants de valeurs sectorielles »... La réflexion de Gabizon appelle deux remarques. Tout d’abord, peut-on encore affirmer aujourd’hui que la Cour suprême israélienne sert la société ou qu’elle est au service de la société ? En réalité, pour que la Cour suprême soit au service de la société israélienne et de ses valeurs, encore faudrait-il que les juges qui siègent à Jérusalem connaissent les valeurs de la société dans laquelle ils vivent et qu’ils les respectent un tant soit peu... Est-ce le cas aujourd’hui ?

 

À de nombreux égards, la Cour suprême israélienne représente et défend aujourd’hui des valeurs étrangères au peuple d’Israël : celles de l’assimilation, du post-sionisme et du postmodernisme, etc. Elle s’attaque régulièrement dans ses décisions non seulement aux droits des Juifs sur la Terre d’Israël, mais aussi au mode de vie juif traditionnel et aux valeurs de la famille juive. On peut affirmer, au vu des arrêts de la Cour suprême israélienne depuis 30 ans, qu’elle incarne le visage moderne des Juifs hellénisants de l’époque des Maccabim. Il y a évidemment des exceptions. Rappelons le cas du juge Edmond Lévy, qui rédigea l’opinion minoritaire lors de l’expulsion des habitants Juifs du Goush Katif.

Pierre Lurçat

© Pardès. 

L’ensemble de l’article paraîtra dans le numéro 67 de la revue Pardès, janvier 2022.

https://www.inpress.fr/livre/pardes-n67-ou-va-la-democratie-suivi-de-le-mythe-andalou-et-de-le-concept-deretz-israel/

 

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La guerre des Juifs au cœur de l’idéologie du camp “progressiste” en Israël

December 9 2021, 10:04am

Posted by Pierre Lurçat

L’Altalena en flammes au large de Tel-Aviv

L’Altalena en flammes au large de Tel-Aviv

Lorsque Yair Lapid et Naftali Bennett ont formé leur gouvernement en juin dernier, de nombreux commentateurs se sont interrogés sur le caractère hétéroclite de leur coalition, qui réunissait des transfuges du sionisme religieux (que certains médias français s’obstinent à qualifier – contre toute évidence – de représentants de “l’extrême-droite”), des partis centristes, les lambeaux du parti travailliste et un parti arabe islamiste. S’agissait-il d’un gouvernement “d’union nationale”, du retour de la gauche post-sioniste, ou tout simplement de l’assemblage contre-nature de tous les membres du camp “Rak lo-Bibi” (“Tout sauf-Bibi”) ?

 

La réponse à cette question a été donnée quelques semaines plus tard : ce gouvernement représente en fait l’arrivée au pouvoir en Israël du courant “progressiste”, déjà incarné aux Etats-Unis par la frange la plus radicale du parti démocrate, au pouvoir depuis la victoire de Joe Biden. Mais ce qualificatif de “progressiste” est, comme beaucoup d’autres adjectifs du vocabulaire politique, trompeur. Car derrière le slogan du “progrès” et de la défense des droits de toutes les minorités, qu’on a déjà vus à l’œuvre dans de nombreux domaines (1), se dissimule tant bien que mal une idéologie radicale.

 

C’est au nom de cette idéologie que le ministre de la Défense a convoqué la semaine dernière une réunion au plus haut niveau de tous les chefs des organes de sécurité israéliens, pour lutter contre… les exactions commises par les habitants juifs de Judée-Samarie. Oui, moins de six mois après les sanglantes émeutes déclenchées par des pogromistes arabes qui ont incendié des synagogues et des biens juifs dans toutes les villes mixtes d’Israël, et alors qu’une nouvelle vague d’attentats frappe au cœur de Jérusalem, le ministre Gantz a trouvé le véritable “ennemi” à abattre. Ce sont les “Juifs des collines”, ces quelques dizaines de jeunes gens habitant dans des localités, souvent construites sur les lieux d’attentats anti-israéliens, qui sont apparemment, aux yeux de Gantz et des autres responsables sécuritaires, le danger le plus grave pour la sécurité intérieure d’Israël.

 

Cette décision très médiatisée et soutenue par une large fraction de l’establishment culturel et politique en dit long sur l’agenda politique du nouveau gouvernement. Moins d’un mois après la déclaration de six ONG liées au FPLP comme “organisations terroristes”, justifiée et appuyée sur des éléments de preuve incontestables, la décision du ministre Gantz n’est pas seulement une manœuvre tactique, destinée à rassurer l’aile gauche de sa coalition. Il s’agit, plus fondamentalement, de “resserrer les rangs”’ idéologiques du camp “tout sauf Bibi”, en désignant une fois de plus à la vindicte populaire un ennemi intérieur.

 

Il ne s’agit plus cette fois de l’ancien Premier ministre, envers lequel l’hostilité sans limite des médias n’a pas faibli depuis son éviction de la rue Balfour, mais du noyau idéologique des habitants juifs en Judée-Samarie. Cette désignation d’un “bouc émissaire” à l’intérieur même d’Israël s’inscrit dans la droite ligne de nombreux événements du même acabit, depuis l’époque des accords d’Oslo, par lesquels Rabin et Pérès entendaient sacrifier les Juifs au-delà de la “ligne verte” sur l’autel d’une paix illusoire avec les ennemis – véritables – de l’OLP, intronisée en “partenaire de paix”. Mais cette politique du “bouc émissaire” remonte plus loin encore dans l’histoire moderne d’Israël.

 

On la trouve déjà à l’œuvre à l’époque du Yishouv, quand le Mapaï prédominant utilisait son emprise sur l’économie – au moyen de la toute puissante Histadrout – pour exclure du marché du travail les jeunes membres du Betar, dont le chef idéologique, Vladimir Jabotinsky, était qualifié de “fasciste” et d’ennemi du peuple. On la retrouve pendant les années de plomb de la lutte pour l’Indépendance, quand la Haganah et le Palmah s’alliaient aux forces de police britanniques pour chasser manu militari et parfois torturer et assassiner des jeunes membres du Lehi et de l’Etsel, eux aussi proclamés “ennemis du peuple”, au nom du même parti-pris idéologique, qui préfère s’allier à l’ennemi extérieur pour “nettoyer” le pays de certains de ses adversaires idéologiques…

 

Manifestation anti-Nétanyahou (photo Israel National News)

Manifestation anti-Nétanyahou (photo Israel National News)

On la retrouve aussi quand le Premier ministre David Ben Gourion ordonnait au chef du Palmah, Itshak Rabin, de bombarder l’Altalena, bateau affrété par l’Irgoun à bord duquel des militants de l’Irgoun, parfois rescapés de la Shoah, transportaient une précieuse cargaison d’armes destinées à équiper la petite armée juive, face aux ennemis arabes plus nombreux et mieux armés. Cet épisode est crucial pour comprendre l’ADN idéologique d’une partie de la gauche israélienne, hier comme aujourd’hui. Non seulement Ben Gourion (2) ordonna de couler l’Altalena, en arguant d’un prétendu risque de sédition de la part de son adversaire politique, Menahem Begin. Pire encore : il qualifia le canon qui avait bombardé l’Altalena – faisant plusieurs morts parmi ses passagers – de “canon sacré” (3).

 

Cette sacralisation de la violence fratricide et de la guerre civile se poursuit jusqu’à nos jours. La volonté du gouvernement “progressiste” Bennett-Lapid-Raam de désigner un ennemi idéologique au sein du peuple Juif s’inscrit dans la droite filiation de l’Altalena et du “canon sacré” de David Ben Gourion. Elle montre qu’aux yeux du camp “progressiste” et d’une partie de la gauche israélienne, l’impératif politique demeure, envers et contre tout, celui de la démonisation et de la lutte à outrance contre l’adversaire politique, désigné comme bouc émissaire et comme “ennemi intérieur”, au lieu de s’allier à lui pour lutter contre les ennemis extérieurs au peuple Juif.

Pierre Lurçat

Article paru initialement sur le site Menora.info,

https://www.menora.info/la-guerre-des-juifs-au-coeur-de-lideologie-du-camp-progressiste-en-israel/

 

Notes

1. Dont le combat très médiatisé des “Femmes du Kottel” n’est qu’un exemple parmi tant d’autres.

2. Ben Gourion avait pourtant rencontré Jabotinsky à Londres et conclu un accord avec lui, pour lequel il fut désavoué par son propre camp, épisode relaté dans une pièce de théâtre écrite par A.B. Yehoshua.

3. Le journaliste Shlomo Nakdimon rapporte que lorsque le commandant adjoint de l’armée de l’air se mit en quête de volontaires pour bombarder le navire en haute-mer, trois pilotes non-juifs refusèrent l’ordre de mission, l’un deux déclarant “Je n’ai pas perdu quatre camarades et volé 10 000 miles pour bombarder des Juifs”. Un autre soldat, Yosef Aksen, vétéran de l’Armée rouge, déclara être prêt à subir la mort pour insubordination, plutôt que de tirer sur des Juifs.

Article paru sur le site Menora.info

https://www.menora.info/la-guerre-des-juifs-au-coeur-de-lideologie-du-camp-progressiste-en-israel/

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La Ménorah, par Théodor Herzl

December 4 2021, 17:24pm

Posted by Theodor Herzl

La Ménorah, par Théodor Herzl

Le récit qu’on lira ci-dessous a été rédigé par Herzl en 1897, et est paru dans le journal du mouvement sioniste Die Welt, le 31 décembre 1897, quelques mois après le Premier Congrès sioniste. Autobiographique, il en dit long sur le parcours du fondateur du sionisme politique, sur son “retour au judaïsme” concomitant à l’élaboration de son projet politique. On connaît en effet souvent le début du parcours de Théodor Herzl, généralement décrit comme un Juif assimilé, et sa “découverte” du sionisme, concomitante à l’affaire Dreyfus. On connaît beaucoup moins la dimension proprement juive de son cheminement et son retour au Judaïsme.

 

Herzl a en effet, comme il l’explique lui-même dans ce texte essentiel, fait téchouva, non pas en se mettant à pratiquer les préceptes religieux du judaïsme, mais en faisant Retour à son peuple et à son identité. Il a aussi décrit dans ses livres le futur Etat d’Israël et le Temple reconstruit à Jérusalem (1). Comme l’explique Georges Weisz, dans son ouvrage novateur sur le “Visionnaire de l’Etat”, Herzl “s’identifie au Shamash, le serviteur de la Lumière”, et “c’est ce rôle” qu’il a “effectivement joué dans la Résurrection d’Israël sur sa terre” (2).

P. Lurçat

 

 

“Il était un homme, qui avait ressenti au plus profond de son être la détresse d’être juif. Il avait, par ailleurs, une situation personnelle satisfaisante. Il jouissait d’une large aisance et, de plus, il était heureux dans sa profession puisqu’il pouvait créer ce que voulait son cœur : il était artiste. Quant à son origine juive et à la foi de ses pères, il s’en était depuis longtemps désintéressé - lorsque, avec un mot d’ordre nouveau, réapparut la vieille haine. Avec beaucoup de ses contemporains, notre ami crut d’abord que cette tourmente était passagère. Mais loin de s’améliorer, la situation alla en s’aggravant, et les attaques, quoique ne le visant pas personnellement, lui furent une douleur sans cesse renaissante, si bien que, bientôt, son âme tout entière ne fut plus qu’une plaie sanglante. Il arriva alors que ces souffrances intimes et qu’il taisait l’incitèrent à méditer sur leur source, c’est-à-dire sur son Judaïsme même ; et, ce qui n’aurait pu sans doute arriver en des jours meilleurs, parce qu’il s’en trouvait déjà si éloigné, il advint qu’il se mit à l’aimer, ce Judaïsme, d’une tendresse profonde. Et même, de cette tendresse particulière il ne se rendit point tout d’abord, un compte exact, jusqu’au jour où des sentiments obscurs, une pensée se dégagea, claire et forte, qu’il ne tarda d’ailleurs pas à exprimer : c’était la pensée que, pour échapper à la détresse juive, il n’y a pas d’autre chemin que le retour au Judaïsme.

 

Lorsque ses meilleurs amis, ceux qui se trouvaient dans une situation analogue à la sienne, l’apprirent, il y eut des hochements de tête significatifs, et l’on crut que sa raison était troublée. Car comment trouver un remède dans ce qui était fait pour aggraver et exaspérer le mal ? Mais lui, se disait que si la misère morale était devenue à ce point sensible,  c’était parce que les nouveaux Juifs n’avaient plus ce contrepoids, que leurs pères, mieux trempés, trouvaient en eux-mêmes. Derrière son dos, le persiflage allait bon train ; d’aucuns lui riaient franchement au nez, mais il ne fut point ébranlé par les vaines remontrances des gens, dont il n’avait eu jusque-là l’occasion d’apprécier ni le bon sens, ni la profondeur du jugement ; il supporta avec sérénité les plaisanteries, bonnes ou mauvaises. Et comme, au reste, sa conduite ne paraissait pas déraisonnable, on finit par le laisser se livrer en paix à sa marotte - que d’aucuns désignaient plus durement comme une manie.

 

Quant à notre ami, avec la logique patiente qui lui était propre, il tirait des prémisses de son idée, une conséquence après l’autre. Parmi les transitions par lesquelles il dut passer, il y en avait qui lui étaient pénibles, quoique, par fierté, il n’en laissa rien voir. En sa qualité d’homme et d’artiste, pénétré de conceptions toutes modernes, il avait en lui des coutumes, des manières d’être qui n’avaient rien de juif, et son esprit, initié aux civilisations des peuples modernes, en avait reçu une empreinte ineffaçable. Comment concilier tout cela avec son retour au Judaïsme? Ce lui fut une source de conflits intimes : il eut même des doutes sur l’exactitude de sa pensée directrice, de son “idée maîtresse”. Peut-être cette génération d’hommes, qui avaient grandi sous l’influence de civilisations étrangères, n’était-elle plus guère capable d’accomplir ce retour au Judaïsme, dans lequel il avait découvert la solution du problème? Mais la génération suivante l’accomplirait bien, elle, si on la guidait à temps dans la bonne voie. Et, dès lors, il se préoccupa de ses enfants, pour que ceux-ci, au moins, devinssent Juifs, par l’éducation qu’ils recevraient chez eux.

 

Photo : Onegshabbat.blogspot.com

Photo : Onegshabbat.blogspot.com

 

Auparavant, il avait laissé passer sans s’y arrêter la fête qui, à travers tant de siècles, a fait rayonner, dans l’éclat des petites lumières traditionnelles, le souvenir glorieux des Macchabées. Cette fois-ci, il en profita pour ménager à ses enfants, un beau souvenir pour les années à venir. Il s’agissait d’implanter de bonne heure dans ces jeunes âmes, l’amour de leur antique race. Il fit venir une Ménorah, et lorsque, pour la première fois, il tint entre les mains le candélabre aux neuf branches, un sentiment indéfinissable l’emplit. C’est qu’aux jours déjà lointains de son enfance, de petites lumières toutes semblables avaient brillé dans la maison paternelle - et maintenant, une douceur en émanait, je ne sais quoi de familier, d’intime. Cette tradition ne lui apparaissait point comme une chose du passé, froide et morte ;  elle avait traversé les générations sans rien perdre de sa vie intense - chaque petite flamme s’allumant d’une autre, jusqu’à la forme, si ancienne, de la Ménorah qui sollicita sa réflexion.

 

De quelle période datait la conception primitive de ce candélabre ? Sans doute, c’est à l’arbre qu’il emprunte ses formes essentielles: au milieu, le tronc, avec de chaque côté quatre branches, se dressant l’une sous l’autre, pour atteindre toutes la même hauteur. Plus tard, le symbolisme d’une autre époque y ajouta la neuvième branche, plus courte que les autres, qui se trouve en avant et porte le nom de serviteur. Combien de mystères les générations successives ont-elles ajouté à cette forme d’un art si simple à l’origine, et qui emprunte directement à la nature! Et notre ami songea, en son âme d’artiste, à donner une nouvelle vie à cette forme rigide et fixe de la Ménorah, à désaltérer ses racines, comme celles d’un arbre. Le nom même de la Ménorah, que désormais il prononçait, chaque soir, devant ses enfants, sonnait agréablement à ses oreilles. Des lèvres enfantines, surtout, le mot glissait avec un son d’un charme tout spécial

 

La première bougie fut allumée, et on raconta l’origine de cette fête. L’histoire merveilleuse de cette flamme qui, jadis, dans le Temple, vécut tout à coup si longtemps, puis le retour de l’exil babylonien ; la reconstruction du second Temple, les exploits des Macchabées. Notre ami racontait à ses enfants ce qu’il savait. Ce n’était pas beaucoup, assurément, mais c’était assez pour eux. Le second soir, à la seconde flamme, ce furent eux qui lui refirent les récits de la veille ; et, à mesure qu’ils lui racontaient ce que, pourtant, ils tenaient de lui-même, tout lui apparut nouveau et d’une beauté singulière. A partir de ce moment, il se fit une fête d’accroître chaque soir le nombre des lumières. Une flamme après, l’autre se dressa, et avec les enfants, le père rêvait à la douce clarté. Ce fut bientôt plus qu’il ne pouvait, et ne voulait leur dire, car ils ne l’auraient pas compris.

 

En prenant la résolution de rentrer au sein du Judaïsme, et en proclamant ouvertement cette décision, il avait cru accomplir uniquement un devoir d’honnêteté et de raison. Il n’avait point soupçonné qu’il pourrait y trouver, par surcroît, la satisfaction de son ardente aspiration vers le beau. Ce fut pourtant ce qui arriva. La Ménorah, avec sa clarté croissante, était un objet de beauté, qui suggérait de bien nobles pensées. De sa main experte, il dessina alors le projet d’une Ménorah nouvelle, qu’il voulait offrir à ses enfants pour l’année suivante. Librement, il développa le motif primitif des huit branches, s’élevant à droite et à gauche du tronc, jusqu’à la même hauteur et qui s’étendent dans le même plan. Il ne se crut point lié par une tradition rigide ; il créa du nouveau, en puisant directement aux sources naturelles, laissant là les interprétations de toutes sortes, quelque justes qu’elles puissent être d’ailleurs. Lui, tendait uniquement au beau rempli de joie. Mais s’il se permit d’apporter du mouvement dans les formes figées, il en respecta l’ordonnance générale, le style antique et noble. Ce fut un arbre aux branches élancées, terminées comme par des calices ouverts ; et de ces calices fleurs devaient sortir des lumières.

 

 

A cette occupation, au milieu de ses pensées, la semaine s’écoula. Le huitième jour arriva, et toutes les lumières brillaient, sans oublier même la neuvième - la servante fidèle - qui jusque-là, n’avait servi qu’à allumer les autres. Maintenant, une grande clarté rayonnait de la Ménorah. Les yeux des enfants rayonnaient.

 

Pour notre ami, s’évoquait là le symbole de l’embrasement de la nation. D’abord, une lumière solitaire, il fait noir encore, et la lumière unique a l’air triste. Puis, elle trouve un compagnon, puis un autre, et un autre encore. Les ténèbres doivent reculer. C’est auprès de la jeunesse, chez les pauvres, que s’allume d’abord la flamme, puis d’autres les rejoignent, tous ceux qui sont épris de Droit, de Vérité, de Liberté, tous ceux qui aiment le Progrès, l’Humanité, le Beau. Et lorsque, enfin, toutes les lumières sont unies en une clarté rayonnante, l’oeuvre accomplie nous remplit d’admiration et de joie. Et nul poste ne donna plus de joie que celui de serviteur auprès de la Lumière.

Théodor Herzl

Paru en français dans L’avenir illustré, 30 décembre 1929.

Theodor Herzl | My Jewish Learning

1. Je renvoie sur ce sujet à mon livre Israël, le rêve inachevé, éditions de Paris/Max Chaleil 2018.

2. Voir G. Weisz, Theodor Herzl, Une nouvelle lecture; L’Harmattan 2006, p. 117.

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JABOTINSKY, Questions autour de la tradition juive. Etat et religion dans la pensée du Rosh Betar.

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Sadate à Jérusalem – le « faux Messie » de la paix

October 7 2021, 12:20pm

Posted by Pierre Lurçat

40 ans après l'assassinat de Sadate, le narratif du "soldat de la paix" s'est imposé. Dans l'extrait suivant de mon livre La trahison des clercs d'Israël, je présente une vision iconoclaste du dirigeant arabe qui avait compris, bien avant les autres, quel était le talon d'Achille d'Israël. P.L.

 
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Sadate (à droite)

Le premier à avoir compris, dans le camp arabe, la transformation qu’avait subie l’État d’Israël au lendemain de la « guerre d’octobre » fut Anouar Al-Sadate. Un certain discours le présente aujourd’hui, à l’instar de Rabin, comme un « faucon devenu colombe ».

Mais ce raccourci journalistique est faux et trompeur, pour l’un comme pour l’autre. Il faut relire le dernier discours de Rabin à la Knesset [1] pour comprendre qu’il n’a jamais renié son passé ; et il faut relire le discours de Sadate à Jérusalem, pour comprendre qu’il est lui aussi resté fidèle à ses engagements et à sa vision, conforme à la doctrine politique de l’Égypte établie depuis la Révolution des officiers libres en 1952.

Le plus farouche ennemi d’Israël, admirateur d’Hitler dans sa jeunesse[2], ne s’est pas transformé du jour au lendemain en ami des Juifs : il a tout simplement compris que la meilleure façon de vaincre Israël était de se servir de la paix comme d’un cheval de Troie pour affaiblir et diviser l’opinion israélienne, et pour obtenir par la négociation ce que les armées arabes n’avaient pu remporter sur les champs de bataille. 

 

D’une société idéaliste à une société individualiste

Un des ouvrages qui a le mieux décrit cette transformation en Israël est celui d’un sociologue de l’université de Haïfa, Oz Almog [3], qui a montré le passage d’une société idéaliste et collectiviste (celle de la génération de 1948 ou « génération de l’État ») à une société plus matérialiste et individualiste, celle de l’après-guerre de Kippour.

Cette transformation a pris des formes multiples, touchant tous les domaines de la société et de la vie publique et privée (les médias, les arts, les rapports hommes-femmes, etc.). Mais c’est dans le domaine politique que ses conséquences ont été les plus marquantes.

Le soldat des guerres d’Indépendance et des Six jours, animé par l’énergie du désespoir (celle des combattants de 1948, dont beaucoup sont tombés les armes à la main face à un ennemi supérieur en nombre mais beaucoup moins motivé ; et celle des soldats de 1967, conscients de protéger leur pays contre la menace d’extermination proférée par Nasser) s’est transformé en un soldat fatigué de se battre, qui doutait de la justesse de sa cause.

Ces doutes sont apparus au grand jour dès le lendemain de la guerre de Kippour et ont culminé lors de la Première Guerre du Liban, en 1982. Sadate avait bien compris ce sentiment de lassitude animant la société israélienne lorsqu’il est venu à Jérusalem, non pas pour offrir une « paix des braves », selon l’image d’Epinal, mais pour exiger d’Israël qu’il accepte toutes ses conditions.

Ce faisant, il a fixé le dangereux précédent de la « paix contre les territoires », paradigme trompeur accepté par Israël qui subsiste jusqu’à ce jour.

Le faux Messie de la paix, hier et aujourd’hui

Dans son beau livre Être Israël, publié en France quelques mois après les accords de Camp David [4], le journaliste Paul Giniewski raconte trente années de reportages et de voyages en Israël, de 1948 à 1978.

Avec talent et justesse, il décrit l’euphorie qui a gagné la société israélienne lors de la visite de Sadate à Jérusalem. Dans un chapitre intitulé « 1977 : brève rencontre avec le Messie », il relate ses sentiments mitigés à l’écoute du discours de Sadate devant la Knesset :

« J’écoute. Ma déception augmente. Le mot paix revient de plus en plus souvent : [Sadate :] « Je prononce le mot paix, et que la miséricorde de Dieu tout-puissant soit sur vous, et que la paix vienne pour nous tous. Paix sur toutes les terres arabes, et paix sur Israël ! ».

Mais en même temps, l’accusation devient de plus en plus précise. Sadate est venu à la Knesset pour dénoncer Israël ! (…) Je viens d’entendre ce qui, chez les Arabes, fait l’unanimité des modérés et de ceux du camp du refus. Les uns réclament la destruction d’Israël. Les autres acceptent son existence, au prix de concessions qui conduiront à sa destruction : la restitution des territoires, un État palestinien. La différence est dans les mots, dans le style, mais pas dans le but final. .. »

Et Giniewski rapporte aussi les mots de Golda Meir, la dame de fer d’Israël, interrogée sur les accords de Camp David par un journaliste, qui lui déclare : « Sadate et Begin méritent le prix Nobel de la paix ». Elle sourit : – « Peut-être aussi l’oscar du cinéma ? ». A la buvette du Parlement, où les députés se congratulaient avant le discours [de Sadate], je l’entends dire de sa voix désabusée : – Vous attendez le Messie ? Quand nous sommes allés au kilomètre 101 [5], [le général] Aharon Yariv négociait avec un officier égyptien. Nous avons aussi cru que c’était le Messie. Mes enfants, quand le Messie viendra, il ne s’arrêtera pas au kilomètre 101 ».

Beaucoup d’eau a coulé sous les ponts du Jourdain depuis lors, après l’assassinat de Sadate et celui de Rabin. L’euphorie née de la visite de Sadate à Jérusalem s’est depuis longtemps dissipée, et même la gauche israélienne, qui avait voulu faire d’Arafat un partenaire de paix, a dû déchanter.

Le Messie n’est pas venu à Camp David, ni à Oslo, et il n’a même pas appelé au téléphone, comme l’a chanté Chalom Hanoch. Mais le messianisme de la paix, lui, est bien vivant. Et toujours aussi dangereux, comme tous les faux Messies.

(Extrait de mon livre La trahison des clercs d’Israël, La Maison d’édition 2016)

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[1] Le 5 octobre 1995, Rabin prononça un discours politique qui devait être son dernier devant le Parlement israélien (Knesset), dans lequel il exposa sa vision des futures frontières de l’État d’Israël après les accords d’Oslo.

Il y mentionna notamment son refus d’un retour aux « frontières de 1967 », l’importance de conserver des « blocs d’implantations » en Judée-Samarie et de maintenir le Jourdain comme frontière de sécurité et son refus de voir Jérusalem redivisée. Voir Dore Gold, « Rabin’s lats Knesset speech », Israel Hayom 2/11/2012.

[2] Voir à ce sujet la lettre adressée par Sadate à Hitler dans le journal cairote El-Moussaouar, le 18 septembre 1953 : « Mon cher Hitler, Je vous félicite du fond du cœur. Même s’il vous semble que vous avez été battu, en réalité vous êtes le vainqueur. Vous avez réussi en créant des dissensions entre le vieux Churchill et ses alliés, les fils de Satan. L’Allemagne vaincra car son existence est nécessaire à l’équilibre mondial. Elle renaîtra en dépit des puissances de l’Ouest et de l’Est. Il n’y aura pas de paix sans que l’Allemagne redevienne ce qu’elle a été…

Pour le passé, je pense que vous avez commis quelques fautes, comme d’ouvrir trop de fronts et [de ne pas avoir su parer à] l’imprévoyance de Ribbentrop face à l’experte diplomatie britannique. Mais ayez confiance en votre pays, et votre peuple réparera ces faux pas.

Vous pouvez être fier d’être devenu immortel en Allemagne. Nous ne serions pas surpris si vous y apparaissiez de nouveau ou si un nouvel Hitler se levait dans votre sillage. » (Lettre reproduite par Jean-Pierre Péroncel-Hugoz dans Le radeau de Mahomet, Lieu Commun, 1983, réédité chez Flammarion en 1984).

[3] Farewell to Srulik – Changing Values Among the Israeli Elite, Zmora Bitan and Haifa University Press, 2004 [hébreu].

[4] Paul Giniewski, Être Israël, Stock 1978.

[5] Lieu où se déroulèrent les pourparlers de cessez-le-feu entre le général israélien Aharon Yariv et le général égyptien Gamassi qui mirent officiellement fin à la guerre de Kippour.

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Jabotinsky et le rav Kook : la “rencontre” de deux géants, Pierre Lurçat

August 22 2021, 11:51am

Posted by Pierre Lurçat

 

A l’occasion du Yahrzeit du rabbin Avraham Itshak Hacohen Kook, qui a été célébré le 3 Eloul, je publie ici un extrait inédit du nouveau livre de Jabotinsky, Questions autour de la tradition juive, qui paraît ces jours-ci. J’y évoque l’influence décisive qu’a eue sur Jabotinsky la prise de position courageuse du rav Kook dans l’affaire Arlosoroff. P. Lurçat

 

 

L’homme de l’avenir, l’homme entier, auquel aucun sens ne manquera, sera “religieux”. Je ne sais pas quel sera le contenu de sa religion ; cependant il sera porteur du lien vivant entre son âme et l’infini qui l’accompagnera partout où il ira”. (Jabotinsky, De la religion)

 

Le pronostic formulé par Jabotinsky selon lequel “l’homme entier sera religieux”, marque une évolution marquante de sa pensée, depuis celle exprimée trente ans plus tôt dans son article Le sionisme et Eretz Israël. Que s’est-il passé entretemps ? Comment le jeune dirigeant sioniste russe, convaincu que la religion n’est plus aujourd’hui qu’un “cadavre embaumé”, en est-il venu à y voir une dimension importante de la personnalité humaine, aux côtés de la musique et de l’art ? Les raisons de cette évolution radicale sont multiples. Mentionnons tout d’abord le cheminement personnel de Jabotinsky, qui a mûri et a eu le temps d’approfondir sa réflexion sur de multiples domaines. Le leader sioniste endurci qui s’exprime en 1935 n’est évidemment pas le jeune homme fougueux de 25 ans.

 

Le second facteur est celui des rencontres qu’il a faites et des personnes qui l’ont marqué, parmi lesquelles on peut mentionner le rabbin Falk, qui servit comme aumônier militaire dans les rangs des Muletiers de Sion, mais aussi et surtout le grand-rabbin Avraham, qui exerça une influence importante sur l’idée que Jabotinsky se faisait du judaïsme et de la religion. Dans une lettre adressée en juin 1934 à Nathan Milikovsky, qui n’est autre que le grand-père de Benjamin Nétanyahou, Jabotinsky parle en ces termes du rabbin Kook : “Le nom du rabbin K. est devenu en l’espace d’une nuit un symbole sublime dans le cœur des foules. Et moi-même, en toute humilité, si je n’étais pas totalement ignorant des choses de la Tradition, craignant de m’exprimer sur les sujets religieux, je choisirais précisément cet instant pour lancer publiquement un appel dont je rêve depuis l’époque de ma jeunesse : renouveler, de nos jours, le titre de « Cohen Gadol » (Grand-Prêtre)”.



 

 

Le rav Kook : le “Cohen Gadol”

Jabotinsky : un “ange descendu du ciel”



 

De son côté, le rabbin Kook, selon certains témoignages, aurait qualifié Jabotinsky “d’ange de Dieu” . Les deux qualificatifs sont assez forts et inhabituels, tant dans la bouche de Jabotinsky que dans celle du rabbin Kook, pour mériter qu’on y prête attention. Comment ces deux hommes, que tout séparait en apparence et qui ne se sont selon toute évidence jamais rencontrés, en sont-ils venus à se porter une telle estime réciproque ? La réponse à cette question est liée à un événement qui a joué un rôle important non seulement dans l’histoire politique du Yishouv, l’affaire Arlosoroff, mais aussi dans l’évolution des conceptions de Jabotinsky  concernant la place de la religion juive dans le futur État juif, et des rapports entre État et religion en général. 

 

Lorsque le dirigeant sioniste travailliste Haïm Arlosoroff est assassiné sur une plage de Tel-Aviv le 16 juin 1933, la presse et les dirigeants du Yishouv accusent immédiatement – et sans la moindre preuve – le Betar. Trois militants sont arrêtés, sur la base d’un témoignage obscur de la veuve d'Arlosoroff et l’un d’eux, Avraham Stavsky, est condamné à mort. Jabotinsky  est d’emblée convaincu qu’il s’agit d’une fausse accusation et il œuvre sans relâche pour obtenir l’acquittement de Stavsky, qu’il compare dans des articles à Mendel Beilis (Juif ukrainien accusé de crime rituel en 1911). Dans ce combat, Jabotinsky  reçoit le soutien décisif du grand-rabbin de Palestine mandataire, Avraham I. Hacohen Kook. Ce dernier prend courageusement la défense des accusés, s’exposant à la vindicte des journaux et partis de gauche, qui l’insultent et dont certains (comme l’Hashomer Hatzaïr) n'hésitent pas à couvrir le pays d’affiches proclamant “Honte au pays dont les rabbins soutiennent des assassins”!  

 

 

Très impressionné par l’intervention du rabbin Kook, Jabotinsky  écrira plus tard, dans une lettre adressée au rabbin Milikowski, organisateur du comité de défense des accusés, “Vous ne pouvez pas estimer la valeur de cette action… Outre son rôle décisif pour faire triompher la justice dans l’affaire Stavsky, elle aura des conséquences profondes et essentielles sur l’orientation politique et spirituelle du public hébreu en Eretz-Israël et en diaspora. Un exemple : j’ai déjà reçu plusieurs lettres demandant que je propose, lors de notre prochain Congrès mondial, une motion spéciale concernant les rapports entre l’Hatsohar (Organisation sioniste révisionniste) et la tradition religieuse”.

 

Ainsi, de l’aveu même de Jabotinsky, c’est l’intervention du rabbin Milikovsky qui suscita le changement d’orientation de son mouvement, attaché à une laïcité militante, et son évolution vers une attitude plus favorable à la tradition juive. Un an plus tard, en 1935, lors du Congrès fondateur de la Nouvelle Organisation sioniste, Jabotinsky accueille avec sympathie “l’Alliance de Yéchouroun”, courant sioniste-religieux qui vient de s’intégrer au sein du parti révisionniste, malgré la vive opposition de plusieurs membres de la Vieille Garde du parti, au rang desquels figurent Adia Gourevitz (fondateur du mouvement cananéen) et son propre fils, Eri Jabotinsky. 

 

Dans son discours prononcé devant le Congrès de la N.O.S., Jabotinsky  déclare : “Bien entendu, la religion est l’affaire privée de chacun… Dans ce domaine doit régner la liberté absolue, héritée de l’ancien libéralisme sacré… Mais ce n’est pas une question privée de savoir si le Mont Sinaï, les prophètes sont des fondements spirituels ou une momie dans une vitrine de musée, comme le corps embaumé de Pharaon…” Et il poursuit : “C’est une question essentielle et supérieure pour un État et pour notre nation, de veiller à ce que le feu sacré perpétuel ne s’éteigne pas… pour que soit préservée, au milieu du tumulte des innombrables influences qui entraînent la jeunesse de nos jours, et qui la trompent parfois et l’empoisonnent, cette influence qui est une des plus pures – l’esprit de Dieu ; pour qu’un espace subsiste pour ses partisans et une tribune pour ses promoteurs”...

 

Pierre Lurçat

 

Jabotinsky, Questions autour de la tradition juive, précédé de “État et religion dans la pensée du Roch Betar”. La Bibliothèque sioniste 2021. En vente sur Amazon.

 

Le deuxième volume de la BIBLIOTHEQUE SIONISTE VIENT DE PARAITRE:

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Parution de mon livre “Les mythes fondateurs de l’antisionisme contemporain”

June 25 2021, 08:22am

La récente Guerre des dix jours entre le Hamas et Israël a déclenché une nouvelle vague d’hostilité envers l’Etat juif, accusé de commettre des crimes de guerre, d’opprimer les Palestiniens ou d’être un Etat d’apartheid. A travers ces accusations multiples et diverses se fait jour un discours structuré, élaboré depuis plusieurs décennies, celui de l’antisionisme contemporain, qui se décline autour de quelques thèmes majeurs.

Le présent ouvrage analyse l’antisionisme comme une véritable idéologie, pour en comprendre les ressorts et les failles. Il apporte un regard informé sur ce sujet, rendu encore plus brûlant par la crise du Covid-19, qui a ravivé les flammes de la haine envers les Juifs et Israël. Après avoir analysé les différents mythes de l’antisionisme contemporain, il esquisse l’espoir de dépasser l’antisionisme, en instaurant une nouvelle relation entre Israël et ses voisins.

Le rapprochement spectaculaire entre Israël et plusieurs pays arabes du Golfe – qui s’est récemment traduit par la signature des Accords Abraham entre Israël, les Émirats arabes unis et Bahreïn – illustre la reconnaissance véritable de l’existence du peuple Juif dans sa réalité historique et géographique, par plusieurs pays musulmans, reconnaissance lourde de conséquences.

La signification théologique de ces accords est en effet plus importante encore que leur portée politique et économique. A contre-courant de la théologie arabe de la substitution, ces accords permettront peut-être de détruire le fondement théologique de l’antisionisme musulman et d’inaugurer une nouvelle ère dans les relations judéo-arabes, porteuse d’espoir pour la région et pour le monde entier.


Table des matières


Introduction – L’antisionisme contemporain, une idéologie multiforme aux racines
anciennes
Chapitre 1 – Le mythe de la Nakba et la création de l’État d’Israël
Chapitre 2 – Le mythe du génocide du peuple palestinien
Chapitre 3 – Le mythe de l’État d’apartheid
Chapitre 4 – Le mythe du Shoah Business
Chapitre 6 – Le mythe du peuple palestinien souffrant
Conclusion : dépasser l’antisionisme?

Les mythes fondateurs de l’antisionisme contemporain. Pierre Lurçat. Éditions l’éléphant – Jérusalem 2021.

En vente dans les librairies françaises d’Israël et sur Amazon.

Les demandes de service de presse doivent être adressées à pierre.lurcat@gmail.com

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