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guerre

Israël-Gaza : Comment transformer la victoire militaire en victoire politique ? Pierre Lurçat

March 4 2024, 08:04am

Israël-Gaza : Comment transformer la victoire militaire en victoire politique ? Pierre Lurçat

 

Dans une récente interview sur une chaîne française, l’historien Georges Bensoussan déclarait que “la solution militaire n’existe pas” et que la guerre menée par Israël contre le Hamas n’était “pas gagnable sur le long terme”, car “seule la solution politique est gagnable”. Ces propos convenus répètent un slogan déjà éculé de la gauche israélienne : la “solution ne peut être que politique”, et elle passe par la création d’un État palestinien. Ces slogans continuent ainsi d’être répétés comme un mantra par de nombreux intellectuels – à l’intérieur comme à l’extérieur d’Israël – qui s’obstinent à prétendre apporter des “solutions” dont le 7 octobre a pourtant démontré de manière flagrante la tragique inanité.

       En vérité, la principale leçon que l’on peut déjà tirer de la guerre menée par Israël à Gaza est exactement inverse : premièrement, Israël est en train de remporter une victoire militaire éclatante, qui dément tous les pronostics défaitistes. Deuxièmement, l’État hébreu est tout à fait capable de transformer cette victoire militaire en victoire politique, en dépit des obstacles nombreux qu’il devra pour cela surmonter. Cette transformation de l’essai a en fait déjà commencé.

Une victoire militaire sans précédent

       Le premier constat est celui de la nature sans précédent – au niveau mondial – de la victoire militaire contre le Hamas. Certes, aucun des deux objectifs principaux fixés par le gouvernement israélien (éradication de l’appareil militaire du Hamas et retour des otages) n’est encore atteint. Mais on peut d’ores et déjà dresser un bilan très positif de la guerre la plus longue depuis 1948. Comme l’explique ainsi Edward Luttwak, analyste militaire réputé, la victoire tactique remportée par le Hamas le 7 octobre est en train de se transformer en défaite stratégique face à Israël…

A cet égard, la victoire en cours met à mal un des axiomes de la pensée politique contemporaine, qui s’énonce ainsi : une démocratie ne peut pas gagner la guerre contre un mouvement de guérilla ou contre un mouvement terroriste. Ce “théorème” a souvent été entendu, depuis la guerre du Vietnam et jusqu’aux opérations américaines en Irak et ailleurs. S’il a pu être vrai dans le passé, il s’avère inexact aujourd’hui dans le cas d’Israël, pour une raison très simple : la guerre imposée à Israël par le Hamas ne ressemble aucunement à celles des États-Unis ou de la France, menées dans des pays lointains et sans frontière commune avec eux. 

Une guerre existentielle

Au Vietnam, en Indochine ou en Irak, les armées occidentales affrontaient des ennemis lointains, qui ne menaçaient pas leur existence souveraine. Israël se bat pour sa survie, pour rétablir des frontières sûres et pour restaurer sa souveraineté violée par l’attaque du 7 octobre. Cette différence cruciale explique pourquoi l’État juif déploie des efforts surhumains et fait preuve d’une incroyable capacité de résilience, tant militaire que civile. La guerre existentielle d’Israël contre le Hamas et le Hezbollah n’est pas une guerre coloniale, ni une “guerre inutile” et vouée à l’échec, face à un ennemi qui se battrait pour son indépendance. Elle est une guerre de survie, dans laquelle la seule option est celle de vaincre…

(LIRE LA SUITE dans le dernier numéro d’Israël Magazine, le pionnier de la presse francophone israélienne).

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Une étincelle d’hébreu : “Shatefet”, la maladie de l’information en temps de guerre

December 12 2023, 13:00pm

Posted by Pierre Lurçat

Une étincelle d’hébreu : “Shatefet”, la maladie de l’information en temps de guerre

“Shatefet” : le mot, néologisme récemment créé, est intéressant tant du point de vue linguistique que du point de vue de la guerre psychologique. Je ne l’avais jamais entendu avant le 7 octobre. Construit sur la racine SH-T-F (שתפ) qui signifie “partage”, avec le suffixe “ET” qui est employé pour décrire de nombreuses pathologies, il désigne donc la “maladie du partage”. Mais de quel partage et de quelle maladie s’agit-il ?

 

Pour le savoir, il faut aller sur le site de la “Direction nationale du Cyber d’Israël” (Maarakh ha-Cyber ha-Léumi). On y trouve un bandeau intitulé “Nous allons surmonter la Shatefet” et une vidéo humoristique sur une mère juive qui partage toutes sortes d’informations, plus ou moins sérieuses (“Les Houthis débarquent à Eilat !”), avec tout un chacun. La vidéo, très drôle, se termine par un message sérieux : “la maladie du partage aide l’ennemi et peut nous contaminer tous”.

 

Il s’agit donc, on l’aura compris, d’un message destiné à contrer la guerre psychologique du Hamas et des autres ennemis d’Israël. Cette vidéo met l’accent sur un phénomène très répandu dans notre monde actuel, dont les conséquences sont certes moins graves, mais parfois aussi dommageables en temps de paix : celui du partage incessant d’informations.

 

Dans un livre récent, je le décris comme une nouvelle façon de communiquer, qui remplace le débat d’idées véritable. Nous sommes constamment en proie à cette manie insurmontable de partager des contenus à tout venant, habitude qui est devenue une seconde nature. Oui, la “shatefet” est une véritable maladie, en temps de paix comme en temps de guerre ! Hag Hannoukah Saméah !

P. Lurçat

 

J'évoquerai mon dernier livre jeudi soir dans une conférence sous l'égide de l'Organisation sioniste mondiale (département pour la promotion de l'alyah)

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Comment défendre Israël à l’ère de la post-vérité ?

Conférence animée par Pierre Lurçat
 🗓️ le jeudi 14 décembre 2023
 ⏰ À 19h (heure française)
 📎 Via Zoom : https://bit.ly/Pierre_Lurcat

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Une étincelle d’hébreu : “Shatefet”, la maladie de l’information en temps de guerre

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Pourquoi nous combattons? (V) : Porter haut et fort le nom d’Israël, le “peuple qui combat avec Dieu”

December 7 2023, 07:07am

Posted by Pierre Lurçat

Pourquoi nous combattons? (V) :  Porter haut et fort le nom d’Israël, le “peuple qui combat avec Dieu”

 

Jacob ne sera plus désormais ton nom, mais bien Israël, car tu as lutté devant Dieu et avec des hommes et tu as triomphé” (Berechit, 32-4)

 

Nous sommes le peuple élu par Dieu pour porter Sa parole, et nul Juif ne peut nier cette réalité tangible, inscrite dans notre nom même. Porter haut et fort le Nom de Dieu, c’est aussi une des clés de la victoire dans la guerre actuelle, car c’est Dieu qui donne la victoire à Son peuple. Cinquième volet de ma série d’articles “Pourquoi nous combattons”.

 

Lire les précédents articles

Pourquoi combattons-nous ? (I) : La deuxième Guerre d’Indépendance d'Israël, par Pierre Lurçat - VudeJerusalem.over-blog.com

Pourquoi combattons-nous ? (II): Rétablir la souveraineté juive sur le Mont du Temple - VudeJerusalem.over-blog.com

Pourquoi combattons-nous ? (III) Définir l’ennemi pour gagner la guerre, Pierre Lurçat - VudeJerusalem.over-blog.com

Pourquoi nous combattons (IV) : Quand la “Start-up nation” fait son “restart” Pierre Lurçat - VudeJerusalem.over-blog.com

 

            En novembre 1941, la philosophe d’origine juive Hannah Arendt publiait dans la revue juive allemande new-yorkaise Aufbau un article intitulé “L’armée juive, le début d’une politique juive ?” Arendt, qui a toujours entretenu un rapport ambigu avec Israël, y écrivait pourtant les lignes suivantes : ““Le peuple juif commence pour la première fois à découvrir une vérité qu’il ignorait jusqu’à présent, à savoir qu’on ne peut se défendre qu’en qualité de ce au nom de quoi on a été attaqué. Un homme qui a été attaqué en tant que Juif ne peut pas se défendre en tant qu’Anglais ou que Français, sinon le monde entier en conclura tout simplement qu’il ne se défend même pas”.

 

            Ces lignes résonnent avec une pertinence particulière pour le lecteur juif d’aujourd’hui, alors qu’Israël se bat à Gaza contre un ennemi cruel, qui l’a ramené soixante-quinze ans en arrière. Le traumatisme ressenti par le peuple d’Israël tout entier le 7 octobre a été vécu en effet comme un retour en arrière, comme une immense régression historique et existentielle et comme un retour à l’époque noire de la Shoah. C’est comme si, avec la barrière supposée protéger le territoire israélien des attaques venues de Gaza, une autre barrière – abstraite et psychologique – s’était elle aussi effondrée : la barrière que nous croyions avoir érigée entre notre passé juif de l’exil et notre avenir d’Israéliens. Comme si l’identité israélienne, fondée largement sur la négation de l’exil et de ses malheurs, s’était soudain déchirée, pour laisser réapparaître la condition malheureuse du Juif éternel.

 

            La parasha hebdomadaire que nous avons lue ce shabbat contient précisément le moment clé de notre histoire nationale, celui où Yaakov-le Juif devient Israël. C’est en effet après le combat nocturne avec l’ange que le patriarche reçoit le nom d’Isra-El, “car tu as lutté devant Dieu et avec des hommes”. Le nom d’Israël porte ainsi le souvenir de ce combat nocturne, et le rabbin Elie Munk commente ainsi cet épisode fameux : “Israël signifie, en conséquence, ‘lutteur devant (ou pour) Dieu… Telle est en effet la tâche d’Israël. Sa lutte millénaire au sein de l’humanité est la lutte pour le royaume de Dieu sur terre”.

 

            Comment ne pas établir un lien entre cette parasha (et entre toutes celles que nous lisons depuis le début de la guerre, qui a éclaté précisément au moment de l’année où l’on recommence la lecture de la Torah par le livre de Berechit) et les événements actuels ? Beaucoup d’Israéliens, et parmi eux de nombreux soldats qui se battent actuellement dans la bande de Gaza, ont été frappés par les similitudes entre l’actualité la plus brûlante et le récit biblique. Beaucoup ont interprété les événements actuels à la lumière du récit des débuts de la famille d’Avraham, et des conflits entre Yaakov et Esaü d’une part, et entre Yaakov et Ishmaël de l’autre.

 

Le débat autour de la Déclaration d’indépendance

 

            Pendant 75 ans, entre 1948 et 2023, nous avons cru que notre nouvelle identité d’Israéliens avait entièrement effacé celle du Juif de l’exil, que représente le patriarche Yaakov. L’attaque meurtrière du 7 octobre a signifié que nous étions encore victimes de la haine séculaire, des pogromes et des tentatives d’extermination, jusque dans notre Etat souverain sur notre terre retrouvée. Mais cette régression sur le plan de l’idéologie sioniste peut aussi être significative pour (re)définir notre identité nationale en vue de l’avenir. Dans ce contexte, l’enjeu identitaire de l’après-guerre de Simhat Torah sera de reconstruire une nouvelle vision nationale israélienne, fondée non plus seulement sur la négation de l’exil, mais sur l’affirmation d'une nouvelle identité hébraïque prophétique.

 

Au cours des mois qui ont précédé la guerre, le peuple israélien s'est divisé et déchiré autour de la question de son identité. Certains ont revendiqué la Déclaration d'indépendance comme un symbole d'une identité laïque. Lors de son adoption en 1948, les signataires de la Déclaration d'indépendance avaient débattu de l'inclusion ou non du nom de Dieu dans son texte. Le compromis trouvé in fine avait consisté à ajouter l'expression de “Rocher d’Israël” (Tsur Israël), qui est une des désignations de Dieu selon la Tradition. Un député religieux avait alors ajouté avant sa signature l’expression “à l’aide de D.” pour ajouter ainsi, subrepticement, le nom de Dieu. Mais en réalité, avec ou sans ces subterfuges, la Déclaration d’Indépendance comportait déjà le nom de Dieu !

 

Celui-ci figure en effet dans le nom de notre Etat, “Etat d’Isra-El”, qui a été choisi par David Ben-Gourion, le fondateur de l’Etat juif qui, bien que Juif non pratiquant et loin de la tradition, avait la Bible pour livre de chevet. Ainsi, le débat autour de l’inclusion du Nom de Dieu dans la Déclaration d’Indépendance, comme bien d’autres débats virulents qui ont divisé le peuple d’Israël depuis, était en fait futile et vain. Nous sommes le peuple élu par Dieu pour porter Sa parole, et nul Juif ne peut nier cette réalité tangible, inscrite dans notre nom même. Porter haut et fort le Nom de Dieu, c’est aussi une des clés de la victoire dans la guerre actuelle, car c’est Dieu qui donne la victoire à Son peuple.

P. Lurçat

Livre disponible sur Amazon, B.O.D et dans les bonnes librairies. Je l’ai évoqué au micro d’Antoine Mercier sur sa nouvelle chaîne Mosaïque.

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Pourquoi nous combattons? (V) :  Porter haut et fort le nom d’Israël, le “peuple qui combat avec Dieu”

Comment défendre Israël à l’ère de la post-vérité? Peut-on encore faire entendre le point de vue israélien, dans un monde  où les médias ne croient plus eux-mêmes à l’objectivité journalistique et diffusent les mensonges du Hamas, sans aucune vérification? Si tous les “narratifs” se valent, comment peut-on être pro-Israélien? Et si la Vérité elle-même n’existe plus, quel peut-être le message d’Israël?

Pierre Lurçat abordera ces questions brûlantes à l’occasion de la parution de son dernier livre, Face à l’opacité du monde (éditions l’éléphant).

Animé par Pierre Lurçat
🗓️ le jeudi 14 décembre 2023
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Une étincelle d’hébreu : Hashem Ish mil'hama, L’Eternel est un soldat

November 22 2023, 08:41am

Posted by Pierre Lurçat

Une étincelle d’hébreu : Hashem Ish mil'hama, L’Eternel est un soldat

La guerre qui a commencé le jour de Simhat Torah est l’occasion de relire nos textes fondateurs et d’y trouver un sens nouveau. La « Shirat ha-Yam », le Cantique de la mer que nous lisons tous les matins dans la prière quotidienne contient cette expression mystérieuse, tirée du livre de l’Exode : « L’Eternel est le maître des batailles, l’Eternel est son nom ». Que signifie cette expression, Ish mil’hama, en quoi l’Eternel peut-il être qualifié de « Ish » et comment son Nom est-il lié à la guerre ?

 

            A ces questions d’ordre théologique, nous avons reçu une réponse éclatante depuis le début de la guerre. Comme l’explique le rav Yoav Ouriel, dans un cours de Torah diffusé depuis le front où il actuellement mobilisé, « le peuple d’Israël a découvert un nouveau Nom de Dieu… Découvrir un nouveau Nom de Dieu, c’est comme expérimenter une nouvelle Création ! Il y a des facettes du Créateur que nous ne connaissions pas jusqu’à ce jour. ‘’L’Eternel maître des batailles” est un nouveau Nom de Dieu ».

 

            Mais en réalité, l’expression Ish mil’hama signifie autre chose que la traduction qu’en donne la Bible du rabbinat français, sous la direction du grand-rabbin Zadoc Kahn, de « maître des batailles ». Ish mil’hama veut dire littéralement un « homme de guerre », c’est-à-dire un soldat. Cette expression, ce nouveau Nom de D.ieu, comme l’explique le rav Yoav Ouriel, signifie que D.ieu combat avec nos soldats, Il est bien présent sur le champ de bataille de Gaza, comme en ont attesté des dizaines de soldats et d’officiers qui combattent en ces moments mêmes contre l’ennemi.

 

            Après le grand Hilloul Hashem, la « profanation du Nom » du 7 octobre, et ce que certains ont voulu interpréter comme un « Hester Panim », un voilement de la face de D.ieu, nous assistons à présent au grand dévoilement de la présence divine, d’un D.ieu qui combat avec Son peuple, contre Ses ennemis. Oui, « Hashem Ish mil’hama, Hashem Shemo ! »

           

P. Lurçat

NB Mon nouveau livre, Face à l’opacité du monde, paraît ces jours-ci aux éditions l’éléphant. Il est disponible sur Amazon, B.O.D et dans les bonnes librairies. Je l’ai évoqué à l’antenne d’Antoine Mercier sur sa chaîne Youtube Mosaïque.

Une étincelle d’hébreu : Hashem Ish mil'hama, L’Eternel est un soldat

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Une étincelle d’hébreu : “Shok Al-Yarekh”, à plate couture

November 15 2023, 08:43am

Posted by Pierre Lurçat

Une étincelle d’hébreu : “Shok Al-Yarekh”, à plate couture

“Nous allons vaincre le Hamas à plate couture”. De telles déclarations abondent dans les médias israéliens depuis le 7 octobre. L’expression employée en hébreu, “Shok al-yarekh”, mérite qu’on s’y arrête. On la trouve pour la première fois au Livre des Juges (15-9), dans le récit de la guerre menée par Samson contre les Philistins. “Et il les battit dos et ventre” (Shok al-Yarekh). La traduction du rabbinat rend de manière plaisante l’original, qui signifie mot à mot “cuisse sur le jarret”.

 

D’où vient cette expression ? Selon de nombreux commentateurs, elle signifie que les cavaliers (désignés de manière métaphorique par la cuisse) triomphent des fantassins (désignés par le jarret). Nous n’avons plus de cavaliers aujourd’hui, pourtant l’expression est demeurée bien vivante. Mais pour qu’Israël batte le Hamas et ses autres ennemis à plate couture, il ne suffit pas de faire montre de sa force militaire.

 

Comme l’a dit hier soir le ministre de la Défense, Yoav Galant, qui porte le prénom d’un chef de l’armée du roi David, “nous vaincrons avec l’aide de D.”. Il est frappant de constater que des soldats, des officiers et des dirigeants de plus en plus nombreux prennent aujourd’hui conscience de ce “secret” qui accompagne le peuple Juif depuis les débuts de son histoire : la victoire appartient à l’Eternel. Que l’Eternel protège nos soldats et qu’il nous donne la victoire, “Shok al-Yarekh”!

P. Lurçat

NB J'ai donné une interview à Antoine Mercier sur la chaîne Mosaïque, sur le sujet "La guerre du bien absolu contre le mal absolu".

 

Pierre Lurçat - Israël face à l'opacité du monde - La guerre du bien absolu contre le mal absolu - YouTube

 

Une étincelle d’hébreu : “Shok Al-Yarekh”, à plate couture

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Non Monsieur Macron, ne venez plus jamais pleurer sur nos morts!

November 12 2023, 07:28am

Posted by Pierre Lurçat

Non Monsieur Macron, ne venez plus jamais pleurer sur nos morts!

Monsieur le Président de la République française,

 

Vous ne viendrez donc pas à la manifestation contre l'antisémitisme qui se tiendra aujourd'hui à Paris. Contrairement à François Mitterrand – qui avait bien des choses à se reprocher à l'endroit du Peuple Juif – mais qui défila pourtant contre l'antisémitisme après Carpentras. Contrairement à Nicolas Sarkozy et à d'autres anciens présidents qui seront cet après-midi dans les rues de Paris, pour dire non à l'antisémitisme qui insulte, qui agresse et qui tue des Juifs français.

 

Vous ne viendrez pas et nous ne vous regretterons pas !

En effet, vos dernières déclarations contre Israël ont révélé au grand jour ce que vous pensez et à qui vont votre sympathie et votre compassion. Après avoir retardé votre visite en Israël, toujours au nom de cette hésitation permanente et de cette incapacité de trancher qui sont les marques de fabrique de votre personnalité et de votre politique, vous avez fini par trancher… et vous avez tranché contre Israël !

 

Votre petite phrase assassine, dans laquelle vous « exhortez Israël à cesser de bombarder des civils » palestiniens à Gaza, a montré aux yeux du monde entier dans quel camp vous êtes désormais. Ces mots indignes seront inscrits en lettres d'airain dans l'histoire des peuples, aux côtés d'autres petites phrases comme celle du général De Gaulle sur le « peuple juif sûr de lui et dominateur » ou comme celle de Raymond Barre sur les « Français innocents »... Vous êtes ainsi entré dans l'Histoire par la petite porte, celle des dirigeants français qui ont pris fait et cause contre Israël, aux moments les plus difficiles de son histoire.

 

Votre attitude ne fait pas honneur à la France, mais nous savons, nous Israéliens, qu'elle ne représente pas l'ensemble des Français.  Nous savons que la France profonde ne se confond pas avec ses dirigeants et que, même aux moments les plus noirs de la collaboration, de simples citoyens se sont levés contre la barbarie et contre l'occupant. Ce sont ces Français qui manifesteront contre l'antisémitisme et qui, pour beaucoup d'entre eux, ont compris que le combat d'Israël était juste, totalement juste, car Israël se bat pour sa survie et pour celle du monde civilisé contre la barbarie.

 

Alors, Monsieur le président de la République, ne venez plus jamais pleurer sur nos morts, ni dans nos synagogues, ni à Yad Vashem. Ne venez plus jamais verser des larmes de crocodile sur les victimes juives, israéliennes et françaises, de la barbarie du Hamas et des Palestiniens que vous soutenez. Gardez vos larmes et gardez votre fausse commisération. Le peuple de France mérite d'autres dirigeants. Le peuple d'Israël lui, se souviendra de votre trahison. Nous n’oublierons pas et nous ne pardonnerons pas.

P. Lurçat, Jérusalem

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Non Monsieur Macron, ne venez plus jamais pleurer sur nos morts!

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Une étincelle d’hébreu : Kitour, l’encerclement

November 6 2023, 08:22am

Posted by Pierre Lurçat

Une étincelle d’hébreu : Kitour, l’encerclement

Alors que nos valeureux soldats se battent autour de la ville de Gaza, arrêtons-nous sur un mot qu’on entend beaucoup ces derniers jours dans les médias israéliens : Kitour. La racine K-T-R est celle du mot Keter, bien connu de tout Juif qui a entendu parler des dix Sephirot. Keter, c’est la couronne, au sens classique et également dans celui plus moderne, de couronne d’une dent. C'est aussi la  première Sephira et la plus élevée. Forgé sur la même racine, le mot Kitour désigne le fait de couronner, et au sens militaire, d’encercler. Mais quel rapport entre l’encerclement de Gaza par Tsahal et la “couronne”, Keter ?

 

Le pogrome du 7 octobre a été un immense “Hilloul Hachem”, une profanation du Nom divin. Le but de la guerre actuelle n’est pas seulement d’éliminer le Hamas et de reconquérir Gaza (bH) mais il est aussi de restaurer la force de dissuasion de Tsahal et, au-delà, la dignité et l’honneur d’Israël. C’est donc bien la “Couronne” (Keter) qu’il faut rétablir, celle de la royauté d’Israël et celle de la Royauté divine, du “Dieu des armées” qui guide nos soldats et leur donne la victoire.

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Qu’elles sont belles tes tentes, ô Jacob, tes Demeures ô Israël !

October 31 2023, 08:03am

Posted by Pierre Lurçat

Ori Megidish avec sa grand-mère

Ori Megidish avec sa grand-mère

Pour la première fois depuis le début de la guerre, j’ai ressenti, avec tout le peuple d’Israël, un moment de joie véritable et entière. En apprenant la libération par Tsahal de la jeune soldate Ori et en voyant les images émouvantes de sa famille fêtant son retour, c’est comme si nous réapprenions à sourire, à nous réjouir et à croire en l’avenir… Oui, ce qui était le plus émouvant dans ces images, comme l’a justement observé ce matin Yedidia Meir sur Galé Israël, c’était de voir cette Emouna simple et profonde, cette foi inébranlable en l’Eternel et en notre victoire.

 

C’est cette Emounah qui constitue le cœur de notre éthos national le plus profond, le plus ancien, celui qui remonte jusqu’à l’époque de nos Patriarches, dont nous lisons ces jours-ci l’histoire dans le Livre de Berechit. (Sans doute y a-t-il un sens profond, et qui nous échappe, au fait que cette guerre terrible ait éclaté justement le jour de Simhat Torah, où nous recommençons la lecture du Pentateuque, des cinq Livres de Moïse…) Cette foi profonde et enracinée et cette joie simple et pure sont les deux aspects, les deux facettes d’une même pièce, d’une même réalité qui est celle de l’identité profonde de notre peuple.

 

Et ce matin aussi, sur Galé Israël, Hagit Rein, la mère du soldat Benaya Rein H.y.d. tombé pendant la Deuxième Guerre du Liban. Elle parlait des familles endeuillées qu’elle visite et des soldats blessés sur leur lit d’hôpital, qui n’attendent que le moment de retourner sur le front. Quelle force dans ce peuple, quelle détermination et quel amour ! Qu’elles sont belles tes tentes, ô Jacob, tes Demeures ô Israël !

P. Lurçat

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Les intellectuels juifs face à la guerre en Israël (II) Biais cognitifs, préjugés et présupposés idéologiques

October 29 2023, 09:14am

Posted by Pierre Lurçat

Alain Finkielkraut, BHL et Benny Levy z.l.

Alain Finkielkraut, BHL et Benny Levy z.l.

Lire la première partie :

Les intellectuels juifs face à la guerre en Israël (I) : le serment solennel d’André Neher - VudeJerusalem.over-blog.com

 

Une délégation du CRIF a effectué un voyage éclair en Israël pour se rendre compte sur place des atrocités du Hamas. Au retour de ce déplacement, l’ancien président du CRIF, Richard Prasquier, a publié un article dont j’extrais la ligne suivante : ”A proprement parler, ce voyage ne nous a rien appris que nous aurions ignoré”. Si je souligne cette phrase précisément, c’est parce qu’elle permet de comprendre un mécanisme cognitif omniprésent dans la manière dont nous regardons et analysons les événements. Nous sommes atterrés par l’horreur, emplis de colère et d’effroi, mais en définitive, nous avons tendance à juger l’événement, si terrible et inédit dans l’horreur qu’il soit, à l’aune de ce que nous savons déjà.

 

Ce biais cognitif bien connu – et qui a été encore renforcé par les effets des médias sociaux, qui nous confortent sans cesse dans nos opinions – est présent chez chacun de nous, y compris les intellectuels et ceux qui ont pour activité quotidienne d’analyser, avec autant de sang-froid que possible, les événements. Or, face à l’événement, le devoir premier de l’intellectuel n’est-il pas de tenter de s’abstraire de ses préjugés, de ses croyances bien ancrées et de ses habitudes de pensée ? Cette guerre, dont beaucoup disent en Israël qu’elle marque un tournant décisif dans notre histoire, ne devrait-elle pas être l’occasion de porter un regard neuf sur le monde ? Essayons de voir, à travers quelques exemples, si les intellectuels juifs ont réussi, depuis le 7 octobre, à s’élever au-dessus d’eux-mêmes pour être à la hauteur de la situation.

 

Est-ce que “Toutes les vies se valent” ?

 

L’historien israélien (exilé aux Etats-Unis) Omer Bartov se félicite, dans les colonnes du Monde, d’avoir signé la pétition contre l’occupation “The Elephant in the room”, expliquant : “Notre mise en garde était la suivante : l’« éléphant dans la pièce », c’était l’occupation, un enjeu auquel ce mouvement de protestation refusait en grande partie de se confronter. Moins de deux mois plus tard, le sort des Palestiniens sous domination israélienne ou sous siège israélien nous a littéralement explosé à la figure. En ce sens, j’ai été choqué et horrifié, mais pas surpris”. Ce faisant, il reprend à son compte le double mensonge de “l’occupation” et du “siège israélien” de Gaza, comme si l’attaque du Hamas était dirigée contre telle ou telle politique israélienne et non contre les Juifs en tant que tels… Piètre analyse pour un spécialiste de la Shoah !

 

            Dans le même journal, le philosophe Jacob Rogozinsky pointe justement la fausseté de l’argument moral selon lequel “toutes les vies se valent”, employé pour dénoncer la riposte israélienne, en rappelant cette évidence : “Nous devons faire la différence entre une stratégie militaire qui entraîne comme « conséquence indirecte » la mort de civils et une stratégie génocidaire pour laquelle l’assassinat en masse de civils est un « but en soi ». Rogozinsky s’oppose sur ce point précis à Judith Butler, la “papesse” de la théorie du genre, qui prétend dénoncer les manifestations pro-Hamas à Harvard, tout en affirmant quenous devons nous efforcer de comprendre les raisons de la formation de groupes comme le Hamas, à la lumière des promesses rompues d’Oslo et de cet « état de mort, à la fois lente et subite » qui décrit bien l’existence des millions de Palestiniens vivant sous occupation, et qui se caractérise par une surveillance constante, la menace d’une détention sans procès, ou une intensification du siège de Gaza pour priver ses habitants d’eau, de nourriture et de médicaments..”

 

            Le propos de Butler est révélateur de l’état de confusion morale qui règne dans les universités américaines et françaises, confusion à laquelle les intellectuels juifs n’échappent pas. A ce sujet précisément, Alain Finkielkraut a raison de rappeler que le “wokisme est antisémite” et que ce n’est nullement un hasard si les théories fumeuses qui sont devenues une véritable idéologie dominante (voir sur ce sujet le livre éclairant de Shmuel Trigano) aboutissent à prendre la défense du Hamas contre Israël… Dans un registre différent, l’intellectuel américain Michael Walzer explique dans la revue K que « la justice exige la défaite du Hamas, pas la vengeance contre les Palestiniens ». Cette thématique est développée par plusieurs intellectuels juifs, qui établissent une distinction nette entre « justice » et « vengeance », ce dernier terme étant connoté négativement à leurs yeux. Ils oublient ce faisant que le mouvement sioniste a aussi été l’expression d’une réappropriation par le peuple juif de la violence, après que la vengeance ait été si longtemps réservée à Dieu seul (« Que D. venge son sang ! » est l’expression traditionnelle de cette réalité propre à l’exil).

 

« Contextualiser » les exactions du Hamas ?

 

La Deuxième Guerre mondiale avait vu des cohortes d’intellectuels se déshonorer dans la collaboration, mais ce qui est nouveau, aujourd’hui, c’est de voir des intellectuels refuser de trancher, en prétendant “contextualiser” (y compris lorsqu’ils prétendent ne pas le faire !) la violence du Hamas. Leur absence de critères moraux clairs aboutit à un magma intellectuel dans lequel, pour reprendre l’expression d’un humoriste français, on donne “cinq minutes de parole aux Juifs et cinq minutes aux nazis” (du Hamas). Comme l’explique justement Raphael Enthoven, “Les gens qui croient approfondir les choses en justifiant la barbarie du Hamas par le contexte géopolitique sont, à leur insu, les relais actifs d’une entreprise d’extermination qui n’a besoin, pour passer à l’acte, que d’un alibi”.

 

            Alain Finkielkraut lui-même, malgré tout son courage maintes fois démontré et toute sa bonne volonté, ne tombe-t-il pas dans le même travers, lorsque – après avoir bien démonté l’argumentation qui trouverait des justifications ou des motivations politiques aux exactions du Hamas, et expliqué que “pour le Hamas, l’Etat juif est une ecchymose sur l’épaule de l’islam” – il affirme que “Nétanyahou est un dirigeant catastrophique… dont la réforme judiciaire visait à laisser les coudées franches aux colons de Cisjordanie…” Cet argument fallacieux a été répété et décliné à maintes reprises depuis le 7 octobre. Selon une version un peu différente, l’armée israélienne aurait failli à la frontière de Gaza parce qu’elle était occupée à “protéger les colons de Cisjordanie”...

 

L’argument n’est pas seulement moralement absurde (en quoi les habitants juifs de Judée-Samarie seraient-ils moins dignes d’être défendus que les autres Israéliens ?). Il est aussi erroné sur le plan militaire et stratégique. La première leçon, simple et presqu’évidente, des terribles événements du 7 octobre, est que la frontière d’Israël se situe là où vivent et habitent des Juifs. Leçon qu’avaient bien compris les pères fondateurs de notre Etat, de Jabotinsky à Ben Gourion. Lorsque l’armée a expulsé les habitants du Goush Katif, sur l’ordre d’Ariel Sharon, elle a placé en première ligne les habitants du pourtour de Gaza. Les circonstances dramatiques nées de l’attaque du Hamas exigent de chacun de nous, à son niveau, de prêter le serment d’André Neher pendant la guerre des Six Jours, en  identifiant “le tout de sa pensée, de son action, de sa personne avec Israël, avec sa lutte, corps et âme, en résolution d’acier, en disponibilité de jour et de nuit…” Que D. protège nos soldats et notre peuple jusqu'à la victoire! (à suivre…)

P. Lurçat

Les intellectuels juifs face à la guerre en Israël (II) Biais cognitifs, préjugés et présupposés idéologiques

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Comment vaincre face au Hamas : Pourquoi le « Code éthique de Tsahal » est devenu obsolète, Pierre Lurçat

October 24 2023, 13:39pm

Posted by Pierre Lurçat

Comment vaincre face au Hamas : Pourquoi le « Code éthique de Tsahal » est devenu obsolète, Pierre Lurçat

 

Parmi les nombreuses conceptions qui se sont avérées obsolètes, au lendemain du samedi noir du 7 octobre 2023, il en est une qui pourrait jouer un rôle crucial dans la capacité d’Israël à triompher du Hamas et à assurer la sécurité d’Israël dans l’avenir. Je veux parler du fameux « Code éthique de Tsahal ». Comme l’expliquait le rabbin et mathématicien Eliahou Zini, il y a déjà 18 ans, « le code éthique de Tsahal affirme que l’objectif de Tsahal est de ‘faire entrave aux efforts de l’ennemi visant à perturber le cours normal de la vie’, comme si “la défense d’Israël se réduisait à la mise en place d’un abri pour sa population »[1].

 

Ces lignes rédigées en 2006 exposent de manière prémonitoire la situation absurde à laquelle nous sommes parvenus, après plusieurs décennies durant lesquelles le post-sionisme a régné au sein des universités israéliennes (comme celle où enseignait l’auteur du Code éthique de Tsahal, Asa Kasher), des médias et d’une large partie de l’establishment sécuritaire et militaire. Aux yeux du distingué professeur de philosophie, Tsahal aurait pour objectif de « faire entrave aux efforts de l’ennemi » et non pas de vaincre, d’annihiler ou de détruire l’ennemi. Fort heureusement, les chefs de Tsahal et les dirigeants de notre petit pays semblent avoir compris – mieux vaut tard que jamais - après la terrible piqûre de rappel du 7 octobre, que nos ennemis avaient, quant à eux, la volonté de nous exterminer, et qu’il fallait en conséquence détruire le Hamas, et pas seulement « faire entrave à ses efforts ».

 

La différence n’est pas purement sémantique. En réalité, ce sont tous les présupposés et les fondements philosophiques et moraux du code éthique de Tsahal qui sont erronés. Parmi ces présupposés, j’en désignerai trois. Le premier est celui selon lequel l’ennemi aurait pour objectif de « perturber le cours normal de la vie » des citoyens israéliens. L’ennemi – qu’il s’agisse du Hamas, du Hezbollah, de l’Iran, du Djihad islamique ou même du Fatah – a pour unique et constant objectif de détruire Israël et de tuer tous les Juifs. « Perturber le cours normal de la vie » est un euphémisme insupportable, qui relève d’un langage totalement déconnecté de la réalité dans laquelle nous vivons.

 

Le second présupposé est celui de la « dignité humaine », ou même de l’humanité de nos ennemis. Quand le code éthique de Tsahal explique doctement que « Tsahal et ses soldats sont tenus de préserver la dignité humaine » et que « tous les êtres humains ont une valeur inhérente, indépendamment de leur race, de leur religion, de leur nationalité, de leur sexe ou de leur statut », il s’agit d’une erreur de perspective, à la fois militaire et morale. Imagine-t-on l’armée américaine affirmer qu’elle veut « préserver la dignité humaine des Allemands » en pleine Deuxième Guerre mondiale ?

 

Entraver l’ennemi ou l’éradiquer ?

 

Le troisième présupposé, sans doute le plus nocif, est celui selon lequel l’objectif de Tsahal serait limité à contrecarrer les projets de nos ennemis, et non à les vaincre. Comme je l’écrivais en 2018, le problème fondamental auquel Israël est confronté aujourd’hui n’est pas militaire, mais avant tout moral. Il s’agit essentiellement d’un problème de perception de soi et d’aveuglement volontaire. On peut le définir dans les termes suivants : Israël ne sait pas comment triompher du Hamas, parce qu’il est dépourvu de la conviction intime, tant morale que politique, que la victoire est possible et nécessaire.

 

Au lendemain de la terrible attaque de Simhat Torah, il faut croire et espérer que la société israélienne a enfin acquis cette conviction intime et que nos soldats, qui sont pleins d’ardeur guerrière et de détermination, pourront mener à bien leur mission nécessaire jusqu’au bout, c’est-à-dire jusqu’à la victoire totale, sans être entravés par un « Code éthique » inadapté et déconnecté de la réalité. A cet égard, un signe encourageant est cet encart publié dans plusieurs journaux ce shabbat :

 

« Code moral de l’armée d’Israël - Je suis prêt à me sacrifier pour sauver le peuple d’Israël. Les ennemis doivent être anéantis et non pas neutralisés. La population qui soutient le terrorisme est un ennemi. Un ordre qui met en danger la vie de civils ou de soldats pour préserver l’ennemi est un ordre illégal. C’est un impératif moral de détruire le mal, dans l’intérêt de l’humanité entière ».

 

Ce nouveau « code moral » se termine par un verset de la Bible, tiré des Psaumes du roi David, qui était aussi un grand chef de guerre : « Je poursuis mes ennemis, je les atteins ; point de relâche que je ne les aie détruits ». Tout lecteur sensé comprendra combien ces paroles du Psalmiste sont bien plus cohérentes et adaptées à la guerre contre le Hamas que les considérations idéalistes d’un professeur de philosophie, auteur d’un « code éthique de Tsahal », devenu du jour au lendemain entièrement obsolète depuis le 7/10. (à suivre…)

 

P. Lurçat

 

 

[1] Eliahou Zini, “Code éthique ou matraquage politique”, Forum Israël No. 3, “Le temps de la guerre”, éditions Ivriout 2006. Cité dans mon livre La trahison des clercs d’Israël, La Maison d’édition 2016.

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