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dhimmitude

Racines historiques de la dhimmitude actuelle, Bat Ye'or

June 2 2021, 13:20pm

Posted by Bat Ye'or

 

Suite à mon article "Les Juifs de France entre Djihad et dhimmitude", Bat Ye'or m'a adressé la réponse suivante (le titre est le mien). P. Lurçat

 

Pierre Lurçat a fait un bien triste constat : le silence de la communauté juive française et de ses nombreux amis non-juifs lors de l’attaque génocidaire du Hamas sur l’ensemble de la population d’Israël en mai 2021. Génocidaire parce que le Hamas, comme l’OLP, ont inscrit dans leur Charte l’éradication de l’Etat et du peuple hébreu, but central du nazisme également. Cette communion idéologique ne devrait pas étonner quand on connait la stratégie fusionnelle du djihadisme et du nazisme dès les années 1930s et dont Amin al-Husseini, le chef palestinien, fut le ténor le plus représentatif sur la scène internationale et notamment dans l’oumma. Cette collaboration nazie-djihadiste sur les fronts de guerre et de la propagande continua dans la guerre de 1948-49 contre Israël quand dès 1947 les mercenaires des pays arabes frontaliers renforcés par ceux d’une Wehrmacht en déroute envahirent la Palestine encore sous mandat britannique pour harceler le Yichouv.

Al-Husseini et Hitler

 

On peut comprendre pourquoi en 1948 la victoire de l’Etat hébreu fut accueillie avec une morne et funèbre hésitation dans une Europe où, trois ans plus tôt sous les régimes de la collaboration avec le IIIe Reich, le nazi-djihadisme fleurissait en toute impunité dans les camps de déportation et d’extermination sur tous les territoires des pays occupés. Si bien que de nombreux nazis  des deux côtés de la Méditerranée s’islamisèrent et que Hitler et Himmler rêvaient d’une Europe musulmane, débarrassée de son christianisme contaminé par ses racines juives. Ainsi débutèrent les refus répétés euro-djihadistes en 1949, 1967, 1973 etc. des victoires israéliennes, les subventions faramineuses aux populations arabes de Palestine privilégiées dès 1949 par un statut unique générationnel de réfugiées héréditaires, et les plans de paix euro-arabes qui n’étaient qu’un suicide déguisé imposé à Israël.    

 

Mais cette situation de dhimmitude que déplore Lurçat, n’est pas seulement celle des juifs de France, elle est celle du judaïsme européen laminé par la Shoah. Prévisible dès  novembre 1973 par la reddition de la Communauté européenne au terrorisme djihadiste de l’OLP soutenu par le boycott du pétrole de la Ligue arabe, la dhimmitude se développa en Europe dans les années 1980s-1990s par les menaces contre les synagogues et les lieux culturels juifs et israéliens. Cependant cette dhimmitude qui censure la parole, exonère l’agresseur et accuse la victime, qui maintient les populations dans la peur n’est pas réservée aux seuls Juifs français. Elle pèse sur les Européens quelles que soient les religions et dont les villes parcourues de foules haineuses évoquent les manifestations djihadistes d’Irak, de Syrie, d’Egypte, du Maghreb. Cette dhimmitude que vivent tant de populations européennes qui ignorent même ce mot ne concerne pas d’ailleurs que les juifs. Qui donc a vu dans les rues d’Europe de grands rassemblements favorables aux Arméniens protestant contre les attaques unifiées des Azéris et des Turcs dans la province arménienne du Karabakh ?

 

Cette dhimmitude, n’en sommes-nous pas en partie responsables ? Comment peut-on lutter contre quelque chose que l’on ne voit pas, ne comprends pas ni ne nomme ? Et si l’on est si aveugle, si démuni n’est-ce pas parce que les "Hautes Autorités Suprêmes" qui détiennent les clés du Savoir et leurs réseaux de gauleiters ont interdit ce champ particulier de la connaissance, qui pour l’observateur et analyste des mutations de sociétés sur le temps long, n’est autre que la transformation de civilisations dont l’Histoire nous offre tant d’exemples. Trahisons pour les perdants ? Heureuses opportunités pour d’autres ? Pour ne pas dire collaborateurs.

Bat Ye'or        

Bat Ye’or (photo : Pierre Lurçat)

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Les Juifs de France entre Djihad et dhimmitude

June 1 2021, 07:07am

Posted by Pierre Lurçat

À Bat Ye'or, la "fille du Fleuve"

À ma question de savoir pourquoi aucune manifestation de soutien à Israël n’avait été organisée à Paris, une amie venue de France juste après la fin de la guerre de Gaza me répondait qu’il y avait eu une très grande manifestation… contre la décision de la Cour de cassation dans l’affaire Sarah Halimi. Repensant après coup à cette réponse évasive, j’ai compris qu’elle était tout à fait significative de la situation des Juifs de France aujourd’hui. Plongée dans un état de déréliction sans précédent depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, et encore sous le choc de l’impunité offerte à l’assassin de Sarah Halimi par les plus hautes instances judiciaires françaises, la communauté juive est totalement incapable de penser à exprimer sa solidarité avec Israël. L’absence de manifestation publique de soutien à l’État juif frappé par les missiles du Hamas n’est pas tant un signe de manque de solidarité, qu’un témoignage criant de la situation dramatique dans laquelle se trouve aujourd’hui le judaïsme français.

Pour décrire cette situation et la qualifier politiquement, j’emploierai le concept forgé par l’historienne Bat Ye’or, auteur de travaux importants sur la condition des minorités juives et chrétiennes sous l’islam : la dhimmitude. Ce concept permet en effet de comprendre la situation actuelle du judaïsme français, et en particulier son incapacité de réagir efficacement aux attaques dont il est victime et d’affirmer sa solidarité de destin avec Israël. Les « voix autorisées » du judaïsme français – qui continuent de se penser comme membres à part entière de la communauté nationale – tiennent un discours largement déconnecté de la nouvelle réalité apparue à l’aube des années 2000. Cette réalité peut être décrite comme la mise à l’écart progressive des Juifs et leur stigmatisation par les médias et par une partie de la classe politique française, au nom de l’antisionisme largement partagé et du soutien au « peuple palestinien ».

Comme l’observe Shmuel Trigano, à propos de la récente déclaration du ministre des Affaires étrangères français, évoquant un « risque d’apartheid » en Israël1,

« la France franchit un pas dans l’adoption du discours de la cause palestinienne et des tenants du BDS, c’est-à-dire du boycott de tout ce qui est israélien, en vue de faire d’Israël le paria des nations »2.

Or, quelle a été la réaction des dirigeants de la communauté juive à cette déclaration, d’une gravité sans précédent ? Quasiment nulle. Sur le site du CRIF, censé représenter politiquement le judaïsme de France, on ne trouve aucune réaction officielle, mis à part une analyse pertinente des implications de cette déclaration, signée du président du Bnai Brith, Philippe Meyer (crif.org)3. Mais aucun communiqué du CRIF ne dénonce cette déclaration d’une gravité sans précédent. Silence également du côté du Grand Rabbin de France, candidat à sa réélection. (Quant au rabbin Michaël Journo, lui aussi candidat au grand rabbinat, il déclarait récemment :

« Je suis là pour donner de l’espérance aux membres de ma communauté et leur donner l’envie de continuer à s’épanouir sur la terre de France »).

Bat Ye’or (photo : Pierre Lurçat)

Ce silence et ce discours déconnecté de la réalité sans précédent à laquelle sont confrontés les Juifs de France sont symptomatiques. Au-delà de la personnalité des dirigeants du judaïsme français, dont les qualités ne sont pas en cause, c’est une situation objective qui est ici décrite. Face au djihad mené depuis de nombreuses années sur le territoire français, qui a fait de nombreuses victimes en leur sein, les Juifs de France ont vainement attendu et espéré être protégés par la République. Reproduisant le schéma traditionnel analysé par l’historien Yosef Haïm Yeroushalmi4 (4), la communauté juive de France a toujours cherché protection auprès des dirigeants français, et notamment du Président de la République, considéré comme incarnant l’amitié pour lsraël et les Juifs, au contraire du Quai d’Orsay. C’est ainsi que le Grand Rabbin de France, Haim Korsia a tenu les propos suivants dans le Midi libre :

« Je n’ai pas vocation à dire autre chose que ce qu’a dit le Président de la République : il y a un agresseur, le Hamas, et un pays qui répond ».

Or, après l’offensive du Hamas contre Israël et ses répercussions en France, où une frange de la population musulmane a pris fait et cause publiquement pour le Hamas, les dirigeants français ont dans le meilleur cas renvoyé dos-à-dos l’agresseur et l’agressé, et dans le pire, pris position contre Israël. Non seulement la France d’Emmanuel Macron n’a pas affirmé clairement son soutien à Israël, mais elle a en fait été en pointe dans le camp anti-israélien, tant par la couverture médiatique très partiale (Infoéquitable) des événements que par son action diplomatique pour obtenir un cessez-le-feu favorable au Hamas, avant la fin de l’opération de Tsahal. La France – qui n’est plus depuis très longtemps un « ami d’Israël » – a adopté aujourd’hui la politique conforme à sa réalité démographique. Ou pour dire les choses de manière plus explicite : elle se comporte comme un pays membre de « ce nouveau continent en train d’émerger », auquel Bat Ye’or a donné le nom d’Eurabia5 (5).

Les Juifs de France éprouvent aujourd’hui dans leur chair – même s’ils peinent à le reconnaître parfois – leur solitude extrême, la solitude d’Israël… Ils sont renvoyés, à leur corps défendant souvent, au destin d’Israël, alors qu’ils voudraient encore se bercer des illusions mortelles du franco-judaïsme et de l’assimilation/intégration au récit national français. Dans ce contexte, les dirigeants du judaïsme français ont en fait adopté la position caractéristique de la situation des dhimmis en terre d’islam. Ils font profil bas, s’abstiennent de manifester publiquement leur soutien à Israël et se préoccupent avant tout de leur survie et de leur sécurité (ce que le rabbin Journo appelle, de manière poétique, « s’épanouir sur la terre de France »). Cela fait longtemps, hélas, que les Juifs de France ne s’épanouissent plus sur la terre de France, devenue dans de nombreux quartiers et banlieues une terre d’islam.

Entre djihad et dhimmitude, l’avenir du judaïsme français est aujourd’hui bien sombre. PL♦

Pierre LurçatMABATIM.INFO

NB : Je donnerai une conférence en ligne sur « L’État juif selon Jabotinsky« , JEUDI 3 JUIN à 19h00 dans le cadre de l’Organisation Sioniste mondiale. Inscription en ligne https://form.jotformeu.com/211493084035350

1 Le 23 mai 2021, Jean-Yves Le Drian a déclaré, lors de l’émission du Grand Jury RTL LCI Le Figaro : « Pour la première fois, on a pu constater une conflictualité dans les localités israéliennes. Les communautés se sont affrontées. Le risque d’apartheid est fort si on continue à aller dans une logique à un État ou du statu quo. »
2 Shmuel Trigano, chronique sur Radio J, 25 mai 2021.
3 La seule expression publique de soutien à Israël organisée par le CRIF a été un appel à envoyer des messages de solidarité en ligne… c’est-à-dire un soutien virtuel.
4 Dans son livre Serviteurs des rois et non serviteurs des serviteurs, Allia 2011.
5 Interview au Jerusalem Post, 2 janvier 2017 (Observatoire Islam Europe).

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Bat Ye’or répond à ses détracteurs : “L’université française ignore les sujets essentiels du djihad et de la dhimmitude”, par Pierre Lurçat

February 18 2018, 08:30am

Posted by Pierre Lurçat

Bat Ye'or, photo P. Lurçat

Bat Ye'or, photo P. Lurçat

A l'occasion de la parution en France de l'autobiographie de l'historienne et essayiste Bat Ye'or, le Monde des Livres lui consacre une double page signée Jean Birnbaum. Cet article, sur lequel nous reviendrons, relève plus d’une entreprise de dénigrement et d’amalgame que d’une authentique enquête journalistique digne de ce nom. A ma demande, Bat Ye’or a accepté de répondre à ses critiques. P. L.

 

Pierre Lurçat : Quelle est votre réaction à l’article du Monde des Livres et à la manière dont il présente vos travaux et leur réception ?

 

Bat Ye’or : “Egérie des nouveaux croisés”, tel est le qualificatif utilisé par Jean Birnbaum dans son article consacré à mon Autobiographie politique dans Le Monde (15/2/2018). Il est vrai qu’"égérie de Breivik" a déjà été utilisé ! Il est significatif qu’une certaine intelligentsia utilise le terme “croisé” avec les connotations négatives que lui donne le monde musulman.  Non pas que je défende les Croisades, mais je les replace dans leur contexte du 12e siècle : rapts en Terre sainte des pèlerins chrétiens pour l’esclavage, nez coupés et autres mutilations, djihadisme conquérant prenant l’Europe en étau entre l’est andalou et l’ouest byzantin.

 

Je remarque en passant que mes détracteurs m’accusent – à tort – de faire ce qu’ils font : ils omettent dans ce cas précis de remettre les événements dans leur contexte historique. J’observe cette même tendance dans l’opinion de Bernard Heyberger qui note que son public « attend des approches moins conflictuelles », mais est-ce le public du XXIe siècle qui dicte l’histoire des siècles précédents ? Et comment Heyberger définit-il le milieu islamophobe et croisé dont il parle ? Selon les critères de l’Organisation de la Coopération Islamique (OCI), de l’Oumma ?

 

Il est curieux de voir ce vocabulaire qui est celui des organes et des penseurs de l’OCI parfaitement intégré par les intellectuels français – surtout lorsqu’on connaît les contextes et le sens auxquels il est associé. Le mot croisé, par exemple, est pris dans le sens médiéval du chrétien ennemi total et absolu de l’islam. Je ne suis pas certaine de la pertinence de ce terme aujourd’hui au vu des milliards prélevés sur les impôts payés par les Occidentaux pour le développement économique, l’aide aux réfugiés et aux migrants du monde musulman. Par ailleurs je lui sais gré de reconnaître mon rôle pionnier sur ce sujet -  un sujet qui concerne plusieurs millions de personnes mais qui, dit-il, n’intéressait pas l’université. Curieuse indifférence! Par ailleurs, je remercie le professeur Rémi Brague pour son appréciation de mon travail.

 

 

Pierre Lurçat : Avez-vous dit textuellement la phrase que vous prête, entre guillemets, Ivan Jablonka :  Bat Ye’or faisait déjà figure de pionnière. Alors, quand l’Europe a été frappée à son tour, il lui a été facile de proclamer : “Je vous l’avais bien dit !” ?

 

Bat Ye’or : Non, c’est comme d’habitude n’importe quoi ! Tout d’abord l’Europe a été frappée par le terrorisme et la piraterie aérienne dès la fin des années 1960. Ai-je prononcé cette phrase à ce moment ? Où ? quand ? A qui ? Quelle en est la preuve ? La référence ? De plus je suis stigmatisée par le mot peur. La peur dénature la perception du réel. Ainsi mon travail ne s’appliquerait pas à l’examen d’une réalité mais il serait fantasmé par la peur. Cet argument utilisant la subjectivité pour nier l’évidence est devenue une arme polémique dans le débat sur ce sujet. On pourrait d’ailleurs inversement attribuer à la peur, l’occultation d’une réalité historique de treize siècles – celle du jihad et de ses conséquences, en particulier la dhimmitude - qui se développe sous nos yeux.

 

“Un ouvrage de référence sans équivalent”

 

Pierre Lurçat : Que pensez-vous de la formule de Lucette Valensi  au sujet de votre livre Le Dhimmi : “pamphlet exalté, qui ignore la diversité interne et l’évolution des sociétés musulmanes dans le passé, et qui n’a pas plus de validité pour l’époque contemporaine : même Khomeyni n’a pas rétabli la dhimma en Iran !”

 

Bat Ye’or : Je crois qu’elle a mal lu mes livres, j’ai examiné l’évolution du statut du dhimmi à l’époque des réformes de l’Empire ottoman au XIXe siècle. Après la décolonisation j’ai écrit que certaines règles de la dhimma étaient encore maintenues comme celles concernant les lieux de culte, parfois le refus du témoignage du chrétien contre celui du musulman, la loi du blasphème, l’interdiction du mariage d’une musulmane avec un non-musulman, l’exclusion de certaines professions. A côté de ce domaine juridique, il y a les comportements traditionnels semant l’insécurité et la peur et qui échappent au contrôle des gouvernements. J’ai donné les références, les lieux, les dates et même les noms des individus concernés. Quand on dit que Khomeyni n’a pas rétabli la dhimma en Iran, il faut savoir ce qu’est la dhimma et le prouver. Si elle parle seulement de mon livre Le Dhimmi, il se limitait à examiner un statut particulier et non « la diversité interne et l’évolution des sociétés musulmanes. » J’en avais moi-même spécifié les limites dans mon introduction.     

 

Pierre Lurçat :  Et l’opinion de Ali Amir-Moezzi ? ("Bat Ye’or est quelqu’un qui connaît les textes classiques mais, comme beaucoup de collègues, elle a tendance à en faire une lecture à la fois anachronique et unilatérale"? )

 

Bat Ye’or : Elle est honnête, mais j’aimerai savoir à quoi il se réfère quand il dit que j’ai une lecture anachronique et unilatérale. Et puis il faudrait savoir pourquoi mon livre sur Les chrétientés d’Orient (1991) publié par le père Sed mettait des “pieds d’éléphant dans un jardin” et pourquoi personne ne voulait entendre parler de ce sujet, comme le dit le père Sed. Le sujet était-il tabou ? Scandaleux ? Pourquoi ? Ne cultivait-on dans le jardin que les fleurs spécieuses du mensonge ?

 

 

Pierre Lurçat : Et l’insinuation de Birnbaum rappelant que Breivik vous cite plusieurs fois?

 

Bat Ye’or : Je ne sais même pas si le tueur a lu mes livres, comme tous les autres qu’il cite. Je ne suis pas la seule à figurer dans ses lectures. En ce qui me concerne il a copié mot pour mot le site d’un géopoliticien sur ce sujet. Je suis bien plus convaincue qu’il a voulu imiter les terroristes palestiniens qu’il admirait et que son gouvernement soutenait. Les criminologues savent que la fascination de l’imitation opère et induit chez certains individus de nombreux crimes.

 

Pierre Lurçat : Birnbaum vous attribue des tendances complotistes au sujet de votre livre Eurabia

Bat Ye’or : Je pourrai lui retourner le compliment et dire que lui-même fabrique des complots à mon sujet en m’accusant de les inventer. On voudrait tellement, n’est-ce pas, que la situation actuelle de l’Europe soit un phénomène sui generis, sans causes ni responsabilités, quelque chose d’incréé, qui descend du ciel tel quel, sans l’intervention et les décisions des responsables politiques et de leurs réseaux. Ceci permettrait de ne rien faire puisque rien n’a été voulu et qu’il n’y a rien à changer. Ce n’est qu’une tendance complotiste…

Cette attitude perpétue la négation et justifie l’inaction. Et pourquoi ne pas mettre ces insinuations et ces dénis à la sauce psychiatrique largement répandue dans l’article par les sous-titres ? “Minuscules malaises… effrois quotidiens et reculades intimes, fantasmes, obsessions pugnaces et angoisses virulentes”. Que pensent – parmi tant d’autres – les Magdi Allam, les Ibn Warrak, les Robert Redeker, les Wafa Sultan, et Boualem Sansal dont j’admire le talent, de cette dérision très gauchiste sur les questions cruciales et humanitaires de notre époque dont ils témoignent ? Les affabulations de la peur ? J’attends maintenant de découvrir de quelle nouvelle face du mal je suis l’égérie. L’affabulation est si créatrice… !

 

 

 

Bat Ye’or, Autobiographie politique, de la découverte du dhimmi à Eurabia. Les Provinciales 2018.

 

 

Bat Ye’or (photo P. Lurçat)

 

NB Lire également à ce sujet l'interview que Bat Ye'or m'avait accordée pour le Jerusalem Post en 2007, ici

http://observatoire-islam-europe.blogspot.co.il/2007/01/interview-de-bat-yeor-de-la-dhimmitude.html

 

 
 

 

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