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arik einstein

“L’homme le plus heureux du monde” : Uri Zohar et le secret de l’identité israélienne

June 7 2022, 16:31pm

Posted by Pierre Lurçat

“L’homme le plus heureux du monde” : Uri Zohar et le secret de l’identité israélienne

 

Je suis non seulement l’homme le plus heureux du monde, mais aussi l’homme le plus riche”, déclarait au micro de Sivan Rahav Meir le rav Uri Zohar, qui vient de décéder à l’âge de 87 ans à Jérusalem, dans le petit appartement d’une pièce où il a vécu ces quarante dernières années. Son décès, à la veille de Shavouot, la fête du don de la Torah, est symbolique pour celui qui avait renoncé à une carrière très réussie dans le monde du cinéma (le critique Jacques Mandelbaum l’avait surnommé le “Godard israélien”), du théâtre et du divertissement pour se consacrer tout entier à l’étude de la Torah.

Le parcours d’Uri Zohar demeure jusqu’à ce jour un mystère et un sujet d’étonnement pour de nombreux Israéliens. Son ami proche Arik Einstein – devenu son “méhoutan” lorsque les deux fils de Zohar ont épousé les deux filles d’Einstein – avait écrit à l’époque une chanson qui passe aujourd’hui en boucle à la radio en Israël, aux paroles évocatrices : “Hou hazar bi-tchouva, hou lomed archav Torah…” Si ce retour aux sources, cette “téchouva” qui attristait le chanteur Arik Einstein est tellement signifiante pour Israël, aujourd’hui comme à l’époque, c’est parce qu’elle interroge les fondements mêmes de l’identité individuelle de chaque Israélien, mais aussi de l’identité collective de l’Etat juif.

“L’homme le plus heureux du monde” : Uri Zohar et le secret de l’identité israélienne

Arik Einstein et Uri Zohar, les deux camarades devenus des figures iconiques de deux Israël si différents et quasiment étrangers l’un à l’autre - celui du monde du spectacle et des arts de Tel-Aviv d’un côté, et celui du monde de la Torah de Jérusalem de l’autre - étaient pourtant restés amis et plus encore, avaient uni leurs familles par le double mariage de leurs enfants respectifs. “Il n’y avait pas une semaine où nous ne parlions pas au téléphone”, racontant Zohar évoquant le souvenir d’Einstein.

Comme je l’ai écrit lors du décès d’Arik Einstein, citant Hemi Shalev du Ha’aretz, Arik Einstein était « la voix d’Israël », et il incarnait ce « nouvel Israël, libéral (au sens américain) et séculier que nous pensions autrefois devenir… ». On ne saurait mieux définir tout ce qu’il représentait et représente aux yeux d’une large fraction du public israélien. Cet homme discret et modeste, qui n’aimait pas monter sur scène et détestait l’aspect commercial du métier d’artiste, incarnait en effet un visage d’Israël que beaucoup regardent aujourd’hui avec nostalgie et évoquent avec un sentiment quasi-religieux.

Uri Zohar, de son côté, incarnait (dans la seconde moitié de sa vie) un tout autre visage d’Israël, radicalement opposé : l’Israël conservateur attaché à la Tradition la plus stricte et confiné dans les “quatre coudées de la Torah”, dans lesquelles Zohar a véritablement vécu quatre décennies, confiné dans son modeste appartement dans l’étude de chaque instant… L’ancien acteur et humoriste devenu réalisateur, conservait pieusement, entre les pages d’un livre de prières, une feuille pliée en quatre portant les noms de tous ses anciens amis du monde de la culture et de la “Branja” tel-avivienne, disparus de son vivant, pour lesquels il récitait chaque année le kaddish

Ce détail poignant, rapporté par Sivan Rahav Meir, en dit long sur l'affection que le rav Uri Zohar portait à ses anciens camarades. Cela ne l'empêchait pas de critiquer avec férocité le monde qu'il avait quitté. Quel était l'élément central de cette critique (qui était tout autant une autocritique) ? Pour le savoir, on peut citer un philosophe qui, bien que n'étant pas Juif, avait formulé bien avant Zohar un diagnostic auquel ce dernier aurait pu adhérer entièrement : “l’homme du type esthétique, dont la vie est entièrement consacrée à la satisfaction des appétits”[1], parvient rapidement au désespoir, car sa vie est rongée par l’ennui. C'est pour fuir cet ennui d'une vie dénuée de transcendance qu'Uri Zohar a quitté la bohème de tel Aviv pour s'enfermer dans l'étude de la Torah, "jour et nuit", avide de rattraper le temps perdu. Le mode de vie qu’il avait choisi - aussi étranger qu’il puisse paraître à la grande majorité des Israéliens - continue pourtant de fasciner. Ce double sentiment de répulsion-fascination est au cœur de l’identité israélienne.

Pierre Lurçat

 

[1] Sören Kierkegaard, Either/Or, trad. de Walter Lowrie, Princeton 1985.

“L’homme le plus heureux du monde” : Uri Zohar et le secret de l’identité israélienne

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Arik Einstein et la liturgie laïque du Yom hazikaron, Pierre Lurçat

May 4 2022, 09:15am

Posted by Pierre Lurçat

« Ses chansons étaient des prières » :

« Ses chansons étaient des prières » :

"les jours les plus marquants du calendrier israélien sont deux dates dont le cérémonial et la « liturgie » sont largement laïques : Yom Ha’atsmaout (Journée de l’Indépendance), et Yom Hazikaron  (Jour du Souvenir des soldats). Ce dernier jour, en particulier, est pour la plupart des habitants d’Israël indissociablement lié aux chansons qui passent en boucle à la radio pendant toute la journée, et dont beaucoup ont été écrites ou chantées par Arik Einstein. De ce point de vue, on peut dire que les chansons d’Einstein appartiennent non seulement au folklore israélien, mais aussi au rituel presque sacré du jour qui est le plus fédérateur de toute l’année, celui du Souvenir des soldats "

 

 


 

Lors de mon premier séjour en Israël, à l’âge de 17 ans, un des tout premiers disques que j’ai achetés était celui d’Arik Einstein, « Reguel po, reguel sham » (« Sitting on the Fence » en anglais). A l’époque, je ne comprenais presque rien des paroles de ses chansons, mais elles me parlaient quand même et trouvaient une résonance intime en moi (de même que j’ai su que ce pays était le mien, bien avant d’avoir compris que j’étais sioniste…). Ce souvenir personnel, qui ressemble sans doute à ceux de beaucoup d’olim, traduit à mes yeux le secret de l’affection que je portais – que nous portons – au chanteur qui vient de s’éteindre : ses chansons exprimaient, avec tant d’autres et peut-être plus encore que les autres, la quintessence de l’être israélien. Quel était son secret, et quel est le secret de cet « être israélien » ?

 

Répondre à cette question, c’est tenter de définir ce qui constitue le cœur de la culture israélienne. Né à Tel-Aviv en 1939, Einstein appartient à la « génération de l’Etat », celle des sabras qui n’ont pas connu l’exil. Son père faisait partie du théâtre Ohel, troupe d’inspiration socialiste fondée en 1925 (dont un des plus grands succès fut l’interprétation du « Brave Soldat Schweik »). La carrière musicale d’Arik Einstein est impressionnante : sa discographie s’étend du début des années 1960 à la fin des années 2000, soit un demi-siècle de création et d’interprétation musicale (outre sa carrière d’acteur).

 

 

Il est souvent considéré comme le fondateur du rock israélien (avec Shalom Hanoch) et comme celui dont l’œuvre a fait le lien entre les chansons hébraïques de l’époque d’avant l’Etat et la musique israélienne contemporaine. Mais dire que ses chansons figurent parmi les plus connues, et les plus jouées à la radio – jusqu’à ce jour, ce qui est remarquable pour un artiste de sa génération – ne suffit pas à décrire l’apport d’Einstein à la vie musicale et culturelle israélienne, et à la vie israélienne tout court. Comme l’écrivait Hemi Shalev dans Ha’aretz, Arik Einstein était « la voix d’Israël », et il incarnait ce « nouvel Israël, libéral (au sens américain) et séculier que nous pensions autrefois devenir… ». On ne saurait mieux définir tout ce qu’il représentait et représente aux yeux d’une large fraction du public israélien. Cet homme discret et modeste, qui n’aimait pas monter sur scène et détestait l’aspect commercial du métier d’artiste, incarnait en effet un visage d’Israël que beaucoup regardent aujourd’hui avec nostalgie et évoquent avec un sentiment quasi-religieux.

 

Le projet culturel sioniste et la musique israélienne

Ce visage d’Israël est étroitement lié au projet culturel, aussi ancien que le mouvement sioniste lui-même, et qui a engendré certaines des crises politiques les plus graves tout au long de l’histoire du mouvement sioniste, puis de l’Etat d’Israël, de l’époque d’Herzl 1 et jusqu’à nos jours. Pour le résumer en une phrase, on peut dire qu’il s’agit de créer une culture israélienne ou hébraïque profane, capable de rivaliser avec la vieille culture juive religieuse ou sacrée…

 

On pourrait dire, pour simplifier les choses et employer une forme de raccourci journalistique, que l’Israël qui pleure aujourd’hui Arik Einstein est celui qui n’a pas pleuré lors des monumentales funérailles du rav Ovadia Yossef, il y a quelques semaines. Mais la réalité est plus complexe, car ces « deux Israël » se recoupent dans une certaine mesure, jusque dans la famille d’Arik Einstein – dont les deux filles sont devenues ‘harédi en épousant les fils d’Ouri Zohar 2, son vieux camarade devenu un Juif orthodoxe – et beaucoup d’Israéliens vivent à la frontière entre les deux, « un pied d’un côté et un pied de l’autre » (pour citer une chanson d’Arik Einstein…).

Arik Einstein, avec Uri Zohar

 

On entend souvent dire que la culture israélienne laïque est en recul et on parle beaucoup du retour aux racines juives et à la tradition, qui touche le monde culturel et aussi la musique israélienne contemporaine. Mais ce n’est qu’un aspect de la réalité. Car de manière concomitante à ce retour aux sources, la culture israélienne laïque vit et se développe. Le projet culturel israélien – celui de fonder une culture laïque largement coupée des racines juives – n’a certes pas entièrement réussi, comme en témoigne le retour à la tradition d’une large partie du monde culturel et de la société israélienne dans son ensemble, mais il n’a pas totalement échoué non plus. On en donnera pour preuve le fait que les jours les plus marquants du calendrier israélien sont deux dates dont le cérémonial et la « liturgie » sont largement laïques : Yom Ha’atsmaout (Journée de l’Indépendance), et Yom Hazikaron  (Jour du Souvenir des soldats).

 

Ce dernier jour, en particulier, est pour la plupart des habitants d’Israël indissociablement lié aux chansons qui passent en boucle à la radio pendant toute la journée, et dont beaucoup ont été écrites ou chantées par Arik Einstein. De ce point de vue, on peut dire que les chansons d’Einstein appartiennent non seulement au folklore israélien, mais aussi au rituel presque sacré du jour qui est le plus fédérateur de toute l’année, celui du Souvenir des soldats (et aussi de certains jours tristes comme ceux d’attentats particulièrement tragiques ou celui de l’assassinat d’Itshak Rabin, dont on a vécu une sorte de « remake » lors du décès d’Einstein).

 

Plus généralement, elles appartiennent au cœur de l’expérience vécue par les Israéliens, dont beaucoup considèrent ces chansons comme une forme de prières (car Israël, même lorsqu’il ne respecte pas toutes les mitsvot, reste un peuple qui prie !) ; et elles contribuent à définir ce qui constituera sans doute un jour un élément central de l’histoire moderne d’Israël – histoire tout à la fois sacrée et profane – une sorte de « Méguilat Ha’Atsmaout » qui s’écrit sous nos yeux, dans la joie et dans les larmes.


 

1. L’opposition des rabbins à Herzl provenait essentiellement du projet sioniste de fonder une culture juive profane, soutenu par Herzl au début.

2. L’histoire de Zohar et Einstein – deux amis séparés par le « retour » du premier, mais dont les enfants se sont doublement unis par le mariage – est éminemment symbolique des rapports conflictuels mais néanmoins fraternels entre les différents secteurs de la société israélienne.

 

Extrait de mon livre, Israël, le rêve inachevé, éditions de Paris/Max Chaleil. P.L.

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Matti Caspi, l'artiste aux mille chansons, Pierre Itshak Lurçat

November 29 2019, 10:13am

Posted by Pierre Lurçat

Matti Caspi, l'artiste aux mille chansons, Pierre Itshak Lurçat

Matti Caspi, musique israélienne

A Judith

Matti Caspi, qui fêtera ses 70 ans ce shabbat, fait partie du paysage musical israélien depuis plus de quarante ans. Ses premiers albums sont sortis dans les années 1970 et son dernier album date de 2017. De l'avis de la plupart des critiques, mais aussi du public, Matti Caspi est un des plus grands auteurs-compositeurs et interprètes de sa génération, et sa contribution à la chanson israélienne est immense. Portrait d'un artiste talentueux et exigeant.

 

Caspi est né en 1949 au kibboutz 'Hanita, en Galilée. Tout jeune, il apprend à jouer de la flûte, de la mandoline et de l'harmonica, puis étudie le piano au conservatoire de Nahariya, après que son père soit parvenu – au prix de nombreux efforts – à convaincre le kibboutz de faire l'acquisition d'un piano... Il effectue son service militaire dans la troupe "Lahakat Pikoud Darom". Pendant la guerre de Kippour, il chante aux côtés de Leonard Cohen devant les soldats de Tsahal, dans le Sinaï. Sa carrière musicale prend son envol au milieu des années 1970. Il sort son premier album en 1974, sur l'encouragement d'Arik Einstein. Son deuxième album, intitulé tout simplement "Matti Caspi" et sorti en 1976, a été élu en 2008 album le plus important des années 1970, et la plupart de ses titres sont devenus des classiques (Ir AtsouvaBrit Olam...).

 

Au cours de sa longue carrière musicale – qui n'est pas encore terminée – Matti Caspi a écrit près de 1000 chansons (!) et a composé, chanté et collaboré avec de nombreux autres artistes, comme par exemple Shlomo Gronich (avec qui il a sorti son premier disque en 1970), mais aussi Riki Gal, Yardena Arazi, Arik Sinaï, Gali Atari, Chava Alberstein ou Boaz Sharabi, pour lesquels il a composé de très nombreuses chansons. Son dernier album comprend une chanson interprétée en duo avec Yehudit Ravitz, avec qui il a collaboré il y a déjà longtemps. Mais l'artiste avec lequel Caspi a entretenu les liens les plus étroits est le célèbre chansonnier Ehoud Manor, disparu il y a quatre ans. Le titre du dernier album de Caspi est un hommage à Manor : c'est celui-ci, en effet, qui avait surnommé Caspi son "âme sœur"...

 

Un retour aux sources

 

matti caspi,musique israélienneCet album est ainsi – dans une large mesure – un "retour aux sources" pour Caspi, tant par son style musical, que par le fait que les paroles de toutes les chansons sont écrites par Ehoud Manor, qui avait déjà écrit celles des premiers albums de Caspi, il y a presque quarante ans. On y retrouve la variété des genres et des sources d'inspiration caractéristique de son style musical. Celles-ci englobent à la fois la chanson hébraïque traditionnelle, la musique brésilienne (qu'il affectionne particulièrement), le jazz, mais aussi la musique classique et la musique tzigane, avec laquelle il a un lien familial (son grand-père était originaire de Roumanie).

 

Comme beaucoup d'artistes, Caspi entretient des rapports ambivalents avec les médias. Récemment encore, il déclarait ne pas lire les journaux depuis plus de 20 ans, ce qui est un exploit pour quelqu'un qui vit en Israël ! En réalité, Caspi a beaucoup souffert des atteintes à sa vie privée dans les journaux, et il s'est souvent exprimé en termes très durs (et parfois justifiés) contre les médias. Il a vécu plusieurs années aux Etats-Unis et au Canada, et sa décision de quitter le pays était liée à des raisons personnelles et familiales, après son divorce mouvementé. Mais il est revenu en Israël en 1997 et a été accueilli chaleureusement par le public (sa première apparition publique après son retour a fait l'objet d'un album).

 

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En 2000, il a sorti son album "Duettim", composé comme son nom l'indique de duos avec des artistes aussi divers et fameux que Rami Klingstein, Shoshana Damari ou Ety Ankri. Un autre sujet sur lequel Matti Caspi ne mâche pas ses mots est celui de l'évolution de la musique en Israël, et en particulier du développement des programmes TV comme "Ko'hav Nolad". Il connaît bien le sujet, puisqu'il faisait partie du jury lors de la première saison de l'émission à succès, qu'il a ensuite quittée. Avec le recul, il ne la considère pas tant comme une "pépinière" de futurs chanteurs que comme un phénomène purement commercial.

 

Un chanteur à l'image d'Israël

 

Matti Caspi appartient à la génération des chanteurs nés avec l'Etat, et son œuvre musicale est à l'image de notre pays : variée, prolixe, talentueuse et sensible. Bien qu'il soit aimé du public, qui a toujours apprécié son talent, Caspi ne recherche pas la publicité et fuit les journalistes. Il n'est pas à proprement parler un "chanteur populaire", car il y a quelque chose en lui d'élitiste et d'exigeant, qui ne correspond pas aux normes actuelles du chanteur de variété. "Je n'ai jamais écrit de chansons pour qu'on les aime", explique-t-il sur son site officiel *.

 

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"Si je procédais ainsi, je ne serais pas ce que je suis. J'écris les chansons qui viennent du plus profond de moi, et si elles ne m'émeuvent pas, alors je prefère les oublier. S'il y a deux autres personnes que cela émeut, alors cela suffit pour faire un public. Je ne veux pas décevoir mon public. Je ne peux pas écrire subitement quelque chose que tout le monde aimera, en utilisant seulement mon talent et pas mon inspiration". 

La multiplication des "jeunes talents" (qui ne sont pas toujours si talentueux que ça...) et l'inflation qui caractérise le paysage musical actuel en Israël font parfois oublier les grands classiques, ceux qui ont écrit, composé et interprété les plus grands titres de la chanson israélienne. Mais en replaçant les choses dans la perspective de l'histoire musicale israélienne, on est obligé de constater que Matti Caspi, tout comme Arik Einstein, Ehoud Manor, Yehudit Ravitz et tant d'autres, restent inégalés et irremplaçables. Mazal tov Matti, et Ad Mea VeEssrim!

 

www.matticaspi.co.il.

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Aujourd'hui dans CulturaSion’ #9 : Le musée d’art moderne de Tel Aviv

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